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Fevrier 2020
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Conseil Municipal
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Débat/ Conseil municipal/ Février 2020


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président.- Nous examinons un v?u non rattaché, le v?u n° 35 relatif au droit de manifester et au maintien de l?ordre.

La parole est à Didier LE RESTE.

M. Didier LE RESTE.- Merci, Monsieur le Maire.

Cette question du droit de manifester et des violences policières a été évoquée cet après-midi, mais vu les réponses du Préfet, je ne regrette pas trop son absence ce soir.

Pour nous, il faut que ce soit clair, nous condamnons les violences d?où qu?elles viennent, mais force est de constater que depuis quelque temps la doctrine du maintien de l?ordre, telle qu?elle est appliquée sous les ordres de la Préfecture de police, entraîne des situations gravissimes, rythmées par de nombreux blessés, mutilés, éborgnés. Il est d?ailleurs, par l?expérience que j?ai des manifestations parisiennes, de plus en plus difficile de manifester de façon pacifique dans les rues de la Capitale. Pas une manifestation qui ne s?accompagne de débordements ou d?actes qui ont pour conséquence des blessés, des arrestations pour le moins arbitraires, du gazage sans discernement, des interpellés qui passent rapidement devant la justice.

Notre Conseil, à de nombreuses reprises, a interpellé le Gouvernement et le Préfet de police pour que cesse l?usage d?armes comme les L.B.D. et les grenades de désencerclement.

Les méthodes de gestion des manifestations font l?objet de nombreuses critiques de toutes parts, chez les manifestants comme par les organisations syndicales de salariés, des formations politiques et même de la part de certains syndicats de policiers. Alors que dans le même temps les enquêtes et les inspections générales s?empilent mais restent quasiment sans effet, un seul policier a été jugé depuis le début des manifestations des Gilets jaunes, puis maintenant, depuis le 5 décembre, dans le cadre du mouvement contre la réforme des retraites.

Notre v?u s?appuie sur des événements récents, comme le décès de Cédric Chouviat au cours d?une interpellation, la répression de la manifestation des pompiers dans le quartier de la Nation et de Picpus qui a fortement choqué les familles et les enfants de ce quartier, mais je pense aussi à l?interpellation des quatre lycéens du lycée Maurice-Ravel pour l?incendie de poubelles.

Nous voulons, et c?est notamment l?objet de ce v?u, que le Préfet accepte enfin de s?expliquer devant les élus parisiens, comme cela a été demandé à plusieurs reprises par des groupes de ce Conseil et comme cela a été fait par ses prédécesseurs en 3e Commission notamment. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président.- Merci beaucoup.

Pour vous répondre, Mme Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe.- Merci beaucoup.

Jusqu?au dernier Conseil de Paris de cette mandature, nous aurons eu à échanger sur les questions de maintien de l?ordre. C?est un signe des temps, un signe du temps peut-être.

Je vais donc rappeler ce que j?ai rappelé à de maintes occasions, cher Didier LE RESTE, d?abord l?attachement viscéral, historique de Paris, de ses élus à la liberté de manifester, et, nous le savons, le libre exercice de ce droit ne peut se faire que si chacun bénéficie d?une pleine et entière sécurité. C?est pourquoi nous avons voté à de nombreuses reprises et, ma foi, la dernière fois, il y a quelques mois en février 2019 et en septembre dernier, des v?ux qui demandaient que soient garantis deux impératifs : la liberté de manifester en toute tranquillité et sérénité et la sécurité totale de tous, des manifestants, des riverains, des commerçants et de l?ensemble des forces de sécurité qui sont engagées sur la sécurisation de ces manifestations et, vous l?avez rappelé, depuis fort longtemps.

Je redis que le rôle des élus n?est pas d?être dans l?expertise des techniques de maintien de l?ordre, ce n?est pas notre métier, ce ne sont pas nos compétences, mais, par contre, la stratégie du maintien de l?ordre est intrinsèquement un débat démocratique. Ainsi, dans ce débat démocratique, nous avons notre place, les élus ont leur place et je le porte haut et fort et je continuerai à le faire. Ma foi, au-delà de ce que nous pouvons entendre parfois dans cet hémicycle, je pense que cette vision est finalement partagée par le Ministre de l?Intérieur qui, lorsqu?il lance une concertation sur la stratégie du maintien de l?ordre dans notre pays, ne dit pas aux élus qu?ils n?ont aucun regard à avoir.

Et puis, modestement, je me dis que si les élus de Paris ont à plusieurs reprises dans cet hémicycle participé, comme d?autres élus, comme d?autres acteurs de la société civile, au fait d?alerter le Gouvernement sur la dangerosité des G.L.I.-F.4, peut-être que cela a contribué aussi à ce que ce sujet apparaisse dans le débat démocratique.

Par conséquent, oui, il faut continuer à se mêler des débats démocratiques, c?est le rôle normal et légitime des élus, et nous le portons et nous devons continuer à le porter.

Et, si vous me permettez de conclure par cela, il faut surtout que le dialogue social redevienne la norme dans notre pays, car l?apaisement n?est jamais venu de techniques ni même de stratégies de maintien de l?ordre, mais bien de stratégies d?apaisement du climat dans notre pays.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président.- Merci beaucoup. Une explication de vote de Pascal JULIEN.

M. Pascal JULIEN.- On a un Président de la République qui brandit un tee-shirt dénonçant les violences policières et, en même temps, qui maintient en poste un Préfet dont la brutalité des propos et de la politique ravit la droite, certes, mais pas les Parisiennes et les Parisiens.

Ce v?u, nous allons le voter, mais je crains qu?il ait la même efficacité que les v?ux que j?avais déjà déposés. On a un Préfet qui par principe refuse, contrairement à ses prédécesseurs, d?aller devant le peuple. C?est le peuple qui doit venir à sa botte en Préfecture - il l?a dit ce matin, d?ailleurs. Il l?a dit tout à l?heure, cet après-midi, pardon. Il l?a dit. Il a dit : "Vous viendrez dans le bâtiment d?Etat, je n?ai pas à venir à l?Hôtel de Ville." Ecoutez, rien que cela, c?est hautement symbolique, et cela prouve qu?on a un Préfet qui a un pied dans la République et un autre dehors. Excusez-moi ! On peut rester courtois mais constater qu?on a quand même? Ou alors, il y a autre chose, je ne sais pas, un problème de personnalité peut-être. Moi, je fais de la politique ici et je suis navré, navré.

Et je termine sur ce point, parce que, je le répète, j?aime la police, et je n?aime pas ceux qui, comme le Préfet, font que des imbéciles se mettent à crier que tout le monde hait la police ou n?aime pas la police, déteste la police. C?est à cause de Préfets comme lui qu?il y a un nombre de gens toujours plus grand qui hurlent cela. C?est ce que je lui reproche ! C?est ce que je lui reproche, il devrait aller dans le dialogue avec les élus ; on commence comme cela quand on veut se rapprocher de la population.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président.- Merci beaucoup.

C?est un avis favorable sur le v?u n° 35 avec un amendement.

L?amendement est accepté ? Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 35 ainsi amendé avec un avis favorable de l'Exécutif. Mais rien ne me perturbera. Rien.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2020, V. 21).

2020 DEVE 15 - Subventions (13.400 euros) à 24 associations dans le cadre de l?appel à projets 2020 relatif au "Printemps des cimetières".