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Juillet 2021
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Conseil Municipal
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relatif aux troubles à la tranquillité publique place Henri-Frenay.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2021


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous pouvons examiner le dernier v?u concernant Nicolas NORDMAN, qui est le v?u n° 58 relatif aux troubles à la tranquillité publique place Henri-Frenay.

Je pense que j'en ai entendu parler dès 1997 comme député de la circonscription, ce n'est pas un sujet nouveau et la parole est à Valérie MONTANDON pour présenter ce v?u du groupe Changer Paris.

Mme Valérie MONTANDON. - Merci, Monsieur le Maire.

Vous avez raison, ce n'est pas un sujet nouveau, parce que la situation de la place Henri-Frenay a toujours été fragile, vous avez raison, avec des fluctuations quant à la tranquillité publique.

Cependant, depuis qu?ont lieu des distributions alimentaires et vestimentaires, la situation s'est fortement dégradée, le lieu n'est pas du tout approprié d'ailleurs à des distributions alimentaires ou non alimentaires d'ailleurs.

Ces distributions alimentaires et vestimentaires qui se déroulent sur la place maintiennent sur place des populations en grande précarité, notamment des toxicomanes et engendrent des troubles violents, des trafics divers, des errances et aussi de nombreuses nuisances.

Les riverains de la place Henri-Frenay subissent une très grosse dégradation de leur cadre de vie, une augmentation de l'insécurité et sont témoins de nombreuses bagarres et de troubles à l'ordre public. Ils sont à bout. Ils ont d'ailleurs sollicité la mairie du 12e arrondissement et la Mairie de Paris qui se renvoient beaucoup la balle et n'ont cessé de se déresponsabiliser sur l'autorisation et l'encadrement de ces distributions.

Je vous rappelle qu'il existe une charte d'encadrement des distributions alimentaires et donc soit la Ville accepte les distributions et a permis l'application de cette charte, soit en effet les associations, elles, sont passées outre et dans ce cas-là vous avez des responsabilités parce que vous laissez faire les associations qui seraient passées outre votre charte.

Quoi qu'il arrive, il en va de votre responsabilité et vous ne pouvez pas continuer à vous défausser. C'est d'autant plus votre responsabilité que certaines associations feraient du prosélytisme religieux en même temps qu'elles font des distributions et ceci, je vous le dis vraiment, n'est pas tolérable. C'est pour cela que nous vous demandons que les distributions alimentaires et vestimentaires non encadrées sur la place Henri-Frenay soient effectivement interdites.

Nous vous demandons aussi de proposer aux associations un autre lieu qui soit plus adapté afin d'organiser ces distributions dans le cadre prévu justement par la charte et enfin, aussi, de prendre les mesures nécessaires pour lutter contre l'insalubrité au quotidien.

Nous demandons aussi à la Préfecture de police de renforcer la vidéo-protection sur la place et ses abords. Sur la place, oui, il y a déjà des caméras, mais par contre sur toutes les rues adjacentes où s'est hélas développée l'insécurité, nous vous demandons en effet de bien vouloir agir.

J'avais une question à vous poser parce qu'au Conseil d'arrondissement, il y avait un v?u déposé par la Municipalité socialiste sur la création d'un point fixe. Ce v?u n'a pas été déposé en Conseil de Paris, alors qu?elle interpellait vraiment la Préfecture en tant que telle. Je me demandais si c'était parce que le point fixe avait été obtenu, ou si alors c'était simplement un effet d'annonce pour calmer le jeu au sein du Conseil d'arrondissement, car les riverains étaient présents. Merci.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Valérie MONTANDON. Je donne la parole à Nicolas NORDMAN. Sachant qu'Emmanuelle PIERRE-MARIE et Nicolas BONNET-OULALDJ ont souhaité intervenir l'un et l'autre.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint. - Peut-être vais-je être très bref, puisqu'il s'agit à l'évidence d'un débat qui a déjà eu lieu sans doute au sein du Conseil du 12e arrondissement, et il y aura les interventions de mes collègues du 12e arrondissement qui pourront éventuellement compléter.

La situation de la place Henri-Frenay est une situation bien connue, Patrick BLOCHE disait depuis 1997, mais sans doute est-ce le cas...

