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Novembre 2009
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2009, SGCP 10 - Création d'une mission d'information et d'évaluation sur le thème "Accès des jeunes Parisiens à un emploi pérenne".

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2009


 

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération SGCP 10 : création d'une mission d'information et d?évaluation sur le thème "Accès des jeunes Parisiens à un emploi pérenne".

Madame Sandrine CHARNOZ, vous avez la parole.

Mme Sandrine CHARNOZ. - Merci, Monsieur le Maire.

Moi aussi, je tenais à dire que je me réjouis de la mise en place de cette mission et donc de l'utilisation de ce nouvel outil comme vient de l'expliquer François DAGNAUD.

Je voulais juste préciser que cette mission s'inscrivait dans un contexte particulier et particulièrement difficile pour les jeunes Parisiens, avec un chômage plus important que les autres catégories d'âge.

On a noté lors de la dernière communication sur l'emploi des jeunes, au Conseil dernier, qu'en 2008, le chômage avait augmenté de plus de 39 % pour cette catégorie âgée de moins de 25 ans, alors qu'elle n?augmentait que de 21 % pour les autres. Nous avions, tous groupes confondus, noté le fait que cette hausse n?était absolument pas représentative du nombre de chômeurs de cet âge existant, car beaucoup ne s'inscrivent pas au Pôle Emploi et sortent ainsi des statistiques car il ne sont pas concernés par les indemnisations.

Il faut aussi rappeler que pour ceux qui travaillent, la situation est loin d'être florissante ; beaucoup sont en C.D.D., en intérim, en emploi contrat aidé.

Pour clore ce tableau assez sombre, il faut quand même, ici, dire que près de 23 % des jeunes Parisiens, de moins de 20 ans, vivent sous le seuil de pauvreté.

Si la crise vient frapper de plein fouet les jeunes et amplifie leur chômage et s'ils servent trop souvent de variable d?ajustement aux entreprises, je tenais aussi à rappeler que dans son rapport de mai dernier, l'O.C.D.E. écrit que la performance des jeunes sur le marché du travail est moindre en France que chez ses voisins européens.

Si notre conjoncture économique est particulièrement délicate, elle ne fait qu'amplifier ce chômage que tous les spécialistes qualifient de structurel, d'où l'importance de cette évaluation et de cette réflexion que nous allons mener.

Je pense que, quelles que soient nos sensibilités politiques, nous ne pouvons qu'adhérer à ce constat et nous ne pouvons pas laisser s'installer chez les jeunes ce sentiment de désespérance et cette impression que quel que soit leur niveau d'étude, quelle que soit leur volonté, l'emploi ne sera pas au rendez-vous.

Je voudrais juste profiter de cette mission pour rappeler que la nouvelle édition du Conseil des étudiants de Paris qui s?est réunie la semaine dernière, lancée en présence de Didier GUILLOT, Christian SAUTTER et Hamou BOUAKKAZ, a choisi comme thème unique de débat jusqu'en 2010 l'insertion professionnelle des jeunes diplômés. On voit bien que leur préoccupation porte sur la précarité du premier emploi, l'accompagnement nécessaire à la transition du premier emploi, la valorisation des compétences, mais aussi la lutte contre le décrochage.

C'est bien la preuve que les jeunes eux-mêmes sont obsédés par ce sujet et que les remontées que nous avons des missions locales qui s'occupent, elles aussi, des jeunes, mais des jeunes peut-être plus éloignés encore du marché du travail, nous conduisent aussi à réfléchir à l?obtention d?un emploi pérenne.

Notre Ville a fait beaucoup, et on se rend bien compte que de nombreux dispositifs sont en place.

Je ne reviendrai pas sur la communication du Conseil dernier qui a mentionné de nombreux dispositifs, que ce soit pour les jeunes diplômés ou pour les jeunes éloignés du travail, mais on a tous signalé que la Ville n'était pas le seul acteur.

C'est pour y voir peut-être plus clair que le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés a proposé, par l'intermédiaire de Jean-Pierre CAFFET lors de la dernière communication, cette évaluation pour l?accès de l?emploi aux jeunes.

L'objectif est, bien sûr, d?étudier l'efficacité des dispositifs, des dispositifs existants en faveur de l'insertion, mais également de pouvoir évaluer l'information dont les jeunes disposent et, pour finir, de regarder l'implication des entreprises pour s'ouvrir aux jeunes en recherche du premier emploi.

