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Vœu déposé par le groupe “Les Verts” concernant les architectes des Bâtiments de France.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2005


 

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 57 dans le fascicule déposé par le groupe ?Les Verts?. Il concerne les architectes des Bâtiments de France. Il ne se rattache à aucun projet de délibération.

La parole est à M. NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI. - J?interviens à nouveau à la place de ma collègue Nicole AZZARO qui est cosignataire avec Charlotte NENNER de ce v?u concernant les architectes des Bâtiments de France.

La Municipalité parisienne a engagé, depuis mars 2001, des aménagements de voirie de grande ampleur afin de limiter la place de la voiture et de favoriser l?usage des transports en commun et les circulations douces.

Du fait du caractère patrimonial exceptionnel de la Ville de Paris, la grande majorité des aménagements de voirie sont soumis à l?avis du Service départemental de l?Architecture et du Patrimoine (S.D.A.P.) dont les architectes sont mieux connus sous le nom d?architectes des Bâtiments de France (ABF).

En effet, de très nombreuses rues et certains quartiers entiers se situent dans le périmètre de bâtiments classés ou inscrits à l?Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Le rôle des A.B.F. est fondamental pour la protection du patrimoine. Ils ont permis de sauver de nombreux bâtiments de la destruction ou de transformations spéculatives afin de préserver la cohérence paysagère de nombreux sites.

Cependant, nous constatons que, de plus en plus, le

S.D.A.P. rend des avis défavorables à de nombreux aménagements de voirie au prétexte que cela modifie le paysage parisien. Des aménagements liés à la sécurité des usagers de la voirie sont presque systématiquement rejetés.

C?est en particulier le cas de nombreux séparateurs pour les voies d?autobus et les pistes cyclables, ainsi que des élargissements de trottoir au niveau des traversées piétonnes qui visent à accroître la visibilité et donc la sécurité des piétons.

De nombreux projets de voirie, en particulier ceux qui sont liés aux quartiers verts, se retrouvent ainsi bloqués pour des motivations que n?avaient pas retenues d?autres architectes des Bâtiments de France, d?arrondissements différents, dans lesquels des aménagements identiques avaient été autorisés.

Cette attitude est très rigide et difficilement compréhensible. Paris, en effet, a déjà été malheureusement, à de nombreuses reprises, défigurée par des aménagements qui, cette fois, avaient reçu l?aval des A.B.F. On peut penser notamment à la transformation des voies sur berge en véritable autoroute urbaine. Le fait d?être inscrites au Patrimoine mondial de l?Humanité par l?UNESCO ne les a malheureusement pas préservées de leur déclassement en autoroute.

De même, on peut dire que c?est avec la participation et l?avis du S.D.A.P. que s?est élaboré le plan local de publicité qui met actuellement de l?affichage publicitaire de grand format devant de nombreux bâtiments historiques.

L?amélioration de la sécurité pour les usagers de la voirie les plus nombreux et les moins protégés (piétons et cyclistes) nous semble une nécessité sur laquelle la Municipalité ne peut pas transiger. C?est pourquoi nous souhaitons qu?un débat soit organisé au Conseil de Paris sur le lien entre aménagement de l?espace public et patrimoine, que les avis motivés des architectes des Bâtiments de France soient systématiquement rendus publics et enfin que le Maire de Paris demande au Préfet de Paris de débloquer les projets de voirie qui sont actuellement bloqués par le S.D.A.P.

Je vous remercie.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Monsieur NAJDOVSKI.

La parole est à M. BAUPIN.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais remercier M. NAJDOVSKI, Mme NENNER et Mme AZZARO de ce v?u permettant de poser ici ce débat qui est une des difficultés avec lesquelles nous nous débattons depuis quatre ans maintenant pour faire les aménagements dont nous avons besoin dans la Ville de Paris.

Il est évident - et M. NAJDOVSKI l?a rappelé - que personne ne peut remettre en question le rôle essentiel des A.B.F. pour la protection du patrimoine. C?est un rôle indiscutable et c?est très bien que les A.B.F. aient à c?ur de remplir ce rôle de façon très attentive.

Ceci étant, comme il l?a rappelé, il existe parfois des différences d?appréciation sur ce qui est la protection du patrimoine, selon les arrondissements, selon les appréciations respectives de tel ou tel architecte. Et puis, nous nous retrouvons quand même dans des situations où il faut bien dire que les remarques faites par les architectes doivent être rééquilibrées ou examinées à l?aune d?autres grands chantiers importants.

