Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Novembre 2009
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2009, Vœu déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche relatif au soutien à la formation initiale des enseignants du premier degré.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2009


 

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l'examen du v?u n° 66 du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, ayant trait au soutien et à la formation initiale des enseignants du premier degré.

Madame BECKER ? C'est une minute, je vous rappelle. Merci.

Mme Emmanuelle BECKER. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, aujourd'hui les enseignants, les lycéens, les étudiants, les parents d?élèves se mobilisent contre les réformes de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur. Ils contestent notamment la réforme de la formation des enseignants. Cette réforme, dite de masterisation, prévoit que les futurs enseignants seront recrutés à Bac plus 5, après obtention d'un master et se verront affectés devant une classe dès la réussite du concours.

Par ce biais, le Gouvernement supprime 9.182 postes d'enseignants stagiaires dans le premier degré. Il n?existera donc plus de formation professionnelle rémunérée, ce qui portera un coup d'arrêt à la difficile démocratisation de l'accès au métier de l'enseignement. De plus, cette réforme centre la formation sur des apprentissages académiques aux dépens d?une articulation théorie-pratique nécessaire pour apprendre à enseigner.

Nous souhaitons, le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, que le Conseil de Paris exprime son opposition à la réforme gouvernementale, dite de masterisation, et réaffirme son attachement à une formation professionnelle de qualité pour les enseignants.

Je vous remercie.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Et merci d'avoir respecté votre temps de parole.

Madame BROSSEL, vous avez la parole.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci, et merci surtout d'avoir posé ce débat, qui est un débat absolument fondamental. Puisque mes collègues de l'opposition m'appellent, ainsi que mes autres collègues de l'Exécutif, à la modération, j?aurai des propos très modérés.

Les bouleversements de l'Education nationale, c'est un nouveau coup de tonnerre dans le paysage aujourd'hui. Si je n'avais pas été avec vous aujourd'hui, j'aurais été évidemment dehors avec l'ensemble des manifestants qui, aujourd'hui, appelaient à manifester sur un climat général : 50.000 postes supprimés en trois ans, qui peut imaginer concrètement ce que cela signifie ?

Mais, également cette réforme dite de la masterisation. Je n?aurai pas de longs développements sur ce que signifie fondamentalement cette réforme, le retour en arrière et le caractère rétrograde. C?est peut-être l?ancienne responsable de formation qui est intimement convaincue que ce projet est rétrograde.

Je voudrais juste dire que, au-delà évidemment, des petits tours de passe-passe budgétaire qui consistent à prendre des stagiaires plutôt qu?à rémunérer de futurs enseignants, ce qui est tout de même un peu gros, force est de constater que le seul point qui guide aujourd'hui l'ensemble des réformes de l'Education nationale, c'est la R.G.P.P. Je ne peux pas me satisfaire, comme citoyenne, comme élue, que l'Education qui est fondamentalement l'une des choses les plus importantes dans notre pays soit uniquement jugée, évaluée et discutée à l?aune de la R.G.P.P. Il y avait certainement beaucoup de choses à dire sur la formation des enseignants y compris moi comme citoyenne, comme élue, comme militante politique j'avais nombre de choses à dire sur ce sujet, mais c'est atrocement décevant que tout ce qui se passe dans l'Education nationale n?existe qu?à l?aune de la R.G.P.P., il y a tellement d?autres choses dont on aurait pu débattre ensemble, avec l'ensemble de la collectivité nationale sur ce sujet.

Dernier point, je l?ai dit lors du dernier Conseil départemental de l'Education nationale, où les organisations syndicales et des associations de parents d'élèves ont été appelées à se prononcer sur un v?u portant sur le même sujet, pour ma part, par ailleurs, comme adjointe au Maire, je suis moins inquiète de recevoir des sollicitations de plus en plus régulières de parents d'élèves, qui s?inquiètent de savoir comment, à partir du mois de janvier, cela se passera concrètement pour leurs enfants, parce qu'à un moment donné, quand les futurs enseignants seront en stage, il n'y aura plus d'intervenant face à leurs enfants. Je me suis donc permise, dans ma responsabilité, d?alerter le rectorat sur le fait qu?il me paraissait assez compliqué, que de janvier à juin plusieurs centaines d'enfants soient privées d?enseignant simplement parce que par ailleurs, au-delà de ce que je disais, ne serait-ce que techniquement, cette réforme a été mal pensée.

