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Novembre 2004
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2004, DVD 123 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention avec la R.A.T.P. pour la création et l’exploitation d’une ligne de bus de quartier dans le 20e arrondissement de Paris. Vœu déposé par le groupe U.M.P. relatif au manque de transport public dans le quartier Batignolles - Cadinet -Epinettes.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2004


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DVD 123 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention avec la R.A.T.P. pour la création et l?exploitation d?une ligne de bus de quartier dans le 20e arrondissement, sur lequel le groupe

U.M.P. a déposé le v?u n° 79.

Il y a sept inscrits, dont j?imagine qu?ils vont s?exprimer tous brièvement. C?est M. BAUPIN, adjoint aux transports qui est là, qui répondra.

Madame MEYNAUD, vous faites une intervention claire et brève comme d?habitude ?

Mme Sophie MEYNAUD. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, le projet de délibération qui nous est soumis propose de créer une ligne de bus de quartier dans le 20e arrondissement. Pour la première fois, si on excepte le cas de Montmartre et du Montmartrobus, la Ville va mettre en place avec la R.A.T.P. une ligne de bus de quartier dans le sud du 20e arrondissement, créant ainsi une desserte de proximité là où il en manquait cruellement.

Le S.T.I.F. a approuvé cette création début juillet et l?ambition de la Ville est de créer trois lignes de quartier d?ici la fin de la mandature. Des critères ont été définis avec le S.T.I.F. pour mettre en place ces nouvelles lignes : compléter le réseau existant dans des quartiers à ce jour mal desservis ; utiliser des bus à gabarit réduit ; voir la Ville participer au financement de l?exploitation.

Cette décision va dans le bon sens puisqu?elle répond à une demande forte et ancienne des habitants.

Toutefois, Monsieur le Maire, si on peut être d?accord pour mener des expérimentations de cette nature, l?augmentation indispensable de l?offre des transports ne peut se traduire par un transfert de charge massif vers les collectivités locales.

En effet, la mise en place de ces lignes va rendre des services certains et attendus par les Parisiens, mais ils induisent des transferts de charge vers la Ville qui devra absorber le déficit, déficit qui dans la circonstance sera partagé avec le S.T.I.F. mais pour combien de temps puisque rien n?est dit sur la durée de son engagement.

Par ailleurs, accepter cette dérive, c?est accepter d?accentuer les inégalités territoriales et sociales en ce qui concerne l?accès aux transports collectifs puisque les villes riches pourront se payer des services que les villes moins aisées ne pourront pas se payer. L?égalité d?accès aux transports suppose l?intervention de toutes les collectivités, y compris l?Etat, et c?est dans ce sens que nous devons réfléchir.

En l?occurrence, il est prévu d?intervenir sur des quartiers ?politique de la ville? et, dans ce cadre, l?intervention active de l?Etat me semblerait d?autant plus justifiée.

Sur ce dossier, Monsieur le Maire, nous ne devons pas être timides et je souhaite que vous nous disiez que vous irez dans ce sens.

Cette ligne s?inscrit dans une réduction des inégalités face aux transports et dessert un quartier ?politique de la ville?. Elle contribue à conforter la place des transports collectifs dans Paris comme donnée de développement durable. Reste posée la question de la desserte au-delà de 21 heures.

Il nous faudra toutefois poser la question de l?augmentation du nombre de bus à Paris beaucoup plus largement et au fur et à mesure des réalisations de sites qui leur sont réservés. C?est un moyen fondamental de faire reculer la voiture dans la capitale de bonne manière et, en la matière, il y a encore des progrès à faire.

D?ailleurs, si je peux faire cette remarque, tout plan d?aménagement devrait aussi comporter un plan de transports intégrant les données et les améliorations apportées.

Monsieur le Maire, ce projet est un bon projet sur le fond et il reste de nombreux projets à construire comme le Mobilien nouvelle génération par exemple, sur lequel je reviens souvent, la décentralisation du S.T.I.F., l?élaboration du P.D.P., la mise en révision du S.D.R.I.F. devrait nous y aider.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame MEYNAUD, pour cette intervention brève et dense.

Je donne la parole à Mme CALANDRA qui est en train de préparer son intervention. Mme CALANDRA est adjointe à la Médiation.

Vous avez la parole.

