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Juillet 2021
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Conseil Municipal
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Avis citoyen de la Conférence citoyenne sur l'alimentation et l'agriculture.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2021


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Je vous propose, à l?heure prévue, à 2 minutes près, de commencer maintenant le débat organisé, tel que la conférence d'organisation en a convenu, sur l'alimentation et l'agriculture.

Il s'agit évidemment de prendre en compte l'avis citoyen de la Conférence Citoyenne sur l'alimentation et l'agriculture.

De ce fait, assez logiquement et dans le plus grand silence, je vais donner la parole à deux représentants de cette Conférence citoyenne, M. Dimitri MARTEL puis Mme Olivia NDARI, qui vont intervenir en duplex à partir de la salle Webex.

Je leur donnerai la parole, par respect pour eux, à partir du moment où le silence sera rétabli dans cet hémicycle, et à partir du moment où les discussions particulières auront cessé. Merci pour ce silence retrouvé.

Je vais logiquement et formellement suspendre la séance, puisque nous allons écouter ces deux représentants de la Conférence citoyenne, et je vous propose de commencer avec Olivia NDARI, qui a priori est connectée.

(La séance est suspendue le temps de prendre connaissance des interventions de deux citoyens : Mme Olivia NDARI et M. Dimitri MARTEL. Interventions qui figurent en annexe n° 3).

(La séance, suspendue à seize heures, est reprise à seize heures quarante-cinq minutes, sous la présidence de M. Patrick BLOCHE, adjoint).

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Dimitri MARTEL, merci pour votre engagement et tout ce que vous avez apporté au sein de cette conférence citoyenne dont vous étiez aujourd'hui avec Olivia NDARI en quelque sorte les porte-parole, et vous avez également souhaité que cela continue. L'idée est évidemment que cela ne s'arrête pas avec le débat que nous avons aujourd'hui en séance du Conseil de Paris.

Donc, je vais maintenant donner évidemment la parole aux représentants des groupes et je vais commencer par un maire d'arrondissement et pas n'importe lequel, puisque je vais donner la parole à François VAUGLIN.

M. François VAUGLIN, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, cher Patrick, merci beaucoup.

Chers collègues, le débat que nous avons aujourd'hui est d'une grande importance et l'attachement de nos concitoyens le montre. Nous pouvons le mesurer à travers les interventions d'Olivia et de Dimitri, qui représentent l'ensemble de ce panel citoyen, et je tiens à saluer cette démarche.

Elle accompagne une politique volontaire, ambitieuse, pionnière même peut-on dire, que la Maire de Paris a voulue pour notre ville, puisqu'en voulant doter Paris de son propre circuit d'alimentation durable et solidaire, c'est un objectif de 100 % d'alimentation durable que nous visons à un horizon qui n'est pas 2050 comme d'autres grandes programmations nationales, mais 2026 !

C'est donc un objectif que nous pourrons tenir dans le cadre de ce mandat, et qui nécessitera bien évidemment une mobilisation des pouvoirs publics ainsi qu?un engagement des citoyens. Nous ne pouvons pas avancer seuls pour la transformation écologique. Nous ne pouvons le faire que tous ensemble.

C'est dans cette perspective que les Etats généraux de l'agriculture et de l'alimentation durable se tiennent en ce moment même et jusqu'à l'automne prochain, sous la houlette d'Audrey PULVAR que je tiens à saluer pour son engagement sans relâche pour ce sujet si important.

J'espère que la création d'AgriParis pourra ainsi donner une première concrétisation extrêmement parlante pour l'ensemble de nos concitoyens.

Ce sont donc 100 personnes qui ont pris de leur temps pour réfléchir à ces questions aussi essentielles. Si la moitié vit à Paris, le reste, ce sont des personnes issues d'Ile-de-France. Je crois qu'il est important que notre ville sache renouer avec sa première, deuxième couronne et même la couronne agricole pour répondre à une question aussi essentielle. Celle qui était posée, c'est tout simplement : bien manger en 2021, cela veut dire quoi ?

30 propositions ont émergé à l'issue du travail de ce panel citoyen, structurées autour de quatre thématiques qui sont aussi simples que compréhensibles et pertinentes :

1 - manger à sa faim ;

2 - s'approvisionner à côté de chez soi ;

3 - manger ce qui est bon pour la santé ;

4 - consommer et produire tout en protégeant l'environnement.

Alors, il n'est pas possible, parce que le rapport et le travail sont extrêmement riches, de rentrer dans l'ensemble des propositions, mais c'est la démarche et l'esprit qu'il me semble important de souligner.

Notre objectif est bien de développer un système alimentaire inclusif, résilient, sûr et diversifié. Il nous faut donc poursuivre nos efforts en proposant des produits de référence cultivés localement, des produits sains, accessibles au plus grand nombre tout en réduisant au maximum le gaspillage et en préservant l'environnement.

Ce sont des critères sélectifs qui sont exigeants, dans lesquels l'action locale joue un rôle essentiel. Nous avons de nombreux leviers. Je pourrais énumérer tous ceux qui ont déjà été mis en ?uvre depuis un certain nombre d'années, ceux qui ont été mobilisés pendant la crise sanitaire, je pense notamment au travail des Restos du C?ur. Bien manger, c'est aussi manger et manger en ayant les moyens de pouvoir manger. Je veux évoquer là les files d'attente trop longues des étudiants qui, plongés dans la précarité pendant la pandémie, ont frappé à juste raison les esprits.

La Ville, les Restos du C?ur, l'ensemble du mouvement associatif ont pu, grâce à leur action conjointe, réagir et répondre à toutes ces demandes qui se sont présentées à nous.

