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Novembre 2000
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7 - 2000, ASES 134 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec l'Association nationale de réadaptation sociale - A.N.R.S. une convention pour la gestion et l'animation d'une Maison d'accueil et de médiation. - Subvention d'investissement à l'Association nationale de réadaptation sociale - A.N.R.S. - pour la Maison d'accueil et de médiation de Belleville. - Montant : 225.000 F

Débat/ Conseil général/ Novembre 2000


M. CHÉRIOUX, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération ASES 134 G relatif à la signature avec l'Association nationale de réadaptation sociale une convention pour la gestion et l'animation d'une Maison d'accueil et de médiation.
Vous avez la parole, Monsieur REVEAU.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Merci, Monsieur le Président.
La création de cette "maison d'accueil et de médiation" est identique, dans ses finalités, aux "espaces de socialisation" que je connais bien en tant qu'élu régional. Ces espaces ne constituent cependant plus depuis longtemps le nec plus ultra de la politique régionale, tant leur échec est patent.
Il y a quelques mois, vous nous aviez présenté ici le plan "Paris-Espoir" pour renforcer la prévention en direction des "jeunes". Le constat était plus qu'alarmant : "montée de la violence et prolifération des armes blanches mais aussi à feu, banalisation de la consommation de cannabis, économies parallèles, regroupements porteurs d'insécurité, constitution de bandes, identification aux violences urbaines américaines..."
Cette "maison" a pour objectif de suivre des adolescents ou des jeunes majeurs en situation de rupture personnelle, sociale et pénale. Pour que cette action ait un minimum de chances de succès, le diagnostic doit être exact. Or il n'est pas complet. Il faut tout d'abord dire combien la politique d'immigration est inhumaine : on a laissé venir dans des conditions économiques à court terme, des populations et des familles qui, transplantées brutalement dans notre cadre de vie urbain et artificiel, ont éclaté.
Quant à l'errance, elle est le résultat de la dissolution voulue de la Famille. On ne peut toujours plus fragiliser les couples et vouloir que les enfants qui en sont issus n'en ressentent pas les effets négatifs. On y ajoutera le démantèlement quasi complet de la politique des prestations familiales et la démission d'autorités publiques qui se refusent à faire appliquer la loi pénale et laissent se développer économies parallèles liées à la drogue et zones de non droit.
Il y a enfin la fascination qu'exercent, sur les esprits jeunes et déboussolés, les "pires valeurs" d'une société matérialiste, jouisseuse et violente. Pourquoi en seraient-ils écartés alors qu'il n'y a pas de jour où on n'exalte pas quelque droit, fût-il le plus aberrant, au détriment des devoirs. En dépit de sa technologie avancée et de sa médiatisation, nous avons créé une "dissociété barbare", c'est-à-dire le contraire de la civilisation. Pourquoi dès lors s'étonner que nous en récoltions les fruits amers ?
Dans ces conditions, votre maison d'accueil et de médiation ne sera qu'un gadget coûteux et inutile de plus dans une politique qui compense sa faillite, de manière quasiment névrotique par un gaspillage de crédits publics toujours plus grand. Mais on ne remplit pas le Tonneau des Danaïdes avec une petite cuillère...
Merci.
M. CHÉRIOUX, président. - Monsieur LAFAY, vous avez la parole pour répondre à l'intervenant.
M. Philippe LAFAY, vice-président, au nom de la 5e Commission. - La collectivité parisienne en association avec la Région Ile-de-France, a souhaité offrir aux jeunes en difficulté d'insertion des quartiers de l'Est de la Capitale, et plus particulièrement aux jeunes des quartiers de Belleville, un espace d'accueil, d'écoute, d'information et surtout un espace proposant des solutions concrètes à leurs problèmes d'insertion pour favoriser leur autonomie autour d'un projet professionnel.
Ce type de structure a déjà permis sur d'autres secteurs de la Région d'orienter efficacement des jeunes vers les dispositifs adaptés de formation et d'emploi, après une période intermédiaire de bilan de mobilisation, d'acquisition de savoir-faire, de résolution de difficultés diverses, le souci des responsables départementaux est de faire de cette maison d'accueil et de médiation un complément aux structures mises en place au bénéfice des jeunes de 18 à 25 ans dans la Capitale et de permettre aux plus défavorisés de s'intégrer normalement par des modalités souples et adaptées.
La compétence et la solidité de l'association gestionnaire amènent à penser que les jeunes en difficulté sur ces quartiers disposeront désormais de chances supplémentaires pour cette insertion socioprofessionnelle.
Merci, Monsieur le Président.
M. CHÉRIOUX, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 134 G.
Qui est favorable à son adoption ?
Epreuve contraire ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, ASES 134 G).