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Novembre 2002
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3 - Suspension et reprise de la séance

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2002


(La séance, suspendue à neuf heures vingt minutes, est reprise à neuf heures vingt-cinq minutes, sous la présidence de M. le Maire de Paris).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Chers collègues, je vous demande de reprendre votre place et de tous vous asseoir s'il vous plaît.
Après cette interruption de séance, je voudrais vous dire qu'il y a un point sur lequel je suis d'accord avec M. GOASGUEN, c'est qu'il faut vraiment que nous consacrions tout notre temps à nous occuper des Parisiens, donc j'aimerais bien que les interventions qui vont suivre, tout à fait importantes, ne nous fassent pas commencer trop tard le débat sur les sociétés d'économie mixte qui concerne l'avenir des Parisiens sur le plan du logement, de l'aménagement urbain, de l'eau, etc., etc.
Donc je vais donner la parole aux Présidents de groupe qui me l'ont demandée et je vais leur demander d'être très brefs.
Donc, Monsieur GALLAND pour le groupe U.D.F.
M. Yves GALLAND. - Monsieur le Maire, quand l'essentiel est en jeu nous considérons que ce qui nous rassemble ici est plus important que ce qui nous divise.
Je pense que vous n'avez aucun doute sur le fait que nous sommes dans l'opposition et qu'opposition nous resterons. C'est normal, c'est sain, que nos conceptions puissent différer et j'aurai l'occasion de vous faire part de ces divergences clairement et fermement demain matin, à l'occasion du rapport sur l'Inspection générale.
Mais sur l'essentiel vous avez parlé d'agressions qui peuvent toucher les gens anonymes dans la rue, ce qui a trait à un problème fondamental de société qui est la sécurité, que nous connaissons bien les uns et les autres, que nous subissons.
Vous avez dit que cela pouvait toucher n'importe laquelle ou n'importe lequel d'entre nous, malheureusement l'agression, l'attentat qui a eu lieu à Nanterre l'a bien montré puisque je crois que de toutes les formations politiques qui sont présentes dans cet hémicycle ont été concernées et touchées.
Mais votre agression, Monsieur le Maire, touchait au c?ur la collectivité parisienne, parce que vous êtes le Maire, parce que vous êtes le symbole de la démocratie et je voudrais vous dire très simplement, que le groupe U.D.F. unanime, vous souhaite un complet rétablissement et est heureux de vous retrouver aujourd'hui à ce fauteuil, dans vos fonctions.
(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur GALLAND et à chacune et chacun des membres du groupe U.D.F.
La parole est à Patrick BLOCHE pour le groupe socialiste et radical de gauche.
M. Patrick BLOCHE. - Merci, Monsieur le Maire, je serai très bref, comme vous l'avez souhaité. Je voudrais vous dire combien le bonheur des élus socialistes et radicaux de gauche est à la mesure aujourd'hui de l'émotion qu'ils ont ressentie lorsque vous avez été agressé. Ce bonheur est immense.
Il est immense comme celui de toutes les Parisiennes et de tous les Parisiens qui nous ont demandé depuis des semaines de vos nouvelles et qui, fort heureusement, peuvent d'eux-mêmes constater votre rétablissement et votre retour à leur service.
Je voudrais vous dire également qu'au Conseil de Paris, il s'est passé des choses que vous connaissez et tout ce qui s'est passé vous le connaissez suffisamment pour ne pas comprendre les raisons de la suspension de séance demandée par M. GOASGUEN. Il a employé ce mot de "calomnie" qui pour notre groupe n'a au regard de nos prises de position, de nos activités, aucun sens.
Cela dit, les élus socialistes et radicaux de gauche, Monsieur le Maire, par leur soutien, par leur activité, par tout ce qu'ils feront au sein du Conseil de Paris, n'auront qu'un souci : vous permettre de ne travailler que 12 heures par jour pendant un certain nombre de semaines.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Je suis sensible à la dernière promesse. Merci beaucoup, cher Patrick BLOCHE.
M. Georges SARRE a la parole pour le groupe du Mouvement des citoyens.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues, quand au petit matin de la "Nuit-blanche" nous avons appris l'agression dont vous aviez été la victime, comme les Parisiens, plus largement les Français, beaucoup d'étrangers aussi, nous avons été au plan politique naturellement heurtés, choqués et humainement bouleversés.