En fait, l'enjeu de ce débat, c'est une prise de conscience, une prise de conscience de l'urgence d'agir, de l'urgence de mobiliser chacune et chacun d'entre nous, collectivités, bénévoles, élus, producteurs, consommateurs, dans un souci de résultat avec les objectifs que j'ai évoqués, mais de transformation de nos habitudes et de nos façons de faire.

A notre modeste échelle, dans le 11e, nous avons mis en place un circuit court avec des agricultures qui ?uvrent à la protection de la ressource en eau. C'est ainsi que pois chiches, lentilles, huiles, pâtes, etc., sont servis aux écoliers du 11e arrondissement en participant à la protection de la ressource. Et nous ne nous arrêtons pas là puisque, chère Audrey, nous avons eu l'occasion d'avoir un débat ici même pour la mise en place d'un quartier pilote d'alimentation durable. Voilà un autre exemple que nous ferons avec notre collègue du 10e arrondissement, autour du quartier de Belleville pour faire en sorte de mobiliser les acteurs.

Pour conclure, bien manger en 2021, c'est prendre soin de soi avant tout, c'est aussi prendre soin de sa santé, de ses enfants, de son avenir, et tout simplement de sa planète. Et cette réflexion, qui a été conduite à travers les Etats généraux de l'alimentation durable et plus spécifiquement ce panel citoyen, c'est l'occasion de prendre conscience de cela, de prendre conscience que villes et campagnes, loin de s'opposer, ne peuvent envisager durablement l'avenir que d'une seule façon : c'est ensemble. Merci.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur le maire du 11e arrondissement, cher François VAUGLIN. Vous vous exprimiez pour le groupe PEC.

Je donne maintenant la parole, pour le groupe Changer Paris, à Véronique BALDINI.

Mme Véronique BALDINI. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, plus que l'agriculture urbaine, le vrai sujet de votre conférence citoyenne est l'alimentation, comme en atteste le contenu de votre communication.

Ceci est d'ailleurs une bonne chose, car l'agriculture n'est pas a priori le sujet central d'une ville comme Paris, ce n'est pas la première préoccupation du Parisien, pas plus en matière économique d'ailleurs.

Il est intéressant cependant de voir un groupe de citoyens se pencher sur les questions d'alimentation. Ce sujet touche à de nombreux domaines. C'est vital pour les questions de santé, c'est vital pour les questions environnementales, c'est vital pour les questions économiques. Malheureusement, beaucoup de banalités ressortent de cette communication et les réflexions sont clairement orientées à la fois par les intervenants des ateliers et par les considérations politiques, Europe, PAC, publicité, etc.

Le principal enseignement cependant à tirer de votre démarche est le manque d'information et de connaissance du grand public sur ces enjeux et sur les démarches qui existent déjà en la matière. Le panel le souligne très bien : l'opinion en la matière est polluée par de nombreuses interventions exogènes favorisant de fait des modes d'alimentation moins bons pour la santé. La responsabilité ne peut pourtant pas être portée uniquement par les habitudes du secteur, mais aussi et surtout par la méconnaissance du grand public. La saisonnalité des produits, les apports de chaque produit, en particulier les fruits et légumes, ou comment remplir son assiette de façon équilibrée, ce sont tant de sujets sur lesquels la connaissance du grand public est défaillante.

Cet avis citoyen minore une influence essentielle : l'apprentissage des bons gestes dans le contexte familial. C'est en effet le premier endroit où se fait la découverte de l'alimentation, des produits et des bons réflexes.

Tout ce qui peut se passer autour, avec de mauvaises influences, ne doit pas nous exonérer de notre responsabilité individuelle, nous sommes bien ce que nous mangeons. Malheureusement, pour de nombreuses familles parisiennes, l'essentiel est de mettre quelque chose dans l'assiette de leurs enfants, l'alimentation durable est surtout une question qui intéresse les plus aisés qui peuvent financièrement aller chez de bons distributeurs.

D'une manière plus générale, et bien au-delà de Paris, le rendu de cet avis citoyen ne doit pas signifier la fin de la réflexion. Il ne saurait en effet apporter seul toutes les réponses nécessaires à ces enjeux.

Quelques idées ou pistes pour la continuer. Il faut :

- valoriser le métier d'agriculteur et les filières de formation agricole, améliorer la communication autour de ces filières. Par ricochet, cela valorise aussi leurs produits et le savoir-faire français. - Savoir comment privilégier les exploitants qui respectent l'environnement, faire participer davantage les scientifiques au débat démocratique afin de s'appuyer sur des données scientifiques fiables avant toute prise de décision. - Mettre en place un système de référencement rapide et simplifié pour les producteurs locaux, sur les marchés et en grandes et moyennes surfaces. - Protéger la mention "Origine France" en la réservant aux seuls produits dont la matière première brute a été produite en France et dont l'ensemble des transformations substantielles ont été réalisées sur le territoire français. Enfin, pour conclure, je souhaiterais connaître le coût de ces ateliers pour la Ville de Paris et les suites qui seront données par la Ville. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame Véronique BALDINI.

Je donne maintenant la parole, pour le groupe Ecologiste de Paris, à sa présidente, Fatoumata KONÉ.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci. Monsieur le Maire, chers collègues, au nom du groupe Ecologiste de Paris, je tiens à saluer le travail des citoyennes et citoyens qui a permis de faire émerger des propositions concrètes autour de la question du mieux manger. Merci en particulier aux représentants de cette convention qui viennent de prendre le temps de nous présenter les conclusions de ce long et minutieux travail de démocratie participative.

