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2021 DEVE 61 - Subvention (5.000 euros) à l'association Réseau Action Climat France pour ses actions de lutte contre le réchauffement climatique.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2021


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DEVE 61 : subvention à l?association "Réseau Action Climat France" pour ses actions de lutte contre le réchauffement climatique, et la parole est à Chloé SAGASPE.

Mme Chloé SAGASPE. - Merci, Monsieur le Maire.

"Un mandat pour le climat". C?est par ces mots inscrits sur une banderole que nous avions été accueillis voilà maintenant un an déjà, ici même, devant l?Hôtel de Ville par les collectifs engagés pour le climat alors que nous venions à peine d?être élus, pour nous rappeler que ce premier Conseil municipal marquait le début des choix qui allaient orienter la politique de Paris durant les 6 années à venir de ce nouveau mandat. En effet, ce mandat, notre mandat est considéré comme étant le dernier mandat pour le climat. Nous avions alors reçu une écharpe verte sur laquelle était inscrit : "Un mandat pour tout changer".

Eh bien, j?ai envie de vous dire, mes chers collègues : chiche. En effet, voilà maintenant un an que nous avons été élus, toutes et tous ici, pour porter la voix des Parisiennes et des Parisiens au sein de cette instance démocratique qu?est le Conseil de Paris. Voilà maintenant un an que nous portons l?immense responsabilité d?être à la hauteur de l?espoir qui est placé en nous et la lourde tâche de mettre en ?uvre des politiques climatiques à la hauteur des enjeux pour relever le plus grand défi de notre siècle, celui du dérèglement climatique.

Alors, un an après, mes chers collègues, où en sommes-nous ? Un an après les élections municipales, des citoyennes et des citoyens, aux côtés des O.N.G. pour le climat, dont le "R.A.C.-F.", se sont mobilisés tout au long de la semaine dernière dans plusieurs villes de France pour interpeller les élus locaux que nous sommes afin que nous respections nos promesses électorales en faveur du climat et de la justice sociale. Elles et ils nous demandent des comptes, et je salue le rôle essentiel de vigies vis-à-vis de l?action des pouvoirs publics que jouent ces associations de protection environnementale.

Car notre responsabilité nous oblige. Il y a plus que jamais urgence et il suffit de regarder ce qu?il se passe outre-Atlantique et au-delà pour nous convaincre de la nécessité absolue d?agir et d?agir vite, en faisant un petit tour d?horizon mondial de ce qui a fait dernièrement les gros titres.

Cinquante degrés atteints au Canada et en Irak, 48 degrés en Sibérie, un village au Canada tout simplement rayé de la carte par les feux, des inondations au Japon, une canicule à New Delhi, des incendies à Chypre et en Californie qui ont entraîné des dizaines de morts, ou encore Madagascar qui est le premier pays à subir une famine à cause du dérèglement climatique. Et je pourrais malheureusement continuer ainsi longtemps, la liste n?a de cesse de s?agrandir.

A Paris, nous assistons à ces records absolus de température en sachant pertinemment que nous devons nous y préparer dès maintenant. Comment, dès lors, adapter notre ville à ces vagues de chaleur extrême ? Quels plans d?action allons-nous mettre en place ?

Notre pays, nous le savons, se prépare mal au choc climatique, et ce ne sont pas des ayatollahs de l?écologie qui le disent, mais le Haut Conseil pour le climat, qui vient dans son dernier rapport annuel de juger que l?action climatique du Gouvernement était largement insuffisante. Le Conseil d?Etat vient même d?ordonner au Gouvernement de prendre d?ici 9 mois des mesures pour atteindre l?objectif issu de l?Accord de Paris, à savoir moins 40 % d?ici à 2030. En même temps, ce Gouvernement vient cette semaine de renoncer à inscrire la préservation de l?environnement dans la Constitution et à la faire adopter par référendum. Encore une énième promesse non tenue, preuve de l?inaction climatique en marche de ce Gouvernement.

Cinq ans après l?Accord de Paris, derrière les belles promesses de "Make our planet great again", quelles leçons devons-nous encore tirer en tant que collectivité ? Vous le savez, 50 à 70 % des leviers d?action dépendent des villes et se trouvent au niveau local. Et le "R.A.C.-F." nous rappelle d?ailleurs, à juste titre, que les villes françaises sont responsables de 67 % des émissions de gaz à effet de serre nationales.

Paris doit donc être en tête de la course pour limiter ces émissions, et je connais et je mesure l?engagement de notre Ville et de votre action, Dan LERT, notamment pour développer les énergies renouvelables sur le territoire parisien avec le nouveau dispositif "Energiculteur". Paris est d?ailleurs notamment, rappelons-le, la première ville du classement du "R.A.C.-F." des 12 plus grosses agglomérations françaises pour ses efforts dans la lutte contre la pollution de l?air, contre le trafic routier.

