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Novembre 2004
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2004, DJS 114 - Subvention de fonctionnement à la SASP P.S.G. Football. - Montant : 2.300.000 euros. Vœu déposé par Mme Karen TAÏEB et les membres du groupe du Mouvement républicain et citoyen relatif à la subvention du P.S.G.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2004


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous reprenons nos travaux par l?examen du projet de délibération DJS 114 relatif à l?attribution d?une subvention de fonctionnement à la SASP P.S.G. Football Club, sur lequel l?amendement n° 29 a été déposé par le groupe ?Les Verts? et le v?u n° 30 par le groupe M.R.C.

Je donne la parole à M. RIOU.

M. Alain RIOU. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, l?amendement que dépose le groupe ?Les Verts? ici n?est pas nouveau. Chaque année, en effet, nous déposons un amendement de ce type.

Cet amendement, vous le remarquerez, n?est pas un amendement qui supprime la subvention au P.S.G. qui, globalement, même si on distingue la subvention proprement dite de la rémunération des places, se monte à 3,6 millions d?euros, c?està-dire le maximum possible que peut verser la Ville de Paris puisque la Région verse le complément qui correspond à la limite fixée par la loi.

Nous proposons 2 millions d?euros. Autrement dit, nous ne proposons pas, comme on le dit, de couper les vivres de la Ville de Paris au P.S.G. D?ailleurs, même si on coupait les vivres de 2 millions d?euros au P.S.G. je crois qu?il continuerait à vivre quand même.

Nous considérons que ces 2 millions d?euros satisfont à une forme de besoin, une forme de service public, dans la mesure où cela aide le football amateur féminin, cela permet d?organiser des matchs tout au long de l?année, qui bénéficient à des jeunes, cela permet de monter le système des clubs filleuls qui permet à des jeunes de rencontrer leurs vedettes et à ces vedettes de s?occuper des jeunes et de leur donner davantage le goût de la pratique du sport.

Puis, il y a le financement des places qui, nous l?espérons, profite plus aux jeunes qu?aux notables. D?ailleurs, notre groupe avait fait des propositions pour que les élus parisiens disposent de moins de places lors des matchs du P.S.G.

Cela est classique. Nous disons que 2 millions d?euros, cela suffit, d?autant que si l?on veut nous faire payer la notoriété que le P.S.G. donne à Paris, de ce point de vue, c?est plutôt Paris qui devrait demander de l?argent au P.S.G. car la notoriété de Paris est très ancienne et ce n?est pas le P.S.G. qui lui a apporté une notoriété particulière. C?est plutôt l?inverse.

Mais je voudrais dire là un mot supplémentaire pour indiquer que nous avons toujours été sensibles à cette question des supporters, du fanatisme, des violences, du hooliganisme, du racisme.

Je fais remarquer que Sylvain GAREL et moi, il y a quelques mois, lorsque nous étions intervenus sur la convention avec le P.S.G., nous avions proposé de prévoir des pénalités financières, compte tenu des outrances ou des fautes, voire des délits, qui pouvaient être commis par le P.S.G.

Autrement dit, on aurait pu imaginer 3.000 euros pour une petite faute, 30.000 euros pour une plus importante ou 300.000 euros, qui auraient servi de pénalités financières.

Pascal CHERKI nous a expliqué à l?époque qu?il fallait faire confiance aux supporters et surtout aux dirigeants. De ce point de vue, le nouveau président du P.S.G. me semble avoir pris les choses en main, c?est vrai. Mais je voudrais dire qu?il y a eu ces derniers jours une grosse rechute.

En effet, commençons par le plus simple. Le journal ?La Provence? expliquait, il y a quelques jours, que, pendant l?arrêt à Avignon, les supporters du P.S.G. ont eu, pas tous bien sûr, mais une partie, une idée géniale : ?on va se faire des supporters de l?O.M.?.

Donc, ils sont descendus sur la voie pendant l?arrêt du train et ils sont tombés sur un homme d?une cinquantaine d?années d?origine maghrébine. Ils ont commencé à le frapper. Effectivement, cela montre un bon fond et on voit que les gens qui aiment le football sont des gens virils, décidés et déterminés !

Puis, il y a cet épisode absolument scandaleux qui consiste, pendant une heure et demi d?un match, à prendre en otage un stade et à vitupérer sur des joueurs, sur leur soi-disant homosexualité qui serait une monstruosité. Je juge cela absolument scandaleux.

Je regrette les propos de Pascal de ce matin - peut-être ai-je mal compris -, qui dit que ?les supporters, c?est classique, c?est du folklore, c?est de la joyeuse gaudriole?. J?espère que ce n?est pas à cela qu?il faisait allusion car nous aurions alors un sérieux problème avec Pascal CHERKI, sur la gaudriole !

Attention, je ne suis pas en train de dire que l?homophobie ou le sexisme, c?est plus grave que le racisme ou la xénophobie. Simplement, c?est un crime aussi grave, on aurait pu en effet intervenir et arracher cette banderole qui est restée en place pendant tout le match.

Je voudrais dire une dernière chose car je ne peux pas m?empêcher de me souvenir de cela. Un rugbyman, ami de NoëlMAMÈRE, a fait un livre, il n?y a pas si longtemps. Il a pris les

4.000 lettres ignobles que Noël MAMÈRE a reçu après avoir célébré un mariage à Bègles.