Appuyés par des experts, des garants indépendants, vous avez pu produire des pistes d'action sur lesquelles, je l'espère, nous pourrons nous appuyer dans la poursuite de nos travaux d'élus. C'est une excellente initiative qui provoque toutefois certaines frustrations. Pourquoi ? Bon nombre de ces propositions dont nous partageons les ambitions n'entrent malheureusement pas dans le champ des compétences de notre collectivité, comme les restrictions sur la publicité dont vous soulignez à juste titre l'influence négative, l'encadrement des grandes surfaces ou encore les actions pour agir sur la politique agricole commune dont nous aurions en effet beaucoup à dire.

Si nous entrons dans le détail des propositions, certaines ont néanmoins particulièrement retenu notre intérêt. D'abord, bien manger, cela s'apprend et cela passe par l'éducation. L'école est un terreau idéal pour accompagner les enfants dans la compréhension de la nécessité de manger en quantité suffisante de manière saine et en connaissance des incidences de l'alimentation sur l'environnement.

Multiplier les interventions et les événements auprès des plus jeunes comme vous le proposez, notamment par des actions pédagogiques avec les exploitants ou producteurs nous semble être une mesure à actionner prioritairement.

Je me permets de rappeler à cet égard le v?u que mon groupe avait déposé il y a deux mois demandant à la Ville de mettre en place des petits-déjeuners gratuits dans les écoles maternelles et primaires des quartiers "politiques de la ville", afin de garantir à tous d'avoir droit à une alimentation saine et équilibrée dans le cadre d'un projet d'apprentissage ludique.

Ensuite, nous partageons pleinement l'idée que la Ville doit accompagner le développement des épiceries vrac ainsi que multiplier les jardins et potagers partagés. Il est également crucial de nous doter de critères ambitieux dans le cadre de la commande publique passée auprès des prestataires de la restauration collective.

Les institutions publiques doivent être exemplaires comme nous le rappelle à juste titre cette proposition des citoyennes et citoyens.

La proposition d'améliorer la formation des personnels dans la restauration collective et de réduire les impacts environnementaux de notre alimentation est à retenir.

Je salue à cet égard le succès de la démarche "Climat cantine" expérimentée dans les 9 et 10e arrondissements et qui gagnerait à être dupliquée ailleurs, puisqu'elle a permis de diminuer l'impact carbone des repas dans les cantines en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de près de 30 % en un an et demi à peine.

Je tiens à souligner que lorsqu'on laisse la voix citoyenne s'exprimer, ce sont bien souvent les propositions des écologistes qui en émergent comme des éléments de bon sens.

Interdire l'usage de pesticides, développer et soutenir l'agriculture biologique, éduquer dès le plus jeune âge sur les bienfaits du consommer local et de qualité, avoir une vision globale des enjeux environnementaux en tenant compte de tous les maillons de la chaîne agroalimentaire, du champ à l'assiette, sont autant de propositions que nous, écologistes, portons de longue date.

Un exemple marquant également : le chèque alimentaire pour garantir à toutes et à tous une alimentation saine de qualité. Ceci me permet de rappeler que les écologistes portent depuis des années un projet de mise en place de chèques fruits et légumes pour permettre aux populations les plus démunies d'accéder à des aliments frais, locaux, et si possible bio.

Une crainte importante que nous partageons dans cet avis est également exprimée : la question de l'étalement urbain sur les territoires agricoles franciliens. Il s'agit en effet d'un enjeu majeur que nous avons abordé à plusieurs reprises dans cet hémicycle, l'alimentation à Paris doit aussi être pensée à l'échelle de l'Ile-de-France. Il nous faut préserver nos champs franciliens et en premier lieu ceux de Gonesse et de Saclay, les écologistes n'auront de cesse que de marteler l'importance de ce sujet.

Nous regrettons cependant que la question du plastique ne soit pas plus largement approfondie. C'est un enjeu environnemental prioritaire de santé et de salubrité, mais nous avons pleinement confiance dans les mesures qui seront mises en place en matière de réemploi et de zéro déchet et nous connaissons l'engagement de Florentin LETISSIER sur ce sujet.

Un regret également : peu de propositions sur les options végétariennes ou mesures pour lutter contre la souffrance animale.

Nous appelons pour conclure à ce que ces démarches participatives soient multipliées. Ces retours sont issus d'un travail innovant et précieux sur lequel nous espérons que la Ville de Paris s'appuiera pour porter l'ambition de donner à chaque Parisienne et chaque Parisien les moyens de se nourrir sainement, de manière abordable, tout en respectant les écosystèmes. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est maintenant au président M. BONNET-OULALDJ, pour le groupe Communiste et Citoyen.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire, tout d'abord, Monsieur Dimitri MARTEL et Madame Olivia NDARI, je voudrais vous remercier chaleureusement pour votre réflexion, pour le compte rendu que vous venez de faire et pour les propositions que vous faites qui sont très importantes.

D'ailleurs, Madame Olivia NDARI, vous avez dit tout à l'heure dans votre propos, sentir ne pas être représentée et que votre voix ne compte pas. Je peux vous certifier que ce que vous avez dit tout à l'heure compte énormément pour moi et pour les élus communistes.

Vous avez évidemment évoqué les enjeux de santé à travers l'alimentation, mais vous avez dit une phrase qui m'a marqué quand on évoque : "est-ce que le bien manger est réservé à une élite ?", vous avez beaucoup parlé de la question de la précarité et finalement de l'égalité d'accès à une alimentation saine et identique.

Je retrouve d'ailleurs dans votre rapport une phrase qui me marque aussi, c'est : "le porte-monnaie ne devrait pas être un obstacle au bien manger" et vous avez entièrement raison.

Je voudrais rappeler des chiffres qui doivent nous alerter et montrent que finalement, l'alimentation est un marqueur de classe et de quartier. Un chiffre très simple : 75 % des enfants en surpoids ont des parents issus des familles les plus pauvres ou des familles inactives dans notre pays.

