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37 - 2000, DFAE 80 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention portant droit à l'occupation du Palais des sports de la porte de Versailles (15e)

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DFAE 80 : autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention portant droit à l'occupation du Palais des sports de la porte de Versailles (15e).
Madame SCHNEITER, vous avez la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, dans le cadre du réaménagement de "Paris-Expo", il va donc y avoir tout un réaménagement du Palais des sports.
Ce qui m'a un peu surprise, c'est que l'exposé des motifs dit qu'il y aura possibilité d'extension pour cet endroit à 6.000 places pour les concerts de Rock-and-Roll et de variétés.
Franchement, dans un quartier aussi sinistré que cette partie du 15e, puisqu'il y a 6 millions de visiteurs par an..., j'entends des gens ricaner à ce sujet, cela n'a rien de drôle, Messieurs et Mesdames les Conseillers, pour les habitants de ce quartier. Tous les quatre jours - puisqu'on dit qu'il y a à peu près 90 jours de salon par an - ils subissent des nuisances intolérables, aussi bien en ce qui concerne les embouteillages que les problèmes de stationnement, ainsi que les voitures qui encombrent les communes de Vanves et d'Issy-les-Moulineaux, indépendamment de cette partie du 15e.
Je défends les intérêts des habitants du 15e !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Laissez parler Mme SCHNEITER, qui est contre les concerts de Rock-and-Roll...
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, je suis un petit peu surprise de la façon dont vous transformez mes propos. Je ne sais pas ce qu'en pense M. CHÉRIOUX.
Je peux vous dire, en tout cas, que pour les gens qui habitent dans ce quartier, et vont dans ce quartier, ce qui est mon cas, c'est simplement intolérable.
Pour en revenir à cette possibilité d'extension à 6.000 places, je ne suis pas du tout, Monsieur le Maire, allergique aux concerts de Rock-and-Roll ou de variétés. Il y a déjà beaucoup d'emplacements.
Depuis quelques années, vous avez mis en place des systèmes permettant de nombreux concerts de ce type, dans des quantités d'endroits à Paris, notamment au Parc-des-Princes.
Là aussi pour les habitants du 16e, je n'ai pas besoin d'habiter le 16e pour me préoccuper des habitants du 16e, quand ils sont également sinistrés entre les matches de foot et le bruit que produit ce genre de concert.
Il y a des quantités d'endroits à Paris - le Parc-des-Princes, le Grand Stade de France, le Palais omnisports de Bercy, le Palais des Congrès de la Porte-Maillot - où l'on peut organiser des soirées exceptionnelles pour ce genre de spectacles et hélas, trop souvent, maintenant sur la pelouse du Champ-de-Mars qui, elle aussi, est dans un état lamentable avec les concerts, les manifestations continuelles.
Lorsque c'est exceptionnel, je suis d'accord, mais quand cela devient une habitude, c'est déplorable.
Je ne vois pas pourquoi l'on aurait besoin d'agrandir à ce point le Palais des sports qui devrait rester, avec le passé prestigieux qu'il porte, une salle un petit peu plus petite que ce qui est prévu. Ainsi, il ne contribuerait pas par un trop grand nombre de spectateurs, à toutes ces nuisances que vivent sans arrêt les habitants du 15e.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président, au nom de la 1ère Commission. - Ma chère collègue, je vous répondrai que la précédente concession attribuée pour l'extension du Palais des sports, était arrivée à échéance. Il convenait donc de procéder à sa réattribution dans les meilleurs délais afin de ne pas interrompre le fonctionnement de cet établissement désormais chargé d'histoire.
On peut dire que c'est un lieu de mémoire, que ce Palais des sports, même si son architecture pose problème, même si le type d'animation qui s'y déroule peu parfois créer un certain nombre de problèmes de voisinage.
Il nous appartient, en tant que collectivité parisienne, de veiller à la continuité de l'activité du Palais des sports. Comme pour chacun des établissements concédés de la Ville de Paris, une procédure d'appel public à candidature a été engagée, il y a un an au mois de juillet 1999.
En réalité le seul candidat qui s'est fait connaître pour cette concession est une filiale à 100 % du concessionnaire actuel.
Je dirai que c'est la particularité même de ce type d'équipement que d'attirer relativement peu de candidats, et c'est d'ailleurs un équipement dont il est difficile de tirer parti sur le plan financier.