Ce rugbyman ne peut pas s?empêcher de penser que les horreurs qu?il y a vu (on appelait au meurtre, on faisait des dessins obscènes, on menaçait tout le monde, on vitupérait comme si l?homosexualité était le crime des crimes) sont peut-être le fait, en partie, de ceux qui viennent le voir au cours des matchs de rugby, le félicitent et l?applaudissent.

Donc, je dirais que je me réjouis effectivement qu?un homme comme lui ait voulu réaliser un livre de cette nature pour montrer que les valeurs du sport ne se mélangent pas avec l?ignominie, et de ce point de vue je pense que les supporters du

P.S.G. ont une responsabilité extraordinaire, mais les dirigeants du P.S.G. aussi et je voudrais ici dire que le Maire de Paris doit pouvoir intervenir de manière ferme, déterminée pour que des choses comme cela ne se reproduisent plus.

 

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes ?Les Verts?, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et communiste).

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur GALLAND, vous avez la parole.

M. Yves GALLAND. - Monsieur le Maire, chaque année, la subvention du P.S.G. quelle qu?ait été sa forme dans le passé ou aujourd?hui, fait ici l?objet de débats, quelquefois passionnés.

Nous versions dans la période passée une subvention substantielle au P.S.G. Je reconnais bien volontiers que, pour un club de football qui bénéficie d?un actionnaire majeur représentant une entreprise privée, il y avait là une confusion des genres qui n?était pas souhaitable.

Aujourd?hui, ceci nous est simplifié par la directive européenne et les deux décrets de 2001. Nous nous trouvons donc dans une situation, comme l?a rappelé le Président RIOU, où nous versons 2,3 millions d?euros, ce qui correspond au plafond de subvention et où nous achetons des places pour 1,3 million d?euros.

Je reviendrai sur la contrepartie que nous obtenons de ces sommes pour m?arrêter une seconde sur l?affaire des supporters. Je pense que dans cette salle, on ne trouvera pas un élu pour tolérer le comportement inacceptable, justifiant une multitude de qualificatifs, de la part de supporters dont l?attidude est indigne. Une fois que l?on a posé ce constat, ce qui ne doit faire de doute pour aucun d?entre nous, il faut savoir si le club a une part de responsabilité et si le club fait tout ce qu?il faut pour éradiquer dans toute la mesure du possible ce comportement de supporters.

Je soutiens le P.S.G. depuis longtemps, je vais souvent au Parc-des-Princes, j?ai une vision qui malheureusement, compte tenu de l?ancienneté de mon attachement au football et de ma date de naissance, m?amène à avoir des souvenirs de ce qu?étaient les derbys parisiens, par exemple Racing et Stade français, cela remonte à loin, c?était passionné et c?était beaucoup plus convenable.

Puis est venue une période où nous avons vu arriver des virages du P.S.G. à propos des comportements que nous condamnons. Président RIOU, l?honnêteté consiste à dire que ce n?est pas de Francis GRAILLE que date une volonté du club de traiter dans toute la mesure du possible ce problème avec la plus extrême détermination.

En liaison avec la Préfecture de police, Laurent PERPERE, son prédécesseur, les autres présidents que j?ai connus

-j?ai connu les quatre derniers -, ont fait tout ce qu?ils pouvaient, étant eux aussi scandalisés. Ils ont fait tout ce qu?ils pouvaient avec des moyens audiovisuels, avec des poursuites.

Cher Président RIOU, nous serions tous les deux aux manettes de la sécurité du Parc-des-Princes, je ne sais pas si nous prendrions la décision de retirer la banderole inadmissible dont vous parliez, car la retirer à ce moment-là en plein match, c?est probablement entraîner des conséquences et des débordements pires que ce que l?on veut éviter. Le traitement de ce genre de problèmes est extraordinairement difficile, nécessite des moyens audiovisuels et doit être poursuivi. Qu?il n?y ait aucune ambiguïté en ce qui nous concerne, nous souhaitons que dans le plus grand pragmatisme et avec la meilleure efficacité, on puisse essayer de réduire ces débordements et cela a été réduit. Aussi curieux que cela puisse paraître, les débordements de supporters dont nous parlons étaient bien pires il y a quatre ou cinq ans qu?ils ne le sont aujourd?hui, tout en restant inacceptables.

J?en viens maintenant, Monsieur le Maire, à la subvention.

Depuis que je suis élu, je vote cette subvention régulièrement, je vais encore la voter aujourd?hui, et je l?ai dit à Pascal CHERKI, je la vote dans ces conditions pour la dernière fois.

Je vote pour la dernière fois. Et pourquoi ? En gros, nous votons 3,6 millions d?euros de subventions, dont une partie pour des raisons légales est attribuée pour des places qui profitent à des jeunes, très bien. Mais les autres 2,3 millions d?euros, à quoi correspondent-ils ? Oui, c?est vrai il y a une subvention pour des ?clubs-filleuls?, oui c?est vrai, il y a un tournoi, oui c?est vrai il y a 40 jeunes qui vont au camp des loges chaque année, mais ceci me paraît, je vous l?ai dit, très éloigné dans la fantastique animation des jeunes sur Paris que nous devrions pouvoir faire.

