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Avril 2005
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par l’Exécutif relatif à la dénomination “Jean-Paul II” à un lieu de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2005


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La suite de notre ordre du jour m?amène à vous dire quelques mots d?un v?u que j?ai présenté moi-même et dont je veux très brièvement assumer la responsabilité. Il porte sur la perspective de la dénomination Jean-Paul II pour un lieu de Paris.

D?abord, à l?occasion du décès de ce pape, des élus de Paris ont exprimé un certain nombre de convictions, de positions et de sentiments.

Je me suis moi-même exprimé, même si j?étais à ce moment-là en train de défendre la candidature de Paris aux J.O., en Australie. Face à ces prises de position, j?ai estimé utile d?exprimer la mienne.

Je respecte toutes vos positions. Je voudrais vous dire que sur un sujet comme celui-là, la conviction personnelle, la conscience, est quelque chose a priori de respectable. Je pense simplement que l?emballement médiatique ou l?éventuelle interprétation partisane n?est pas souhaitable.

C?est pourquoi je me suis exprimé dans le sens que j?ai évoqué tout à l?heure et que j?ai préféré prendre moi-même l?initiative de proposer ce v?u. Je vais vous indiquer dans quel état d?esprit.

Je pense que lorsque des personnalités, quelle que soit leur religion, quelle que soit leur philosophie et quelles que soient leurs convictions, marquent l?histoire de l?Humanité, Paris se grandit si, dans le pluralisme, justement, de ce qu?est l?identité de Paris, nous savons le reconnaître et les honorer.

Tout est à dimension humaine. Cela ne fait pas cesser les débats sur un certain nombre de questions de fond où on peut avoir des désaccords avec des personnalités que l?on estime d?une envergure et d?un rayonnement considérable.

Dans le cas de Jean-Paul II, je dirais, évidemment, que sur les questions de société je continue à avoir quelques différences d?appréciation et, à mon avis, cela sera le cas dans les débats futurs. Mais, pourquoi suis-je en train de proposer que son nom, un jour et avec une méthode que je vais indiquer, prenne sa place dans la trame de Paris ?

Parce que je pense que, d?abord, Jean-Paul II représente une spiritualité considérable. Ce n?est pas la seule, il y en a d?autres. Elle est considérable en particulier dans la société, dans la culture et dans l?histoire française et parisienne.

Deuxièmement, parce que dans l?action de ce pape, il y a, avant tout, quelque chose de très important par rapport à l?identité de Paris, c?est le sens du dialogue entre toutes les spiritualités. A titre personnel, je considère et je l?ai d?ailleurs écrit, que les positions de Jean-Paul II, au nom de sa religion ont été utiles et décisives dans le conflit des religions. Je pense qu?au moment où certains ont voulu donner un sens religieux auxguerres, la prise de position de Jean-Paul II, au nom de l?Église catholique, a constitué un rempart pour éviter qu?il y ait confrontation des religions dans ce qui n?était qu?une confrontation comme il en existe parfois entre les États. Il a joué un rôle décisif dans le dialogue vis-à-vis des religions, et notamment vis-à-vis de la religion juive.

Pour moi, qui ne suis pas croyant et pour toutes les convictions humanistes, le pape Jean Paul II a eu une action extrêmement utile. Nous pouvons retenir aussi son action dans la lutte contre la pauvreté. Et à ceux qui ne pensent pas comme moi, et que je respecte, je dirai que les plus belles images de ces obsèques, ce sont toutes les spiritualités dans leur diversité la plus totale qui se recueillent en même temps autour du souvenir d?un homme.

Il s?agit quand même de rencontres improbables. Quand leprésident de l?État d?Israël salue le président de la République islamique d?Iran, c?est tout de même remarquable. Je connais, certes, un précédent ici à Paris, où lors de fêtes de Ramadan, j?ai pu voir l?ambassadeur d?Israël et l?ambassadeur d?Iran. Mais quand même, autour du souvenir d?un homme dont tout le monde ne partage ni les convictions religieuses ni les convictions sociétales, qu?il puisse rassembler l?humanité entière, tellement menacée de conflits, de guerres qui sont en cours pour certaines et menacée aujourd?hui de l?utilisation pernicieuse des religions ou des spiritualités pour opposer l?humanité dans une confrontation terrible. Terrible.

Je pense que cela mérite que le nom de Jean Paul II prenne sa place dans la trame de Paris.

Alors je vous propose ce v?u aujourd?hui.

