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Fevrier 2020
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Conseil Municipal
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Débat/ Conseil municipal/ Février 2020


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président.- Nous examinons le projet de délibération DEVE 25 : conventions avec la SARL "S.P.S.C.F.".

La parole est à M. Yann WEHRLING.

M. Yann WEHRLING.- Monsieur le Maire, chers collègues, nous examinons là une convention qui fait référence évidemment à une mesure importante qui a occasionné beaucoup de débats parmi nous, qui est relative à l?interdiction des animaux sauvages dans les cirques.

Je ne suis pas sûr que tous les élus dans cet hémicycle partagent l?importance qu?a ces sujets dans l?esprit de beaucoup de Parisiens, et j?ai souvent pu constater, et je l?ai dit dans cet hémicycle, qu?il y avait un décalage entre ce que pouvaient penser les élus et ce que pouvaient vouloir les citoyens sur les questions de bien-être animal et de défense des espèces.

C?est un débat symbolique qui a été tranché bienheureusement dans le bon sens "in fine", même si - je ne dis pas que c?est le cas de l?adjointe au Maire Pénélope KOMITÈS que je remercie pour le travail qu?elle a fait - j?ai bien senti que, dès le départ, la Maire de Paris ne partageait pas le point de vue des élus majoritaires ici qui souhaitaient qu?on mette fin au cirque avec animaux sauvages. Je ne suis pas sûr qu?elle ait changé d?avis, mais ce qui compte, c?est le résultat. Le résultat, c?est que nous avons aujourd?hui une direction prise par la Ville de Paris pour la fin des cirques avec animaux sauvages, et c?est bienheureux.

Malheureusement, vous le savez, la convention nous invite à appuyer la bonne direction prise par un des quatre cirques seulement, un des quatre cirques qui mettra fin aux spectacles avec animaux sauvages, regrettant que les autres n?aient pas compris le message, n?aient pas compris non plus la démarche de la Ville de Paris que nous avions tous soutenue et qui était de conclure un accord donnant-donnant : "vous arrêtez les cirques avec animaux sauvages, nous vous aidons à surmonter ce cap qui est somme toute surmontable et nous vous aidons à faire ce chemin qui est demandé par les Parisiens".

Il y aura donc encore du travail à faire dans la prochaine mandature pour obtenir notamment que le cirque Bouglione ne présente plus de spectacles avec des éléphants, et je voudrais souligner ce que j?ai déjà dit par le passé. La question n?est pas tant de se demander si ces animaux sauvages ont été prélevés dans le milieu sauvage, et ce n?est pas le cas, nous le savons, ils sont pour beaucoup nés en captivité, ce n?est pas le sujet. Le sujet, c?est le message envoyé d?abord aux spectateurs à qui on explique qu?il faut protéger la biodiversité, notamment les animaux issus d?espèces emblématiques et en danger critique d?extinction, alors que par ailleurs on les montre en captivité faisant les clowns sur des arènes. Evidemment que le message est important, car dans les pays où, précisément, le braconnage a lieu, où les captures continuent de se faire de manière illégale, le message que nous envoyons en montrant ces spectacles, c?est que ces braconniers semblent penser qu?ici, en Occident, nous continuons à vouloir acheter et appuyer le trafic de ces espèces en danger. C?est donc un message international, en réalité, que nous donnons en mettant fin aux spectacles avec animaux sauvages.

J?ajoute que le sujet méritera d?ailleurs d?être poursuivi au-delà des cirques avec animaux sauvages, car ce message que je viens de délivrer, à savoir qu?il faut envoyer un message clair aux braconniers du monde entier que l?Occident ne veut plus acheter d?animaux en voie de disparition pour ces spectacles, c?est que ces images continuent d?être véhiculées aussi dans d?autres spectacles, des spectacles sur la place parisienne, dans des soirées privées où nous pouvons ici ou là rencontrer des lionceaux ou des chimpanzés. C?est une image déplorable. Là aussi, nous avons du ménage à faire pour arrêter ces spectacles particulièrement peu à la gloire de la Ville de Paris.

