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2009, SG 205 - Observations définitives arrêtées par la Chambre Régionale des Comptes d'Ile-de-France sur la gestion de la Ville de Paris en matière de dépenses informatiques.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2009


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération SG 205 relatif aux observations définitives arrêtées par la Chambre régionale des comptes de l'Ile-de-France en matière de dépenses informatiques.

M. David ALPHAND. C'est sa soirée.

M. David ALPHAND. - Cela va me permettre d?être dans la continuité du propos de Mme ERRECART. Madame, je me rendrai bien volontiers dans votre bureau pour évoquer les questions du management, néanmoins, le bon manager est celui qui sait écouter.

Je vous ai posé deux questions, Madame, dans le cadre de mon intervention. La première : le délai de quatre à six mois entre la remise des rapports de l'Inspection et leur publication aux Parisiens sera-t-il réduit à l'avenir ?

Et la seconde question, Madame ERRECART : le Conseil de Paris aura-t-il droit désormais à un tableau de suivi des recommandations formulées par l'Inspection générale ?

Je m'interroge et je me demande si vous m'avez vraiment écouté, puisque je n?ai pas eu de réponse...

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Monsieur ALPHAND, ce n'est pas très correct, nous parlons du SG 205.

M. David ALPHAND. - C?est la continuité, car le SG 205 parle de conduite du changement au sein de la Mairie de Paris depuis 2003. Ce rapport est celui de la Chambre régionale des comptes sur les projets informatiques et les dépenses informatiques de la Ville, de 2003, et jusqu'à 2007.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - C'est de cela dont on parle !

M. David ALPHAND. - Précisément, Monsieur le Maire.

On y apprend des choses tout à fait intéressantes, et on est en plein dans le prolongement du rapport annuel de l'Inspection générale.

Alors, tout d'abord, dans la colonne des plus, Madame ERRECART, parce que nous avons la reconnaissance des mérites de l'administration parisienne également, ne croyez pas que nous soyons systématiquement à charge.

Effectivement, des progrès significatifs ont été enregistrées depuis les dernières années, depuis 2003 et le nouveau schéma directeur informatique, le S.D.I. On a réussi à déboucher sur un certain nombre de systèmes d'information qui ont pu remplacer des S.I. obsolètes.

Néanmoins, le rapport de la Chambre régionale des comptes d'Ile-de-France pointe un certain nombre de défaillances.

Alors, je suis au regret de vous dire que je vais y venir à ces défaillances, bien évidemment, Madame ERRECART.

Première défaillance : pas de suivi des coûts. La Ville est incapable d'assurer le contrôle de gestion et le contrôle du rapport coût/efficacité dans les projets qu?elle a menés en matière informatique depuis 2003. C'est assez accablant, vraiment, les conclusions qui sont tirées par la Chambre régionale des comptes.

Deuxième faiblesse, aucune évolution des "process" dans les services alors qu?on a changé les systèmes d'information. Je parlais tout à l'heure des manuels qu'on distribue aux étudiants de première année en école de commerce. C'est systématique, c'est classique comme coup : on change le système d'information mais derrière on ne réorganise pas les services, et après on s'étonne que cela se passe mal dans les services et qu'on ait des personnels démotivés. Il n'y a pas de génération spontanée : tout cela s'explique.

Il y a aussi quelques perles mises en avant par le rapport de la Chambre régionale des comptes. Il y a une prime distribuée aux agents de la Direction de l'informatique. Et cette prime est assez conséquente d'ailleurs. Mais on aurait tendance à penser que seuls les agents méritants reçoivent ces primes. Eh bien, pas du tout : tous les agents de la Direction de l'Informatique reçoivent la prime ! Résultat, cette prime n'a aucun effet, si ce n'est un effet sur le budget de la Ville.

Et puis, je passe sur la gestion rocambolesque de l'ancien directeur de l'informatique, mais la Chambre y consacre quand même deux pages, ce qui est assez significatif.

J'en viens au dernier point. La Ville qui se fait...

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Il vous reste une minute.

M. David ALPHAND. - Je vous suis très reconnaissant de me le dire à chaque fois, Monsieur le Maire.

Dernier point, la Ville se fait de la trésorerie sur le dos de ses fournisseurs. Parce qu?en réalité, qu?est-ce qui se passe ? La Ville paie avec retard ses fournisseurs dans les chantiers informatiques qu'elle a menés, mais ces fournisseurs n'osent pas demander les intérêts moratoires qui sont ridiculement faibles, environ 30.000 euros par an. Pourquoi est-ce que les entreprises n?osent pas solliciter ces intérêts moratoires ? Je soupçonne les responsables de ces entreprises d'avoir peur de se mettre mal avec la Ville de Paris et de ne pas se voir attribuer d'autres marchés, car ils ne savent pas très bien comment cela fonctionne.

