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Novembre 2004
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2004, DASCO 122 - Autorisation au Maire de Paris de signer une convention SESAME d’aide à la recherche avec la Région d’Ile-de-France pour le projet de recherche “réseau matériaux et propriétés remarquables : oxydes supraconducteurs et magnétiques” poursuivi à l’Ecole de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris et une convention d’aide à la recherche avec le Centre national de la recherche scientifique.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2004


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération de DASCO 122 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention ?Sésame? d?aide à la recherche avec la Région d?Ile-de-France.

La parole est à M. VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ. - Je ne serais jamais le porte-parole de Mme BORVO.

Simplement sur ce projet de délibération, nous nous félicitons de la démarche de la Ville qui s?engage dans la convention ?Sésame? d?aide à la recherche publique en lien étroit avec la Région. Ce projet est un vaste programme qui mettra en ?uvre la collaboration de 6 laboratoires franciliens, qui s?étalera sur 4 ans, avec au bout du compte un rapport d?activité scientifique et un bilan financier.

Le secteur concerné a besoin d?être soutenu car la recherche sur les supraconducteurs à haute température critique annonce des possibilités prometteuses d?application en électronique. Cette démarche est d?autant plus importante que ce secteur stratégique nécessite des appareillages lourds et coûteux. Elle est précieuse car elle impulse des échéances scientifiques afin de créer une unité susceptible de faire face au développement dans ce domaine.

Aider de telles structures de collaboration, c?est comprendre que la recherche en raison de sa complexité a besoin de mutualiser les énergies intellectuelles tout comme les moyens techniques.

Alors que l?ancienne mandature ne s?intéressait pas à la recherche publique et ne lui a accordé aucune subvention, la participation de notre majorité municipale a été en 2002 de

429.000 euros, en 2003 de 875.000, en 2004 de 1.607.500 euros. C?est donc le signe de la volonté de notre Ville de contribuer au développement de la recherche publique. Et je crois que notre Ville capitale qui accueille nombre d?universités, de laboratoires, de centres de recherche dans de nombreux domaines, se devait de corriger son soutien tel que nous le faisons depuis 2001.

Il s?agit, je crois, de poursuivre les évolutions afin de donner à notre soutien un rythme de croissance en phase avec les enjeux que représente la recherche pour notre Capitale. Mais nous ne pouvons passer sous silence l?attitude scandaleuse du Gouvernement qui réduit son soutien financier à la recherche publique. Les conséquences sont lourdes pour l?indépendance et les possibilités de développement de la recherche publique. Il en va aussi de la notoriété de notre pays et de sa place dans le monde dans ce secteur.

Le Gouvernement a décidé de transférer sa responsabilité en faisant porter les 2/3 de l?effort sur les entreprises alors que tout le monde connaît l?incompatibilité totale qu?il y a entre rentabilité et promotion de la recherche. Les exemples dans le domaine pharmaceutique comme ?Adventis? sont éloquents quand on constate que les entreprises ne soutiennent que les créneaux porteurs de rentabilité.

Dans le projet de loi de finances pour 2005, les autorisations de programmes et les crédits de paiement pour la recherche publique connaîtront une hausse nulle. Or, les entreprises ne s?impliqueront dans la recherche industrielle que si la recherche publique est soutenue et dynamique. Le Gouvernement ne prend donc pas le chemin pour répondre au défi de l?avenir en poussant à l?extrême la pénurie des laboratoires publics.

En conclusion, il est impératif de ne pas abandonner la recherche publique et de continuer à faire pression sur ce Gouvernement pour qu?il assume ses responsabilités. Je le répète, la recherche publique a besoin aujourd?hui de notre intervention tout comme de celle de la Région et de l?Etat.

Merci.

 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Madame POURTAUD, vous avez la parole pour répondre.

Mme Danièle POURTAUD, adjointe, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire. Je voudrais remercier le Président VUILLERMOZ et à travers lui Nicole BORVO pour l?intérêt qu?ils ont porté à ce projet de délibération.

En effet, ce projet de délibération permet de souligner que l?Ecole supérieure de Physique et de Chimie industrielle de la Ville de Paris est non seulement une grande école, renommée pour la qualité de son enseignement, mais également un des centres de recherche les plus performants de France.

L?E.S.P.C.I. sera en effet à travers son laboratoire de physique du solide, le maître d??uvre d?un projet réunissant des laboratoires des plus grandes institutions de recherche parisiennes et franciliennes dans le cadre d?une convention ?Sésame? créée et mise en ?uvre par la Région Ile-de-France.

Comme l?a fait mon collègue, c?est pour moi l?occasion de saluer la politique volontariste de la Région pour maintenir le niveau d?excellence de la recherche en Ile-de-France et j?ajouterai aux chiffres qu?il a donnés que le budget consacré à la recherche par la Région est passé de 6,6 millions d?euros en 1998 à 42,6 millions d?euros depuis la nouvelle mandature en 2004.

Ce volontarisme, cet engagement, contrastent singulièrement avec le désengagement de l?Etat. Souvenons-nous des coupes sombres dans les budgets 2002-2003. Je note, comme vous venez de le rappeler, cher collègue, que malgré les promesses, le budget 2005 laisse subsister les inquiétudes. Il s?agit en effet, d?un ?budget sans ambition? déclarait il y a quelques semaines le collectif ?Sauvons la Recherche? qui s?était mobilisé l?année dernière pour dénoncer la situation de la recherche en France.

Je dirai comme nos collègues que la compétition en matière de recherche comme en matière d?enseignement supérieur est maintenant internationale et je signale à mes collègues de la majorité parlementaire, et donc de l?opposition municipale, qui ne m?écoutent guère, que le Gouvernement anglais vient de décider d?augmenter son budget de la recherche de 10 % par an pendant 10 ans ! Et je pourrais ajouter en matière de conclusion et en forme de boutade que l?E.S.P.C.I. a été créé par des industriels et par la Ville de Paris quand l?Etat faisait défaut, pendant la révolution industrielle, il y a 120 ans.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et ?Les Verts?).

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 122.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2004, DASCO 122).