Le 24 juillet 2001, je vous le disais déjà, ce n?est pas nouveau, c?est pour cela que c?est la dernière année que je vote la subvention sous cette forme. Il me semble que nous devons améliorer fortement ce que nous réalisons aujourd?hui avec le

P.S.G. pour les jeunes. Je vous disais : ?Il me semble que la réalisation de deux entraînements par mois au Parc-des-Princes est un objectif possible. L?invitation de milliers d?écoliers à ces entraînements serait très populaire si Luis FERNANDEZ - il s?agit aujourd?hui naturellement de Vahid HALILHODZIC - et ses adjoints étaient équipés de micros HF ; leurs consignes retransmises sur la sono du Parc pourraient représenter un intérêt inédit et passionnant pour les jeunes spectateurs, ou tout au moins une partie d?entre eux, les joueurs pouvant être également équipés de micros, ce qui apporterait de surcroît une forte valeur pédagogique?. Ceci pourrait entraîner, sur un ou deux entraînements par mois, la présence de 20.000 jeunes au Parc à chaque entraînement, et ceci correspondrait à une contrepartie formidable pour les jeunes de la subvention que nous votons et ce n?est pas compliqué à mettre en ?uvre.

Aujourd?hui les arbitres sont équipés de micros HF, on développe ces techniques, pourquoi ne le ferait-on pas pour des entraînements de cette équipe de foot professionnelle qui pourrait quitter le Camp des Loges de temps en temps ? Aller au Parc-des-Princes un mercredi avec des écoliers qui viendraient massivement, ceci faciliterait ensuite le succès des classes-foot, toujours au Parc-des-Princes avec mise en ?uvre partielle des entraînements auxquels les jeunes auraient précédemment assisté.

 

Monsieur CHERKI, je souhaite, si vous voulez conserver une majorité l?année prochaine, dans cette salle, que vous vous fassiez notre interprète talentueux auprès du P.S.G. pour faire comprendre la dimension très importante, pédagogique et populaire que doit représenter la contrepartie de cette subvention, faute de quoi, je l?indique par avance, malgré mon très fort attachement au P.S.G., malgré ma passion pour le football, par rigueur pour ce que doivent être les finances de la Ville, l?année prochaine je ne voterai pas cette subvention.

Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Madame TAÏEB, vous avez la parole.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Monsieur le Maire.

Contrairement à mon collègue Alain RIOU, je ne vais pas revenir sur les violences, même si elles sont condamnables et si nous les condamnons avec la plus grande force parce que je ne crois pas que diminuer la subvention diminuerait comme par enchantement la violence dans les comportements, les comportements racistes, homophobes, sexistes que l?on condamne tous, comme le disait M.GALLAND, tous ici élus de gauche comme de droite.

Cela étant dit, la renommée du Paris-Saint-Germain dépasse très certainement nos frontières et incarne à sa manière ou du moins pour les passionnés du ballon rond, et il y en a à Paris, notre Capitale. Indubitablement, les Parisiens, dans leur majorité aiment le P.S.G. même si on sait que cette équipe oscille entre des scores peu glorieux et d?excellents résultats comme ce fut le cas il y a quelques jours.

Cela étant dit en préambule, le montant de la subvention de la Ville de Paris au P.S.G. ne peut laisser quiconque indifférent car il atteint des sommets, parfois difficile à comprendre, on le disait tout à l?heure : 3,6 millions d?euros, achat de places compris. Mais le football a ses raisons que la raison ignore.

Pour donner du sens à ces chiffres, il serait bon que la Ville de Paris, partenaire, demande que soit mise à l?étude une action annuelle de grande envergure de la part du P.S.G. pour la Ville. C?est pourquoi les élus du groupe M.R.C. émettent le v?u que soit mis à l?étude un accord de partenariat entre le P.S.G. et la Ville de Paris sous la forme d?une action nouvelle, forte en symbole voire à portée humanitaire et/ou sociale. Cela pourrait être un grand match annuel au profit des personnes en situation de grande précarité ou handicapées ou encore de la lutte contre le cancer ou le sida. Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur CHERKI, vous avez la parole pour répondre.

M. Pascal CHERKI, adjoint, au nom de la 7e Commission.

-Je rappelle que nous délibérons sur une subvention mais je reviendrai sur les incidents du match P.S.G.-Marseille.

La subvention est composée de deux parties. Une partie plafonnée à une somme de 2,3 millions d?euros, je vous le rappelle, de par la loi, va à des missions d?intérêt général et donc ne va pas à la société anonyme sportive professionnelle comme j?ai pu le lire des fois. Elle ne sert donc pas à payer les salaires des joueurs, mais à faire fonctionner le centre de formation, à faire fonctionner l?équipe amatrice de football féminin, à faire fonctionner les sections d?amateurs et à réaliser un certain nombre d?animations.

Je reviendrai après sur ce que dit le président GALLAND.

Une autre partie est un marché de prestations de services et sert à acheter plusieurs dizaines de milliers de places dont je rappelle que l?objet principal voire quasi exclusif est de permettre d?assurer une diversité de la composition sociale du public. Je le dis et nous le maintenons - on peut là avoir un désaccord avec les ?Verts? -, nous considérons comme un enjeu social majeur de permettre que quel que soit son niveau de fortune, on puisse assisté à un match de football au Parc. Le football ne doit pas devenir un spectacle de ?happy few?, la présence dans les tribunes étant réservée à ceux qui ont les moyens de se payer les places, ceux qui n?ont pas les moyens de le faire étant contraints de le regarder à la télévision, si tant est qu?ils aient les moyens d?avoir accès à une chaîne payante. Parce que aujourd?hui les matchs de football sont retransmis sur les chaînes payantes que ce soit Canal + ou T.P.S.

