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Juin 1997
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14- IV - Question d'actualité de M. Jean-Charles BARDON, au nom du groupe " Rassemblement pour Paris ", à M. le Maire de Paris sur le bilan de la situation des universités parisiennes.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1997



M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Nous passons à la question d'actualité de M. Jean-Charles BARDON, au nom du groupe " Rassemblement pour Paris ", sur le bilan préoccupant de la situation des universités.
Monsieur BARDON, vous avez la parole.
M. Jean-Charles BARDON, maire du 5e arrondissement. - A l'occasion du 25e anniversaire des universités de Paris, une conférence régionale a réuni début juin les universités d'Ile-de-France. Au cours de cette réunion les universités ont dressé un bilan préoccupant de la situation régionale, elles ont précisé leurs priorités communes : délocalisation des laboratoires, difficultés de remplacement des enseignants-chercheurs qui partent à la retraite, vétusté, exiguïté du patrimoine immobilier, enfin vieillissement des outils scientifiques et documentaires.
Venant conforter ce constat, un rapport de la Préfecture d'Ile-de-France précise en effet que le patrimoine des universités de Paris-Centre est éparpillé sur de très nombreuses implantations, souvent vétustes. Il offre aux étudiants comme aux enseignants des conditions de travail difficiles du fait de son surpeuplement général.
A l'occasion donc de cette conférence régionale, les universités ont fait part des besoins qui leur apparaissaient indispensables en termes de surfaces nouvelles, et elles ont notamment évoqué le site de " Paris-Rive gauche ".
M. ALLEGRE, le nouveau Ministre de l'Education nationale, s'est par ailleurs exprimé à plusieurs reprises sur le désamiantage de Jussieu pour affirmer récemment que Jussieu serait rénové, comme tout le parc universitaire parisien.
Enfin, Monsieur le Maire, mes chers collègues, je rappellerai pour mémoire que son prédécesseur, M. BAYROU, avait fait part de son accord pour une extension des surfaces disponibles dans " Paris-Rive gauche " afin de répondre, le cas échéant, à une telle demande, comme l'a proposé d'ailleurs M. le Maire de Paris en soulignant que la Ville de Paris était, sur ce point, entièrement à la disposition de l'Etat.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous sommes aujourd'hui confrontés à un problème urgent dans lequel tout retard ou hésitation pèsera à la fois sur la sécurité des étudiants et des enseignants, mais plus largement sur l'image, la crédibilité et, en réalité, la survie même de l'ensemble des universités du coeur de la Région Ile-de-France.
Au nom du groupe " Rassemblement pour Paris ", Monsieur le Maire de Paris, je vous demande quelles interventions vous envisagez de faire auprès du Gouvernement pour remédier à cet état de fait et permettre à Paris et à l'Ile-de-France de tenir le rôle majeur qui doit être le leur dans le domaine de l'enseignement supérieur et de la recherche pour faire de Paris la grande métropole universitaire française.
Merci.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci, Monsieur BARDON.
La parole est à M. GOASGUEN pour répondre à l'orateur.
M. Claude GOASGUEN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Je donnerai la parole ensuite à Anne-Marie COUDERC pour répondre plus précisément sur les problèmes de la Z.A.C. " Paris-Rive gauche ", mais je voudrais vous dire que la célébration du 25e anniversaire des universités de Paris a été l'occasion pour les Présidents d'université de présenter un bilan très préoccupant de la situation de l'enseignement supérieur à Paris et plus généralement en Ile-de-France et de souligner opportunément les enjeux nationaux et locaux d'une politique qui reste à construire et à rénover.
La Municipalité parisienne et le Maire de Paris ont eu à plusieurs reprises l'occasion de dire que ce n'est pas en affaiblissant Paris que l'on pouvait renforcer la province.
Paris est en effet exposée à la concurrence des grandes métropoles européennes, voire mondiales, et dans ce contexte, son potentiel, sa tradition de formation, de recherche, sont des atouts qui doivent non seulement être préservés, mais développés et valorisés. On sait bien aussi que le rôle des universités et des laboratoires de recherche est essentiel dans le développement économique de notre Capitale.
Paris n'a pas évidemment dans ce domaine d'ambition quantitative, mais elle a essentiellement une ambition qualitative, et nous demandons que soient accordés à nos universités et à ces centres de recherche les moyens de leur compétitivité, ce qui est de la compétence de l'Etat.
Je voudrais rappeler à cette assemblée que la Mairie de Paris a développé un certain nombre de points de vue dans le Schéma régional de l'enseignement supérieur et de la recherche mais que, parallèlement, elle n'a pas hésité à contribuer de ses deniers, hors compétences, à établir une structure universitaire digne du rayonnement parisien.
En effet, au cours des dernières années, nous avons procédé à plusieurs opérations de restructuration ou d'extension au bénéfice de l'université de Paris-Dauphine, de l'université Paris-IV ou, enfin, de l'université Paris-I. La Ville s'est également engagée dans un programme difficile et coûteux de mise en conformité et de modernisation de la Sorbonne.
