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Novembre 2009
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Conseil Municipal
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2009, IV - Question d'actualité posée par le groupe M.R.C. à M. le Maire de Paris relative à la fermeture des centres d'IVG et à la suppression de 1.000 postes de personnels soignants.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2009


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Karen TAÏEB.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, jusqu?où allons-nous laisser le paquebot A.P.-H.P. sombrer ? Telle est ma question d'actualité. Il est urgent que le Ministère de la Santé change de cap dans sa manière de conduire une politique de santé publique qui veut ressembler au privé, une politique qui requalifie progressivement l'hôpital public en une entreprise comme une autre. Non, l?hôpital n'est pas et ne doit pas devenir une entreprise.

Il faut le dire et il faut surtout agir face à un bulldozer qui détruit tout sur son passage. Car que n'envisage-t-on pas ? Après la fermeture de lits, la fermeture de services, après la fermeture programmée de la maternité de Saint-Antoine, qui assure pourtant dans d'excellentes conditions 2.500 accouchements, 11.000 consultations et 750 IVG par an - fermeture contre laquelle j?ai voté en tant que présidente de commission de surveillance de l?hôpital - après la fermeture de trois centres d'IVG (Jean Rostand, Broussais, Tenon) et sans doute quatre avec le centre Avicenne à Bobigny, quatre centres qui assuraient près du quart des IVG de l?Ile-de-France, aujourd'hui qu'apprend-on ? Que l'hémorragie continue, que mille emplois soignants non médicaux (infirmières, aides soignantes, secrétaires médicales) et 150 praticiens médecins hospitaliers sont menacés de disparaître à l'aube de l'année 2010.

Pour vous donner un exemple d?aberration, on vient d'ouvrir à Saint-Antoine le bâtiment des urgences. Superbe, flambant neuf, presque majestueux. On est donc passé d?une surface de 600 mètres carrés à 3.540 mètres carrés, mais avec le même effectif d'infirmiers et d?aides soignants. Je les ai rencontrés et ils sont très inquiets. Non seulement ils doivent faire désormais des kilomètres toute la journée, mais ils ne peuvent optimiser leur travail auprès des patients. Là, non seulement il ne faut pas réduire l'effectif mais il faut d'urgence l'augmenter.

Alors, allons-nous rester les spectateurs de ce très mauvais film ? Je crois qu?il est important, essentiel, que soit mis à l'ordre du jour d'un prochain Conseil de Paris la question de l'A.P.-H.P., avant que la logique, qui vise à rentabiliser l?hôpital public au détriment de la santé des Parisiennes et des Parisiens, ait pris un tournant définitivement irresponsable. Nous souhaitons et demandons aussi qu'une mission d?information soit mise en place sur ce sujet.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, il y a aujourd'hui non-assistance à A.P.-H.P. en danger.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement républicain et citoyen, socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme Fatima LALEM.

Mme Fatima LALEM, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci, Madame TAÏEB, votre inquiétude est partagée. Vous avez raison de relever qu'il s'agit de non-assistance à l'A.P.-H.P. Je vais parler évidemment effectivement de la pratique de l'IVG.

M. LE GUEN va répondre tout à l'heure puisqu'il y aura également une autre question sur l'A.P.-H.P., mais je voudrais rappeler à ceux qui auraient cru, ou qui auraient voulu faire croire que la réforme hospitalière et la restructuration en cours ne seraient pas vraiment préjudiciables à la qualité de service public de santé, et à l?orthogénie en particulier, que le doute n'est plus possible quand sont programmées des coupes sombres et des diminutions drastiques concernant le personnel hospitalier, comme cela a déjà été dénoncé par le Maire de Paris dans un communiqué récent.

Dans ce contexte à Tenon et dans les autres hôpitaux à Saint-Antoine et ailleurs, effectivement la question est : comment va-t-on pouvoir garantir, dans des délais légaux, l'accès des femmes, notamment à une pratique de l?IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, de qualité, telle qu?on pourrait l?attendre d?un service public de la santé ?

Pour ce qui relève de notre champ de compétences, je voudrais rappeler que des efforts importants ont été consentis et que nous avons élaboré un dispositif ambitieux pour renforcer notre réseau territorial par la création de nouveaux centres de planification. Nous améliorons également l'offre de service de qualité au niveau de la mise en place de l?IVG médicamenteuse.

Mais il est vrai qu?il faut souligner, et s'impliquer aux côtés de ceux qui se mobilisent aujourd'hui, que ce soient les associations féministes ou le personnel hospitalier, pour dénoncer ce désengagement de l'Etat préjudiciable au service public de santé, qui porte gravement atteinte aux droits des femmes, qui met en péril effectivement les activités d?orthogénie déjà fragilisées.

Je voudrais enfin rappeler que ce désengagement s?inscrit dans une logique à l'?uvre qui consiste à se décharger sur les collectivités territoriales des activités cruciales telles que l'IVG, la contraception et la prévention auprès des jeunes, collectivités territoriales à l'encontre desquelles se prépare une formidable entreprise d'asphyxie financière. Comme vous le dites, nous avons effectivement besoin de mettre en place un débat et des mobilisations à la mesure des enjeux auxquels on est confronté, en particulier autour de la question des droits des femmes.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je félicite les adjoints, qui progressent dans le respect du temps de parole prévu pour la réponse aux questions.