 

Mme Frédérique CALANDRA, adjointe. - C?est surtout en l?occurrence en tant qu?élue de Paris et bien sûr élue du 20e que j?interviens très rapidement, et en tant qu?habitante du 20e aussi pour me réjouir avec vous tous d?ailleurs, je pense, de la mise en ?uvre de cette première ligne de bus de quartier. Car si on peut faire le constat que la Ville de Paris est relativement bien munie par rapport à d?autres cités et d?autres capitales en termes de transports en commun, néanmoins on peut toujours mieux faire et il faut quand même constater qu?un certain nombre de nos quartiers ou de nos arrondissements sont moins bien maillés que d?autres, moins bien couverts. Le 20e en fait partie. C?est un arrondissement extrêmement grand, il y en a d?autres mais c?est l?un des plus grands. C?est un arrondissement qui connaît - M. BAUPIN qui en est également un élu le sait aussi bien que moi

- des trous dans son maillage de transports en commun.

Je suis donc ravie de cette initiative.

Je souhaite qu?elle soit l?occasion évidemment de faire participer la population au choix des trajets, je ne sais pas si c?est prévu mais j?imagine que les conseils de quartier seront peut-être consultés sur la mise en place de cette ligne, parce que ce serait une bonne chose pour l?implantation des arrêts.

Je souhaite aussi que cette initiative fasse école dans d?autres arrondissements comme le 15e, le 13e, le 14e et le 12e

-je ne découvre rien, je ne révèle rien - qui ont également un maillage insuffisant.

Il faut bien voir qu?on parle notamment des personnes à mobilité réduite qui peuvent être des personnes âgées comme des personnes handicapées. Cela peut être aussi des personnes transportant un certain nombre d?objets lourds, cela peut être des parents avec des enfants, etc.

Je souhaiterais qu?une politique pérenne et de développement ambitieuse soit mise en ?uvre avec évidemment la collaboration et l?accord du S.T.I.F., car c?est indispensable, ainsi que de la R.A.T.P.

Je souhaite aussi qu?on travaille, comme le projet de délibération l?indique, de façon audacieuse et constante pour obtenir des moyens de transports non polluants.

C?était essentiellement le message que je voulais délivrer.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame CALANDRA.

Je précise que le S.T.I.F. dont on parle, c?est le Syndicat des Transports d?Ile-de-France qui est actuellement présidé par l?Etat et qui sera présidé par le Conseil Régional à partir du 1er janvier 2005.

Monsieur BARIANI, vous étiez inscrit mais quelqu?un vous a rayé. Tout va bien ?

M. Didier BARIANI. - Avec mon accord.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Avec votre accord. Très bien. Vous voulez nous faire gagner du temps.

Je donne donc la parole à Mme DOUVIN.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Cela fait bien longtemps que je suis tout à fait persuadée des apports indéniables des bus de petite dimension, et les exemples étrangers m?ont bien entendu confortés dans cette opinion. En effet, la création et l?exploitation de ces lignes peuvent répondre à plusieurs types de besoins très différents, et je voudrais en citer deux.

Tout d?abord, la desserte de zones où les voies sont étroites et ne permettent pas la circulation des autobus de taille normale, je pense en particulier au centre-ville d?habitat ancien, comme c?est le cas dans de nombreuses villes européennes voisines, Rome notamment où, depuis de nombreuses années, des minibus électriques circulent. C?est un type de desserte qui serait particulièrement approprié à nos rues, dans les quartiers du Marais par exemple, et cela résoudrait certainement pas mal des problèmes que nous y connaissons.

Quand on cherche - ce qui est très bien - à faire du réseau de bus un métro de surface, il est évident que les lignes Mobilien qui sont réservées aux grands axes, ne suffisent pas puisqu?elles ne peuvent pas permettre une desserte fine des quartiers, donc elles ne répondent pas aux besoins de certaines catégories de riverains.