Nous avons été heureux d'apprendre très vite qu'heureusement vous étiez hors de danger. La convalescence a eu lieu, et aujourd'hui vous présidez notre séance du Conseil de Paris, Conseil municipal et Conseil général, et bien entendu je suis convaincu que beaucoup de Parisiennes et de Parisiens saluent votre retour. Vous l'avez effectué déjà depuis quelques jours, mais aujourd'hui pratiquement, politiquement, symboliquement, vous êtes ici et je pense que c'est ce qui compte pour tous.
Sachez que nous connaissons tous des moments difficiles. Pour vous il a été terrible, pour nous ce fut un moment douloureux. Je tenais à vous assurer de notre affection et de notre soutien politique. Voilà simplement ce que j'ai souhaité vous dire.
J'ajouterai, puisque la politique aurait perdu ses droits et qu'elle les retrouverait maintenant, que je souhaiterais dire à M. GOASGUEN que je n'ai pas compris un mot de son propos.
M. Claude GOASGUEN. - Il faut écouter dès le matin.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Ou bien il a été trop général, trop vague, trop allusif, mais à quoi précisément faisiez-vous allusion ? Qui était visé ? Quel orateur ? Quel sujet ? Moi j'étais pour la suspension de séance mais elle a eu lieu trop vite car j'aurais souhaité vous demander après qui vous en aviez.
M. Claude GOASGUEN. - Demain matin, Monsieur SARRE. Ne vous inquiétez pas.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup à vous, Georges SARRE, et aux membres du groupe M.D.C.
Christophe NAJDOVSKI pour les membres du groupe "Les Verts".
M. Christophe NAJDOVSKI. - Merci, Monsieur le Maire.
Je ne m'étendrai pas en de longs discours inutiles puisque beaucoup a déjà été dit.
Au nom de mon groupe, je voudrais tout d'abord dire à quel point nous avons le plaisir de vous retrouver parmi nous. Comme vous l'avez dit, vous n'avez été absent, après tout, que lors d'une seule séance. Je voudrais, à mon tour, vous témoigner notre affection et le plaisir et la joie que nous pouvons avoir à nous retrouver, aujourd'hui, pour continuer nos travaux.
Je voudrais simplement, moi aussi, réagir aux propos qui ont été tenus par le Président du principal groupe de l'opposition municipale pour signaler qu'il faudrait peut-être, effectivement éviter les excès dans les propos qui sont tenus.
Parler de "tribunal révolutionnaire", c'est excessif. Parler "d'ayatollahs" en qualifiant des élus, c'est excessif et, que je sache, ce ne sont pas nos propos à nous mais ceux qui ont été utilisés par l'opposition municipale.
En d'autres temps, un autre élu avait aussi parlé du "fatwa" que des élus auraient lancé contre une certaine catégorie de la population.
Je voudrais donc rappeler que nous sommes dans une assemblée démocratique et que l'excès dans les propos nuit à la qualité du débat.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, cher Christophe.
Comme pour tous les autres présidents de groupe, quand je remercie, je remercie tous les membres de votre groupe, sans exception, et très sincèrement.
M. Jean VUILLERMOZ a la parole pour le groupe communiste.
M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Monsieur le Maire.
Comme tous les Parisiens, les élus communistes ont été très touchés par cette agression dont vous avez été victime. Nous avons été vraiment très, très affectés.
Nous avons aussi ressenti, au travers de cette agression, l'évolution négative de la société, notamment à travers le développement de la violence dans cette société. Il faut essayer d'en trouver les causes.
Nous avons aussi suivi l'évolution de votre rétablissement en souhaitant qu'il soit en même temps le plus prompt possible mais aussi que vous preniez le temps nécessaire pour retrouver une bonne santé.
Nous avons constaté la force de votre caractère, la force de votre organisme et la force de votre volonté et nous avons eu la joie de voir que cela ne se passait pas trop mal et que, malgré toutes les souffrances que vous avez dû endurer. Ma foi, après seulement quelques semaines tout à la fois courtes et longues, vous vous trouvez ici à présider cette séance du Conseil et nous vous affirmons notre affection.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, "Les Verts" et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, cher Jean et tous les Conseillers communistes.
