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Novembre 2009
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Conseil Municipal
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2009, Vœu déposé par M. Christophe GIRARD visant à honorer la mémoire de Claude Lévi-Strauss en donnant son nom à une bibliothèque municipale. Vœu déposé par le groupe U.M.P.PA. relatif à la dénomination d'un lieu parisien en hommage à Claude Lévi-Strauss.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2009


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Notre Assemblée est saisie de deux v?ux n° 88 de l'Exécutif et n° 89 du groupe U.M.P.P.A. sur l'hommage que rendra la collectivité parisienne à la mémoire de Claude Lévi-Strauss.

La parole est à M. Pierre GABORIAU.

M. Pierre GABORIAU. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Avec la disparition de l?anthropologue Claude Lévi-Strauss, survenue le 30 octobre dernier, une des plus grandes figures tutélaire de la pensée du XXe siècle nous a quittés.

Né en 1908 à Bruxelles, c?est à Paris qu'il poursuivit de brillantes études à la Sorbonne et fut diplômé de droit, agrégé de philosophie en 1931 puis docteur en lettre en 1948 . Devenu membre de la mission universitaire au Brésil, il occupera un poste à l?université de Sao Paulo de 1935 à 1938, en tant qu'enseignant de sociologie. Claude Lévi-Strauss y organisera de nombreuses missions ethnographiques dans le Mato Grosso et en Amazonie.

Son retour en France, à la veille de la guerre, sera de courte durée puisque, révoqué de l?enseignement au titre des lois antijuives de Vichy, il quitte à nouveau l?hexagone pour New York en 1941. Ce haut lieu d'exil des intellectuels lui permet de côtoyer André Breton et Roman Jacobson.

De ces deux rencontres marquantes, Claude Lévi-Strauss gardera l'audace des surréalistes dans une observation visionnaire du monde et de sa mutation, et la rigueur formelle des linguistes dont il empruntera l'analyse structurale pour l'appliquer en anthropologie. Engagé volontaire dans le Forces françaises libres, Claude Lévi-Strauss fonde avec Jean Perrin et Henri Focillon entre autres, l?Ecole libre des hautes études de New York en 1942.

C?est avec son ouvrage le plus célèbre "Tristes tropiques", paru en 1955 dans la collection "Terre humaine", que Claude Lévi-Strauss parvient à une reconnaissance unanime, à la fois de ses pairs et d?un public plus large.

Ainsi Claude Lévi-Strauss a parcouru notre dernier siècle en s?attachant à saisir les grands invariants de la pensée humaine, transversaux à toutes cultures. Il a rendu nos réalités plus intelligibles en recourant à des thèmes tout à la fois spécifiques et universels, comme l'art culinaire, les totems, la religion et la famille.

En 1959, Claude Lévi-Strauss est élu au Collège de France où il occupe la chaire d'anthropologie sociale jusqu'en 1982. Il fonde, avec Emile Benveniste et Pierre Gourou en 1961, la revue interdisciplinaire "L'homme". En 1973, il devient membre de l?Académie française.

Claude Lévi-Strauss, chercheur érudit et infatigable, a su incarner admirablement ce que son ami André Breton appelait "l?homme, ce rêveur définitif", il aura relié l?écriture à l?exigence aigue de la réflexion. Nourri par son engagement humaniste, notre assemblée se doit d?affirmer l?universalité de l'homme dans son unité, et sa diversité tout à la fois. Un combat plus que jamais nécessaire à l'heure de la monoculture mondiale, du développement durable et de l'urgence écologique.

C'est pourquoi, Monsieur le Maire, mes chers collègues, Jérôme DUBUS et les élus du groupe U.M.P.P.A. émettent le v?u que la Ville de Paris rendent hommage à  Claude Lévi-Strauss en attribuant son nom à une place importante de notre Capitale.

Je vous remercie.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Monsieur GABORIAU.

La parole est à M. Christophe GIRARD.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Claude Lévi-Strauss appartient à tout le monde et à l'humanité. C'est la raison pour laquelle, en étroite intelligence avec ses fils, que je connais, Mathieu et Laurent, avec qui j'ai eu un certain nombre d'échanges, nous étions convenus que je présenterai au nom de nous tous, les élus, et je l'ai dit à Jérôme DUBUS, une proposition de dénomination d'une grande bibliothèque. Nous sommes dans le même cas de figure qu'en ce qui concerne Françoise Sagan.

C?est pour cela que nous étions convenus Jérôme DUBUS et moi, juste avant son départ de la séance du Conseil, qu'il n'était pas nécessaire et qu'il était prématuré de nous engager sur une place, une rue ou une voie, car il est très difficile d?en trouver une, mais qu'en revanche, en prenant le temps de la réflexion, nous commencerions par choisir dans Paris, et tout le monde est mis à contribution, élus et maires d'arrondissement, une bibliothèque qui soit à la hauteur du génie de Claude Lévi-Strauss.

Non pas que je sois contre, bien évidemment puisque j?ai souhaité très vite avec la famille, la belle-mère des fils, Laurent et Mathieu, la dernière épouse de Claude Lévi-Strauss, et nous tous et le Maire de Paris, qu?une grande bibliothèque porte ce nom.

C'est pour cette raison que je vous demande de retirer votre v?u, et que nous portions tous ensemble ce souhait d'une bibliothèque dans un premier temps.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur GABORIAU, l'appel au retrait du v?u est-il entendu ?

M. Pierre GABORIAU. - Oui, Monsieur le Maire, c'est bien volontiers à la demande de Christophe GIRARD que je retire le v?u présenté par Jérôme DUBUS et les élus U.M.P.P.A. pour me joindre à sa proposition immédiate de reconnaissance d'une grande bibliothèque de notre Capitale.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Monsieur GABORIAU, je vous en remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté à l'unanimité. (2009, V. 373).