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Avril 2005
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe “Les Verts” relatif à la limitation de la hauteur et de la densité d’une construction, 17, place Saint-Pierre.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2005


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 10 dans le fascicule du groupe ?Les Verts? relatif à la limitation de la hauteur et de la densité d?une construction, 17, place Saint-Pierre.

C?est M. GAREL qui intervient et c?est M. CAFFET qui répondra.

Monsieur GAREL, vous avez la parole.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Maire.

En effet, nous sommes face à une nouvelle attaque des promoteurs contre la Butte Montmartre, dans un endroit tout à fait symbolique, puisque c?est au 17, place Saint-Pierre, c?est-à-dire au pied du square Louise-Michel et juste en face du Sacré C?ur. C?est une zone particulière, puisqu?elle vient d?être classée zone touristique.

Nous venons de découvrir, voici quelques semaines, qu?un permis de construire était accordé pour supprimer l?un des bâtiments les plus caractéristiques de cette rue. Il s?agissait d?un bâtiment R+1, tout à fait typique de l?architecture montmartroise, ce qu?on appelle ?une dent creuse?, mais qui fait tout le charme de ce quartier. Bien sûr, les promoteurs immobiliers n?ont qu?un souci, c?est remplir ces ?dents creuses? et là ils vont casser un immeuble de R+1 pour faire un immeuble de R+6, excusez du peu.

Les deux bâtiments qui sont autour du 17, place Saint-Pierre sont de hauteur différente, l?un est de quatre étages, l?autre de six étages, bien entendu le promoteur a décidé de se coller au plus haut des deux immeubles, créant ainsi un nouveau pignon.

La proposition qui nous est faite d?un point de vue architectural ne correspond pas du tout à ce qu?est ce qui se fait à Montmartre, puisque ce sont essentiellement des baies vitrées immenses qui vont être mises en place. Pourquoi faire cela ? Bien entendu pour des raisons financières. A cet endroit, on peut penser que le prix du mètre carré va avoisiner les 10.000 euros. On est très loin du logement social? On densifie un quartier qui est déjà l?un des plus denses de notre Ville. Montmartre a une densification double de celle de Paris. Là, on ne densifie pas pour reloger des gens mal logés mais pour permettre à des gens très riches de s?installer dans ce quartier. Nous trouvons déplorable qu?une mairie de gauche facilite la spéculation immobilière de cette façon. Nous demandons donc que ce permis de construire soit retiré.

Je vous remercie, Monsieur le Maire.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur GAREL.

Je donne la parole à M. CAFFET.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Ecoutez, là aussi, c?est un peu le même sujet.

M. Sylvain GAREL. - C?est de la spéculation immobilière pure et simple.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Si, si, c?est le même sujet. C?est une certaine conception de la ville - je ne dirai pas de l?architecture -, qui considère que le bâti existant doit rester rigoureusement à l?identique.

D?ailleurs, nous avions eu un certain nombre de v?ux et d?amendements déposés en ce sens dans le P.L.U.

Rien ne doit bouger !

Tout doit être figé ! Une ?dent creuse? a vocation à rester une ?dent creuse?.

Mais attendez, je vous ai écouté avec attention, Monsieur GAREL, pourriez-vous écouter ma réponse ?! Nous ne sommes pas d?accord. Souffrez quand même que j?exprime une différence !

Merci !

Donc, c?est une conception différente de ce que doit être la ville.

Par ailleurs, je dois constater que ce permis de construire, qui a été délivré en février, est parfaitement conforme à la réglementation du P.O.S. actuel et parfaitement conforme à la réglementation future du P.L.U.

M. Sylvain GAREL. - Heureusement.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Heureusement, comme vous le dites.

Cet immeuble ne sera donc pas plus haut que l?un des immeubles qui le jouxtent.

M. Sylvain GAREL. - Si.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Ce n?est pas vrai.

M. Sylvain GAREL. - Si.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Eh bien, ce n?est pas vrai !

Alors qu?est-ce qu?on nous dit aujourd?hui ?

A partir du moment où on construit et où on augmente les constructibilités, nous alimentons la spéculation foncière à Paris ! Je prétends le contraire et je dis que c?est justement cette vision de la ville, qui voudrait que tout reste absolument à l?iden-tique, qu?un R+1 reste un R+1 et qu?un R+2 reste un R+2, qui est l?une des raisons de l?augmentation des prix à Paris.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - J?ai cru comprendre que M. CAFFET était en désaccord avec le v?u.

Je mets donc le v?u aux voix, à main levée, assorti d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est repoussé.