Et nous avons aussi à regarder ce qu?il se passe de près dans les marchés à la sauvette où, encore aujourd?hui, on peut acheter un chardonneret, en sachant que cette espèce est aussi en train de disparaître peu à peu de nos campagnes.

Pour toutes ces raisons, bien évidemment nous appuierons la convention qui nous est proposée aujourd?hui, et je souhaite que le travail puisse continuer dans cette même direction lors de la prochaine mandature pour aller encore plus loin dans la préservation de la biodiversité dans son ensemble qui est, comme vous le savez, extrêmement menacée et en très grave situation.

Merci.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président.- Merci.

La parole est à M. Jacques BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement.- Mes chers collègues, Monsieur le Maire, les écologistes ayant été pionniers dans la volonté politique d?interdire les cirques avec animaux sauvages sur le territoire parisien et très actifs dans les groupes de travail organisés, notamment ceux avec les organisations circassiennes, et dans le cadre de la mission "Animaux en ville", nous ne pouvons que nous réjouir de cette convention entre Paris et le cirque Pinder-Jean Richard. Nous allons aider cet établissement à opérer sa transition vers des spectacles sans animaux sauvages en contrepartie d?engagements sur la retraite des animaux en refuges animaliers ou en sanctuaires.

Nous sommes heureux de l?aboutissement de ce travail, même si nous aurions aimé que le délai qui est de trois ans, pour cette transition soit plus court. Désormais, et c?est le travail que nous poursuivrons ou que poursuivront nos successeurs écologistes dans la prochaine mandature, nous souhaitons voir d?autres cirques emboîter le pas de Pinder et d?André-Joseph Bouglione qui, avant lui, a cessé d?organiser des spectacles avec animaux.

Nous sommes ravis que ce non-sens qu?est la captivité des animaux sauvages en voie de disparition dans les cirques pour notre simple divertissement prenne fin sur le territoire de Paris. Je vous remercie pour votre attention.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président.- Merci beaucoup.

La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET.- Il est heureux d?avoir à voter un tel projet de délibération et je tiens aussi à saluer la bataille menée par nombre d?associations à ce sujet pour qu?on en finisse avec les cirques avec animaux sauvages, déjà dans un premier temps. Il est à saluer que la SARL "Cirque Pinder-Jean Richard" s?engage dans cette démarche, comme l?avait fait avant elle André-Joseph Bouglione.

Il est essentiel de bien prendre conscience que présenter des numéros de cirque avec des animaux sauvages est une aberration à plus d?un titre.

D?abord, parce que ces animaux sauvages n?ont rien à faire en captivité, n?ont rien à faire dans un cirque. De plus, s?ils peuvent venir faire un numéro dans un cirque, c?est parce qu?ils ont été capturés de façon illégale et qu?il y a tout un trafic de braconnage derrière. En tous les cas, ce n?est pas le meilleur message à envoyer pour arrêter le braconnage par la suite alors qu?on accepte d?en voir en captivité. Et surtout, il faut bien prendre conscience qu?un animal est un être sensible et qu?un animal sauvage n?a rien à faire en captivité. Ainsi, la modification de notre rapport au vivant doit passer par le refus d?instrumentaliser les animaux comme s?il s?agissait d?objets pour notre seul loisir.

Cette bataille est donc importante, j?espère que d?autres cirques suivront et j?espère également qu?on va pouvoir la faire évoluer, cette bataille. Moi, je suis aussi en désaccord avec les cirques avec animaux tout court, même quand il ne s?agit pas d?animaux sauvages, parce que ce n?est pas non plus le rôle d?un animal que d?être réduit à un objet de loisir à notre égard.