Le cas qui nous occupe maintenant est autre, c?est le second sur lequel je voudrais intervenir, c?est un besoin de desserte des quartiers périphériques qui sont déjà moins bien desservis que le centre-ville. Il s?agit alors de rabattement sur les stations de bus, de métro ou les gares existantes. Le projet de desserte du 20e arrondissement, tel qu?il nous est présenté correspond tout à fait à ce type de besoins et nous ne pouvons donc que l?approuver vivement et souhaiter la livraison le plus rapidement possible d?un type de matériel à propulsion au moins hybride sinon purement électrique. Dans une optique identique, je voudrais attirer l?attention du Conseil sur la nécessité de procéder rapidement à une étude en ce sens dans les quartiers des Epinettes - Clichy - Cardinet. C?est bien le sens du v?u que nous avons déposé conjointement avec ma collègue, Brigitte KUSTER. Comme nous l?avons souvent évoqué devant cette assemblée, ce quartier est un quartier politique de la Ville et la desserte en transport public de cette partie nord du 17e arrondissement, nord-est, laisse vraiment à désirer. Nous savons aussi qu?il peut y avoir l?optique des Jeux olympiques, dans ce quartier, mais même si nous ne les obtenons pas, il nous paraît urgent de prévoir une étude menant à la mise en service de lignes de quartier sur les mêmes principes que celle qui est proposée aujourd?hui, dans le 20e arrondissement et tel est bien le sens du v?u n° 79 que nous avons déposé.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame DOUVIN.

Mme BAUD a souhaité intervenir ainsi que Mme KUSTER.

Mme Dominique BAUD. - Monsieur le Maire, chers collègues, si j?interviens sur ce projet de délibération c?est afin de saluer une telle initiative conjointe de la Ville de Paris et de la

R.A.T.P. C?est aussi dans le même souci de service auprès des Parisiens et notamment afin de combler les moyens de transport existants et afin de les améliorer, notamment au vu des demandes insistantes et répétées de la population locale que je profite de cette occasion pour qu?une telle initiative voie le jour dans le 15e arrondissement.

 

En effet, un bus de quartier pourrait ainsi aisément combler le déficit des bus 42 et 88 qui ne circulent ni le soir ni le week-end, et notamment dans ce quartier et à proximité d?un grand hôpital, l?hôpital européen Georges-Pompidou. Une telle initiative dans ce quartier faciliterait le quotidien d?un bon nombre de malades, de leurs familles ainsi que des personnels hospitaliers compte tenu de leurs horaires décalés et souvent tardifs.

Je vous remercie donc de bien vouloir étudier cette proposition spécifique pour le 15e arrondissement avec la même attention que celle que vous initiez aujourd?hui dans le 20e.

M. Christian SAUTTER, adjointe, présidente. - Merci, Madame BAUD.

Dernière oratrice Mme KUSTER sur un v?u qui a déjà été présenté, mais je vous donne la parole.

Mme Brigitte KUSTER. - Très rapidement et en complément de ce qu?a indiqué Laurence DOUVIN, en présentant notre v?u commun, je voudrais juste revenir un instant sur le quartier des Epinettes, puisque je suis déléguée du Maire sur le Conseil de quartier de La Fourche, Guy Môquet, nous avons bien souvent demandé, avec Françoise de PANAFIEU, le prolongement d?un service de lignes de bus puisqu?il suffit de regarder la carte

R.A.T.P des bus pour remarquer en effet une grande zone blanche, mais Mme CALANDRA le disait également d?autres quartiers dans Paris sont en effet demandeurs, Monsieur BAUPIN, de cette ligne de bus de quartier.

Principalement, pour notre quartier ce sont les lignes 66 et 81 qui sont concernées.

Je voulais refaire ici cette demande, même si on a bien compris et on le sait tous, que vous n?êtes pas maître en la matière pour actionner tous les leviers, mais en même temps le choix que vous avez fait du 20e arrondissement, on ne peut pas vous en faire grief puisque vous êtes élu de cet arrondissement, mais je pense en effet qu?il y a d?autres quartiers dans Paris qui méritent votre attention et votre bienveillance, et je profite de la Présidence de M. SAUTTER puisque cela a en effet un certain coût pour la Ville, de bien regarder parce qu?il y a, et cela est normal chacun est là pour défendre son quartier, un réel besoin. Laurence DOUVIN vient de rappeler à quoi il correspondait, et je voulais, Monsieur le Maire, attirer votre attention particulièrement sur ce quartier-là et les lignes dont je viens de vous parler.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame KUSTER. Je donne la parole à Denis BAUPIN, adjoint?Pardon ?

M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. Monsieur LECOQ, maire du 6e arrondissement était inscrit.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Pardon ? Il est effectivement inscrit mais il n?est pas là.

