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Novembre 1998
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Conseil Municipal
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53 - 1998, CABRI 16 - Subvention à l'association " Les amitiés acadiennes " (15e). - Montant : 70.000 F 1998, CABRI 22 - Subvention à l'Association francophone d'amitié et de liaison (9e). - Montant : 70.000 F.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 1998

M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération CABRI 16 relatif à une subvention à l'association " les amitiés acadiennes " 15e, montant 70.000 F.
Je donne la parole au premier orateur inscrit, M. LE GARREC.
M. Alain LE GARREC. - Merci, Monsieur le Maire.
Mon intervention portera sur les deux délibérations, la CABRI 16 et la CABRI 22, c'est-à-dire l'attribution d'une subvention de fonctionnement au profit de l'association française d'amitié et de liaison, en plus de celles des " amitiés acadiennes ".
Premièrement, les " amitiés acadiennes ", cette association ancienne a vécu depuis sa création sur des dons privés venant essentiellement de son fondateur et président. Or celui-ci ayant malheureusement disparu trop tôt, cette association éprouvant quelques difficultés, se retourne vers la Ville pour une demande de 100.000 F. C'est la demande correspondant au 1/7e de son budget.
Cette association veut perpétrer le souvenir tragique de la déportation massive dans les années 1760 de milliers d'Acadiens de leur territoire aujourd'hui Nouveau Brunswick et Nouvelle Ecosse vers la Louisiane et autres Etats d'Amérique du Nord.
Les Acadiens s'en souviennent sous le nom de " grand dérangement ". Jamais ces émigrés forcés et leurs descendants n'ont renié leur culture, leur langue et leur histoire. Et s'il existe des provinces ou des territoires en Amérique du Nord où le français est encore une langue vivante et vivace, c'est dû à la volonté farouche de ces hommes et de ces femmes.
Si je me félicite que l'on subventionne cette association à hauteur de 70.000 F, je souhaiterais que les échanges entre collèges, qui est l'objet principal de cette association, inclue la Ville de Paris et je demande à l'adjoint au Maire chargé du secteur scolaire de s'y intéresser car seule, la province, à ce jour, a répondu à ces demandes.
L'Association francophone d'amitié et de liaison, l'A.F.A.L., regroupe en son sein un certain nombre d'associations qui militent en France et dans le monde pour la défense de la francophonie. Sa principale activité est d'éditer une revue à 800 exemplaires.
Permettez-moi de vous demander d'y abonner les conseillers de Paris et les bibliothèques de la Ville de Paris.
Nous voterons cette subvention de 70.000 F.
De façon générale, je voudrais vous rappeler que nous avons, à l'unanimité, voté un voeu concernant la communication annuelle sur la politique internationale de la Ville de Paris.
L'organisation du prochain Sommet de la Francophonie à Moncton pourra être l'occasion de l'implication plus forte de la Capitale de la France au sein du monde francophone car aujourd'hui, nous nous contentons de voter çà et là des subventions à des associations certainement de grande qualité, mais sans aucune visibilité sur votre politique, si toutefois vous en avez une.
La francophonie, la défense de la langue française comme moteur de notre culture, et aussi d'autres cultures comme vecteur de notre histoire assumé, comme vecteur d'autres histoires, devrait avoir ici, dans cette Assemblée parisienne, une place importante.
Or, force est de constater que pendant des années, elle a surtout servi à des fins politiques personnelles et que, depuis quelque temps, elle est reléguée à quelques subventions, réceptions de bon aloi et quelques voyages, aux comptes-rendus discrets.
Les francophones du monde entier et les Parisiens espèrent mieux qu'un saupoudrage sans envergure, sans enthousiasme et sans partage.
Je vous remercie.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - La parole est à M. DUMAIT.
M. Alain DUMAIT. - Quelle que soit la considération qu'on puisse avoir à l'égard du fondateur de cette association, comme vis-à-vis des membres de son Conseil d'administration et de son bureau national, les élus du groupe des Indépendants considèrent qu'il n'est pas dans la mission de la Ville de Paris de développer une politique dite de la francophonie, mais qu'il s'agit là plutôt éventuellement, d'une responsabilité de l'Etat.
Il faut en finir avec cette conception préfectorale de la Ville de Paris, qui voudrait que celle-ci soit systématiquement associée à des entreprises qui n'ont rien à voir avec l'intérêt direct des Parisiens.
En ce qui concerne le CABRI 22, l'édition d'une revue à 800 exemplaires est parfaitement honorable.
Mais il faut rompre avec cette distribution laxiste de subventions publiques. Le fait que l'Association Francophone d'amitié et de liaison (A.F.A.L.) a toujours été subventionnée par la Ville, n'est pas une bonne raison pour continuer.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Je donne la parole à M. ROUSSIN.
M. Michel ROUSSIN, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Avec l'un de nos collègues du groupe socialiste, j'ai reçu récemment à l'Hôtel-de-Ville des Acadiens de Louisiane. La réception a été formidable et j'ai compris que les Cajuns demeuraient très attachés à notre langue et à notre pays.
Ils sont américains avant tout, mais nous devons maintenir des liens avec eux et je pense que nous nous y efforçons d'une façon malheureusement trop modeste.
L'orateur qui vient de s'exprimer, M. BLOCHE, à qui le Premier Ministre a demandé un rapport sur la francophonie, dresse aussi ce constat que nous devrions, à Paris, consentir un effort bien supérieur. Et l'adjoint que je suis, chargé de la francophonie, ne peut qu'être d'accord avec ce point de vue.
Cette subvention exceptionnelle aux " Amitiés Acadiennes " s'inscrit dans cet esprit et nous permettra de conduire en partenariat des actions de promotion de la francophonie, dans l'intérêt du public parisien.
Pour ce qui concerne l'A.F.A.L., Association francophone d'amitié et de liaison, il est vrai que tirer à 800 exemplaires une revue n'est pas exceptionnel, mais la subvention demandée n'est pas destinée à cette modeste parution.
L'A.F.A.L. envoie aussi régulièrement dans les pays francophones du matériel pédagogique et des livres.
Enfin, nous projetons d'organiser ensemble l'année prochaine des jumelages entre classes parisiennes et classes étrangères de Bulgarie, Irlande et Sénégal sur la base d'une création conçue par les lycéens dans notre langue.
L'A.F.A.L. édite une revue mais conduit surtout une véritable action de communication et de soutien de la francophonie, en fédérant de nombreuses associations.
Chers collègues, je ne peux m'exprimer sur la francophonie que deux fois par an. Avec notre système de travail et notre rythme, il est 21 heures 10. En d'autres temps, il était deux heures du matin, et nous étions six dans l'hémicycle. Aujourd'hui nous faisons un grand pas, nous sommes nombreux, vous êtes autour de moi et vous allez voter.
Sachez bien que je m'engage sur du concret et je que je bénéficie du soutien du Maire de Paris car, au-delà des clivages politiques, la francophonie est une belle mission pour nous tous. Je ne désespère pas de convaincre M. LEGARET de me donner des crédits convenables pour que la volonté politique exprimée par M. TIBERI se traduise dans les faits et que la francophonie devienne quelque chose de réel, dynamique et formidable à Paris, dans l'intérêt des Parisiens.
Je vous remercie de l'attention que vous y porterez.
(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération CABRI 16.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe des Indépendants ayant voté contre et M. REVEAU s'étant abstenu. (1998, CABRI 16).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération CABRI 22.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe des Indépendants ayant voté contre et M. REVEAU s'étant abstenu. (1998, CABRI 22).