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Mais si, vous rouliez en patins à roulettes à l'époque.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint. - Et donc, nous connaissons les difficultés que rencontrent les habitants et la nécessité d'interventions coordonnées à la fois bien sûr de la police nationale et de l'ensemble des équipes de la Ville. Concernant notamment la question de la distribution alimentaire, je redis la disponibilité bien entendu des équipes de la DPSP de pouvoir venir pour s'assurer, comme elles le font dans d'autres arrondissements, du respect notamment de la charte des distributions. Je salue la décision récente qui a été prise par la Préfecture de police à notre demande d'ailleurs, de la prise d'un arrêté d'interdiction de consommation et de vente d'alcool qui, je crois, peut permettre d'apaiser un certain nombre de situations sur cette place. Compte tenu de ces éléments, j'émettrai pour ma part un avis défavorable à ce v?u.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Nicolas NORDMAN.

Madame la Maire du 12e arrondissement, chère Emmanuelle PIERRE-MARIE.

Mme Emmanuelle PIERRE-MARIE, maire du 12e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Mesdames et Messieurs les élus, chers collègues, la dégradation récente de la situation sur la place Henri-Frenay a été unanimement constatée par la Ville et ses partenaires, Préfecture de police, S.N.C.F., Samu social, R.I.V.P., pour n'en citer que quelques-uns sans oublier bien sûr les riveraines et les riverains eux-mêmes.

Plusieurs constats ont ainsi été partagés, dont la hausse du nombre d'actes de violence résultant de la présence de quelques jeunes en errance, très agressifs en particulier entre eux, ainsi qu?une démultiplication du nombre des distributions alimentaires non encadrées qui ont de fait contribué à ces désordres.

C'est pourquoi nous n'avons eu de cesse, au cours du mois passé, de mettre en place des mesures à même de redresser la situation.

Depuis une réunion de crise le 1er juin dernier, nous avons reçu à plusieurs reprises des représentantes et représentants d'habitants, nous nous sommes rendus sur place encore la semaine dernière avec Emmanuel GRÉGOIRE pour échanger avec les personnes et acteurs qui résident place Henri-Frenay et la font vivre.

Surtout, nous agissons avec nos partenaires que je remercie de leur soutien. La DPSP et la Préfecture de police ont renforcé leur présence. Une trentaine d?interpellations ont eu lieu, suite à diverses opérations. Un arrêté préfectoral étend temporairement l'interdiction de consommer de l'alcool sur place et surtout introduit une interdiction d'en vendre à emporter dès 17 heures.

Un travail à la suite d'une première tentative en la matière reprend pour réguler les distributions alimentaires, sans oublier le renforcement des interventions sociales auprès de ces publics en errance, je pense notamment à une mise à l'abri début juin, qui a permis d'héberger quelques personnes qui se trouvaient sur le site.

Ou encore, aux nombreux autres projets d'animation et transformation de l'espace public qui verront le jour dans les prochains mois et les prochaines années, et permettront à cette place de mieux vivre. Madame Valérie MONTANDON, il reste encore beaucoup à faire pour que cette place regagne en sérénité, mais il n'est tout simplement pas possible de nier tous ces efforts ni qu'ils commencent à améliorer la situation, là encore un constat partagé par l'ensemble de nos partenaires y compris la Préfecture elle-même. Ce pour quoi nous voterons contre ce v?u, et s'il est vrai que diverses "fake news" qui concernent le quartier se trouvent très activement relayées par certains de vos soutiens, cela ne nous aide évidemment pas à progresser. Je ne désespère pas que ces derniers et vous-même finirez par réaliser que de telles méthodes ne sont tout simplement pas les plus judicieuses pour améliorer la situation. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame la Maire du 12e arrondissement, chère Emmanuelle PIERRE-MARIE.

Je vais d'abord donner la parole à M. le Représentant du Préfet de police, et après il y aura une explication de vote de Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.

Beaucoup de choses ont déjà été dites, effectivement la situation s'est dégradée en mai et juin sur cette place, une situation qui n'était pas nouvelle, mais la dégradation a été réelle en mai et juin.

