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Decembre 2005
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2005, DASES 460 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer une convention annuelle avec l’association “AIDES Ile de France” sise 119 rue des Pyrénées (20e). - Attribution d’une participation de 20.000 euros pour son programme d’accompagnement à l’autonomie des jeunes hommes en errance ayant des difficultés liées à leur identité sexuelle ou leur pratiques sexuelles.

Débat/ Conseil général/ Décembre 2005


 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente.- Nous examinons le projet de délibération DASES 460 G qui concerne l?association ?Aides Ile-de-France?.

La parole est à Mme Véronique DUBARRY.

Mme Véronique DUBARRY. - Merci, Madame la Présidente.

Ce projet de délibération concerne le versement d?une subvention d?un montant de 20.000 euros pour la mise en place d?un programme tout à fait intéressant par l?association ?Aides Ile-de-France?. Il s?agit en effet d?un accompagnement vers l?autonomie de jeunes hommes en errance, jeunes hommes qui par ailleurs connaissent des difficultés liées à leur orientation sexuelle.

Elue du 10e arrondissement, arrondissement connaissant bien les problèmes de l?errance avec ces deux gares implantées sur son territoire, je me félicite toujours qu?on se penche sur cette problématique. Et je rajoute que ce programme spécifique répond à une autre préoccupation que j?ai déjà eu l?occasion d?aborder ici : le suicide des jeunes et dans ce cas des jeunes gays. J?ai d?ailleurs déposé une question orale sur ce sujet pour ce Conseil-ci. Car l?errance, qui est déjà une source de risque en soi, s?accompagne d?autres prises de risque, alcool, prostitution, toxicomanie, qui sont souvent révélatrices de mal vivre, de mal être pouvant mener au suicide.

Je voudrais, chers collègues, vraiment attirer votre attention sur ce sujet si inquiétant. On sait que le suicide est aujourd?hui en France la première cause de mortalité chez les 25-34 ans et la deuxième cause pour les 15-24 ans. Ce que l?on sait moins - et c?est bien dommage parce que peut-être que cela changerait certains regards et certaines attitudes - c?est que, pour un jeune homosexuel, le risque d?être confronté au suicide est multiplié par sept.

Le changement de regard, dont je viens de parler, passe bien sûr par ce type d?action que nous subventionnons aujourd?hui mais aussi par des interventions dans des écoles, les collèges et les lycées. Mais d?une manière plus générale, c?est un changement plus profond, plus large qui est à envisager. La société dans laquelle nous vivons est dangereusement hétéro normative. Les insultes utilisées dans les cours de récréation sont les mêmes que celles utilisées par les adultes. Les propos tenus, lors des débats sur le PACS, puis plus récemment sur les mariages de couples de même sexe ou sur l?adoption homoparentale ont montré à quel point l?homophobie est présente dans notre société et ce à tous les niveaux, dans toutes les couches sociales. Ce n?est pas anecdotique. Ce sont même souvent les raisons pour lesquelles ces jeunes, dont nous parlons aujourd?hui, se retrouvent dans la rue.

Je finirai concernant ce projet de délibération - que, bien sûr, nous allons voter, cela va de soi - par deux regrets et deux demandes qui y affèrent. Le premier regret est la limitation du public concerné par cette action, car on sait que les difficultés rencontrées par les jeunes lesbiennes et les jeunes bis sont les mêmes. Et je souhaiterais savoir si d?autres associations et d?autres programmes de ce type, à destination de ces publics, sont envisagés.

Le second regret est que les résultats de cette action présentée dans ce projet de délibération, pour intéressants qu?ils soient, sont bien trop succincts et ne permettent pas de se faire une idée réelle du programme tel qu?il a été lancé. Je souhaiterai savoir donc s?il est possible qu?il soit communiqué en version intégrale aux Conseillers de Paris.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente, au nom de la 6e Commission. - Je partage les observations de Mme DUBARRY, sur l?intérêt de l?action conduite par l?association. En effet, des jeunes vivent dans une très grande précarité et trouvent là un soutien préventif et aussi une action de solidarité envers des personnes très exposées du point de vue de leur santé, en particulier. L?accompagnement est tout à la fois social et psychologique et fait appel à des bénévoles de l?association et à un travail en réseau tout à fait prometteur.

Cette action préfigure, sachez le, la création d?un futur centre d?hébergement et de réinsertion sociale qui serait organisé sur deux sites dans le 10e arrondissement pour mener à bien le programme d?accompagnement à l?autonomie de ces jeunes hommes en errance, avec des difficultés liées à leur identité sexuelle ou à leurs pratiques sexuelles.

Nous avons soutenu cette action en 2004. Nous reconduisons notre soutien en 2005, sachant que l?Etat a apporté un financement modeste complémentaire. Pour l?avenir, des développements intéressants sont prévus. Le public est ciblé, mais si d?autres associations nous présentent des actions qui revêtent le même intérêt, nous les étudierons avec sérieux. Certes, les résultats sont succincts, si on dispose d?un rapport d?activité plus conséquent, plus fourni, nous vous le transmettrons volontiers.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 460 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2005, DASES 460 G).