On peut être en désaccord mais c?est un désaccord politique que nous assumons. Je le dis d?autant plus que quand on connaît la carte du football à Paris, Monsieur RIOU, on voit bien que la plupart des terrains de football sont localisés sur les Maréchaux depuis la construction du périphérique et que donc 80 % des licenciés des clubs de football chez les jeunes Parisiens viennent d?un environnement proche de la ceinture des cités H.B.M.

On peut faire le choix de considérer qu?après tout l?objectif de gauche pour une politique de football, c?est d?aller boire une coupe champagne avec quelques ?happy few? dans les tribunes ou dans les loges. Nous, nous considérerons que nous pouvons faire plus et permettre chaque année à plusieurs dizaines de milliers de jeunes issus de ces cités d?assister à un match de foot encadrés par des éducateurs de leur club. Voilà! Il y a un désaccord politique, je l?assume, nous l?assumons, j?appellerai donc à voter contre votre v?u.

Alors en ce qui concerne le reste. Le problème auquel on est confronté d?un point de vue de sécurité, c?est qu?aujourd?hui le football, et nous ne l?avons pas choisi au Conseil de Paris, ce que je dis souvent : ?est la grande messe laïque moderne?, cristallise - d?ailleurs souvent à son détriment et indépendamment de sa volonté -, un certain nombre de passions collectives, objets de phantasmes. Ce que disait Freud à propos de la religion, on pourrait l?appliquer au football, c?est une névrose universelle qui nous fait faire parfois l?économie de nos névroses personnelles.

Il se trouve qu?à Paris c?est l?activité sociale qui, tous les 15 jours, réunit dans un lieu clos 40.000 personnes, le plus grand nombre de personnes dont les trois quarts sont Franciliens. C?est un fait. On peut dire que du temps de la marine à voile et de la lampe à huile c?était autrement, mais aujourd?hui, actuellement, c?est ainsi et ce n?est pas ainsi qu?en France. Et bien évidemment, comme le disait tout à l?heure ma collègue Claudine BOUYGUES, il y a des passions contradictoires, on y trouve le meilleur et le pire.

Le pire, on essaie de le combattre concrètement et pragmatiquement. Qu?un quotidien aujourd?hui fasse la Une sur 2 pages sur une subvention qui est votée chaque année, avec en gros titre : ?Faut-il payer pour le P.S.G. ??, alors qu?un secrétaire d?une grande formation politique donne les dix raisons pour lesquelles il faudrait voter ?Oui? à une consultation interne et que c?est relégué en petit, montre le caractère disproportionné qu?on accorde au débat sur le football au regard des enjeux de société qu?il y a dans ce pays.

 

Je dis qu?à Paris plus qu?ailleurs puisque c?est très médiatisé, on en parle. On était confrontés de manière récurrente à un vrai problème de violence et les dirigeants du P.S.G. ne savaient pas comment l?affronter et même s?ils voulaient l?affronter. Les pouvoirs publics agissaient de leur côté, la justice aussi. Il n?y avait pas de coordination.

Avec la Préfecture de police, avec le Parquet de Paris, à l?initiative de Christophe CARESCHE et de moi-même, nous avons mis en ?uvre les conditions de la réalisation pour la première fois d?un contrat local de sécurité, le premier réalisé dans une enceinte de football en France. A tel point qu?aujourd?hui, la ligue professionnelle de football demande la généralisation de ce dispositif à l?ensemble des clubs de football français et des stades.

C?est une action concrète, cela nous a pris un an et demi et cela a produit des résultats. Parce que lors du dernier Paris Saint-Germain/Marseille - je reviendrai sur la question des banderoles -, il n?y a pas eu - à part une erreur de dispositif qui a fait que le car des joueurs marseillais a été caillassé -, d?affrontements physiques à l?issue du match Paris Saint-Germain/Marseille. Aucune plainte pour I.T.T. d?un joueur n?a été déposée. Je fais référence à d?autres débats que nous avons eus hier. Peut-être faudrait-il demander d?encadrer de même manière un certain nombre de réunions politiques. Je ne prétends pas que de tels incidents n?arriveront plus jamais, mais je dis que quand on fait un travail, il produit des effets.

Moi, j?étais à ce match, j?étais à côté du Ministre de l?Intérieur qui s?y était rendu en personne, ce qui montre tout de même l?importance qu?accordent les pouvoirs publics à ce travail que nous avons fait en commun. Et je me réjouis - même si pour l?instant je trouve regrettable que nous ayons à mobiliser autant de forces de l?ordre -, je me réjouis du résultat produit en termes de sécurité publique et je tiens à le dire ici, même s?il n?est pas de mon bord politique. Dès qu?il y a eu le caillassage du car de Marseille, les forces de police ont tout de suite localisé le lieu où cela s?était passé. Ils ont vu des supporters qui sortaient d?un bar tenu par un ancien supporter de Boulogne, qui se trouve sur le territoire de la commune de Boulogne-Billancourt, et ils ont procédé à une fermeture administrative de quatre mois du bar. Ils ont interpellé une personne qui passe en comparution immédiate. Voilà, cela commence à produire des effets. Je pense que l?on peut s?en féliciter.

Et je vais même aller plus loin. Je me suis rendu, à l?initiative de la ligue professionnelle de football, à un colloque organisé sur la sécurité sur les stades. J?y ai rencontré le directeur de la sécurité de Marseille et le directeur de la sécurité de Paris. Ils ont préparé ensemble l?organisation des matchs Paris/Marseille et Marseille/Paris.