En définitive, grâce à cela, la mairie se fait de la trésorerie et entrave le bon fonctionnement de P.M.E. et d'autres entreprises.

Au total, et je conclurai par là, Monsieur le Maire, je suis convaincu que tous les Conseillers de Paris ici présents, et ceux absents également, ont lu ligne à ligne le rapport de la Chambre régionale des comptes. Je n'ai qu'un seul regret, c'est que cela ne se sache pas ailleurs, mais vous pouvez compter sur moi : je vais diffuser l'information.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Très bien.

La parole est à Mme ERRECART.

Mme Maïté ERRECART, adjointe, au nom de la 2e Commission. - L'information est publique, c'est le moins que l'on puisse dire et donc, on ne peut pas nous critiquer de ce point de vue-là. La Chambre régionale des comptes nous a remercié de la façon dont nous les avons accueillis et dont nous leur avons fourni l'information qui était demandée.

Comme toujours dans ce type de rapport, et c'est normal, elle pointe effectivement un certain nombre de défaillances qui ont pu exister dans la période 2003-2007 concernant la gestion des systèmes informatiques.

Comme vous l'avez dit, et je voudrais quand même insister, je pense que ce sont au moins les trois quarts du rapport, elle note aussi un certain nombre de progrès très significatifs. Elle note aussi d'ailleurs que la situation en 2000-2001 était extrêmement dégradée sur le plan informatique. C'est à partir de cela qu'il a fallu effectivement construire à la fois, une direction des systèmes d'information qui n'existait pas. Le rapport souligne, également, qu'il a fallu mettre aussi en place un premier schéma directeur informatique qui n'existait pas non plus.

Deuxième chose que souligne le rapport, et de manière très importante aussi, ce sont les progrès qui ont été réalisées en matière d'infrastructure des systèmes d'information. On a fait un fort développement des terminaux qui sont à disposition des agents. Vous me direz que c'est la moindre des choses, mais encore fallait-il les assurer.

On a rationalisé le parc des serveurs qui supportent l'ensemble des 400 applications qui sont aujourd'hui en fonctionnement à la Ville et on leur a donné une cohérence et une sécurité technique.

Enfin, on a, sur le plan des infrastructures, assuré la mise en réseau de plus de 2.000 sites, ce qui, là encore, est très important. Je pense que quand on a des incidents comme la grippe, on apprécie effectivement d'avoir un réseau tout à fait satisfaisant.

C'est vrai que vous trouverez, comme vous l'avez cité, certaines insuffisances qui ont pu être marquées ici ou là.

Moi, j?en ai effectivement noté une que vous n'avez pas relevée d?ailleurs, comme quoi on peut avoir des lectures diverses, c'est sur la gouvernance, la façon dont les projets informatiques ont pu être décidés et évalués dans cette période qui n'était peut-être pas assez rigoureuse.

Ce que j'ai noté aussi, c'est qu'à partir de 2006, justement, les procédures ont changé. C'est-à-dire qu'effectivement, de 2003 à 2006, il y a eu des choses qui n'ont peut-être pas été totalement maîtrisées, mais qu'à partir de 2006, il y a eu au contraire un changement des procédures.

Ce qui me rassure encore plus, Monsieur, c'est ce qui se passe à l'heure actuelle car nous avons un système de gouvernance qui est parfaitement piloté.

Tout projet de plus de 100.000 euros, aujourd'hui, fait l'objet d?un débat au sein d'un comité stratégique et informatique présidé par le Secrétaire général et par ailleurs, les méthodes d'évaluation de ces projets ont été développées avec la mise en place de la méthode Mareva.

Comme toujours, on peut dire qu'un certain nombre de choses ne vont pas, certes, mais on peut surtout, et c'est plus important, voir ensuite quelles leçons on tire de ces phénomènes-là et s'assurer que pas à pas, nous faisons des progrès et nous nous dotons des outils qui permettent de fonctionner de manière correcte.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Il faut conclure.

Mme Maïté ERRECART, adjointe, rapporteure. - Oui, je conclus.

Je suis extrêmement sensible à quelque chose que n?a pas non plus cité le rapport mais qui me semble aller tout à fait dans le bon sens.

Dans ce que nous faisons à l'heure actuelle, nous avons le souci, non seulement des équipements et des projets - et j'ai oublié de dire qu'il y avait eu 100 projets conduits pendant la période -, nous avons aussi le souci de former les utilisateurs, et cela me paraît encore un point très important. Je le dis d'autant dans cette Assemblée qu'il y a des actions en direction des mairies d'arrondissement et que c'est un point qui me rassure sur notre capacité à continuer à déployer un système informatique performant.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

Comme vous le savez, cette communication n'appelle pas de vote.