M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Il m?a demandé de parler en son nom.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - C?est de droit. Allez-y.

M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Je vous en remercie.

M. LECOQ m?a demandé de vous dire qu?il avait pris connaissance avec intérêt de ce projet de délibération qui crée une ligne d?autobus de quartier dans le 20e arrondissement. Ainsi, l?actuelle Municipalité aura mis trois ans pour se convaincre de l?intérêt des lignes d?autobus de quartier, ceci trois ans également après avoir tué dans l??uf les deux lignes de quartier qui devaient être créées l?une rive droite dans le marais, l?autre rive gauche dans le quartier latin.

Il faut rappeler en effet qu?à l?époque il ne s?agissait pas uniquement d?un projet, mais de quelque chose d?abouti puisque les matériels avaient été achetés, les lignes testées en vraie grandeur, il ne manquait à vrai dire que l?agrément du S.T.I.F, qui n?est jamais parvenu. Mais il est vrai que le S.T.I.F. à l?époque était piloté par les amis du Maire de Paris. Il a été choquant, à l?époque, de ne pas avoir repris ces deux lignes qui auraient permis d?avancer dans le domaine de la desserte des quartiers, mais il est vrai que sous l?ancienne mandature ce dossier ne pouvait qu?être condamné à mort. C?est ce qui s?est passé sans aucune autre forme de procès. Il ne restait plus qu?à faire disparaître le corps du délit, c?est-à-dire les fameux autobus qui avaient déjà été achetés.

C?est là où un élu a eu une idée, fort à propos, les voitures achetées ont été redéployées sur la ligne du Montmartrobus dans le 18e arrondissement, terre d?élection de M. DELANOË et d?un certain ex-Premier Ministre, qui était promu à l?époque aux plus hautes destinées.

Monsieur le Maire, nous persistons à penser que vous, c?est-à-dire essentiellement le cabinet de M. BAUPIN, navré de vous mettre en cause, Monsieur BAUPIN, mais vous vous êtes mal conduit dans ce dossier et nous savons maintenant qu?il y a pour vous deux sortes de Parisiens, ceux qui votent bien et ceux qui votent mal. Ceux qui votent bien ont droit aux autobus de quartier, mais pas les autres.

En dehors de la satisfaction d?avoir fait un mauvais coup, comment pouvez-vous justifier ce retard de trois ans dans la création des fameuses lignes de quartier, Marais et Quartier latin ? Ce n?est pas sérieux, ce n?est pas cohérent, et nous vous demandons donc instamment de réexaminer dès maintenant la possibilité de créer effectivement comme cela avait été prévu il y a trois ans ces deux lignes de quartier, Marais et Quartier latin.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur LEBEL, d?avoir lu cette déclaration de M. LECOQ. Elle nous aurait effectivement manqué.

M. BAUPIN va essayer de répondre brièvement, mais c?est un très beau sujet.

M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Je veux vraiment remercier M. LEBEL parce que sans son intervention, en effet, le sujet serait apparu trop consensuel pour qu?on puisse communément se satisfaire d?un projet qui pourtant va apporter beaucoup aux Parisiens.

Je commencerai par répondre à cette question. C?est vrai, quand on regarde le réseau de transport collectif dans le 6e arrondissement et dans le 5e arrondissement, on se dit que vraiment en France, s?il y a bien un endroit où le réseau de transport collectif est faible, où sa densité mériterait qu?on ajoute encore du transport collectif, c?est vraiment le 5e et le 6e arrondissement !

 

Permettez-moi de considérer, Monsieur LEBEL ou M. LECOQ (je ne sais pas à qui il faut que je m?adresse en l?occurrence) comme l?a fait à juste titre le S.T.I.F. (qui aujourd?hui est présidé par l?un de vos amis, et s?il fallait considérer que les questions de cet ordre se posent uniquement de façon politique, il nous aurait dit qu?il fallait privilégier le 5e et le 6e arrondissement), qu?il y a en effet des équilibrages à faire par rapport au réseau de transport collectif.

D?un certain point de vue, je considérerais même d?ailleurs que quel que soit le quartier de Paris dont on parle, nous sommes largement favorisés par rapport à nos voisins de petite, de moyenne et encore plus de grande couronne. Et cela vaut particulièrement pour le 5e et le 6e arrondissement. Je n?irai pas plus loin en réponse à ce que vous appelez un mauvais coup ou plutôt la remise en question de quelque chose qui visiblement avait une logique beaucoup plus clientéliste que réellement de transport collectif.