Je veux parler, par exemple, des grands chantiers du Président de la République, qui concernent les handicapés ou la sécurité routière, qui sont des grands chantiers qui devraient être partagés par l?ensemble des services de l?Etat.

Or nous avons parfois l?impression que la Ville de Paris les prend plus à coeur que les services de l?Etat eux-mêmes. Un certain nombre d?aménagements que M. NAJDOVSKI a rappelé en ce qui concerne l?aménagement de la voirie remplissent très clairement ces rôles d?amélioration de la sécurité routière et d?accessibilité de la voirie pour nos concitoyens notamment handicapés.

De la même façon, rappelons que les aménagements faits pour les couloirs de bus le sont en conformité avec le Plan de déplacement urbain d?Ile-de-France qui - rappelons-le - est un document de l?Etat qui avait été soumis à l?ensemble des collectivités mais qui a été adopté en définitive par l?Etat. Là aussi, lorsque nous faisons les programmes ?Mobilien?, nous mettons en ?uvre un programme qui devrait avoir tout le soutien de l?Etat, même si nous comprenons bien qu?il faille tenir compte de la protection du patrimoine.

N?oublions pas quand même que Paris est une grande capitale qui n?a pas vocation à rester statique, que son paysage urbain a beaucoup bougé. Pour les boulevards haussmanniens, entre leur conception à l?époque et aujourd?hui, beaucoup de chose ont changé. Le tramway a envahi Paris ; puis il a disparu sous l?envahissement de l?automobile ; puis, aujourd?hui, il revient et tous ces aménagements font finalement partie de l?histoire et de la vocation d?une ville à bouger ; il ne faut sans doute pas en avoir une vision trop statique.

Par rapport à ces propositions, nous travaillons activement avec les architectes des Bâtiments de France et je voudrais vous faire part de deux initiatives qui sont actuellement en cours, que nous avons proposées aux A.B.F.

La première est la mise en place d?un groupe de travail qui a tenu sa première réunion hier, groupe de travail que nous avions demandé à la Préfecture de Paris. Ce groupe de travail et de réflexion comprend des architectes de la Ville, de la Préfecture de police, de l?A.P.U.R. et évidemment du service départemental de l?architecture et du patrimoine. Nous attendons beaucoup de ce groupe de travail pour mettre en place, je dirais, une boîte à outils d?aménagements de voirie qui serait considérée, dans un cadre à définir évidemment par ces architectes, comme acceptable à la fois pour nos nécessités d?aménagement de voirie et pour les A.B.F.

Deuxième élément qui sera en partie une réponse à votre demande de débat public : nous avons invité M. BLANCHECOTTE, le patron des A.B.F., à venir à une réunion de la Commission extra-municipale des déplacements, qui aura lieu le 30 juin prochain. Ce sera l?occasion là aussi d?avoir une discussion.

J?en profite pour dire ce que j?ai oublié tout à l?heure dans ma réponse sur la ligne 5 du métro : nous recevrons jeudi prochain, 21 avril, la R.A.T.P. pour discuter du métro en Commission extra-municipale des déplacements, donc du réseau de métro et de ses aménagements. Pour les élus qui sont inquiets sur les travaux en cours, sur l?aménagement du réseau de métro, ce sera aussi l?occasion de pouvoir en discuter à la Commission extra-municipale.

Je conclus en vous disant que, dans ces conditions, j?aurais plutôt tendance à vous proposer de retirer ce v?u, puisque nous avons des premières avancées obtenues de la part des

A.B.F. Un débat aura lieu prochainement. Il me semble que,dans les circonstances actuelles, voter un voeu comme celui-là risquerait de bloquer le processus plutôt que de nous aider à progresser. En vous remerciant malgré tout de nous avoir donné l?occasion d?en débattre ici.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Monsieur BAUPIN.

 

La proposition ? Monsieur NAJDOVSKI, vous retirez votre v?u ?

M. Christophe NAJDOVSKI. - Nous prenons bonne note de ce que vient de dire M. BAUPIN, notamment sur la mise en place de ce groupe de travail avec les A.B.F. qui permettra, je l?espère, de mieux prendre en compte les impératifs de sécurité notamment.

A ces conditions, nous retirons notre voeu.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Très bien. Merci, Monsieur NAJDOVSKI.