Je souhaite vraiment le dégager des opinions partisanes, même si je comprends que des convictions soient diverses y compris par rapport à ce v?u, cela me paraît évident. Mais je me donnerai les moyens de consulter tous les groupes.

Je souhaite que Anne HIDALGO, Christophe CARESCHE, veillent à ce que le processus qui nous conduira - il n?y a pas d?urgence, ce n?est pas la peine de le faire dans l?agitation - à donner le nom de Jean-Paul II à un endroit de Paris, soit le plus dégagé des opinions partisanes - mêmes si évidemment je comprends que chacun garde sa conviction. Je voudrais vous dire, que plusieurs propositions ont déjà été évoquées. A ce stade, je ne veux en proposer aucune au vote. Pourquoi ? Parce que je veux que nous prenions notre temps, parce que je veux que nous étudiions tous les aspects, parce que je veux que nous trouvions un consensus même relatif et enfin parce que j?en ai parlé avec Monseigneur VINGT-TROIS.

Qu?y a-t-il d?ironique à propos de cela, Monsieur BULTÉ ? Je vais vous dire qu?avec Monseigneur VINGT-TROIS, nous avons plutôt tendance à penser, car je travaille toujours dans la transparence, que l?idée la plus pertinente, qui m?avait été soufflée par un de mes adjoints, serait d?ajouter le nom de Jean Paul II au parvis de Notre-Dame. Mais ce n?est qu?une hypothèse parmi d?autres.

En évoquant cette idée avec Monseigneur VINGT-TROIS, nous sommes tombés d?accord, mais nous savons que d?autres avis existent, et nous allons tenter de tous les explorer.

Pourquoi cette hypothèse ne me déplaît-elle pas ? Tout d?abord, cela ne présente pas le risque d?ajouter de la spiritualité. Le parvis de Notre-Dame deviendrait ?Notre-Dame Jean-Paul II?. Soit dit en passant, il existe un square qui porte le nom de square ?Jean XXIII?. Comme je tiens à ce que Paris? C?est drôle de voir à quel point il est difficile de faire converger des analyses. Comme je le disais, l?ironie se trouve des deux côtés.

En tout cas, ce que je veux exprimer en vous présentant ce v?u c?est le désir que coexiste, dans les rues de Paris, tout ce qui fait notre civilisation et notre intelligence collective. Notre laïcité se constitue, selon moi, de l?apport de personnalités différentes, de convictions différentes. Et si vous êtes opposés à ce que, dans Paris, coexistent à travers des noms de rues ou de places, des personnalités aux convictions, aux parcours et aux histoires différentes, alors votre conception de la laïcité diffère de la mienne.

En tout cas, telle est la proposition que je vous fais dans un esprit tout à fait sincère. Je vous remercie et je passe la parole à ceux qui l?ont demandée. Voilà.

Je souhaite que les interventions ne soient pas trop longues car il s?agit de ne pas y passer tout le Conseil.

M. René DUTREY. - Merci, Monsieur le Maire.

Comment réagir face au décès du chef de l?église catholique ? Cet événement doit nous inspirer du respect. Respect face à la mort d?un homme, respect pour ces proches et pour l?ensemble de la communauté des croyants. Ensuite, laisser le temps passé, que le deuil se fasse et que l?émotion face place à la raison car aujourd?hui, est-il nécessaire et urgent de nommer une rue ou une place de la Capitale Jean Paul II ?

Jean-Paul II n?a pas besoin d?une rue de Paris pour sortir de l?ombre, sa notoriété est assurée. Faut-il saluer son action ? Seule l?histoire jugera si les positions de Jean-Paul II, notamment sur la pandémie sida, ont été une régression ou non pour l?Humanité. Chacun possède son avis sur la question.

Nous pensons que cela n?est ni le moment ni le lieu pour apprécier l?action du défunt pape. Dans une période de deuil le temps n?est pas à la récupération mais au respect. Les prises de position de l?église catholique sont, à ce titre, extrêmement claires. Ses responsables dénonçaient récemment dans la presse toutes dérives encourageant un quelconque culte de la personnalité. Si une initiative doit être prise pour nommer un monument à Paris, n?est-elle pas de la responsabilité de l?Archevêché ?

De plus, le strict respect de la laïcité devrait nous encourager à beaucoup plus de prudence. L?initiative de nommer une rue ou une place de la Capitale ne nous apparaît pas opportune. Le groupe ?Les Verts? ne votera pas favorablement cette proposition.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Madame BORVO, vous avez la parole.