Pour toutes ces raisons, bien évidemment je donne un avis favorable à ce v?u et je vous remercie aussi de l'avoir mis en débat aujourd'hui. On aurait pu faire tellement de choses sur cette question de la formation des enseignants, quelle déception !

(Applaudissements sur les bancs des groupes de la majorité municipale).

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Monsieur MENGUY, vous avez la parole pour une explication de vote.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Merci, Monsieur le Maire. C?est pavlovien, la Gauche a un réflexe, quand ils n'ont pas d'idée ils politisent à mort contre l?Etat, on est habitué et Dieu sait qu'en matière d'éducation, vous n'avez tellement pas d'idée que vous ne savez faire que politiser contre l'Etat.

On est donc là face à un v?u une fois de plus qui renvoie à un débat avec l'Etat, et qui ne relève pas de la compétence de cette assemblée.

Deux éléments, le premier sur le fond : le système actuel, qui est en cours de réforme, a fait l'objet de nombreuses critiques et il convient, je crois, d'apporter des réponses qui ne sont pas uniquement articulées autour de la R.G.P.P., je sais bien que vous considérez que la Droite ne veut former que des débiles et des analphabètes, mais c'est un peu plus compliqué que cela, Madame BROSSEL.

La masterisation autour de la filière universitaire, pour être issu de la filière universitaire, j?estime que c'est une bonne formation et je ne vois pas pourquoi il y a une méfiance aussi ancrée en vous sur cette question.

Sur l'aspect et l'articulation théorie-pratique, je rappelle tout de même que le système prévoit que des stages puissent être faits dès le master 1 et qu?il y a une répartition théorie-pratique d'un tiers deux tiers. Voyez, des choses sont prévues.

Et sur la forme, je regrette que la Gauche, puisque vous nous avez critiqués ce matin sur un autre plan, n?ait pas saisi les parlementaires parisiens de Gauche pour qu'ils interpellent le Gouvernement. On a l'impression qu'il y a une dissociation entre votre organisation interne? Ce ne sera pas la première fois que l?on verra cela à gauche à Paris, on en a tous été témoins hier soir.

En tout état de cause, devant ce genre de v?u qui n'a pas de sens sur la forme ni sur le fond, le groupe U.M.P. votera contre.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons au vote du v?u avec un avis favorable de l'Exécutif.

Monsieur POZZO di BORGO ?

M. Yves POZZO di BORGO. - La façon dont il est pris n'est pas correcte.

On sait très bien que devant les difficultés, il est nécessaire de former les enseignants du premier degré pour leur donner beaucoup plus de compétences. Ils sont déjà efficaces, mais il faut accentuer cette formation avec une valorisation de leur statut et de leur rémunération.

Cette réforme va dans ce sens, et l'idée est vraiment de revaloriser ce statut, d'envoyer aussi un signe fort aux parents d'élèves, parce que nous voulons vraiment que les meilleurs étudiants aillent aussi vers l?enseignement du premier degré, parce que c?est fondamental pour les enfants.

Enfin, nous pensons que la fonction et la profession d?enseignant doivent être mises au centre de l?école. Je sais que c?est un débat difficile, Madame BROSSEL, mais je crois qu?il faut se pencher dans la réforme. Elle ne sera jamais satisfaisante, mais je peux vous dire que par rapport à tout ce que l?on a connu, c?est une bonne chose. C?est pourquoi nous ne voterons pas ce v?u.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, ce v?u assorti d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2009, V. 365).