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Juillet 2000
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Conseil Municipal
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45 - 2000, DVD 42 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec la S.N.C.F. une convention pour la libération des emprises nécessaires à la réalisation de la première tranche de l'avenue de France entre le quai d'Austerlitz et la perspective Salpêtrière (Z.A.C. "Paris-Rive gauche")

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DVD 42 : autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec la S.N.C.F. une convention pour la libération des emprises nécessaires à la réalisation de la première tranche de l'avenue de France entre le quai d'Austerlitz et la perspective Salpêtrière.
Je donne la parole à Mme Gisèle MOREAU.
Mme Gisèle MOREAU. - Monsieur le Maire, le projet de délibération qui nous est soumis a de quoi inquiéter tous les défenseurs de la gare d'Austerlitz et plus généralement les partisans d'une augmentation du trafic ferroviaire pour réduire les accidents et nuisances résultant de la politique du "tout routier" pratiquée depuis les années 80.
Alors que la S.N.C.F. se fixe un ambitieux projet industriel et a décidé en accord avec la Ville de revaloriser les gares parisiennes, et tout particulièrement la gare d'Austerlitz, ce projet de délibération nous propose de l'amputer gravement avec la suppression de 7 de ses voies. La gare d'Austerlitz est la seule gare parisienne qui a encore des possibilités de développement, toutes les autres sont saturées mais ses potentialités vont être largement sacrifiées. La dalle sur laquelle doit être réalisée l'avenue de France devait, à l'origine, permettre de préserver le trafic ferroviaire. Or, on commence par sacrifier 7 voies, il n'était question que de 4 ou 5 voies en 1998, rien ne nous est dit quant à leur éventuelle réinstallation et de toute façon les voies seront tellement raccourcies qu'elles ne pourront permettre l'arrivée de grands trains ou de T.G.V. à Austerlitz, si elles sont rétablies.
De surcroît, je note que c'est la S.N.C.F. qui paye puisque le montant des travaux, 2,4 millions, sera imputé en acompte sur le prix de cession des terrains.
Ce projet de délibération est en totale contradiction avec la volonté qui avait été affirmée de la part de la S.N.C.F. et de la Ville de revitaliser la gare d'Austerlitz, cela ne pourra avoir que des conséquences pour le trafic ferroviaire. Au lieu d'amputer ainsi la seule gare parisienne pouvant se développer, il conviendrait plutôt de prendre enfin en considération, comme nous ne cessons de le réclamer, le projet des cheminots C.G.T. de Paris sud-ouest d'une plate-forme marchandises multimodale utilisant le rail, la route et le fleuve pour laquelle la place existe encore, en lien avec la modernisation de la Petite ceinture dont il est heureusement à nouveau question.
Cette plate-forme marchandises permettrait d'éviter l'entrée dans Paris de centaines de camions avec toutes les nuisances sonores et l'embouteillage, la pollution qu'ils occasionnent.
Un tel équipement donnerait plus d'efficacité au P.D.U. récemment adopté.
Ce projet de délibération est toujours inspiré des motivations de départ de l'opération "Seine-Rive gauche" considérant la gare comme un inconvénient, un obstacle à réduire, à contourner. Pourtant, le contexte a changé. Nous, qui n'avons cessé d'insister sur l'atout que représente pour la Ville le service public ferroviaire, nous nous félicitons qu'enfin au niveau du Gouvernement et de la S.N.C.F. il soit question de le redynamiser avec des embauches, des moyens d'investissement importants.
Ce projet de délibération s'inscrit en faux de cette évolution positive pour la Ville, c'est pourquoi nous voterons contre, tout en continuant à réclamer la révision de l'opération "Paris-Rive gauche" afin qu'elle intègre le contexte d'aujourd'hui, gage de la réussite de cette Z.A.C. bien mal partie.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, dans le cadre de la construction de l'avenue de France, vous nous présentez un projet de convention de travaux entre la S.N.C.F. et la Ville de Paris concernant la première tranche dans le secteur Austerlitz.
Il s'agit de travaux importants, qui concernent la gare, avec notamment la dépose de l'habillage du pignon et de l'extrémité des voies, la dépose de la verrière, la dépose et la démolition d'une partie des kiosques du buffet de la gare.
La signature d'une telle convention est prématurée, car le projet, dans ce secteur, a considérablement évolué depuis l'adoption du Plan d'aménagement de zone. Avec les associations, je vous demande donc la révision du Plan d'aménagement de zone et une nouvelle enquête publique, afin de prendre en compte ces modifications.
Une étude est en préparation pour réviser l'aménagement de ce secteur et, dans le cadre de la concertation que vous avez mise en place avec les associations, elle sera soumise au groupe de travail dans les semaines qui viennent.
Il ne sert donc à rien de se précipiter en signant cette convention, alors que le projet va encore évoluer. Vous le savez, Monsieur le Maire, je me suis toujours opposée à la création de cette avenue de France, construite en partie sur dalle, et qui sera bientôt un véritable "aspirateur à voitures".
