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Mars 2000
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29 - 2000, PJEV 2 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres pour l'aménagement des espaces verts de la Z.A.C. "Alésia-Montsouris" (14e)

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2000


M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération PJEV 2 relatif à un marché sur appel d'offres pour l'aménagement des espaces verts de la Z.A.C. "Alésia-Montsouris".
La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, vous nous demandez d'approuver le principe et les modalités de réalisation des espaces verts de la Z.A.C. "Alésia-Montsouris" et de lancer les appels d'offres correspondants.
Il s'agit essentiellement d'un jardin de 2.200 mètres carrés et d'une aire de jeux de 2.650 mètres carrés. La description faite dans l'exposé des motifs est on ne peut plus vague. Aucun plan n'est joint, aucun relevé topographique. Auriez-vous quelque chose à cacher ? Des aqueducs par exemple ?
Il est vrai que l'aqueduc de Marie de Médicis et son voisin l'aqueduc de Lutèce n'ont jamais figuré sur aucun document du plan d'aménagement de zone de la Z.A.C. Vous nous l'aviez caché lors de l'approbation du P.A.Z. par le Conseil en novembre 1995. Sans l'intervention des riverains et une campagne de presse, ils auraient disparu. Une seule phrase les concerne dans votre exposé des motifs : "Les aqueducs sont mis en valeur, un regard d'accès à l'aqueduc Médicis réplique du regard dit de la Rochefoucauld est aménagé." C'est flou ! Combien de mètres carrés ont été détruits ? Combien seront préservés ? Dans quelles conditions ?
Le coût des travaux est estimé à 10.295.000 F T.T.C. C'est précis. Il n'a pas été fixé au hasard, mais par rapport à un projet que l'on ignore.
Compte tenu des surfaces, il me paraît excessif de parler "d'aires de repos au creux des vallons", à moins que ce ne soit de l'humour ! 2.200 mètres carrés, Monsieur le Maire, mes chers collègues, c'est environ trois fois la surface de la salle du Conseil de Paris avec ses tribunes ! C'est peu pour les 2.500 à 3.000 futurs habitants. Avouez que sur 6 hectares de Z.A.C. 4 % d'espaces verts c'est très insuffisant.
Le jardin et l'aire de jeux en continuité visuelle, sur des niveaux décalés, vont se trouver largement réduits par les talus qui en occupent une bonne partie : ceux couvrant les deux aqueducs et ceux encadrant l'espace de jeux, talus des voies ceinturant le jardin et talus côté voies ferrées du R.E.R., couronné d'un mur écran antibruit en béton.
Les plans de ces aménagements nous auraient été fort utiles pour savoir où se situent les vallons et la grande pelouse. Mais croyez-vous vraiment que ces aménagements paysagers permettront une réelle conservation des deux ouvrages historiques que constituent les aqueducs ? Les faibles épaisseurs de terre assureront-elles durablement la protection de la galerie de l'aqueduc de Marie de Médicis et son regard qui a dû être étayé ? A quoi bon conserver quelques mètres de l'aqueduc de Lutèce sous une butte, alors que sa goulotte a été outrageusement détériorée par les pelleteuses de chantier ?
Je suis inquiète sur les aménagements qui seront réalisés, de récentes créations d'espaces verts n'étant pas une réussite. Par exemple les deux petits jardins que vous avez créés dans la Z.A.C. "Paris-Rive gauche" sont si mal faits que les enfants sont contraints de jouer au ballon dans les rues adjacentes ou au pied des marches de la Bibliothèque.
Le jardin James Joyce, par exemple, n'a qu'une minuscule pelouse au centre et la majeure partie est recouverte de lauriers impénétrables. Cela fait du vert sur un plan, cela ne fait pas un jardin à vivre où les enfants notamment puissent jouer et courir.
Enfin, la Z.A.C. "Alésia-Montsouris" bénéficie de quelques mini coins verts, la terrasse triangulaire déjà plantée de quelques arbres à l'angle de l'avenue Reille et de la voie nouvelle est une transition dérisoire avec le parc Montsouris. La placette, elle aussi triangulaire, de faible dimension, au droit de l'impasse Reille, sera un lieu de passage et d'attente pour l'école voisine. Quant à la terrasse plantée de 900 mètres carrés au-dessus du gymnase, à l'autre extrémité de la Z.A.C., elle ne sera pas accessible, mais seulement visible depuis les immeubles en surplomb.
Les espaces verts auxquels on ne peut plus accéder, ont été mis à la mode par le Président Mitterrand avec la Bibliothèque de France et visiblement imité par la Ville de Paris maintenant. Nous sommes loin de la Z.A.C. verdoyante annoncée. Les constructions qui commencent à sortir de terre, ne laissent aucun doute sur son devenir. Elles sont denses, avec trop de logements et des P.L.A. en bordure de voies, là où vous auriez pu privilégier des équipements sociaux, des terrains de jeux et la conservation des aqueducs.
Je m'abstiendrai sur ce projet.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci.
La parole est à Mme MACÉ de LÉPINAY pour vous répondre.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Je voudrais tout d'abord indiquer à Mme SCHNEITER que le programme du jardin et de l'aire de jeu de la Z.A.C. "Alésia-Montsouris" ainsi que les projets de ces équipements ont été présentés à plusieurs reprises aux riverains, associations de quartier et élus d'arrondissement, notamment le 7 janvier 1999 et le 1er octobre 1999, le Conseil d'arrondissement ayant pour sa part adopté le programme le 14 septembre 1998.
Il n'est pas habituel pour des raisons de coût évidentes de joindre les plans au projet de délibération mais je tiens bien entendu à votre disposition, Madame SCHNEITER, un plan de zone qui fait apparaître les nombreux espaces verts de ce quartier Alésia-Montsouris. Je vais vous le faire porter tout de suite d'ailleurs, si quelqu'un veut bien le prendre...
Merci.
En ce qui concerne les aménagements eux-mêmes, la mise en valeur des aqueducs, la réalisation d'un regard d'accès ont fait partie intégrante du programme remis au concepteur. Les projets ont été mis au point en accord avec la Commission du Vieux Paris. Les terrains seront en effet de ce fait vallonnés mais les talus recouverts de pelouses seront ouverts au public.
Le jardin comprendra tout de même, outre les cheminements variés et plusieurs équipements pour adolescents, un espace de 300 mètres carrés permettant les jeux de ballon. On n'aura donc pas besoin d'aller dans les rues adjacentes, Madame SCHNEITER...
Mme Laure SCHNEITER. - 300 mètres carrés c'est la moitié de cette salle.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, rapporteur. - ... pour taper dans un ballon - je sais que vous aimez bien que les enfants de Paris puissent taper dans un ballon - ce sera quand même un espace non négligeable. Voilà les éléments que je pouvais vous apporter Mme SCHNEITER.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci, chère collègue.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération PJEV 2.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, PJEV 2).