D'ailleurs, l'Organisation Mondiale de la Santé qualifie l'obésité d'épidémie mondiale et rappelle qu'un Français sur deux est en surpoids, et nous avons malheureusement vu lors de la crise de la Covid-19 que la question du surpoids était un facteur aggravant et même néfaste pour les personnes qui étaient touchées par la maladie.

Dire que l'obésité progresse et donc, il faut agir. Et votre rapport ne doit pas être rangé sur une étagère, mais doit participer à la construction d'une stratégie alimentaire pour la Ville de Paris d'ici 2026.

Bien manger, cela veut dire quoi ?

Voilà une question essentielle.

Il y a des enjeux évidemment de santé publique, je viens de le dire, du respect de l'environnement, M. MARTEL a rappelé la question des pesticides et je sais que la Ville de Paris est très attachée à n'utiliser aucun pesticide et nous sommes exemplaires en la matière. Il faudrait d'ailleurs se battre encore sur la question des néocotinoïdes, c'est un terme très barbare mais en tout cas tout le monde a bien compris que ce terme barbare était à l'origine de la disparition des abeilles et était fortement cancérigène. Malheureusement, le débat est sans arrêt repoussé à l'Assemblée nationale, et pour le moment le Gouvernement n'avance pas sur cette question.

Je voudrais évidemment évoquer l'idée de se faire plaisir, du patrimoine culturel, culinaire qui est abordée dans votre propos. Ce qui m'a aussi marqué à travers vos 30 propositions, vous n'êtes pas allés dans des termes culpabilisateurs.

Vous avez toujours dit, la question est une conscience collective et la capacité d'en faire une vraie politique publique pour toutes et tous, portée bien sûr par nous.

Je voudrais vous dire que les élus communistes ont, dès le mandat précédent, porté cette question, et cela a été d'ailleurs l'occasion pour moi de présenter une proposition de délibération du groupe Communiste avec la création des premières halles alimentaires, des lieux de vente en circuit court, du producteur au consommateur. Vous avez auditionné d'ailleurs l'une des représentantes de "Kelbongoo", qui a été la première halle alimentaire ouverte dans le 10e arrondissement, sous l'impulsion des élus communistes.

Cela me rappelle un souvenir, peut-être que certains l'ont vu récemment à la télé. C'est une initiative des communistes de vente directe place de la Bastille, tous les ans, avec des producteurs du Modef, mouvement des entreprises familiales de l'agriculture, pour démontrer que quand on va en circuit court, on peut vendre des produits de bonne qualité, issus de l'agriculture raisonnable sans passer par la grande distribution, et sans que la grande distribution se fasse des marges au détriment des agriculteurs.

Je pense que la stratégie que l'on doit porter, cette réflexion sur les circuits courts s'inscrit pleinement dans ce qu'Eau de Paris a mis en place, qui est l'idée d'installer sur les terres d'Eau de Paris des agricultures, des terres préservées des pesticides, préservées de toute pollution et sur lesquelles on peut faire de l'agriculture biologique.

C'est essentiel pour notre politique avec la création d'AgriParis, qui est l'idée d'une coopérative d'installation des agriculteurs et d'aller vers cette idée de la fourche à la fourchette en étant en lien directement avec les écoles de Paris.

Autre idée, je conclurai sur ce point, j'avais reçu à la fête de l'Humanité Audrey PULVAR. Nous avions longuement échangé sur l'idée de créer des conserveries et des légumeries rattachées aux écoles et à nos cantines scolaires, pour préparer l'alimentation. Peut-être que cela pourrait faire ?uvre de pédagogie aussi auprès des enfants. On pourrait très bien avoir un travail avec des agriculteurs que l'on implanterait, ces légumeries et conserveries, et renouer avec une vraie culture culinaire et alimentée. Votre rapport sera bien placé dans ma bibliothèque. Nous y ferons régulièrement référence quand nous questionnerons l'adjointe à l'alimentation. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Nicolas BONNET-OULALDJ.

Johnny Hallyday, comme Audrey PULVAR, à la Fête de l'Humanité. C'est ce que je retiens de nos deux débats successifs.

La parole est à Catherine IBLED, pour le groupe GIP.

Mme Catherine IBLED. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, avec les élus de mon groupe "Indépendants et Progressistes", je souhaite remercier toutes celles et tous ceux qui se sont investis dans cette démarche utile et qui nourrit notre réflexion sur ces questions centrales de l'agriculture et de l'alimentation durable.

Nous sommes tous concernés, parce que les choix que nous faisons aujourd'hui conditionnent le monde que nous laisserons à nos enfants demain.

Avec une population mondiale qui ne cesse de croitre, nous étions 5 milliards en 1990, près de 8 milliards aujourd'hui, et près de 10 milliards en 2050, la question des ressources se pose à nous. Cette réalité nous oblige à repenser nos modes de production et de consommation en étant des acteurs de cette transition. Individuellement, en adoptant nos pratiques quotidiennes, et comme le dit l'adage, les petits ruisseaux font les grandes rivières. Collectivement aussi, par la mise en place de politiques publiques ambitieuses.

De nombreux sujets sont abordés dans cet avis citoyen, qui ont été traités dans le cadre de la loi EGalim, adoptée et promulguée en octobre 2018.

Cette loi, issue des Etats généraux de l'alimentation lancés dès juillet 2017 par Emmanuel MACRON, poursuivait en effet trois objectifs : payer le juste prix aux producteurs pour leur permettre de vivre dignement de leur travail ; renforcer la qualité sanitaire, environnementale, et nutritionnelle des produits ; favoriser une alimentation saine, sûre, et durable pour tous.

Je ne dispose malheureusement pas de suffisamment de temps pour entrer dans le détail des propositions, mais ces avancées dans la loi sont salutaires et doivent maintenant se transformer en actes.