Je pense aussi qu?il faudra que la discussion se poursuive sur la question de la captivité et sur la question de nos zoos. Comment se fait-il qu?on continue toujours à avoir des animaux en captivité ? Cela relève selon moi d?une autre époque et il faut absolument que la bataille des consciences pour un autre rapport au vivant, à la condition animale nous permette d?évoluer.

J?avais un v?u que j?avais prévu de présenter à ce Conseil mais, par erreur, il n?a pas été déposé. Je souhaiterais profiter de ce temps de délibération pour poser une question à l?adjointe sur un autre sujet qui est lié aux animaux mais absolument pas au cirque, je vous prie de m'en excuser par avance.

Au Conseil de Paris, en 2017, avait été adoptée une délibération qui portait sur une convention de marché et de recherche de développement sur l?étude d?une population de rongeurs à Paris. Normalement, cette convention, cette étude devait durer 2 ans à compter de la signature qui datait du 9 novembre 2017. En conséquence, normalement, l?étude devrait être terminée, mais à ma connaissance il n?y a pas eu de résultats publiés. Je comprendrais que vous ne puissiez pas me répondre directement en séance, mais je souhaiterais avoir la réponse, car c?est important de pouvoir bénéficier des diverses connaissances scientifiques sur la population des rats, de données statistiques sérieuses sur la population de rongeurs parisienne.

Je sais que par ailleurs l?association "Paris Animaux Zoopolis" vient de sortir une étude qui montre que 61 % des Parisiens souhaitent que la Mairie de Paris utilise une alternative non létale concernant les rats, et je pense que, dans cette approche municipale, le fait de rendre publique cette étude sur la population de rats parisienne serait fort utile pour faire évoluer le débat.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président.- Merci beaucoup.

Pour vous répondre, Pénélope KOMITÈS.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe.- Merci, Monsieur le Maire, merci à tous pour vos interventions.

Je souhaite dire que je suis ravie qu?on puisse adopter ce projet de délibération. Je souhaite vous rassurer quelque part en vous disant que même si c?est le seul cirque qui, à ce stade, a accepté de signer avec la Ville de Paris, le cirque Bormann n?a plus d?animaux sauvages non plus et que le cirque Gruss a fait savoir dans la presse, même s?il n?est pas encore entré en contact avec nous, qu?il se dirigerait vraisemblablement vers cette démarche. Je rappelle que, faute de cela, nous ne donnerons pas d?autorisation d?occupation du territoire parisien. Et je rassure M. WEHRLING, il n?y a vraiment aucun papier de cigarette entre la Maire de Paris et moi-même et elle porte aussi bien que moi ces propositions.

Dire à M. BOUTAULT que 3 ans, quelque part ce n?est pas court puisque, de toute façon, il n?y a déjà plus d?animaux sauvages. Ces 3 ans, c?est important pour les cirques afin de pouvoir travailler via de l?investissement et du fonctionnement à leur renouvellement de manière à assurer leur pérennité économique. Mais aujourd?hui, à part Bouglione, il n?y a plus aucun cirque qui présente des animaux sauvages. J?attends que l?Etat prenne une décision, plusieurs courriers ont été envoyés à la Ministre mais sans réponse. J?ai été un peu surprise, Monsieur WEHRLING, de voir que dans les dernières propositions du Ministre de l?Agriculture sur le bien-être animal il n?y a rien sur ce sujet, si ce n?est que nous avons repoussé le broyage des poussins à 2 ans. On aurait pu le faire un peu plus tôt, je crois même que c?est 2014.

Voilà, la balle est dans le camp de l?Etat pour les cirques qui sont propriétaires de leurs établissements. Je ne peux pas y déroger et j?espère que l?Etat prendra des décisions sur ce sujet rapidement, mais nous avançons.

Madame SIMONNET, je vais regarder. De mémoire, c?était une étude qui était faite avec le Ministère et avec le M.N.H.N. ; je vais vous apporter la réponse dans les jours qui viennent.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président.- Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 25.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2020, DEVE 25).

Voeu déposé par le GEP relatif au réaménagement de l?avenue René-Coty (14e).