Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Fevrier 2020
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

Débat/ Conseil municipal/ Février 2020


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Nous examinons le projet de délibération DASES 30 : subventions et convention avec l?association "Les amis du bus des femmes" dans le 20e arrondissement.

La parole est à Marie ATALLAH.

Mme Marie ATALLAH.- Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, effectivement ce projet de délibération nous propose de signer une convention et d?accorder une subvention de fonctionnement à l?association "Les amis du bus des femmes" pour ses actions d?aide aux personnes prostituées, pour l?accès aux soins et aux droits sociaux, l?apprentissage du français et l?accompagnement vers l?emploi et la formation.

Le groupe Ecologiste de Paris est un soutien de longue date pour cette association créée par des femmes en 1994. L'association "Les amis du bus des femmes" est tout particulièrement nécessaire aujourd?hui face à la dégradation des conditions de vie des personnes prostituées dans notre ville. Mais, malheureusement, l?Etat a réduit les crédits alloués au parcours de sortie de la prostitution, moins 25 % en 2018 et moins 7 % en 2019. L?aide financière à l?insertion sociale et professionnelle, dite A.F.I.S., élément central de ces dispositifs d?insertion, est trop faiblement dotée. On est donc très loin des objectifs initialement fixés, qui étaient de pouvoir sortir 1.000 personnes prostituées du système de prostitution.

D?après une étude publiée en octobre 2019, seules 183 personnes prostituées, au niveau national, sont sorties de la prostitution, dont 74 personnes à Paris se sont engagées depuis 2016 dans un parcours de sortie prévu par la loi de 2016.

L?Etat doit donc abonder le budget de ce dispositif pour augmenter le montant de l?aide à la formation et à l?insertion sociale et la rendre véritablement incitative. Aujourd?hui, le montant de l?aide s?élève à seulement 350 euros par mois pour une personne sans enfant, ce qui n?est clairement pas assez, surtout à Paris. Il faut également élargir le profil des publics bénéficiaires de l?A.F.I.S. A l?heure actuelle, les personnes sans papier, et Dieu sait qu?elles sont peut-être majoritaires dans ces publics, n?y ont pas accès, car il faut, pour y prétendre, disposer d?une autorisation provisoire de séjour. Les actions de santé communautaires menées par l?association "Les amis du bus des femmes" sont, elles, inconditionnelles, ce qui est très important, et peuvent bénéficier à toutes les personnes prostituées, quelle que soit leur situation administrative, pour bien les protéger.

Les deux subventions prévues par le projet de délibération vont permettre le bon fonctionnement des permanences mobiles et de l?accueil de jour de l?Abri-bus situé dans le 20e arrondissement. Ces deux types d?actions sont particulièrement adaptés au contexte de marginalisation de la prostitution que nous venons d?évoquer, et à travers ce projet de délibération qui s?inscrit dans le cadre du Pacte parisien de lutte contre l?exclusion, la Ville de Paris continue ainsi à soutenir tous les acteurs agissant auprès de ces publics particulièrement vulnérables.

C?est donc avec beaucoup d?enthousiasme et d?encouragement que nous votons ce projet de délibération et nous remercions tout particulièrement Mme Anne SOUYRIS et ses équipes, son cabinet, de suivre cette association et de la soutenir pour qu?elle puisse rester sur le terrain et continuer le travail efficace qu?elle effectue sur notre territoire.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Merci, Marie ATALLAH.

Je donne la parole à Anne SOUYRIS, pour vous répondre.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe.- Merci, Monsieur le Maire, merci, Marie ATALLAH, merci pour l?association "Les amis du bus des femmes" qui est en effet née en 1994.

Je voudrais dire une chose importante. C?était une des premières associations en France à avoir fait de la santé communautaire, laquelle, on l?a vu, était essentielle en l?occurrence pour lutter contre le sida, puisque les premières associations de santé communautaires sont nées comme cela, avec AIDES, avec d?autres associations. Le Bus des Femmes est une de ces associations qui, en l?occurrence, étaient vraiment faites pour les personnes prostituées.

Pourquoi c?est important ? Quand les personnes sont particulièrement discriminées, marginalisées, en dehors du droit, le fait d?arriver à leur donner un pouvoir sur leur santé, le fait qu?elles puissent agir elles-mêmes et faire de la prévention et de l?éducation auprès de leurs pairs, c?est la seule manière de pouvoir sortir d?une situation problématique, de sortir des situations de violence. C?est cela la réalité et c?est en cela que "le bus des femmes" a été la première association. Après, il y en a eu d?autres, il y a eu "Grisélidis" à Toulouse, "Cabiria" à Lyon, il y en a eu d?autres un peu partout en France qui ont permis d?abord de mieux les protéger et de faire en sorte de constater par exemple que les personnes prostituées avaient très peu accès aux droits auxquels elles auraient pu prétendre et qui pouvaient les défendre non seulement contre le V.I.H. à l?époque et contre les maladies mais aussi contre les violences.

C?est quelque chose que j?ai toujours envie de dire : plutôt que de partir sur l?idée qu?il faut d?abord sortir les gens de la prostitution, eh bien il faut d?abord les aider à avoir des droits, des droits fondamentaux. C?est ce que fait "le bus des femmes", c?est ce que font ces associations et je pense qu?il est essentiel que nous, Ville, nous puissions continuer à les aider.

Merci beaucoup.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Merci beaucoup, Anne SOUYRIS.

Je mets donc aux voix, à main levée, ce projet de délibération DASES 30.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2020, DASES 30).

2020 DASES 40 - Adhésion de la Ville de Paris aux communautés professionnelles territoriales de santé (C.P.T.S.).