Je note également la place accordée à la question du bien-être animal, sujet majeur qui, je m'en réjouis, occupe de plus en plus de place dans les débats aujourd'hui au sein de notre hémicycle.

Paris dispose de plusieurs leviers pour agir sur ces questions de qualité alimentaire, via la Caisse des écoles tout d'abord, qui bien sûr dans le respect de leur indépendance peuvent orienter leur politique de restauration pour nos enfants. Certaines plus que d'autres ont fait le choix des produits "bio", des circuits courts, ou encore des alternatives végétariennes.

Via sa restauration collective ensuite, Paris est en mesure de devancer la loi en imposant une part supérieure à 50 % de produits durables, ou encore en intensifiant sa politique de tri et de lutte contre le plastique. La loi EGalim a fixé à 2025 l'interdiction des contenants de cuisson, de réchauffe et de services en plastique dans la restauration collective. Mon collègue Pierre-Yves BOURNAZEL, dans un amendement, avait proposé une interdiction en 2022. Paris devrait être fer de lance et montrer la voie par une application rapide de cette mesure.

Je souhaitais enfin évoquer la question de la qualité alimentaire pour les étudiants dans les C.R.O.U.S. La Ville de Paris, via des subventions, finance le C.R.O.U.S. à travers des conventions bipartites, la dernière étant échue en 2020.

Dans le cadre du renouvellement de son engagement, il est important, au regard des évolutions que nous souhaitons tous, d'inclure de nouveaux objectifs en matière d'alimentation durable et notamment d'alternative végétarienne.

Nous vous demandons ainsi de fixer dans les nouveaux critères un objectif à la hausse en termes d'alimentation "bio", et de 25 % de repas végétariens d'ici la fin 2022, dès lors qu'il s'agit bien sûr d'une alimentation de saison, et issue de circuits courts.

Nous aurons l'occasion de vous formuler ces propositions détaillées dans les prochains jours.

Madame la Maire, je me félicite de la tenue d'un tel débat qui, je crois, doit nous conduire à travailler ensemble avec tous nos partenaires, publics et privés, dans l'intérêt général, et en particulier dans celui des générations futures. Alors, au travail ! Merci.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Catherine IBLED.

Je donne la parole à Mélody TONOLLI, pour le groupe "Génération.s".

Mme Mélody TONOLLI. - Monsieur le Maire, chers collègues, bien manger en 2021, cela veut dire quoi ? C'est la question sur laquelle vous avez travaillé, citoyennes et citoyens engagés pour l'intérêt général, pendant plusieurs week-ends à l'occasion de la Conférence Citoyenne pour l'alimentation durable.

Un sujet ô combien important quand la crise sociale induite par la crise sanitaire a de nouveau placé dans les priorités des Parisiennes et des Parisiens la nécessité de se nourrir correctement et à des prix abordables. Les files d'attente devant les distributions alimentaires nous ont tous et toutes saisis et rappelé que l'accès à l'alimentation et à une alimentation de qualité était un sujet politique fondamental.

Dans le même temps, le dérèglement climatique et la disparition progressive des terres agricoles de proximité sont une de nos préoccupations majeures.

Il est essentiel que notre collectivité, autant que les collectivités d'Ile-de-France et l'Etat soient des acteurs de premier plan pour un retour de ces espaces cultivables, condition élémentaire pour une alimentation locale et de qualité.

Nous tenons tout d'abord à remercier les participants et participantes de cette conférence citoyenne et la qualité des travaux menés, abordant autant les questions nationales que locales, abordant l?alimentation sous un axe aussi social qu'écologique, mais également de santé publique.

Ces travaux nous permettent, dans la préfiguration de l'outil AgriParis auquel nous rappelons notre attachement, d'engager une vraie réflexion sur les freins rencontrés dans l'accès à une alimentation de qualité et les leviers du développement d'une agriculture durable, soutenable, outil dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Parmi les nombreuses propositions que vous avez fait émerger de vos échanges, certaines concernent les questions éducatives, tant en termes de restauration scolaire que d'éducation populaire et de sensibilisation au bien manger. Il s'agit d'une thématique qui nous est très chère. Aussi, nous souhaitions souligner quelques-unes de vos propositions qui nous ont particulièrement interpellés.

Nous souscrivons ainsi à la proposition de tarification très sociale des cantines scolaires ainsi que le développement d'alternatives végétariennes pour tous les enfants scolarisés dans les écoles parisiennes pour enrayer les inégalités d'accès à une alimentation saine.

Nous souscrivons également aux nombreuses propositions apportées sur l'éducation au bien manger tout au long du parcours éducatif, l'apprentissage des bonnes pratiques alimentaires, qui est aussi un outil d'accès à l'autonomie des jeunes. Un mois du bien manger, tel que présenté dans le rapport pourrait être un de ces outils efficaces d'éducation populaire à l'école évidemment, mais aussi tout au long de la vie. Afin de faire visualiser aux jeunes générations le chemin que parcourt un aliment de la ferme jusqu'à leur assiette, nous souscrivons totalement à la proposition de mise en place d'actions pédagogiques à destination des écoliers, par exemple des visites d'exploitations agricoles. Enfin, vous l'avez mentionné à plusieurs reprises dans votre rapport, il sera essentiel de lutter contre le marketing et la publicité faisant la promotion de produits de mauvaise qualité, de "junk food" nocifs pour la santé comme pour l'environnement et notamment aux abords des écoles. Les lobbys et les publicitaires ciblent souvent les plus jeunes. Il est essentiel d'enrayer cela en promouvant dès le plus jeune âge des habitudes alimentaires saines et de limiter l'exposition à ce genre de publicité, tout comme la capacité de déconstruire les messages qu'elle porte. Pour conclure, rappelons que l'empreinte environnementale de la production alimentaire reste forte à Paris, représentant entre 20 à 30 % des émissions de gaz à effet de serre. C'est pourquoi il est plus que jamais urgent de rapprocher le champ et l'assiette, afin d'arriver à notre objectif de 100 % d'alimentation "bio" et durable dans la restauration collective parisienne. Je sais que cet objectif est porté avec détermination, notamment par notre collègue Audrey PULVAR. L'établissement AgriParis sera un interlocuteur pertinent pour les producteurs et acteurs de la logistique et de la valorisation des déchets. Nous attendons donc avec impatience la tenue des Etats généraux de l'alimentation, qui fera suite à cette Conférence Citoyenne, dont je remercie encore une fois les participants, qui permettra de dresser les traits de ce futur outil entre les mains de la Ville de Paris. Merci.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Mélody TONOLLI.

