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Juin 1997
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28- 1997, DAUC 57 - Approbation du principe de la réalisation des travaux de construction d'une école polyvalente de 12 classes, Z.A.C. " Pajol " (18e). - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer le marché de maîtrise d'oeuvre et de déposer les demandes de permis de démolir et de construire correspondants.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1997



M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DAUC 57 : approbation du principe de la réalisation des travaux de construction d'une école polyvalente de 12 classes, Z.A.C. " Pajol ", (18e). Autorisation à M. le Maire de Paris de signer le marché de maîtrise d'oeuvre et de déposer les demandes de permis de démolir et de construire correspondants.
Je donne la parole au premier orateur inscrit, Madame SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, vous nous proposez la construction d'une école de 12 classes dans la Z.A.C. " Pajol ". Cette construction est prévue au niveau des lignes de chemin de fer, ce qui permettra aux enfants de bénéficier du bruit et de la pollution des motrices à fuel qui utilisent ces voies ferrées ! Je vous rappelle que l'école située rue de Torcy subit déjà les mêmes nuisances, au grand dam des parents et des enseignants. Il faudrait peut-être cesser de reproduire les mêmes erreurs.
Cette Z.A.C. " Pajol " est une aberration. Les habitants qui, d'après les propres chiffres de la Direction des Parcs et Jardins, ne disposent que de 0,70 mètre carré d'espace vert par habitant, alors que la densité du quartier s'élève à 750 habitants par hectare, souhaitent la transformation de ces terrains S.N.C.F. en parc. Je ne peux que leur donner raison et voterai contre ce projet.
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Merci, Madame SCHNEITER.
Je donne la parole à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, depuis début février, un permis de démolir prévoit la démolition de l'ensemble des bâtiments situés sur le site " Pajol ". Ces destructions imminentes incluent donc le très beau bâtiment des Messageries situé à l'angle des rues Pajol et du Département. Cette démolition nous apparaît plus que prématurée. D'abord parce que la première phase du chantier de construction débutera au nord, à l'autre extrémité du site, il n'y a donc pas urgence à faire table rase des Messageries ; ensuite parce que l'économie générale du projet est remise en question et que les temps sont à la rigueur budgétaire.
Les démolitions ont un coût, les constructions aussi ; il devient alors aberrant de réduire à néant un bâtiment en très bon état et d'une architecture de qualité qui pourrait aisément et à moindre coût être reconverti. C'est d'ailleurs ce que stipule expressément la section d'Architecture et d'Environnement de la D.C.L. consultée sur le permis de démolir le 24 septembre 1996, qui déclare : " Je m'étonne qu'on démolisse un bâti qui ressemble à s'y méprendre à une école, pour faire à la place une école. "
La réalité est bien là, Monsieur le Maire, vous ne savez toujours pas composer avec l'existant, avec ce patrimoine modeste mais intéressant que vous sembliez pourtant reconnaître depuis quelques mois. La table-rase reste le mot magique qui hante certains esprits parisiens. Vous demeurez incapable d'envisager des solutions innovantes de reconversion alors qu'elles pourraient, dans de nombreux cas, vous faire gagner du temps et de l'argent dans l'aménagement de certains quartiers.
Aujourd'hui le projet de la Z.A.C. " Pajol " impose un quartier indépendant, refermé sur lui-même, un nouveau ghetto en perspective. C'est un projet rétrograde dans un quartier très sensible où cohabitent une trentaine de cultures et une dizaine de religions, avec un esprit communautaire fort ; un quartier où les logements sociaux sont déjà très nombreux, mais où les équipements collectifs, scolaires et culturels font défaut, où les lieux de rencontre et les jardins publics sont absents, où le commerce périclite, excepté celui des stupéfiants.
Afin de mieux comprendre ce contexte et d'adapter votre projet, vous aviez raisonnablement accepté de lancer une étude socio-économique. Mais aujourd'hui, alors que cette étude n'a toujours pas été lancée, vous démarrez les travaux avec en poche un projet parachuté ne tenant pas compte des réalités locales.
Monsieur le Maire, les habitants de ce quartier et l'association " La Chapelle " vous demandent un moratoire pour réviser totalement les objectifs et l'économie générale de cette Z.A.C. Ils vous demandent de suspendre toute action prématurée qui compromettrait l'avenir de leur quartier. Soyez patient, laissez mûrir cette opération, en tenant compte de tous les paramètres et engagez une véritable concertation avec les habitants et les associations.
De plus, c'est une bien curieuse école que vous nous proposez : elle comporte 7 classes maternelles et 5 classes élémentaires. Le cursus maternel comportant 3 sections ou niveaux - petite section, moyenne section, grande section - à raison de 2 classes par niveau, il y aurait 6 classes ; où situez-vous la 7e, même dans ce contexte polyvalent ? Il y a d'ores et déjà dans cette future école des classes à doubles niveaux, alors que ni les enseignants ni les parents n'en sont friands.
Ensuite, nous aimerions savoir comment se fera la montée pédagogique d'une telle école maternelle dans les 5 classes élémentaires prévues. Il y a en effet 5 niveaux du cours préparatoire au cours moyen 2. Comment 7 fois 25 élèves se transformeront-ils en 5 fois 25 élèves ? Ou plus simplement comment 2 fois 25 élèves de grande section deviendront-ils 1 C.P. de 25 ? Et ainsi de suite. Ce n'est pas une école de 5 classes élémentaires qu'il faut, mais une école de 10 classes élémentaires. C'est une école déséquilibrée dès sa conception qui est ici proposée.