Mme Nicole BORVO. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais dire, tout d?abord, après le décès du pape Jean-Paul II, que nous considérons avec respect la tristesse des catholiques parisiens.

Indiscutablement, Jean-Paul II a marqué l?Histoire et nous saluons le rôle qu?il a joué pour la paix et le rapprochement des religions.

Nous considérons qu?il appartient aux catholiques de tirer les enseignements de l?ensemble de ce pontificat. L?Eglise est confrontée à des interrogations, des enjeux qui lui sont propres et l?histoire de Jean-Paul II lui appartient.

En revanche, il reste que Jean-Paul II a pris position aussi sur des problèmes de société qui, plus particulièrement, touchent à l?évolution des m?urs. Cela nous concerne, comme cela concerne tous les citoyens du monde au premier chef. Comme élus, il nous revient de contribuer au débat. A ce sujet, nous pouvons dire que les prises de position du pape, ont été en rupture avec ce qui bouge dans un monde moderne en pleine évolution.

On peut dire que sa ligne a été particulièrement conservatrice en ce qui concerne le divorce au moment où le nombre de familles monoparentales augmente, en ce qui concerne la contraception à un moment où le Sida fait des ravages. On le sait, son rôle a été particulièrement négatif pour la prévention du Sida dans le monde.

En ce qui concerne l?homosexualité, à un moment où les choix de vie des individus se posent de plus en plus librement, face à la complexité du monde, Jean Paul II a imprimé à l?église catholique le choix d?une ligne des plus traditionnelles. Pour terminer, je voudrais préciser qu?un seul pape aujourd?hui a une rue dans la Capitale, c?est le pape Jean XXIII, au square de l?Archevêché et que jamais le Conseil de Paris n?a été saisi de cette dénomination. Mon groupe, à l?heure actuelle, n?est pas favorable à la précipitation dans la dénomination d?une rue au nom de Jean Paul II. Aussi nous ne prendrons pas part au vote sur le voeu du Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Nicole BORVO.

M. Claude GOASGUEN a la parole.

M. Claude GOASGUEN. - Monsieur le Maire, j?ai retrouvé dans vos propos beaucoup de ceux qui devaient être les miens et mon intervention sera donc courte. Elle sera courte et grave dans la mesure où je pense que Paris ne devait pas se poser de question sur le fait qu?existe un lieu de culte, un lieu de recueillement, un lieu qui manifeste ce que le pape Jean Paul II a apporté au monde libre, à la liberté, au dialogue entre les religions, à la lutte contre la pauvreté ; je pense que Paris ne pouvait pas rester insensible à la disparition d?un homme qui a marqué profondément la deuxième moitié du XXe siècle.

Quels que soient les propos, quelles que soient les attitudes, je crois que les Parisiens, devant la grandeur de l?homme, devant la grandeur de son combat, devant la taille immense qu?il aura pris dans notre siècle, savent dépasser les contingences, comme nous avons su le faire pour le rabbin Kaplan, comme d?autres avant nous ont su le faire pour le pasteur Boegner, comme d?autres viendront qui le feront pour un grand représentant d?autres religions : la religion musulmane, le bouddhisme. Il ne s?agit pas à proprement parler de célébrer le chef d?une communauté religieuse. Il s?agit de célébrer, et Paris doit le faire, ce n?est pas contraire à la laïcité, c?est au contraire l?expression d?une laïcité ouverte, une laïcité de liberté, une laïcité de reconnaissance. Paris doit le faire dans la plus grande unanimité. Quelques propos ont été malencontreux, je ne les retiens pas car ils s?adressaient en réalité plus à un positionnement politique qu?à une stricte appréciation de la grandeur de l?homme.

C?est la raison pour laquelle, Monsieur le Maire, je suis très heureux de votre position et l?U.M.P. sans hésitation rejoindra dans cette démarche qui est une démarche parisienne, qui est une démarche à la taille de notre Capitale, la position qui est la vôtre.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.).

M. GALLAND a la parole.

M. Yves GALLAND. - Monsieur le Maire, c?est peu dire que Jean Paul II a marqué le quart de siècle qui vient de s?écouler pour les croyants naturellement, mais aussi pour ceux qui ne le sont pas. Et c?est l?évidence même que l?hommage qui lui a été rendu a dépassé, ô combien, le monde catholique. Jean Paul II aura été sans conteste une des personnalités les plus marquantes de son temps avec cet engagement admirable, parmi beaucoup d?autres, en faveur des défavorisés et de la liberté. Votre voeu est simple, Monsieur le Maire. Il va à l?essentiel rappelant en particulier l??cuménisme extraordinaire de Jean Paul II, messager et porteur de paix.