Je donne la parole à Maud LELIÈVRE, pour le groupe MDE? En fait, la dernière intervenante sera Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Bonjour. D'abord, bravo pour tout le travail accompli. Comme je suis la seule élue France insoumise de cette Assemblée, je n'ai qu'une minute, puisque je suis non inscrite, donc je ne pourrai pas réagir à l'ensemble de vos propositions. Je vais donc concentrer mon intervention sur la méthode. J'aimerais, chers collègues, que l'on réfléchisse sur la méthode.

Là, un rapport nous est fait de la Conférence Citoyenne sur l'alimentation et l'agriculture. Tout le monde salue la richesse de ce travail, tout le monde s'en félicite. Il y a beaucoup de flatteries. Et puis, après ? La grande inquiétude, à juste titre, exprimée par les citoyens qui se sont impliqués, c'est que va-t-on faire de nos propositions ?

Je trouve qu'à l'avenir, on devrait avoir cette exigence qui est que quand un avis est rendu par une conférence citoyenne, l'Exécutif devrait produire un texte où il présente ses engagements. Voici les propositions de la Conférence Citoyenne que l'on s'engage à appliquer, ou bien voici pourquoi on ne veut pas prendre l'engagement de les appliquer.

Mais au moins on serait vraiment dans le concret, des engagements précis de la Municipalité, parce que là, j'ai peur que l'on en soit entre guillemets au "blabla", sans que l'on ait l'assurance des suites qui y sont données.

Évidemment, sur ce sujet il y a déjà des choses engagées. Vous prenez la question d'AgriParis, je me souviens en 2014 avoir déjà défendu la création d'une coopérative agricole et que l'on m'a ri au nez.

Je suis ravie que les choses aient bien changé depuis que l'on s'y engage, mais il faudra savoir concrètement où en est-on, quel est l'objectif, quelle est la planification, combien d'agriculteurs vont être soutenus dans une nouvelle installation, quel impact cela va avoir sur la région Ile-de-France en termes de changement et de soutien à une diversification maraîchage "bio".

Pareil sur la question des cantines, sur les cantines très bien, quel est l'objectif d'option végétalienne quotidienne, est-ce que l?on avance vers cette idée ? Est-ce que l?on commence une réflexion pour revenir à la fabrication dans les cantines, dans les écoles, et sortir des liaisons froides et liaisons chaudes, parce que je pense que c'est une catastrophe du point de vue de la qualité, et ainsi de suite.

Dernière chose, car je ne peux pas intervenir sur tous les sujets. Sur le fait d'encourager à faire à manger, je pense qu'il faudrait aussi un plan qui mobilise, parce que les centres sociaux et la Fédération des centres sociaux sont volontaires sur ce sujet, et beaucoup d'autres associations aussi, mais il faut accompagner toutes ces associations pour faire ce travail. Je me souviens que l'auberge interculturelle CIP 20 avait mis des années avant d'obtenir l'accès à un local adapté. Dernier élément, sur la question des boutiques alimentaires, des épiceries équitables et solidaires, prenez l'exemple de Saveurs en Partage. L'exemple de Saveurs en Partage dans le 20e ne stigmatise pas, accueille tout le monde. Tout le monde peut aller faire ses courses de produits de qualité. Ce n'est qu'à la caisse que le soutien de solidarité s'effectue.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup. Je vous ai donné 3 minutes. Je souhaitais que vous puissiez le remarquer. Je donne maintenant la parole à Audrey PULVAR, pour répondre aux intervenantes et intervenants.

Mme Audrey PULVAR, adjointe. - Merci à tous chers amis, chère Danielle, j'espère que je vais réussir à vous convaincre sur la question de la méthode, et nous en reparlerons ensemble de façon plus privative, puisqu'il faudrait beaucoup de temps pour vous répondre, plus que celui qui me sera imparti de toute façon.

Merci à vous Mesdames et Messieurs les conseillères et conseillers de Paris, chers collègues. Merci à Olivia NDARI et Dimitri MARTEL qui nous écoutent attentivement, ainsi que généralement les citoyennes et citoyens qui assistez à distance à cette séance du Conseil de Paris, à laquelle nous aurions tant aimé pouvoir vous convier.

Je voudrais, avant de donner quelques éléments de contexte, revenir sur vos propos, Madame BALDINI. Très sincèrement, c'est dommage de n'en rester qu'à une lecture politicienne de ce qui se passe ici, qui n'a rien à voir avec ce que vous avez décrit. Vous avez parlé d'agriculture urbaine alors qu?il n'est pas question ici d'agriculture urbaine, mais d'agriculture tout simplement, essentiellement de plein champ et rurale.