Par ailleurs, un problème très grave de pollution affecte ce site qui empêche toute réalisation sans une solution préalable. Vous ne l'ignorez pas, des locomotives diesel stationnent en limite du site " Pajol " ; dans l'école Torcy, à proximité, des crises d'asthme ont été constatées et les enfants ont été privés à plusieurs reprises de la cour de récréation pour cause de forte pollution. L'enquête réalisée par la Préfecture reste secrète. Pis encore, la réunion du Comité départemental d'hygiène devant en délibérer en mai dernier a été supprimée à la veille des élections et les résultats des mesures n'ont toujours pas été portés à la connaissance des habitants. Bien que désigné par votre assemblée pour siéger en qualité de suppléant dans ce Conseil, la Préfecture refuse de m'adresser les convocations. Mais surtout des mesures urgentes doivent donc être prises pour éliminer cette importante source de pollution et les risques qu'elle entraîne en matière de santé publique.
Monsieur le Maire, un refus d'intervention de votre part serait grave. En effet, vous vous apprêtez aujourd'hui à lancer la construction d'une école et de logements à quelques mètres à peine de ces locomotives diesel. Pire encore, l'implantation de la cour de récréation donne directement sur les voies, selon le modèle même de l'école Torcy, qui donne directement sur le grill d'approvisionnement des 150 locomotives diesel. Cela devient un acte prémédité.
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Je vous demande de bien vouloir conclure, Monsieur BLET.
M. Jean-François BLET. - J'arrive à la conclusion, si vous me laissez terminer, Monsieur le Maire. Les mesures nécessaires pour faire cesser cette pollution sont un préalable au lancement de cette opération. Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de suspendre la Z.A.C. " Pajol " et d'engager une refonte totale du projet afin de définir, dans la concertation, un projet qui ne porte pas atteinte au quartier de la Chapelle et qui réponde aux attentes de ses habitants et à la santé de ses enfants.
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Merci, Monsieur BLET
Pour répondre aux intervenants, je donne la parole à M. Claude GOASGUEN.
M. Claude GOASGUEN, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire, encore que la question générale mériterait d'être posée à Mme COUDERC. Je me contente en ce qui me concerne, d'essayer de faire construire dans les meilleures conditions les écoles polyvalentes de la Z.A.C. " Pajol " sans porter d'appréciations, qui ne dépendent d'ailleurs pas de moi mais de l'ensemble du Conseil qui a déjà statué à cet égard.
Sur la Z.A.C. " Pajol ", je veux dire à M. BLET quand même que sa mathématique sur les classes et la croissance exponentielle laisse rêveur, car ce n'est pas tout à fait comme cela que se posent les questions dans les écoles. Il n'y a pas une espèce de mécanique de la maternelle sur l'élémentaire et par conséquent de ce point de vue en tout cas, sans reprendre les critiques que vous avez évoquées, il y a eu une large concertation entre l'Académie et les services de la Ville, et je crois que la solution qui est adoptée est une solution raisonnable.
Cette Z.A.C. a été créée par délibération du 21 novembre 1994 et toutes les procédures nous ont amené à l'approuver par délibération le 22 janvier 1996. Afin de répondre aux besoins scolaires engendrés par cet aménagement, nous avons prévu de créer une école polyvalente - car je ne partage pas votre sentiment sur les écoles polyvalentes - de 12 classes maternelles et élémentaires sur un terrain délimité par la rue Pajol et deux nouvelles voies à créer.
La livraison de cette école est prévue pour la rentrée de septembre de l'an 2000. Conformément aux dispositions du Code des marchés publics, un concours d'architectes a donc été organisé et la décision de maîtrise d'oeuvre fait l'objet d'un marché soumis au Conseil de Paris au cours de cette séance. Ce marché prévoit une tranche ferme qui aboutit à l'étude d'avant-projet et deux tranches conditionnelles : l'une porte sur le projet et l'autre sur les études d'exécution et de direction des travaux. La structure du marché permettra donc de s'adapter à l'évolution des réflexions qui pourraient intervenir, car effectivement vous avez raison de le souligner, il y a quelques questions qui se posent.
En effet, à ce jour, la réflexion porte sur le problème de la pollution, et de la pollution, comme vous l'avez souligné, par les locomotives diesel.
Deux campagnes de mesures ont été réalisées à ce sujet. Les niveaux d'exposition aux polluants mesurés ne montrent pas, semble-t-il, de situation particulière par référence au reste de l'agglomération. Toutefois, dans certaines conditions météorologiques et de façon fugitive, des panaches de fumée émis par les locomotives diesel retombent sur les habitations riveraines et ce problème fait donc l'objet de concertations, que nous menons en liaison avec la S.N.C.F. En particulier, le Conseil départemental d'hygiène a déjà évoqué cette question le 21 mars 1997 et nous sommes tombés d'accord pour l'évoquer de nouveau lors de sa session en automne prochain, c'est-à-dire probablement au mois d'octobre.
Par conséquent, il y a effectivement dans le projet de l'école polyvalente des éléments d'adaptation en fonction du résultat de la concertation avec la S.N.C.F. pour faire droit à une partie de vos questions.
En ce qui concerne la généralité de la Z.A.C. " Pajol ", je vous recommande, lors du prochain Conseil, de poser la question à Mme COUDERC qui vous répondra.
M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Merci, Monsieur GOASGUEN.
Je vais donc mettre aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 57.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mmes SCHNEITER, BILLARD, et M. BLET ayant voté contre. (1997, DAUC 57).
Merci, mes chers collègues.