Avec les associations, je suis très inquiète du sort que vous réservez au bâtiment du buffet de la gare et à la cour de l'embarcadère. Cette avenue de France n'a vraiment ni queue, ni tête et l'on ignore comment elle va déboucher vers Ivry-sur-Seine, alors que la municipalité d'Ivry - je l'approuve - ne veut pas d'une dalle. Je parle bien d'une dalle, et non d'un "sursol", comme le fait hypocritement la S.E.M.A.P.A.
Ce qui est bien inquiétant aujourd'hui c'est de savoir où elle va déboucher dans le quartier de la gare d'Austerlitz. Malheureusement, en regardant un plan, on imagine facilement la solution initialement prévue : le pont Charles-de-Gaulle arrive droit sur le buffet de la gare, l'avenue pourrait donc déboucher sur le pont, mais à condition de détruire ce même buffet de la gare. Ce qui est inacceptable !
Décidément, Monsieur le Maire, cette avenue au niveau des problèmes qu'elle génère, ressemble de plus en plus à une impasse !
Je voterai contre ce projet.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. Bernard PLASAIT pour répondre à Mme MOREAU et à Mme SCHNEITER.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - A Mme SCHNEITER d'abord : vous nous dites que vous avez toujours été opposée à cette avenue de France, je vois bien donc que dans votre intervention vous prenez prétexte de ce mémoire pour nous redire votre opposition, mais en fait vous n'avez pas de véritable raison de vous opposer à ce mémoire tel qu'il nous est présenté. Si on invoque toujours le fait que les choses évoluent, on ne fait jamais rien. C'est comme lorsqu'on veut acheter un appareil électroménager. Si on attend encore un peu, on aura le dernier modèle ! Il faudra bien qu'on fasse quelque chose, si on veut une évolution.
Quant à Mme MOREAU qui nous dit que ce projet a de quoi inquiéter et que les potentialités de la gare seront largement sacrifiées, je crois, Madame MOREAU que vous êtes à côté de l'épure. Après mes explications, ayant mieux saisi quel était l'enjeu du projet et le projet lui-même, vous conviendrez avec moi qu'il faut, au contraire, voter ce projet.
Ce projet de délibération, d'abord, ne concerne que le déséquipement du quai transversal de la gare d'Austerlitz dans l'emprise de l'avenue de France future. C'est au niveau de la Caisse des dépôts et des consignations afin de permettre la réalisation du génie civil de l'avenue de France pour laquelle la Ville de Paris a passé l'an passé une convention de mandat avec la S.N.C.F. C'est là où je voudrais qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, qu'on se comprenne bien.
Lors de la conception de l'opération "Paris-Rive gauche", la question du dimensionnement à réserver pour la gare d'Austerlitz a fait l'objet d'une étude approfondie entre la S.N.C.F. et la Ville. A cette occasion la S.N.C.F. a souhaité préserver pour la gare d'Austerlitz de très importantes possibilités de développement puisqu'elle envisage de pouvoir passer de 8 millions de passagers de voyageurs ce qui est la situation actuelle, à 40 millions, ce qui est une augmentation inouïe, si j'ose dire, puisque si on arrivait à cela un jour, cela ferait de la gare d'Austerlitz la troisième gare du monde après New York et Tokyo, et évidemment la première gare de France. Ce dimensionnement correspond à la capacité maximum d'accueil résultant du dimensionnement des voies ferrées desservant la gare.
Je voudrais d'ailleurs vous faire observer que ces capacités très importantes sont très vivement contestées par les associations dans le cadre de la concertation en cours, puisque ces associations ont estimé que ces capacités étaient surestimées et faisaient peser des contraintes excessives sur le projet, que le nombre de voyageurs n'atteindrait jamais le niveau envisagé.
Les associations ont donc l'inquiétude inverse de la vôtre. C'est cependant ce dimensionnement demandé par la S.N.C.F., qui a été retenu pour la conception du projet, et qui a été pris en compte dans les travaux engagés ou prévus dans ce secteur, notamment pour la réalisation de l'avenue de France.
Je voudrais par ailleurs préciser que cette avenue n'est pas un axe routier, mais une artère urbaine qui permettra de structurer et de desservir les nouveaux quartiers de "Paris-Rive gauche" depuis le pont Charles-de-Gaulle jusqu'au boulevard Vincent-Auriol. En outre, cette voie permettra de desservir la profondeur des emprises et, en même temps, de limiter la circulation sur les quais et, par conséquent, de garder à ces quais une dimension mesurée.
Et puis, je le rappelle parce que c'est quand même particulièrement important, cette avenue (et là, c'est une réponse que je fais aussi à Mme SCHNEITER) sera affectée prioritairement aux circulations douces c'est-à-dire qu'on y favorise la circulation des vélos, des piétons, des taxis, des transports en commun. En fait, il n'y aura qu'une voie réservée à la circulation automobile.
Dans ces conditions, non seulement l'avenue ne gênera pas le développement du trafic ferroviaire de la gare d'Austerlitz (je crois donc, Madame MOREAU, que vos inquiétudes sont infondées) mais au contraire en favorisera le développement à court et moyen termes.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. Bernard PLASAIT.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 42.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DVD 42).