Et je peux vous dire que s?il n?y avait pas une coordination entre les services de sécurité des deux clubs, nous aurions des incidents plus graves. Donc personne ne nie la gravité du problème mais on essaie de le régler à chaque fois qu?il se pose. Et je tiens à dire qu?en matière de traitement de la sécurité et de la violence dans les stades, Paris n?est pas en retard, il est plutôt en avance. Il faut dire que la Capitale a été plus que d?autres confrontée au problème.

Sur la question des banderoles à caractère homophobe parce qu?il faut appeler un chat, un chat - et je m?en expliquerai avec Martine CHEVALIER du ?Parisien? qui a repris partiellement mes propos -, que s?est-il passé dimanche ? Il y a le contexte et il y a ce qui c?est passé. Le contexte est que Paris Saint-Germain/Marseille est aujourd?hui l?expression ?dramaturgique? dans le football. Il y a comme cela dans chaque championnat de football ce qu?on appelle des ?classicos?, un match de foot qui symbolise tout. En Espagne, c?est Barça/Real, je ne vais pas faire le tour des pays européens. En France il se trouve que c?est Paris/Marseille et avant le match, la presse ?chauffe?.

Regardez la Une de ?France Football? : ?Marseille est 5e au championnat quand ils se déplacent à Paris, Paris est 14e?. Ce n?est tout de même pas le match, d?un point de vue sportif, du siècle. Pourtant cela fait la Une, avec les deux anciens joueurs parisiens qui eux vont jouer à Marseille. Et je pourrais vous amener une revue de presse d?avant le match.

On ?chauffe?. Pourquoi ? Parce que c?est ce qui fait vendre du papier, c?est ce qui est médiatique. Donc on chauffe à blanc. La Presse, je le dis, la presse chauffe à blanc les supporters des deux camps. Vous arrivez donc au match dans une ambiance, en plus, contextuelle cette année. Vous aviez deux joueurs importants de Paris qui sont partis à Marseille dont un des deux est parti - comment dirais-je -, en disant qu?il quittait une secte, une prison. Propos médiatisés, répercutés. Bien évidemment cela ne crée pas les conditions d?un accueil pacifié au Parc.

Ce qui explique justement les moyens exceptionnels de police et de sécurité mis en place pour la préparation de ce match. Qu?est-ce qui s?est passé après ? Il s?est passé que le club s?est concentré pour l?instant, essaie de se concentrer, à la demande des pouvoirs publics, sur la lutte contre les fumigènes. Un certain nombre de supporters ont fait entrer des banderoles manuscrites, ce ne sont pas des banderoles des ?tiffos?, et les ont positionnées dans le stade à l?insu des responsables des services de sécurité. M. LARUE, le directeur de la sécurité du Parc, s?en est expliqué. Il l?a dit : ?Ils les ont entrées par petits bouts et les ont reformatées dans le stade?.

Que s?est-il passé après la découverte des banderoles ? La question est de savoir si, dans un stade de 43.000 personnes chauffées à blanc, on va, avec des stewards, retirer manu militari les banderoles.

Là, je rejoins ce que dit le président GALLAND. Je pense que c?était le meilleur moyen de susciter des affrontements.

Donc maintenant nous savons. Dès le lendemain, à la demande du Maire, j?ai appelé mon collègue de la Mairie de Marseille pour lui dire que nous ne cautionnions pas ces actes-là. Je me suis rendu? Je m?excuse, Christophe, mais la sécurité, ce sont aussi parfois des actes de responsabilité, je me suis rendu au match Marseille-Paris pour répéter auprès du Maire de Marseille, qui l?a très bien compris, et de son adjoint au sport que nous étions vraiment désolés de ce qui s?était passé. Le club aussi s?en est expliqué. Ce ne sont pas des actes cautionnés ni par le club ni par la Mairie ni par un quelconque autre pouvoir public.

 

Nous verrons maintenant s?il s?agit d?un incident isolé ou s?il s?agit d?une nouvelle tendance. S?il s?agit d?un incident isolé, nous demanderons au club d?être très vigilant pour les prochains Paris-Marseille. S?il s?agit d?une nouvelle tendance, d?une dérive du phénomène des supporters, nous réfléchirons avec le club et les pouvoirs publics, comme nous l?avons fait à propos des problèmes de violence physique, sur les manières et les moyens d?y mettre un terme. Les solutions existent.

Je demande donc aux élus en responsabilité, et je m?adresse là aux élus ?Verts?, de ne pas chercher médiatiquement à ?se payer sur la bête?. Quand on est élu, on est responsable. On peut interpeller, mais on essaie de réfléchir aux solutions. Je dis pourquoi, Alain RIOU. Parce que, quand nous sommes arrivés en responsabilité, nous avons pris une décision politique avec le Maire de Paris qui est de dire que le rôle des élus n?est pas d?être administrateurs d?une société commerciale. Nous sommes donc sortis du Conseil d?administration, mais nous avons créé un Comité de suivi avec les présidents de club, ce qui permet au moins chaque année de faire le bilan. Mais la direction du club est tout à fait disposée à rencontrer les élus, les conseillers de Paris qui le souhaitent. J?ai moi-même, je ne donnerai pas de nom, ce n?est pas l?objet, emmené des élus visiter le PC de sécurité au Parc. Ils me l?ont demandé. Vous seriez surpris, Monsieur RIOU, de savoir de quelle formation politique ils venaient.