Les riverains qui se sont exprimés ont été écoutés, même si certains, on peut le regretter, ont diffusé de fausses informations, notamment la présence de consommateurs de "crack", qui n'était pas vraie.

L'action de la Préfecture de police a consisté à multiplier les patrouilles. Ce ne sont pas des points fixes, qui n'ont pas d'utilité sur ce type de situation. Ce sont des patrouilles dynamiques, régulières, même plusieurs fois par jour, pour verbaliser et écarter les personnes qui ne respectent pas les règles ou consomment des stupéfiants. Et le Préfet de police a pris un arrêté qui interdit la consommation d'alcool sur cette place en journée dès 11 heures, et la vente à emporter d'alcool.

Ces mesures très fortes ont été utiles, la physionomie de la place, le commissaire le confirmait hier, s'est grandement améliorée. Et on va poursuivre ces opérations multiquotidiennes pour ne pas relâcher la pression et obtenir une amélioration durable de la physionomie de cette place. Nous comptons par ailleurs sur l'action de la mairie pour réguler davantage les distributions alimentaires qui sont un des éléments du problème lorsqu'elles sont organisées de manière anarchique, ce qui est parfois le cas sur cette place.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup. Je donne donc la parole maintenant au président BONNET-OULALDJ pour une première explication de vote, il y en aura une seconde.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Monsieur le Maire, je me demande pourquoi ce v?u est présenté dans la 3e Commission. La question de notre collègue Valérie MONTANDON porte sur les distributions alimentaires, et le constat que nous faisons est que c'est un symptôme de la crise économique et sociale que nous vivons après la pandémie de la Covid. Beaucoup de personnes sont à la rue et ont besoin d'une aide humanitaire en termes de distribution alimentaire, et l'approche qui est faite ici dans ce Conseil est une approche sécuritaire, laissant entendre par ailleurs que les distributions alimentaires seraient la cause de la délinquance sur la place Henri-Frenay.

Sachez que le groupe Communiste est complètement à l'opposé de cette façon de voir les choses et je pense que la réponse doit être sociale.

Elle doit être sociale sur deux volets. D'abord, sur les distributions alimentaires, notre collègue a tout à fait raison, il existe une charte, un guide de l'aide alimentaire, qui rappelle des règles et des principes. Des règles sur la santé et la sécurité des usagers, sur la propreté des lieux ; et des principes, notamment inconditionnalité non discriminante, et le respect de la laïcité, de la neutralité politique, le respect de la dignité des personnes, mais surtout le dernier point, très important, qui est la complémentarité et la mise en réseau.

Cela veut dire qu'à travers ces associations qui permettent l'aide humanitaire et les distributions alimentaires, il doit y avoir un travail social avec d'autres acteurs, et notamment des acteurs de l'arrondissement, ce qui nécessite, ce qui se fait déjà dans le 19e arrondissement et dans d'autres arrondissements, des réunions de coordination de l'aide alimentaire. Deuxième point que Valérie MONTANDON aborde, c'est la question des mineurs non accompagnés. Mais étant donné que ce sont des mineurs, la réponse est à la DASES, elle n'est pas d'ordre sécuritaire, et la réponse est en termes d'éducateurs et de présence sur le terrain, donc je ne voterai pas ce v?u comme on l'a fait d'ailleurs au Conseil d'arrondissement, mais j'alerte sur la manière dont la Ville traite ce sujet. Nous devons traiter ce sujet sous l'angle social.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est à Jérôme GLEIZES pour une explication de vote du groupe GEP.

M. Jérôme GLEIZES. - Nous aussi nous allons voter contre, parce qu'il est honteux de criminaliser, Madame MONTANDON, la misère comme vous le faites, c'est vrai que vous le mettez en 3e Commission. Faire des amalgames entre des distributions alimentaires et la petite délinquance sur laquelle la Préfecture de police nous a dit qu'elle apportait des réponses, c'est impossible. Un moment, il faut faire la part des choses entre les problèmes de nature sociale et les problèmes de nature policière. Là, vous faites un amalgame qui est honteux pour vous.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, on n'a pas contribué à ce que vous retiriez le v?u, mais le faites-vous néanmoins ? Non.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 58, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u n° 58 est repoussé.

Compte rendu de la 4e Commission.