D?ailleurs les débats que nous avons pu avoir hier ont montré à quel point cette politique dans le 5e arrondissement particulièrement répondait à des critères autres que ceux de l?intérêt collectif.

Je voudrais remercier vraiment tous les intervenants, en l?occurrence toutes les intervenantes, qui se sont exprimées sur ce bus de quartier et qui ont rappelé dans leurs interventions les raisons qui ont amené au choix de cette ligne de bus. C?est à la fois la desserte de quartiers ?politique de la ville?, le rabattement sur les transports collectifs et le rabattement sur les bâtiments administratifs et les centres commerciaux, l?utilisation de minibus qui permet de passer dans les petites rues des quartiers, la desserte de proximité, enfin tous ces éléments qui font qu?un minibus c?est vraiment à la fois un projet de transport collectif et en même temps un projet d?amélioration de la qualité de vie, du maillage des quartiers et de la vitalité de ces quartiers.

Ce sont des projets qui sont éminemment urbains.

En réponse à Mme MEYNAUD, j?entends bien sa remarque en ce qui concerne le transfert de charge vers les collectivités locales. Il faut bien constater aujourd?hui que la décentralisation est en marche, la décentralisation du S.T.I.F notamment est en marche, qui sera effective non pas au 1er janvier 2005, mais au 1er juillet 2005, je le précise à cette occasion, Monsieur le Maire. Il y a donc un transfert de compétences de l?Etat vers les collectivités.

Nous sommes tous inquiets évidemment sur le fait que, contrairement à ce que les textes affirment, il y a de forts risques que ce transfert de compétences se fasse sans transfert de moyens.

Pour autant, en l?occurrence en ce qui concerne les bus de quartier, nous ne sommes pas les premiers à en mettre en place. Des villes plutôt modestes ont commencé à mettre en place des bus de quartier avant la Ville de Paris. Notamment en Seine-Saint-Denis, un certain nombre de bus de quartier ont commencé à fleurir avec une participation financière des collectivités locales et cela ne nous paraît pas complètement illogique que cela puisse se faire en la matière. C?est la raison pour laquelle nous avons estimé que la Ville de Paris pouvait mettre en place ce type de dispositif.

Ceci étant, bien évidemment, je vous confirme que nous ne comptons pas être timides en matière de rapport de force avec l?Etat, et d?ailleurs avec le Président HUCHON nous travaillons régulièrement dans cette période de décentralisation, à faire en sorte que les moyens soient transférés et qu?une augmentation de l?offre de transports collectifs soit mise en ?uvre.

Je peux d?ailleurs vous annoncer que nous avons réussi à obtenir lors du dernier conseil d?administration du S.T.I.F. un doublement du nombre de bus qui circuleront la nuit à partir de l?été prochain.

Sur les différentes interventions, je veux rassurer sur le fait que la mise en service dans le 20e arrondissement sera rapide puisqu?elle aura lieu le 29 novembre prochain, soit dans moins de quinze jours maintenant, avec une inauguration en présence de la population le 27 novembre.

Je souhaite confirmer à Mme CALANDRA, à cette occasion, que non seulement les conseils de quartier ont été associés au choix du trajet mais que ce sont mêmes eux qui ont élaboré le trajet. C?est une grande première. Ce sont les habitants qui ont élaboré le trajet de ces minibus en tenant compte des contraintes qui doivent présider à n?importe quel projet de ce type.

J?en termine par les demandes complémentaires qui ont été faites en disant à Mme KUSTER que, non, chacun ne défend pas son quartier ! Nous avons conscience, bien sûr, les uns et les autres, que nous sommes élus d?un arrondissement, ce qui nous confère évidemment plus de capacité à entendre un certain nombre demandes. Mais en tant qu?adjoint au Maire de Paris, je n?ai pas l?impression d?avoir, depuis trois ans, particulièrement privilégié le 20e arrondissement par rapport à d?autres quartiers. Nous avons des projets dans tous les quartiers.