Cependant la candidature du concessionnaire a été étudiée avec beaucoup d'attention. Elle a été jugée positive pour la Ville de Paris. Outre le fait qu'elle est un gage de continuité et de bonne connaissance d'un établissement qui, comme je viens de le dire, est très complexe, elle démontre une volonté de renouveler et de moderniser l'exploitation du Palais des sports.
C'est la raison pour laquelle un programme important de travaux a été prévu par la société candidate.
La modernisation technique prévue permettra une plus grande polyvalence et une plus grande modularité de l'équipement, et donc une utilisation plus diversifiée que celle que nous connaissons aujourd'hui.
L'essentiel des aménagements sera réalisé à l'intérieur du bâtiment. C'est un programme qui devra naturellement obtenir l'ensemble des autorisations administratives préalables, et qui sera bien sûr soumis à l'avis de l'architecture des Bâtiments de France.
De même, il tiendra compte des projets municipaux de refonte des entrées et des portes de Paris, en étant visuellement et fonctionnellement compatible avec le futur réaménagement de la place de la porte de Versailles.
Enfin étant donné la taille de la salle, une enquête publique sera lancée sur la base d'une étude d'impact sur l'environnement des travaux projetés en application de la loi dite BOUCHARDEAU du 12 juillet 1983.
Les garanties en termes de respect de l'environnement humain, urbain et architectural me paraissent donc être tout à fait réunies.
Il convient donc, comme je viens de le dire, de renouveler cette concession afin d'éviter toute interruption de fonctionnement.
Le projet de convention qui vous est soumis aujourd'hui prévoit d'ailleurs la fixation d'une redevance minimale garantie plus favorable pour la Ville dans le souci constant de l'amélioration des équilibres financiers municipaux.
Il introduit également nombre de dispositions qui n'étaient pas usitées dans les années et on peut même dire, dans les décennies précédentes, et qui permettent d'encadrer l'exploitation d'un établissement de ce type.
Vous constaterez, ma chère collègue, qu'une fois que le programme de travaux que je viens de préciser, sera rendu juridiquement possible, le Conseil de Paris en sera saisi par la voie d'un avenant.
Ainsi tout en préservant l'activité pour le présent, ce projet de convention sauvegarde, pour l'avenir, les intérêts de la Ville et de son patrimoine tout en s'inscrivant strictement dans l'ensemble des prescriptions légales et réglementaires relatives à la protection de l'environnement.
Voilà les raisons pour lesquelles je pense que le Conseil peut, sans hésitation, délibérer favorablement sur ce projet de délibération.
Je vous remercie.
Monsieur Gérard LEBAN, vous souhaitez rajouter un mot sur ce projet de délibération ?
Je vous donne bien volontiers la parole.
M. Gérard LEBAN, adjoint. - Monsieur le Maire, juste un mot sur le Parc-des-Princes, puisque Mme SCHNEITER a dit un certain nombre de choses qui ne sont pas exactes, ou qui ne sont plus exactes.
En effet, une commission s'est réunie ici, à l'Hôtel-de-Ville, par six fois, sous la présidence de Dominique CANE, avec l'ensemble des parties concernées (Préfecture de police, S.E.S.E., l'ensemble des associations de riverains du 16e et de Boulogne) et une charte a été signée la semaine dernière par les participants qui donne entièrement satisfaction, d'une part parce qu'il n'y aura plus que trois concerts par an sur une seule journée (y compris la Fête de la musique), d'autre part parce qu'il y a des mesures qui sont prises sur la circulation et sur le stationnement qui favorisent les riverains. Les associations (y compris celles qui étaient très engagées et qui, au départ ne voulaient pas le faire) l'ont signée tout à fait volontiers, nous sommes allés au devant d'elles, et je peux dire que, vraiment, satisfaction leur a été donnée.
Donc, on ne peut pas dire que les nuisances, quant à la sécurité ou au bruit, soient les mêmes aujourd'hui que celles que vous dépeignez. Ce n'est plus le cas. C'est peut-être parce que vous êtes éloignée du 16e, mais si vous habitiez le 16e, ou si vous deviez y habiter, vous verriez que vous n'auriez plus le même avis.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Monsieur LEBAN.
Je mets aux voix, à main levée, ce projet de délibération.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DFAE 80).