Votre intervention était juste et votre dialogue avec Monseigneur VINGT-TROIS nous paraît naturel dans vos fonctions. Nous nous associons naturellement à ce v?u et nous pensons qu?il y avait matière à nous retrouver, ensemble, sur des messages universels, qui auraient pu forger notre consensus.

Vous savez que le souhait d?honorer la mémoire de Jean Paul II existait à l?U.D.F. Nous nous y associons donc sans réserve et avec conviction.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

M. AUTEXIER a la parole.

M. Jean-Yves AUTEXIER. - Pour choisir un nom appelé à demeurer dans les rues de Paris, il s?agit de répondre à la question : cette personnalité a-t-elle compté pour notre pays, pour Paris, pour les Parisiens ? Le bilan du pape Jean Paul II ? Chacun dresse le sien. A l?actif, un engagement qui a permis que la dernière guerre du Golfe ne soit pas une guerre de religion. Ce n?est pas rien. A l?actif, à mes yeux, des propos condamnant la mondialisation marchande, le libéralisme effréné. A l?actif, toujours à mes yeux, ces derniers propos à Reims sur la liberté, l?égalité et la fraternité.

Au passif, une conception morale à cent lieues de ce que nous pensons. Une conception concernant la contraception, le droit des femmes, l?homosexualité, très éloignée. Les conceptions théologiques ne sont pas mon affaire. La laïcité, c?est interdire à l?Eglise de s?immiscer dans les affaires de l?Etat et interdire aux élus que nous sommes de s?immiscer dans les affaires de l?Eglise. Mais en matière de théologie, naturellement, je sentais bien que ces positions appartenaient à courant très conservateur. La laïcité elle-même a dû faire l?objet d?un combat contre le Pape, au moment de la rédaction du projet de Constitution européenne. Ces bilans, chacun peut les faire à son aune. La question est : cet homme a-t-il compté comme chef d?Etat, comme chef religieux ami de la France ? Il a visité la France, souvent. Il s?adressait à la France comme à une personne. J?ai trouvé cela étonnant et sympathique. Je crois que sa présence dans une rue de Paris ne contreviendrait pas au principe de laïcité. Au groupe M.R.C., nous sommes de fervents laïcs, nous sommes accrochés au principe de laïcité qui signifie séparation stricte de l?Eglise et de l?Etat. Et la loi de l?Etat n?a pas cédé devant les attitudes, les demandes en matière de morale familiale, personnelle, sexuelle du Vatican. C?est l?essentiel, il faut séparer l?Eglise de l?Etat. Mais séparer l?Eglise de l?Etat n?est pas nier l?Eglise, ni nier le rôle qu?a pu jouer pour beaucoup de Parisiens et beaucoup de Français, ce pape. Votre proposition ne nous choque pas, dans la mesure où elle ne porte aucunement atteinte au principe de laïcité. Nommer une rue, ce n?est pas procéder à une canonisation civile. C?est répondre à la question : cette personnalité a-elle compté ? Ce n?est pas dresser un bilan ou une appréciation ou un jugement moral. Simplement et pour terminer, Monsieur le Maire, je crois qu?il y avait auparavant une règle qui voulait qu?on ne baptise les rues qu?après un délai de cinq ans après la mort de la personnalité concernée. Cette règle serait peut-être de bon usage, car elle détacherait des enjeux de l?émotion immédiate le choix que nous avons à faire. Revenir à cette règle pour tout le monde serait peut-être sagesse pour le Conseil de Paris.

(Applaudissements sur les bancs du groupe du Mouvement républicain et citoyen).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Jean-Yves AUTEXIER.

La parole à M. Patrick BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Le groupe socialiste et radical de gauche s?associe et se reconnaît pleinement et totalement dans les propos que vous avez tenu, Monsieur le Maire, parce que ce sont tout simplement les paroles d?un laïc, d?un laïc respectueux, parce que laïc justement, de celles et ceux qui croient, qu?ils soient catholiques, protestants, juifs, musulmans ou d?une autre religion.