Quand on fait une réunion du Comité de suivi avec les dirigeants du club pour faire le bilan de la convention et, notamment, les questions de sécurité, il serait bien que ceux qui se posent le plus de questions, comme vous, s?y rendent, posent ces questions et n?attendent pas simplement la séance du Conseil de Paris, où ils savent qu?il y aura une médiatisation de la question, pour le faire. Je trouverais qu?ils auraient plus de légitimité à le faire s?ils s?étaient rendus à la réunion du Comité de suivi pour poser ces questions qui auraient fait progresser les choses, peut-être ! Je dis cela parce que, au bout d?un moment, ?il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages? !

Nous allons réfléchir aux propositions du président GALLAND. Des actions analogues ont été réalisées avec la Région pour plusieurs milliers d?enfants. Mais le problème ne vient pas du club qui est disposé à le faire. Le problème vient de la capacité à organiser, notamment à cause des problèmes des marchés de cars pour la Région parisienne pour le transport de

20.000 enfants simultanés un mercredi après-midi.

Je pense que le club?

M. Yves GALLAND. - Il y a un métro formidable qui va porte de Saint-Cloud ! Il arrive au pied du Parc !

M. Pascal CHERKI, adjoint rapporteur. - Je ne suis pas opposé à une telle proposition? Monsieur GALLAND, à chaque fois qu?on l?a sollicité, le club l?a fait. On l?a fait une année avec la DASCO : on a fait venir 3.000 ou 5.000 enfants au Parc, et cela n?a pas posé de problème au club. Le club est prêt à faire des entraînements, ce n?est pas le souci. Le problème est celui de la capacité logistique. C?est plus une interpellation concernant la Ville que concernant le Paris-Saint-Germain. Mais je suis prêt à étudier très sérieusement la solution.

Les enseignants sont réticents à emmener les enfants en métro tout le temps.

Je vois mon collègue Eric FERRAND qui opine du chef, nous allons donc y travailler de concert.

Je suis tout à fait d?accord pour que l?on mette le v?u du

M.R.C. à l?étude, d?autant qu?il entre complètement dans la philosophie actuelle du club puisque, je tiens quand même à le rappeler, nous avons décidé d?exonérer la taxe de spectacles d?une fraction d?un euro supplémentaire pour cinq matches pour des actions de soutien, notamment au profit de deux associations : une qui s?appelle ?Alliance maladies rares? et l?autre ?Enfance et partage? pour des causes à caractère humanitaire.

Plusieurs matches sont déjà parrainés de ce point de vue. Peut-on approfondir le dispositif ? Je crois que, dans votre objectif, il y a la lutte contre le Sida. On va discuter avec les dirigeants du club, et je pense qu?ils n?y verraient pas d?objection sur le principe.

C?est pourquoi j?appelle à voter favorablement sur votre v?u.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et ?Les Verts?).

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur CHERKI, de ces explications complètes mais je crois intéressantes.

Attendez, j?ai trois demandes d?explication de vote.

Monsieur VUILLERMOZ, vous avez la parole.

M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Monsieur le Maire.

Simplement, une explication de vote. Je ne m?étais pas inscrit sur cette délibération puisqu?elle revient tous les ans et que l?on connaît à peu près les discours des uns et des autres.

Depuis le début de la discussion sur cette subvention au Paris-Saint-Germain, depuis le début de la mandature, nous nous sommes expliqués. Nous avons dit que nous voulions assortir cette subvention des contreparties pour aider les clubs sportifs, les clubs de football des jeunes de Paris. Nous avons dit aussi qu?il fallait qu?il y ait une amélioration de l?image du club en tant que tel. Je dois dire simplement que la meilleure image du club, c?est quand le club gagne. C?est cela qui fait aussi que, pour Paris, c?est positif. Quand le club perd, il est clair que, pour Paris, ce n?est pas forcément la meilleure image.

La deuxième chose, c?est que Marie-Georges BUFFET, dans une loi, a adapté ces subventions, pour que l?ensemble des villes ne puissent pas accorder de subvention trop importante. Aujourd?hui, pour le P.S.G., nous sommes au maximum de la subvention autorisée par la loi Marie-Georges BUFFET.

Je voudrais dire aussi un mot sur les supporters parce qu?il est clair que le comportement de certains d?entre eux est inadmissible. A ce sujet, je partage l?avis de mon collègue RIOU, à savoir que la crise et le débordement des supporters sont liés profondément dans les années 70 au début de la crise économique, particulièrement de la Grande-Bretagne. Je rappelle à ce sujet la tragédie du Heesel à Bruxelles.

Moi, je ne fais pas l?amalgame entre le peuple de Paris, le peuple de la région parisienne et ces hooligans. Je ne fais pas cet amalgame parce qu?il n?y a pas à le faire. Il y a là une poignée de gens racistes, xénophobes, homophobes qui entraînent une autre partie de gens qui sont dans une situation souvent difficile au niveau de leur vie. Il est possible, pour le club, mais aussi pour la police qui dispose de moyens de surveillance de faire cesser ces actes illégaux, dangereux, voire criminels.

 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Mais on le fait !

M. Jean VUILLERMOZ. - Il est possible qu?au niveau du club quelque chose soit organisé pour éviter ces excès. Je souhaite que l?on aille dans ce sens. Je pense que c?est possible.

Je ne pense pas, comme l?a dit notre collègue du Mouvement des citoyens, que c?est en diminuant la subvention que nous arriverons à réduire les débordements des supporters. Je ne le pense pas du tout. Il est cependant évident aussi qu?il faut faire en sorte que le club ait une attitude plus rigoureuse envers un certain nombre de ces hooligans qui ne sont pas des supporters.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Moi, j?essaie de gérer le débordement du temps de parole, ce qui n?est pas facile !