Ceci étant, j?ai bien entendu votre demande concernant le quartier Epinettes - Clichy - Cardinet, sur lequel deux v?ux sont présentés, le v?u n° 79 qui nous est soumis actuellement et le v?u n° 82 qui doit intervenir dans quelques minutes.

Comme je vous l?ai dit en Commission, je suis favorable au v?u n° 82 qui permet de prendre en compte la globalité des transports collectifs dans ce quartier, à la fois la ligne 13 de métro, les lignes de bus classiques et l?éventualité d?une ligne de minibus. Il suppose une étude globale pour regarder quel est le mode de transports le plus adapté pour le renforcement de l?offre dans ce quartier.

Je vous suggérerai, Madame DOUVIN, puisqu?un v?u plus général englobe l?ensemble, que le v?u n° 79 soit retiré, de façon à voter ensemble le v?u n° 82 permettant de faire une étude globale sur ces différents modes de transport.

En ce qui concerne l?hôpital Georges-Pompidou, Madame BAUD, il n?y a pas d?opposition de notre part à examiner cette question. Là aussi, il faut examiner l?ensemble du réseau de transports collectifs et j?ai l?impression que sur les quartiers concernés, avec l?arrivée du tramway, avec même l?arrivée de deux lignes de tramway puisqu?il y aura aussi le tramway T2 à la Porte de Versailles, et avec le réseau de bus existant, il y a déjà un certain réseau de transports collectifs. Cela ne veut pas dire forcément qu?il est suffisant. Nous ne sommes donc pas opposés à regarder aussi cette possibilité.

Voilà ce que je pouvais vous dire aujourd?hui sur ce projet et évidemment vous appeler à voter favorablement le projet de délibération.

 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Madame DOUVIN, êtes-vous prête avec Mme KUSTER à retirer le v?u n° 79, sachant que l?Exécutif soutiendra le v?u n° 82 qui porte sur le 17e arrondissement ?

Mme Laurence DOUVIN. - Monsieur le Maire, dans ces conditions, oui, nous le retirons.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Très bien.

Le v?u n° 79 est retiré.

Je mets aux voix...

(M. VUILLERMOZ fait signe qu?il souhaite s?exprimer).

Ah, j?avais oublié l?explication de vote du Président VUILLERMOZ.

Avec mes excuses, je vous donne la parole.

M. Jean VUILLERMOZ. - Je vais faire une très rapide explication de vote. Evidemment, nous allons voter ce projet de délibération. Ceci dit, je voudrais faire deux remarques. La première, c?est qu?avec ce projet de délibération - et je crois que le débat l?a montré -, nous sommes en train d?ouvrir une boîte de Pandore car chaque élu de chaque arrondissement va vouloir sa ligne de bus. C?est une évidence ! Car même si la Ville de Paris qui est une grande Capitale, est particulièrement bien maillée par les transports en commun, il reste que dans un certain nombre de quartiers il manque des transports en commun.

Simplement regardons que nous sommes en train de faire un maximum de couloirs de bus, qui coûtent très chers à la Ville de Paris et pourtant la plupart du temps ces couloirs de bus sont vides, et même de temps en temps, ils servent à d?autres fins que la circulation des autobus. C?est quand même un problème.

Deuxième remarque, je voudrais dire à mon collègue de droite qu?il y a une grande contradiction. Pourquoi le service public en tant que tel, c?est-à-dire l?entreprise R.A.T.P., le S.T.I.F., ne veulent pas mettre en place des lignes de bus, qui correspondent à un besoin, puisque vous demandez des bus de quartier ? Et bien, tout simplement parce que ces bus sont dits pas rentables. Quelle conception du service public !

C?est donc la Ville de Paris qui va payer la différence, c?est elle qui va payer ces bus ! Ce qui va coûter très cher ! Ne nous cachons pas les choses ! Cette ligne de bus, c?est 340.000 euros par an et nous n?en resterons pas à une ligne de bus.

Nous allons donc remplacer le service public par un service qui sera payé par la seule Ville de Paris.

Voilà, je trouve que c?est une dérive très grave. Nous réclamons des bus qui sont utiles pour remplacer l?automobile, et il n?y a aucune raison que la R.A.T.P., donc que le service public en tant que tel, ne soit pas amené à remplir cette responsabilité qui est la sienne.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Président VUILLERMOZ, de ce couplet que l?adjoint au budget approuve pleinement.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 123.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2004, DVD 123).