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Octobre 2008
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2008, DASES 155 G - Signature de trois avenants à convention et de deux conventions avec cinq associations pour l'attribution de subventions afin de soutenir leurs actions de prévention des conduites à risques et addictives. - Montant total : 176.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Octobre 2008


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DASES 155 G portant attribution de subventions à cinq associations menant des actions de prévention des conduites à risques et addictives.

La parole est à Mme Marie-Annick BARTHE. M. LE GUEN lui répondra.

Mme Marie-Annick BARTHE. - Madame la Présidente, je me réjouis que la Ville puisse contribuer de manière substantielle à la politique de réduction des risques, qui est ambitieuse puisque l'effort a été porté à 289.500 euros.

Nous le constatons tous, la situation parisienne en matière de consommation de drogues, en matière de comportements à risque liés à l'usage de substances licites ou illicites impose de maintenir et de renforcer notre soutien aux structures de terrain.

En effet, la situation est alarmante à Paris. Elle est marquée par de nouveaux modes de consommation comme le "binge drinking" ou l?hyper alcoolisation, qui est très en vogue chez les plus jeunes. Elle est marquée également par une diffusion de plus en plus large de la cocaïne. Pour information, l'enquête annuelle de l'Observatoire des drogues et toxicomanies montre que l'usage de la cocaïne chez les adolescents est passé de 1,6 % en 2003 à 2,5 % en 2006.

Par ailleurs, de nombreuses études et enquêtes de terrain publiées cet été nous invitent à agir rapidement afin que ces consommations régressent chez les jeunes car bien entendu, ces comportements addictifs ont des conséquences extrêmement graves sur la santé. C'est devenu aujourd'hui un enjeu central en matière de santé publique. Je sais que la Ville de Paris est très investie sur ces problématiques, elle est également très vigilante sur ces évolutions au côté des associations engagées dans le travail de terrain, mais je voudrais interroger M. Jean-Marie LE GUEN sur la manière dont il voit l?évolution de l'action municipale dans ce domaine : quels sont les axes de la politique qui va être mise en ?uvre ?

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. Jean-Marie LE GUEN.

M. Jean-Marie LE GUEN, au nom de la 6e Commission. A l'évidence, en matière de lutte contre les addictions, et face à ces addictions liées aux produits psychotropes, nous sommes devant une situation déjà largement aggravée depuis quelques mois au niveau parisien et nous avons toutes les raisons de redouter ce qui peut se passer dans les mois qui viennent au regard de l'ampleur éventuelle de la crise économique et sociale que va connaître notre pays. On sait que lorsque le pays va mal, bien évidemment, la problématique des addictions, notamment chez les jeunes, prend encore et toujours plus de force.

Il faut rappeler que la politique en matière de prévention des toxicomanies et des addictions est d'abord de la responsabilité de l'Etat, et même théoriquement, essentiellement de la responsabilité de l'Etat. Mais la Ville de Paris a une politique où elle veut relever ce défi complexe et difficile.

De nombreuses études viennent confirmer nos craintes. Comme je le disais, la situation s'est aggravée, elle se complexifie. Nous avons la volonté d'agir le plus en amont possible. Vous avez parlé à juste titre du "binge drinking" qui fait souvent la une des médias, y compris dans des milieux où on pensait que la lutte contre les addictions allait de soi et passait simplement par une information. De la même façon, aujourd'hui, la cocaïne prend de plus en plus d'ampleur dans nos quartiers, chez les jeunes pour lesquels nous avions réussi les années précédentes à faire refluer ce type de consommation dont je n'ai pas besoin de souligner la gravité, surtout quand elle est associée de plus en plus, pour des raisons quasiment techniques à de la consommation d?héroïne, qui aboutit à des situations sanitaires, sociales, psychologiques et psychiatriques très lourdes qui vont nous poser énormément de problèmes et évidemment poser énormément de problèmes à ceux qui en ont l'usage.

Nous devons donc agir le plus en amont possible, mais aussi essayer d'accompagner toutes ces personnes vers le soin et éventuellement vers d'autres ressources si nécessaire, je pense notamment au plan social en matière d'insertion.

Il est toujours essentiel, et je veux le faire ici avec beaucoup de solennité, de rappeler et de souligner le travail indispensable des associations militantes souvent méconnues, voire même parfois combattues par nos systèmes d'organisation alors même qu'elles sont sans doute le lien fondamental pour essayer de parer à ces fléaux sociaux que sont ces évolutions.

C'est pour agir de manière plus forte et profonde que nous proposons d'apporter des moyens complémentaires aux équipes de proximité. Les moyens financiers sont apportés aux cinq structures qui sont dans cette délibération. Elles concernent des actions qui mènent des établissements médicosociaux au-delà de leurs missions. Ce sont des moyens destinés à des démarches innovantes en phase avec le contexte local, du sur-mesure, des équipes qui vont mettre en place des dispositifs particuliers, innovants par rapport à une situation mouvante, notamment pour accueillir les parents, pour induire des logiques de discussion de groupe avec les jeunes et aussi être encore plus proche du terrain.

Ces moyens sont là pour conforter les démarches qui ont été menées depuis des années dans certains arrondissements et notamment en lien avec d'autres structures locales tels que les centres sociaux ou les centres d?animation.

Je donne quelques exemple, "La corde raide", un centre de soin pour toxicomanes, ses équipes intervenant dans les établissements scolaires et les foyers de l?A.S.E. ou bien encore "Emergence", dans le 13e arrondissement, qui va au devant des jeunes, aussi bien dans une faculté, dans les salles de sport, les missions locales ou les foyers d'hébergement d'urgence.

Concernant le projet de délibération 378 G, qui concrétise le programme "Fêtez Clairs", c'est une démarche de prévention qui se fait en liaison avec l'Etat. Elle est conjointement menée par la Mairie de Paris et la Préfecture. Un premier bilan a montré que 54 professionnels avaient été formés en 2007 et 6.000 jeunes contactés en une vingtaine d?interventions. Nous avons l?intention d?aller beaucoup plus loin en 2008 : huit établissements vont adhérer à nouveau à la charte, quatre sont sur les rangs et de nouveaux outils sont édités.

Les problèmes liés à la consommation de drogues dans les milieux festifs doivent être traités dans un cadre sanitaire plus global de promotion de la santé, de gestion des conduites à risques, qui inclut au-delà des problèmes de toxicomanie, la consommation d'alcool, de tabac, la sécurité routière et les infections sexuellement transmissibles, voire même les risques auditifs.

C?est donc un environnement de santé qu'il s'agit de restructurer au milieu de lieux festifs qui, par ailleurs, ont toute leur place dans la ville.

Pour conclure, nous devons élaborer des stratégies nouvelles en matière de politique de soins, réaliser plus de liens avec les avancées scientifiques en cours, aller plus avant dans l'accompagnement des personnes, des structures et veiller à la réinsertion des personnes par les réparations de vie qu'il faut parfois effectuer après tous ces événements.

Nous voulons aussi continuer de poser le débat publiquement avec les élus, les habitants, les usagers, les familles, afin d'éclairer le débat et non de le caricaturer, et de trouver ainsi de nouvelles méthodes de gestion répondant réellement au sujet et qui ne font pas de ces sujets lourds pour beaucoup de nos concitoyens et pour de nombreuses familles des sujets d'opposition idéologique, mais une volonté réelle de traiter comme une question de santé publique ce qui devrait être essentiellement traité comme tel.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 155 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DASES 155 G).