Monsieur LEBAN, vous avez la parole.

M. Gérard LEBAN. - Merci, Monsieur le Maire.

On ne peut pas dire que tout soit noir ni que tout soit blanc. C?est vrai que nous avons un club, le P.S.G., qui est le club de la Capitale. On ne peut pas être contre le club et la majorité des élus sont pour et nous aussi, bien entendu.

Simplement, je pense aux riverains, et je le dis en tant qu?élu local, je prends le dernier match avec Marseille : l?environnement du Parc a été complètement ?ratissé?, c?est-à-dire que toutes les voitures ont été enlevées. Elles ont été enlevées pour quelles raisons ? Elles ont été enlevées parce qu?un certain nombre de personnages troublent l?ordre public, suscitant quelques inquiétudes. Donc tout a été dégagé.

Mais qu?est-ce qui s?est passé ? Il s?est passé que les riverains ont eu leur voiture enlevée, n?ont pas pu sortir de chez eux et que, une heure avant le match, toutes les places dégagées ont été occupées par les spectateurs qui venaient au match, y compris un certain nombre d?individus, moi-même j?étais là.

Donc je veux dire que?

(Rires de l?Assemblée).

Oui ! Oui ! Oui ! Eh bien, oui !

J?y étais à 8 heures le matin et toute la journée et j?y étais le soir parce que, excusez-moi, mais sur place il faut quand même regarder.

Alors c?est vrai qu?il ne s?est pas passé de choses particulières sauf ces nuisances et nous souhaitons, comme notre président, Claude GOASGUEN, l?a demandé, qu?un certain nombre de mesures soient prises, notamment de prévoir des badges pour les riverains. On n?y arrive pas. Il faut que l?on arrive à sécuriser les matchs sans faire des abords du Parc-des-Princes une zone interdite.

Ceci dit, nous voterons la subvention.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur RIOU, vous avez la parole pour une minute.

M. Alain RIOU. - Je vais m?en tenir strictement à une explication de vote. Bien évidemment, nous maintenons notre amendement.

Avec 1,6 million d?euros ainsi dégagés, nous pourrions acheter pas mal de ballons, de maillots et aider des petits clubs, c?est pourquoi il faut éviter les propos démagogiques.

Bien évidemment, si l?hémicycle ne vote pas cet amendement, nous voterons contre la subvention, comme d?habitude. En revanche, nous considérons que le v?u du MRC est un bon v?u. Je trouve même que, symboliquement, s?il pouvait y avoir un grand match dans l?année au profit de la lutte contre le Sida par exemple, je ne dis pas que cela rachèterait les supporters du

P.S.G. mais, d?une certaine manière, ce serait une forme un peu emblématique de ce que le sport peut faire de bien dans notre pays.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur SARRE, vous avez la parole.

M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement républicain et citoyen, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, je considère que le débat qui vient d?avoir lieu est un débat de qualité et intéressant, et je voudrais saluer l?adjoint au sport, qui a expliqué de façon claire l?objectif, le dossier et les conditions qui ont amené la Ville de Paris et la majorité actuelle à voter une subvention en faveur du Paris-Saint-Germain.

Alors comment voit-on les choses au M.R.C. ?

Simplement !

Un, il y a une vogue du sport et particulièrement du football à Paris, en France, en Europe et un peu partout dans le monde, et notamment dans les pays du Tiers-Monde, qui fait qu?on ne peut pas faire comme si ce besoin, cette façon de s?exprimer, d?être, n?existait pas. Je trouve donc pour ma part, et nous pensons au sein du groupe M.R.C., que la Ville de Paris, en ayant un club, en le subventionnant, est dans son rôle. On ne voit pas comment les choses se passeraient si nous prenions la décision de refuser la subvention, ce que d?ailleurs par parenthèses personne ne demande. Il s?agit plutôt, pour les Verts par exemple, de diminuer cette subvention.

J?observe au passage que c?est sans doute le seul cas où on demande une diminution de la subvention ! Je vois l?adjoint à la culture qui, lui, est plutôt l?objet de sollicitations inverses, je vois l?adjointe au commerce, à l?artisanat et aux petites entreprises car quand il s?agit des illuminations ou des associations de commerçants, c?est ?augmentons les subventions?. Je pourrais continuer l?énumération. Le mouvement naturel, à la base comme dans l?hémicycle au sein des groupes, c?est de demander davantage pour les activités culturelles, sportives, économiques ou autres.

Je trouve que la subvention est légitime. Est-elle trop est élevée ? C?est un débat.

J?aime bien en général les interventions du Président GALLAND, mais aujourd?hui il dit ?c?est la dernière fois que je vote la subvention sauf si, etc.?. Moi, je ne sais pas ce que je ferai l?an prochain mais, en principe, je voterai la subvention si, comme cela a été demandé par les groupes, un effort est entrepris - et j?ai entendu Pascal CHERKI qui répondait favorablement à M. GALLAND qui a fait des propositions qui méritent d?être étudiées, d?être prises en compte -; si cela rend service aux jeunes de Paris et au-delà, ce sera naturellement une très bonne chose.

 

Les supporters, cela fait un moment que cela dure ! Ce problème n?est donc pas nouveau, il est récurrent. C?est vrai que depuis la signature du contrat local de sécurité, en retenant les dispositions prises par la Préfecture de police, il y a eu indiscutablement des améliorations.

