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Juillet 2021
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Conseil Municipal
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relatif à une dénomination en hommage aux Compagnons de la Libération (16e).

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2021


 

Mme Laurence PATRICE, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le v?u n° 83 relatif à la dénomination des écoles maternelles et élémentaires publiques du 16e arrondissement en hommage aux Compagnons de la Libération.

Je donne la parole à M. le Maire du 16e arrondissement, du groupe Changer Paris.

M. Francis SZPINER, maire du 16e arrondissement. - Comme vous le savez, il n?y a désormais plus qu?un seul survivant de l?Ordre de la Libération. L?Ordre est désormais administré par les communes qui ont eu l?honneur d?être distinguées. Paris est ville Compagnon de la Libération. Elle se doit donc de faire vivre l?épopée des Compagnons. C?est pourquoi la mairie du 16e arrondissement a souhaité honorer ceux qui, au prix de leur vie, ont sacrifié dans l?espérance et dans l?honneur pour notre pays quand beaucoup avaient renoncé. Contre la barbarie, pour la liberté, ils ont été la fierté de la France combattante. Ils étaient venus de toute la France, du Pacifique au Vercors, de Paris à l?île de Sein. Ils étaient, comme disait Aragon, "ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n?y croyaient pas".

Je pensais donc que cet hommage, cette reconnaissance, ne posait pas de problème. Or, j?ai la surprise de voir que l?Exécutif s?y oppose, avec des arguments qui me laissent perplexes. Le premier serait une prétendue obligation de sécurité, que la dénomination d?une école avec son adresse et ce nom poserait un problème. J?ai eu l?assurance du Préfet de police qu?il n?en était rien. De même que je n?ai pas eu d?opposition de la part du Rectorat. Je m?interroge donc sur les raisons qui poussent votre majorité, qui se gargarise de droits humains mais refuse de rendre hommage à ceux grâce auxquels ils peuvent en bénéficier, à s?opposer à ce v?u.

Voilà pourquoi je souhaite que le Conseil de Paris vote ce v?u et que les écoles puissent porter le nom de Compagnons de la Libération, parce que je pense qu?au commencement d?une vie, c?est plutôt exemplaire d?être dans une école qui porte le nom de ces héros.

Je vous remercie, Madame le Maire.

Mme Laurence PATRICE, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Maire.

Pour vous répondre, Monsieur Patrick BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Nous le savons tous, Paris est ville Compagnon de la Libération. Je suis d?ailleurs heureux que ce soit Laurence PATRICE qui préside cette séance à ce moment. Je pense que l?attachement que nous avons à l?Ordre de la Libération est partagé sur tous les bancs, et pas plus sur certains que sur d?autres.

Vous avez pris cette initiative, Monsieur le Maire. Comme vous le savez, nous avons échangé. Comme vous le savez, je vous ai proposé un v?u bis, que vous avez refusé. Du coup, je ne l?ai pas déposé. De ce fait, j?ai voulu prendre date et vous dire que votre v?u posait trois types de problèmes.

Le premier type de problème, c?est un problème de sécurité, parce que les 645 écoles à Paris portent le nom de la voie dans laquelle elles se trouvent. En cas d?intrusion terroriste ou d?incendie, il est nécessaire que les forces de sécurité ou de secours puissent intervenir rapidement. Il y a un risque évident de confusion. Si, par exemple, dans le 16e arrondissement, vous décidiez d?honorer Valentin Abeille, Félix Eboué ou Berty Albrecht, sachez qu?il y a une allée Valentin-Abeille dans le 18e arrondissement, une place Félix-Eboué dans le 12e arrondissement ou une avenue Berty-Albrecht dans le 8e arrondissement. La confusion serait évidente.

Deuxième élément, un problème de parité, là où nous essayons de féminiser les lieux et les voies publiques. Vous parlez des Compagnons de la Libération. Il y en a eu exactement 1.038, dont 1 seul vivant à ce jour. 1.038, tenez-vous bien : 1.032 hommes, 6 femmes. De ce fait, cela poserait un problème évident de parité, là où nous allons vers une féminisation des noms de voies et de lieux.

Troisième élément, vous dites, Monsieur le Maire : "J?ai appelé le Recteur, j?ai appelé le Préfet de police". Mais ce n?est pas comme cela que l?on fonctionne. On concerte. On concerte toutes les mairies d?arrondissement et pas que la mairie du 16e arrondissement. Vous me dites :"J?ai appelé le Recteur, j?ai appelé le Préfet de police". On échange, on discute. Il y a les communautés éducatives. Enfin, la démocratie, c?est quand même au c?ur de notre Assemblée. Elle doit irriguer cette démarche.

Donc, je ne dis pas non à votre v?u. Avec Laurence PATRICE, nous vous demandons simplement le temps d?examiner, de consulter tout le monde, et je reviendrai vers vous. Aujourd'hui, vous n?avez pas voulu de mon v?u bis qui fixait cette voie de concertation et d?échange. De ce fait, je suis réduit à donner un avis défavorable à votre v?u pour des raisons de sécurité, de parité et de nécessaire concertation.

Mme Laurence PATRICE, adjointe, présidente. - Merci, cher Patrick.

Je pose la question d?usage : est-ce que votre v?u est maintenu, Monsieur ?

M. Francis SZPINER, maire du 16e arrondissement. - Je maintiens ce v?u et je dis que les arguments que vous utilisez montrent que vous ne voulez pas le faire, parce que le problème de sécurité restera. Cela fait 4 mois que je vous en parle, cela fait 4 mois que vous traînez, et vous opposez la force d?inertie.

Mme Laurence PATRICE, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur.

M. Francis SZPINER, maire du 16e arrondissement. - Quand vous venez m?expliquer qu?il n?y a pas la parité, il n?y aura pas la parité dans 4 mois.

Mme Laurence PATRICE, adjointe, présidente. - S'il vous plaît, s'il vous plaît.

M. Francis SZPINER, maire du 16e arrondissement. - Je maintiens ce v?u.

Mme Laurence PATRICE, adjointe, présidente. - Très bien.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 83 du groupe Changer Paris, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u n° 83 est repoussé.

Je vous remercie.