Bien sûr et cela est évoqué au sein même de cet hémicycle, nous avons et nous sommes nombreux à avoir à l?esprit les mauvaises réponses de l?église catholique aux défis de la société et pas seulement de la société française, les controverses que cela a suscité et les crises de conscience que cela a provoqué chez de nombreux catholiques. Mais qui peut nier un seul instant, après un quart de siècle de pontificat, ce qu?a été le rôle historique de Jean Paul II. Vous l?avez rappelé, Monsieur le Maire, et après avoir dénommé quatre places de Paris en rappelant le souvenir des déportés, notamment des déportés juifs, vous avez souligné, et vous avez eu raison, le dialogue que Jean Paul II a su créer entre les régions. Jean Paul II a été le premier pape à avoir prononcé les mots que les juifs attendaient depuis si longtemps. Son rôle historique évidemment a été très important à la fin des années 1980 dans la réunification du continent européen et il a contribué très concrètement à ce que l?Union européenne comporte aujourd?hui vingt-cinq pays. C?est la raison pour laquelle, et sans être plus long, le groupe socialiste et radical de gauche votera sans hésitation le v?u que vous nous proposez.

(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Patrick BLOCHE.

Mes chers collègues, je me permettrai de réagir brièvement à vos interventions, dont je vous remercie tous d?ailleurs, parce que cela ne me choque pas du tout que nous n?ayons pas tous le même avis sur la question.

La première chose, c?est la règle des cinq ans. Oui, je crois qu?il faut être prudent, même si en l?occurrence je pense qu?on n?attendra pas cinq ans, je vais être honnête avec vous, et je vous rappelle que dans le v?u, il s?agit de la recherche d?un lieu qui n?est pas défini - nous avons des règles pour cela -, mais la règle des cinq ans, cher Jean-Yves AUTEXIER, qui avez dit beaucoup de choses sensées, de temps en temps, par rapport à la rapidité de l?histoire, je pense qu?elle peut souffrir des exceptions. C?est la première chose.

La deuxième chose, cela ne me choque pas que l?on se pose la question. Nous sommes une société diverse, pluraliste, c?est ce qui fait sa richesse. Le fait qu?on se pose la question ne me choque pas. En revanche, à mes amis et je dis bien ?à mes amis?, qui contestent cette proposition, je voudrais vous dire la chose suivante : pensez-vous que je sois moins en désaccord que vous avec Jean-Paul II sur la contraception, l?I.V.G. - d?ailleurs tout le monde est pour l?I.V.G. maintenant, cela a mis du temps -, sur la lutte contre le Sida et sur l?homosexualité ? C?est gentil de me rappeler que le pape Jean-Paul II avait des positions?

Mais je devais vous dire autre chose. Certainement vous souhaitez que nous honorions la diversité de la société, et peut-être qu?un jour, si on présente une proposition visant telle ou telle personnalité spirituelle, vous aurez une attitude différente, positive, pour faire du lien, y compris pour que des religions minoritaires se sentent bien dans notre collectivité laïque.

D?ailleurs, vous ne m?avez pas contesté, dans l?organisation de soirées de Ramadan - comme il arrive qu?on fête Hanoukka ou Noël - il peut y avoir des rabbins comme des représentants de toutes les églises. Vous ne m?avez pas contesté là-dessus.

Et puis, êtes-vous sûrs que toutes les personnalités religieuses ou non religieuses que nous honorons, que nous avons honorées depuis quatre ans, dont vous avez voté l?attribution du nom depuis quatre ans, êtes-vous sûrs qu?elles sont toutes exemplaires du point de vue de l?égalité femme - homme ? Du point de vue de l?homosexualité ? Vous êtes sûrs ?

Non ! Je dis cela gentiment, mais s?il faut pour donner le nom de quelqu?un à Paris qu?il ait tout juste sur tout?

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Revenez au sujet...

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?est le sujet, Madame de PANAFIEU, je réponds? Vous êtes souvent hors sujet, vous, comme pour les Jeux olympiques !

(Protestation sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et ctoyen et ?Les Verts?).

C?est donc parfaitement le sujet !

Un certain nombre de collègues contestent les positions sociétales de Jean-Paul II et je leur dis : êtes-vous sûrs que toutes les personnalités que nous honorons depuis quatre ans ont dit qu?elles étaient pour l?égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les discriminations, par exemple vis-à-vis des homosexuels ? Vous êtes sûrs ?

Bien.

Donc je maintiens totalement l?esprit, le contenu et la démarche que j?ai proposés. Je remercie ceux qui la soutiennent et je respecte ceux qui ne la soutiennent pas.

Je mets aux voix, à main levée, ce v?u.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient?

Le v?u est adopté. (205, V. 161).

Merci de le préciser. Le groupe communiste ne participe pas au vote. Il y a donc une majorité de pour, un certain nombre de contre, une abstention et un groupe qui ne participe pas au vote.