Cela dit, j?approuve entièrement les propos du président du groupe ?Les Verts? quand il a dénoncé ces comportements scandaleux tenus en plein Paris dans le Parc-des-Princes, avec une retransmission par les médias dans le monde entier. On ne peut pas laisser passer cela !

Moi, je m?adresse plutôt au représentant du Préfet de police qui a dû lire comme moi de nombreux articles sur ce phénomène qui est décrit comme lié à la crise économique et sociale et en tout cas, ayant commencé à ce moment-là. Oui mais, à travers ce que je lis, je découvre qu?en général, ce sont des gens parfaitement intégrés à la société, qui ont des moyens, qui la semaine en général sont en costume et cravate, donc pas des smicards, en tout cas pas tous, qui apparaissent comme les meneurs de réseaux regroupant des supporters violents, racistes, xénophobes, sexistes, homophobes. Ceux-là, Monsieur le Préfet de police, il y a quand même des moyens pour les localiser, savoir qui ils sont, les empêcher de nuire.

Je pense qu?entre la direction du club, la Ville de Paris et la Préfecture de police, et tous les groupes doivent y concourir, les moyens existent de mettre un terme à ces comportements, ces violences absolument inacceptables.

Je vous remercie.

Nous voterons la subvention.

(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement républicain et citoyen, socialiste et radical de gauche, communiste et ?Les Verts?).

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je vous remercie.

Monsieur BLOCHE, vous avez la parole.

M. Patrick BLOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Je n?abuserai pas du temps que vous m?accordez pour cette explication de vote du groupe socialiste et radical de gauche, surtout que beaucoup de choses sinon toutes ont déjà été dites, je pense, avec une qualité incontestable de débat apportée par les uns et les autres. Je voudrais notamment saluer les propos de Pascal CHERKI qui y a contribué tout particulièrement.

Il y a évidemment unanimité dans cette enceinte pour dénoncer l?inacceptable, c?est-à-dire le fait que des matchs de football et notamment un match aussi emblématique que P.S.G.Marseille produise des images et des propos marqués par l?injure, la diffamation, la provocation à la haine ou à la violence à l?égard d?individus ou de groupes d?individus - là, je fais référence explicitement à notre droit - et qu?il puisse être prononcé des injures à caractère raciste, xénophobe, sexiste ou homophobe.

D?ailleurs, entre parenthèses, si le Gouvernement se décidait enfin à inscrire à l?ordre du jour du Parlement le projet de loi permettant de sanctionner les injures à caractère sexiste et homophobe, la justice aurait sans doute des moyens d?agir, d?incriminer et de sanctionner beaucoup plus fort.

Au-delà de cette dénonciation, qui est centrale et évidemment essentielle, il y a un problème de responsabilité : la responsabilité des forces de police et notamment de toutes celles et tous ceux qui contribuent comme on dit à ?maintenir l?ordre public?. La responsabilité du club est évidemment majeure. Faire appel à ces responsabilités, à cette double responsabilité, est évidemment tout à fait essentiel.

Sans doute faut-il aussi se situer dans le contexte. Je pense que Pascal CHERKI a eu raison de faire référence au contexte médiatique entourant le match P.S.G./Marseille avec le rôle de certains commentateurs guidés par des enjeux commerciaux, de lectorat, qui visent à jouer au pompier pyromane, et à dire que tout cela est scandaleux après avoir jeté de l?huile sur le feu.

Je rebondis sur ce que disait Jean VUILLERMOZ à juste titre : si le P.S.G. gagnait, si le P.S.G. n?était pas quatorzième, mais cinquième ou sixième parmi les clubs européens, il est certain que notre discussion serait toute autre, tout du moins, nous serions interpellés de manière différente. Et, voulant éventuellement réduire la subvention, on nous dirait : ?Comment, vous voulez priver de moyens une équipe qui gagne ??.

Mais, voilà, le P.S.G. perd et le contexte médiatique s?en trouve aujourd?hui très différent.

Pour conclure, Monsieur le Maire, j?ajouterai que je comprends la démarche du groupe ?Les Verts?. Ce que je comprends moins, c?est ce verre à moitié vide ou à moitié plein. Pourquoi baisser la subvention ? Si vraiment il faut aller jusqu?au bout de votre démarche, à ce moment-là, il ne faut plus de subvention et la Ville de Paris doit rompre tout lien avec le P.S.G.

Je pense qu?il faut maintenir ce lien et notamment ce lien financier. Cela nous donne la possibilité de débattre au Conseil de Paris, cela nous donne la possibilité d?interpeller, de demander et, quelque part, de faire progresser une situation pour laquelle j?intervenais déjà en cette enceinte, il y a quelques années, et qui, incontestablement, car je voudrais finir sur une note positive, évolue positivement. Ce n?est pas assez rapide à notre goût et sans doute au goût de Pascal CHERKI le premier, mais cela évolue positivement.

C?est la raison pour laquelle, aujourd?hui, en fonction du débat tel qu?il s?est déroulé, le groupe socialiste et radical de gauche souhaite que la subvention du P.S.G. soit maintenue au niveau qui nous est proposé par l?Exécutif.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et ?Les Verts?).

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Bien. Je mets aux voix, à main levée, la proposition d?amendement n° 29 déposée par le groupe ?Les Verts?, assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d?amendement n° 29 est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe du Mouvement républicain et citoyen, assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

 

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2004, V. 245).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 114.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2004, DJS 114).