Ensuite, vous avez dénoncé des banalités, selon vous, dans ce rapport, et ce faisant, ce n'est pas moi, ni Mme la Maire de Paris, ni cette Assemblée que vous atteignez, mais ce sont les 100 citoyennes et citoyens qui ont participé à cette Conférence citoyenne, qui se sont impliqués dans ce travail de façon extrêmement volontaire, enthousiaste, et en même temps résolue, et dont les débats ont été encadrés, et l'indépendance de ces débats garantie par des personnes que je vais vous présenter tout à l'heure, dont j'espère que l'intégrité ne pourra pas être mise en cause, en tout cas pas par vous.

Vous parlez de l'alimentation durable qui n'intéresserait que les plus aisés. J'attire votre attention sur le fait que 75 à 80 % des Franciliens, je ne parle pas seulement des Parisiens, disent avoir recours le plus souvent possible à une alimentation "bio". Est-ce que vous pensez qu'il y a 80 % de personnes aisées en Ile-de-France ? Je ne le crois pas.

Justement, le travail d'une assemblée comme la nôtre, le travail de la puissance publique, c'est de faire en sorte que les politiques publiques engagées soient de nature à rendre une agriculture et une alimentation de qualité disponibles pour toutes et tous.

Quelques éléments de contexte sur cette Conférence Citoyenne organisée en mars 2021 à l'initiative de la Ville, dans le cadre de la préfiguration d'AgriParis, qui est cet opérateur que nous allons créer au cours de la mandature pour transformer l'approvisionnement de Paris en denrées alimentaires de qualité, un approvisionnement qui vient d'en dehors de Paris évidemment, afin de rendre cet approvisionnement plus local, plus durable, mais aussi d'assurer aux agricultrices et aux agriculteurs qui fournissent la restauration collective parisienne, un revenu décent.

Nous avons organisé cette première année de mandature en trois temps. Entre juillet 2020 et le mois de février, une grande quantité de rendez-vous, d'échanges, de visites sur site, de séances de travail avec les professionnels de tous les secteurs de l'agriculture, et pas seulement de l'agriculture urbaine, de l'agriculture et de l'alimentation, avec la mise en route de notre nouveau plan Alimentation durable 2021-2026, avec l'organisation de cette conférence citoyenne, et le lancement depuis la fin du mois de mai jusqu'au mois de novembre prochain, d'Etats généraux de l'agriculture et de l'alimentation durable qui rassemblent, dans 12 groupes de travail, des dizaines de professionnels de l'agriculture, de l'élevage, de la transformation, de la distribution, de la logistique, de la restauration collective, de la lutte contre le gaspillage alimentaire, de la valorisation des déchets et des filières de compost ou de méthanisation.

La préfiguration d'AgriParis et sa sortie de terre, si je puis m'exprimer ainsi, procèdent donc d'une grande démarche de concertation et de co-construction entre la Ville, les citoyennes et citoyens concernés et les professionnels des secteurs mobilisés pour assurer la bonne alimentation des Parisiennes et Parisiens.

Pour ce qui concerne la consultation des citoyennes et citoyens dont nous parlons cet après-midi, nous avons organisé cette conférence citoyenne. Puisque AgriParis aura un impact non seulement sur les Parisiennes et Parisiens, mais aussi sur l'ensemble de l'Ile-de-France, j'ai voulu que ne soient pas interrogés que des Parisiennes et Parisiens. C'est pourquoi cette Conférence Citoyenne était composée de 50 % de Parisiennes et Parisiens, et de 50 % de Franciliennes et Franciliens de petite et de grande couronne.

Au total, ce sont donc 100 personnes tirées au sort, dont des jeunes de 15 à 18 ans, qui y participaient.

C'est un panel, c'est pour cela que les accusations de partialité de l'avis rendu atteignent aussi les professionnels qui nous ont aidés à organiser cette conférence. C'est un panel recruté par l'I.F.O.P. selon différents critères, afin de refléter au mieux la diversité de la population francilienne et d'illustrer la variété des points de vue. Origine géographique, sexe, âge, situation familiale, catégorie socioprofessionnelle, tout a été passé au crible, y compris les habitudes alimentaires des uns et des autres, afin que cette Conférence Citoyenne soit la plus représentative de la diversité des Franciliennes et Franciliens. Elle était composée de 47 hommes et 53 femmes. Je donnais tout à l'heure quelques critères, la question évidemment de la composition de chaque foyer a aussi été prise en compte.

Anouch TORANIAN, adjointe à la participation citoyenne, et moi-même, avons assisté au lancement, le 6 mars, et à la clôture des travaux, le 21 mars, afin de laisser entre ces deux dates, comme il se doit, les citoyens et les citoyennes travailler en toute autonomie et en toute liberté.

J'en profite pour remercier chaleureusement ma collègue Anouch TORANIAN et son cabinet, ainsi que les équipes de la DEVE et notamment de la division Alimentation durable, de la DDCT et notamment le service de la participation citoyenne, ainsi que l'I.F.O.P. et Planète Publique pour la qualité de leur travail fourni et pour leur dévouement.

Je reviens sur ce que je disais au début, quand, pour des raisons politiciennes, vous attaquez le travail de tel ou tel adjoint, sachez que ce sont aussi les agents des directions que vous attaquez. Et eux ne méritent pas, ni votre mépris ni vos attaques.

J'adresse également un remerciement tout particulier à la présidente du Comité des garants, Ilaria CASILLO, par ailleurs vice-présidente de la Commission nationale du débat public, ainsi qu'à Cécile DÉTANG-DESSENDRE, Clément MABI et Gilles TRYSTRAM, qui étaient donc les garants de ces débats, et puis une pensée évidemment pour mon cabinet, Cécile PELLISIER, Sarah PECAS et Perrine BOITON, qui se dévouent corps et âme pour remplir les missions qui nous sont confiées.

Pendant 3 week-ends, ces citoyens se sont informés, formés, ont auditionné des experts, 9 sessions de formation et d'information ont eu lieu, 43 auditions d'experts issus des secteurs de l'agriculture et de l'alimentation. Les principales organisations syndicales agricoles ont aussi participé à cette Conférence Citoyenne.