Je vous donne rendez-vous en juin pour les retours de cette mission d'évaluation dont la seule ambition est d'être constructive pour que les jeunes puissent trouver demain un emploi pérenne.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes de la majorité municipale).

M. Christophe GIRARD, adjoint , président. - Merci beaucoup.

Mes chers collègues, avant de donner la parole à M. CORBIÈRE, je nous mets en garde sur le retard abyssal que nous avons pris, avec le risque d'être en séance de nuit à nouveau.

Concentrons nos réponses, comme cela vient d'être fait. M. CORBIÈRE saura donner l'exemple.

A vous, Monsieur CORBIÈRE !

M. Alexis CORBIÈRE. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais essayer d?arrêter "d?abysser" et j'invite à tout le monde à faire pareil.

C?est un sujet sérieux, je crois que ma collègue a dit des choses fortes.

Cette mission arrive à point nommé ; elle saura faire ?uvre utile, je n'en doute pas, sur un sujet important.

La jeunesse est particulièrement touchée aujourd'hui par la crise, la crise de ce système économique, disons les choses par leur nom, et la jeunesse est trois fois plus touchée par le chômage que la tranche d'âge des 25-49 ans et c'est le cas aussi à Paris.

Chaque année - regardons cette jeunesse -, 100.000 jeunes sortent du système scolaire sans aucune qualification. Je considère, pour ma part, que les effets d'annonce prétendus, le Plan jeunesse de M. Martin HIRSCH ne répond pas du tout à cela, bien au contraire, face à cette jeunesse stigmatisée, avec un vocabulaire de décrocheur, décrochage, vocabulaire que je n?apprécie pas, personnellement, parce qu?il laisserait entendre que c'est le jeune qui porte la responsabilité, alors qu'on le sait bien, ce sont les conditions sociales d'existence qui amènent généralement à ce que les jeunes ne soient pas en échec scolaire.

Les propositions, aujourd'hui, du Gouvernement sont de se tourner vers des formations privées alors que c?est l?inverse qu'il faudrait faire.

Aujourd'hui, il y a une journée de manifestation et de grève dans l?Education nationale, il y a 16.000 postes de l?Education nationale qui seront supprimés cette année, dont 14.000 postes d'enseignant. Je crois qu?il faut sortir du double discours, et là je cible la politique du Gouvernement qui consiste à vouloir faire croire qu?il fait des plans en direction de la jeunesse et qu?il s?interroge et s?inquiète du sort de ces 100.000 jeunes qui sortent du système scolaire, alors qu?à l?inverse on supprime 14.000 postes d?enseignant.

Nous, à l?image du débat que nous avons eu précédemment, nous croyons au service public, au service public de formation. Nous ne croyons pas au privé pour remettre ces jeunes au travail. C'est là l'objet de cette mission : c'est faire le point sur la jeunesse à Paris et voir comment nous pouvons aujourd'hui permettre que la jeunesse accède à l?autonomie, qu?elle puisse avoir un travail, afin que la jeunesse parisienne ne soit pas frappée durement par les conditions difficiles aujourd'hui qui sont celles de beaucoup de Parisiens.

Donc, nous participerons à cette commission et nous nous en félicitons. Merci.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur CORBIÈRE, pour avoir donné l?exemple.

Monsieur DAGNAUD, de façon succincte. Cela n?appelle pas de commentaires ? Non. Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SGCP 10.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Mme Laurence DOUVIN. - J'ai demandé une explication de vote.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Je vous la donne tout à fait, Madame DOUVIN. Mon ?il n?avait pas caressé votre angle.

Mme Laurence DOUVIN. - Je vous en prie, ce n?est pas grave, puisque de toute façon c?est rattrapé.

Je voulais simplement dire que nous nous apprêtons tout à fait évidemment à voter en faveur de la création de cette mission, et je regrette beaucoup que, grâce à l'intervention de M. CORBIÈRE, cette intervention si mesurée, n'est-ce pas, commence sous un aspect de polémique qui ne me parait pas du tout aller avec le sujet. Je le regrette vivement !

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Après ce débat, chers collègues, nous allons passer au vote du projet de délibération.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SGCP 10.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2009, SGCP 10).