Je voudrais donc conclure en reprenant les mots de Zoé LAVOCAT du Réseau Action Climat, qui rappelle que les collectivités territoriales sont des acteurs clés de la transition, à la fois dans la planification et l?opérationnel, car les élus locaux peuvent agir pour, premièrement, mettre en ?uvre des objectifs de transition et, deuxièmement, rehausser l?ambition.

Il est donc temps d?innover, d?agir et de relever les défis, car nous n?avons pas le temps d?attendre la fin du mandat. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Chloé SAGASPE.

La parole est à Dan LERT, pour vous répondre.

M. Dan LERT, adjoint. - Monsieur le Maire, chers collègues, chère Chloé SAGASPE, merci pour cette intervention.

Je vous rejoins pleinement, évidemment, sur ce rappel de l?urgence climatique et sur notre responsabilité en tant que collectivité territoriale. J?aurai également l?occasion de revenir plus spécifiquement sur l?action de la Ville pour adapter notre Capitale aux vagues de chaleur, en réponse au v?u du groupe Ecologiste sur cette question.

En tant qu?adjoint au Plan Climat, je souhaite en profiter pour rappeler une fois encore ses objectifs. S?il nous engage sur la voie de la neutralité carbone et du 100 % énergies renouvelables en 2050, il ne faut pas perdre de vue les objectifs à 2030. Car 2030, c?est demain et la marche est haute.

D?ici 9 ans, nous devrons avoir réduit nos émissions intra-muros de 50 % par rapport à 2004, réduit l?empreinte carbone du territoire de 40 %, fait baisser nos consommations énergétiques de 35 %. Nous devrons consommer 45 % d?énergies renouvelables dans notre consommation, dont 10 % produites localement. Nous devrons avoir définitivement abandonné les carburants fossiles et le fuel domestique et nous devrons atteindre les recommandations de l?O.M.S. pour la qualité de l?air.

Derrière ces chiffres, il y a une réalité : atteindre ces premiers objectifs en 2030 constitue une étape absolument indispensable pour espérer garantir à nos enfants des conditions de vie pour le moins vivables. L?actualité nous laisse entrevoir à quoi pourraient ressembler nos lendemains si nous n?agissons pas à la hauteur des enjeux auxquels nous faisons face. Les témoignages des habitants de Portland ou de Seattle aux Etats-Unis, de Lytton au Canada ou de Moscou en Russie sont autant de violentes piqûres de rappel. La liste est longue, ma collègue Chloé SAGASPE l?a rappelé. Aujourd?hui, ces témoignages nous viennent d?ailleurs, demain ils pourront venir des Parisiennes et des Parisiens.

Cette réalité, elle nous est sans cesse rappelée par les associations et notamment par le Réseau Action Climat qui nous enjoint sans relâche à aller plus loin et à aller plus vite, parce que c?est vital, et, en cela, leur rôle d?information et de plaidoyer est essentiel. C?est ce qu?ils font par exemple dans le cadre de la loi climat. Nous les avions reçus il y a quelque temps et nous partageons en tout point leurs plaidoyers sur ce projet de loi. J?ai déjà eu l?occasion de l?évoquer dans cet hémicycle lors du débat parlementaire, mon diagnostic et celui de la Ville n?ont pas changé après l?examen par le Sénat. 150 citoyennes et citoyens ont fait un travail remarquable pendant 8 mois pour aboutir à 149 propositions qui, elles, sont à la hauteur des enjeux. Le "R.A.C.-F." a décrypté en détail ces propositions et la manière dont elles ont été reprises ou non reprises par le Gouvernement dans ses différents projets de loi.

Au-delà de cette action de plaidoyer, le "R.A.C.-F." participe aussi à la sensibilisation des Parisiennes et des Parisiens, à la lutte contre le changement climatique. C?est l?objectif de leur exposition pédagogique sur les changements climatiques organisée cette année dans le but d?encourager le public à agir pour réduire son impact sur le climat. Nous les avions également sollicités dans le cadre de l?élaboration du Plan Climat en 2018 et nous les solliciterons encore pour la révision qui commencera l?année prochaine.

Enfin, le "R.A.C.-F." est un producteur de contenus et de documents pédagogiques qui seront particulièrement utiles dans la perspective de l?Académie du climat qui ouvrira ces portes en septembre. Le "R.A.C.-F." est donc un acteur essentiel du territoire dans la lutte contre le changement climatique, et c?est donc notre rôle de le soutenir.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Dan LERT.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 61.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2021, DEVE 61).