Mais il est clair que la situation des universités parisiennes nécessite d'aller très au-delà de ces opérations ponctuelles.
Il appartient à l'Etat, et d'abord à l'Etat, de prendre ses responsabilités, car il faut le rappeler, dans une période où le chevauchement des compétences devient une habitude juridique, si les collectivités locales sont évidemment concernées, l'enseignement supérieur et la recherche restent d'abord une compétence de l'Etat.
Par ailleurs, la place et le rôle des universités parisiennes dans l'ensemble national font de la situation présente un enjeu national de toute première importante, auquel le Gouvernement ne saurait rester indifférent.
Je voudrais dire avec la plus grande fermeté que si, d'aventure, rue de Grenelle, il apparaissait de nouveau des velléités - qu'on a connues car, hélas, la couleur politique des Ministres change, mais l'intention de la rue de Grenelle reste la même - de vouloir déshabiller Paris au profit de la province, avec d'ailleurs des ambitions plus ou moins confuses, moi le premier, le Maire de Paris, l'ensemble des élus parisiens seraient prêts à aller manifester dans la rue - on l'aurait fait contre M. BAYROU, on le fera contre M. ALLEGRE - pour que les étudiants parisiens, les professeurs de Paris, les universités parisiennes puissent trouver à l'intérieur de notre Capitale un statut qui soit digne du renom universitaire et du renom international de notre grande ville universitaire.
Voilà ce que je voulais dire, Monsieur le Maire.
J'ajouterai que nous avons fait des efforts considérables, que nous sommes prêts à en faire de nouveau et que nous avions engagé de ce point de vue, comme l'a rappelé celui qui a posé la question, des discussions difficiles avec le Ministre précédent à propos de la Z.A.C. " Paris-Rive gauche ". Mais sur ce point, je voudrais laisser la parole à Anne-Marie COUDERC dont c'est la compétence.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci, Monsieur GOASGUEN.
Madame COUDERC, vous avez la parole.
Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.
En complément de la réponse que vient d'apporter mon collègue M. GOASGUEN, je voudrais dire qu'il est vrai, en effet, que les locaux universitaires de la Capitale sont souvent mal adaptés aux exigences de la recherche et de l'enseignement contemporain ; leur taux d'occupation est, en particulier, souvent très élevé, nous le savons, et leurs sites souvent éclatés. Le cas de l'I.N.A.L.C.O. est, par exemple, particulièrement criant à cet égard.
Le développement d'un pôle universitaire à Paris n'est donc pas, bien évidemment, une idée nouvelle, et c'est précisément dans ce contexte qu'a été conçu " Paris-Rive gauche ".
Principal secteur de développement de la Capitale, cette opération doit être en mesure d'accueillir les nouveaux locaux qui seront nécessaires. Il ne s'agit pas d'y créer véritablement une université nouvelle, mais bien de permettre le maintien à Paris des universités actuelles en leur assurant des conditions de fonctionnement et de confort dignes de notre époque.
Comme le rappelait tout à l'heure M. BARDON, M. Claude ALLEGRE a récemment exprimé sa volonté d'engager une vaste entreprise de rénovation et d'adaptation des universités parisiennes.
(M. Alain DESTREM, adjoint, remplace M. Gérard LEBAN au fauteuil de la présidence).
C'est pourquoi le Maire de Paris a pris sans tarder l'initiative de rappeler au Ministre de l'Education nationale quelle était sa position et celle de la Ville de Paris, sur cette question des locaux universitaires et sur l'utilisation dans ce but de certaines emprises de " Paris-Rive gauche ". Le Maire a rappelé notamment la proposition qu'il avait faite au Conseil de Paris en juin 1996 de porter à 130.000 mètres carrés la superficie réservée à ces équipements dans l'opération de manière à pouvoir répondre plus largement aux besoins futurs comme, le cas échéant, à ceux de Jussieu et comme à ceux, par ailleurs, de l'I.N.A.L.C.O. Mais le Maire a précisé également que le choix de l'utilisation de ces emprises relevait bien entendu des compétences de l'Etat, comme l'a rappelé M. GOASGUEN, et que la Ville de Paris, pour sa part, était à la disposition de ses représentants pour répondre à de telles demandes.
Tout cela vous confirme, mes chers collègues, si besoin était, que le Maire de Paris et l'ensemble de la Municipalité sont et resteront très vigilants sur la volonté réelle de l'Etat de progresser rapidement sur ce sujet vital pour l'avenir des universités de Paris ou pour l'avenir d'instituts comme l'I.N.A.L.C.O., sur lequel d'ailleurs des engagements avaient été pris par le précédent Gouvernement.
Il s'agit bien là, en réalité, et chacun le sent bien, de savoir quelle place nous voulons qu'occupent, à Paris, l'enseignement supérieur et la recherche française, dans un contexte de concurrence européenne et mondiale où la qualité de la formation joue un rôle déterminant.
Paris, capitale de la France, forme donc les voeux les plus vifs pour que l'Etat joue pleinement son rôle dans ce domaine qui est l'un des domaines essentiels de son action.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris Libertés ").
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Merci, Madame.