Chers collègues, je prends tous ces messages de sympathie, de solidarité et même d'affection. Il y aurait un risque, c'est que cela me rende mauvais et que je me dise "on s'aime", mais non, M. GOASGUEN est là - merci à lui - pour nous rappeler que la vie démocratique peut aussi être difficile.
Avant de vous répondre très brièvement, je voudrais simplement redire ce que j'ai déjà dit dans de nombreuses circonstances, et notamment devant les médias. Je savais que les personnels de santé de l'Assistance publique de Paris étaient exceptionnels de compétence et d'humanité. Je sais que mon propos est partagé sur tous les bancs de l'Assemblée. Je voudrais dire à quel point tous les personnels, sans exception, de l'Assistance publique de Paris doivent être reconnus, remerciés, encouragés pour ce qu'ils apportent aux Parisiens sur le plan de l'essentiel, c'est-à-dire - élargissons à partir d'un individu - la santé et le besoin d'accompagnement humain que nous avons au moment où, justement, la santé est déficiente.
Et puis, très brièvement, Monsieur GOASGUEN, je voudrais vous dire que, pour moi, la politique, c'est à la fois des moments de consensus sur l'essentiel et des moments, tout aussi indispensables, de contradiction et de débat car la démocratie va ainsi.
Pour moi, nos différences mais aussi nos accords, c'est aussi la politique. La politique est anoblie de ce qui nous rapproche et de ce qui nous différencie, légitimement, pour servir le débat d'idées.
Sur le reste je voudrais vous dire, avec beaucoup de sincérité, beaucoup de spontanéité, que depuis dix mois, vingt ou dix neuf, je n'ai pas compté, que je suis Maire de Paris, tout ce que nous faisons pour la transparence, parfois même en transmettant à la justice des éléments d'information, nous le faisons sans jamais mettre en cause des personnes. Certains pourraient d'ailleurs m'en porter témoignage.
Monsieur GOASGUEN, nous en reparlerons demain dans un débat qui porte sur les missions de l'Inspection générale et pour lequel j'ai besoin aussi de vos avis. Cela m'intéresse, pas seulement pour un rapport mais pour savoir ce que nous allons faire de l'Inspection générale dans les quatre ans et demi qui viennent.
Sans chercher la polémique, Monsieur GOASGUEN, je veux dire que j'ai regretté que vous mettiez des noms, lors de la dernière séance, sur tel ou tel sujet.
Je sais ce que je fais lorsque je demande à la justice, et pas à nous, à la justice d'établir des fautes ou des non-fautes, je sais ce que je fais et je m'assure justement qu'on ne mette pas en cause les personnes. Eh oui, Monsieur GOASGUEN ! Et cela m'a un petit peu peiné.
Si, de ma convalescence, j'ai voulu dire, pour la dernière séance, ce que serait le cours de la Ville de Paris par rapport au fait de saisir la justice, c'est que j'ai voulu le faire en responsabilité parce qu'il aurait été un peu lâche de ma part de ne pas l'assumer, sous prétexte que j'étais à quelques centaines de kilomètres.
Je peux vous dire que dans la rédaction même de la plainte, à laquelle je m'attache personnellement, je ne veux pas voir citer un nom - Monsieur GOASGUEN, écoutez-moi -, je ne veux pas le moindre dérapage. En revanche, si des erreurs ont été commises, des malversations, que ce soit par des collaborateurs ou autres, si hier, aujourd'hui ou demain des erreurs peuvent être commises, il est de notre devoir d'élus de demander à la justice de l'établir pour que, justement, il n'y ait pas de tribunal révolutionnaire dans les assemblées démocratiques.
Telle est ma conception de la démocratie et je veux ce matin, et plus encore demain, vous démontrer que je n'en dévie pas et que je ne me suis pas écarté d'un millimètre de cette conception des choses.
Je regrette qu'en créant une agitation autour de cela, on prenne le risque de focaliser sur des personnes et éventuellement de faire, à la place des juges, des pré-procès, dans les médias ou ailleurs. C'est ce que je m'interdis strictement et je vous mets au défi de trouver un seul moment où j'aurais préjugé.
Voilà, je voulais le dire ce matin, en réponse à votre intervention. Nous y reviendrons demain, lors des sujets que nous traiterons.