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Avril 2005
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Conseil Municipal
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Suspension et reprise de la séance.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2005


 

(La séance, suspendue à dix-sept heures trente-deux minutes, est reprise à dix-sept heures trente-huit minutes, sous la présidence de Melle Sandrine MAZETIER, adjointe).

Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Est-ce que nous pouvons passer au vote ?

Mme Edwige ANTIER. - Non, je n?ai pas fini.

Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. Madame ANTIER, concluez votre explication de vote.

Mme Edwige ANTIER. - J?ai deux choses à dire. D?abord, je dois répondre à une attaque personnelle de M. LE GARREC qui a dit qu?il faudrait qu?il sache quand je prenais des gardes? Il faut que je vous dise - ce que vous ne savez peut-être pas que j?ai fait vingt ans de réanimation de nouveau-nés, que j?ai passé des nuits et des nuits dans les hôpitaux, que j?ai été attachée à la maternité Baudelocque, que j?ai créé le service Minkovski et qu?il n?y a que 2 ans que j?ai arrêté mes gardes de nuit, depuis mes fonctions municipales.

Alors, Monsieur LE GARREC, quand on parle de ?choses alléchantes??, de ?propositions alléchantes? pour les médecins des urgences, les urgentistes, mais il faut savoir ! Vous ne savez pas du tout ici ce qu?est un urgentiste ! Le stress qu?on a, la pression qu?on a, l?angoisse qu?on a quand il faut intuber, perfuser, quand il faut réanimer un nouveau-né, avoir peur des séquelles.

Parce qu?ici, je suis désolée de vous parler sincèrement mais vous me prenez pour une petite bourgeoise du 8e? Je suis un médecin praticien qui a vécu ma vie toute seule et qui a énormément travaillé et beaucoup réanimé, et participé à la création du service Minkovski.

Alors vous savez, ce n?est pas très malin, chaque fois cela me passe au-dessus de la tête, parce que je n?ai pas envie de répondre. Là, je me le permets, excusez-moi.

Maintenant, je vais vous donner l?argumentation sur le v?u, parce que c?est vrai, je suis très passionnée par l?Assistance publique. J?ai trouvé très émouvant, après avoir été une interne de l?Assistance publique, grâce à mon groupe, d?être un membre du Conseil d?administration. Voyez, cela m?a fait quelque chose, c?est un honneur pour moi. Je vous le dis franchement.

Alors maintenant, je vais vous parler du v?u.

Vous avez mélangé deux questions, Monsieur LHOSTIS.

Ce n?est pas la peine de me tourner le dos quand je vous parle, même si cela fait élégant.

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - C?est comme cela que je me sens bien, j?ai mal dans le dos ! Vous voulez m?ausculter ?

(Rires dans l?hémicycle).

Mme Edwige ANTIER. - Pour la question des urgences, voilà 3 ans que nous demandons?

(Mouvements divers dans l?hémicycle).

Ecoutez quand même ma suggestion avant de dire que je ne sais pas ce que c?est qu?une garde en ville. Ecoutez quand même ma suggestion.

Cela fait 3 ans que je dis : voilà le système. Parce qu?il n?y a pas que les personnes âgées. Quand vous allez à Robert-Debré, il y a 6 heures d?attente pour les bébés. Ce n?est pas possible ! Il faut créer des maisons des urgences, parce qu?aujourd?hui les médecins ne peuvent pas courir dans toutes les maisons. Il faut créer des maisons des urgences, que les médecins soient obligés par le Conseil de l?Ordre d?y prendre des gardes, mais faire un accord Ville, hôpital et sécurité sociale pour que ces gardes aient un minimum de rémunération et que l?hôpital joue aussi le jeu de renvoyer les malades sur la maison des urgences, avec la Caisse d?assurance maladie qui permet qu?on consulte au même prix ou gratuité qu?à l?hôpital. Tout cela demande une vraie politique de santé commune, à laquelle il faut qu?on se mette.

Maintenant, vous pouvez toujours rigoler puisque cela vous faire rire.

Pour la suppression des lits de long séjour, nous avons vu dans le cadre du v?u précédent que l?humanisation, heureusement, de ces lits mérite des mesures, mais en même temps on a ouvert 600 lits de rééducation, on a ouvert 400 places d?hospitalisation à domicile - et on sait que les personnes âgées sont souvent mieux à la maison - et l?A.P.-H.P. est prête à multiplier ses équipes de gériatrie mobiles et à former des personnels en lançant des appels d?offres avec la Région pour créer des centres régionaux de long séjour. En effet, la vocation de l?A.P.-H.P., c?est plutôt l?aigu et le moyen séjour que le long séjour.

Voilà ma réflexion et voilà pourquoi nous ne voterons pas ce v?u.

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Madame la Maire !

Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Très bien.

Monsieur LHOSTIS, vraiment brièvement et sereinement.

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Je crois beaucoup à ce que je fais. Je suis vraiment effaré par ce que je viens d?entendre. On vient de dire ?il faudrait que l?Ordre des médecins oblige les médecins libéraux à tenir des gardes?. Je rappelle que c?est votre Gouvernement qui vient de supprimer par la loi cette obligation qui était faite aux médecins. Alors je trouve vraiment scandaleux de dire les choses ainsi, puisque c?est vous qui en avez décidé ainsi.

Deuxièmement, la permanence des soins n?est pas de la responsabilité de la Ville, elle a été confiée par décret au Préfet de police. A chaque fois que le Préfet de police m?a demandé de me rendre à une réunion, j?ai participé, et je parle sous le contrôle du Représentant du Préfet de police, à toutes ces réunions. A toutes ces réunions, j?ai affirmé la disponibilité de la Ville pour travailler.

Je suis désolé à chaque fois si les représentants des syndicats des médecins libéraux et de ?SOS Médecins? font échouer le début d?une coordination.

Alors quand on veut parler sérieusement, on parle sérieusement. On ne dit pas n?importe quoi sans avoir vérifié ses sources.

Je persiste à penser qu?il faut que ce problème des urgences soit pris dans sa globalité, c?est pourquoi il faut voter le v?u proposé par le groupe communiste.

Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Par tous les groupes de la majorité municipale du 11e arrondissement et je voudrais vous dire, chers collègues, Madame ANTIER, notre fierté de majorité municipale d?être représentés par Alain LHOSTIS et d?avoir voté contre le budget proposé à l?A.P.-H.P. et à quel point nous nous associons à ce v?u du 11e arrondissement.

Je mets aux voix, à main levée, ce voeu.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2005, V. 199).