La question que nous leur avons posée a été évoquée : bien manger en 2021, cela veut dire quoi ?

Ils ont travaillé sur 4 thématiques : manger à sa faim ; s?approvisionner à côté de chez soi ; manger ce qui est bon pour la santé ; consommer et produire en protégeant l'environnement.

L'avis citoyen qui a été rédigé comprend en réalité 43 propositions, dont 32 ont fait l'objet d'un vote formel par l'ensemble des participants en plénière. Il nous a semblé intéressant de vous signaler que 11 propositions étaient en quelque sorte restées sur le carreau, car elles ne remportaient pas un consensus assez fort. En fait, en débattant de ces propositions qui n'ont pas fait consensus, les citoyennes et citoyens ont fait une expérience dont nous sommes familiers dans cette assemblée, puisqu'ils ont éprouvé ainsi les difficultés du débat démocratique, de la défense de son point de vue, et de la recherche d'un consensus qui n'arrive pas toujours.

Je ne vais pas revenir en détail sur chacune des 32 actions. Je souligne simplement que les thèmes récurrents abordés par les citoyennes et citoyens sont au c?ur de la politique publique en matière d'alimentation et d'agriculture durable que nous portons depuis plusieurs années, et qui constituent désormais la feuille de route que la Maire de Paris m'a confiée.

J'en profite, elle est juste à côté de moi, pour saluer le travail mené sous la précédente mandature par ma collègue Célia BLAUEL, ainsi que ma collègue Pénélope KOMITES. Et puisqu'une bonne partie de mes missions concerne la restauration collective, donc la restauration scolaire, cher Patrick, comment ne pas évoquer votre action aussi, et je tiens à la signaler, l'action de chaque maire d'arrondissement, qui sont très en pointe sur ce sujet. Je veux ici leur redire mon soutien et ma mobilisation à leurs côtés, cher François, mais pas que toi évidemment, ma mobilisation à vos côtés, chers maires d'arrondissement et ce, quelle que soit votre sensibilité politique. N'est-ce pas Jeanne, nous avons déjà eu à en discuter.

Parmi les 32 propositions formulées, nous en avons compté 20 déjà mises en ?uvre par la Ville, mais qui pourraient être mieux valorisées ou renforcées, 10 qui nous semblent réalisables, et 2 qui nous semblent difficiles, voire impossibles à réaliser, notamment sur la publicité, car ne relevant pas des prérogatives de la Ville, même si à titre personnel je les fais toutes miennes.

Concernant les propositions, quelques exemples :

Définir des critères permettant de sélectionner des prestataires de qualité pour la restauration collective, nous le faisons déjà depuis longtemps, et confortés par l'avis des citoyennes et des citoyens, nous allons renforcer ces actions dans la continuité des actions déjà engagées dans les précédentes mandatures.

La Ville, vous l'avez dit, Danielle, a pour ambition d'atteindre d'ici 2026 100 % d'alimentation "bio" ou durable, dont 50 % de locale dans la restauration collective municipale, ce qui effectivement induira une transformation profonde de l'agriculture francilienne. C'est pour cela que nous menons depuis un an, avec les acteurs principaux et même les moins importants de l'agriculture francilienne, un vrai et profond travail de concertation, qui est forcément long, forcément patient, mais qui, s'il débouche sur l'édification d'AgriParis, sera un travail extrêmement positif, non seulement pour Paris mais aussi pour l'ensemble de la région.

Parmi les propositions également : les épiceries vrac à développer, l'ouverture de cantines de restauration ouvertes à tous, dont le prix dépend du revenu des bénéficiaires, les structures qui mettent en place différents niveaux d'adhésion en fonction du niveau de revenu des consommateurs, le soutien des producteurs en circuit court, je préfère dire de proximité en l'occurrence, pour développer une forme d'agriculture plus durable.

Sur tous ces sujets, nous avons déjà beaucoup avancé. Nous continuons de le faire.

Je vois qu'il faut que j'arrive à la fin de mon propos, je vais accélérer. Pour ce qui concerne le soutien évidemment et l'édification d'AgriParis, il y a toutes les actions que nous avons déjà lancées, que nous avons déjà menées. Pour répondre à Fatoumata KONÉ, dans les discussions et les avis des citoyens, il y a bien sûr eu une grande partie des discussions portant sur le bien-être animal, et aussi sur l'instauration d'options végétariennes dans les menus. Nous y travaillions déjà, nous y travaillerons encore. Pour répondre, pour l'anecdote, à Nicolas BONNET-OULALDJ, néonicotinoïde, c'est difficile à dire. Je vous suggère, cher collègue, de faire comme beaucoup d'écolos eux-mêmes, qui préfèrent parler de "néonic". Tout le monde sait de quoi il s'agit et au moins c'est moins difficile à dire ! Merci 1.000 fois aux citoyennes et citoyens qui ont participé à cette Conférence Citoyenne. Ils m'ont demandé, avec beaucoup de force, quelles seraient les suites données à leurs préconisations et si je les reprendrais sans filtre. Je n'ai pas évidemment la possibilité de leur promettre qu'elles seront reprises sans filtre. Mais je les ai assurés de mon soutien, de mon implication, et du fait que je serai une vigie extrêmement exigeante sur le suivi donné à cette consultation et sur sa traduction en actes. Merci à toutes et tous.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Audrey PULVAR.

Merci à vous toutes et vous tous, que vous soyez élus ou citoyens. Je vous salue, Dimitri MARTEL et Olivia NDARI, cela nous a permis d'avoir un débat riche sur un enjeu majeur de cette mandature : l'alimentation et l'agriculture urbaine.