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Mars 2000
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Conseil Municipal
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106 - QOC 2000-194 Question de M. Jean-Pierre REVEAU, élu du Front national, à M. le Préfet de police à propos de l'insécurité grandissante dans le 18e arrondissement

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2000


Libellé de la question :
"L'insécurité dans le 18e arrondissement s'aggrave semaine après semaine : marché aux voleurs de la rue de Panama, toxicomanie dans le quartier de la Chapelle, commerces illicites rue Myrha, etc.
M. Jean-Pierre REVEAU demande à M. le Préfet de police les mesures qu'il entend prendre personnellement ou qu'il compte demander au Gouvernement (Ministre de l'Intérieur) pour que le 18e redevienne un arrondissement où s'appliquent les lois de la République."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"Les difficultés auxquelles sont confrontés les habitants des secteurs Château-Rouge - Marx-Dormoy - la Chapelle ont essentiellement pour origine les nuisances liées d'une part, à la fréquentation de nombreux commerces exotiques et d'autre part, à la présence de trafiquants et de consommateurs de produits stupéfiants.
Conscients de ces problèmes, les services de la Préfecture de police sont particulièrement mobilisés et développent leur action dans plusieurs directions :
- l'intensification de la présence policière sur la voie publique ;
- la sécurisation des deux secteurs ;
- les contacts avec les habitants et les sociétés gestionnaires d'immeubles ;
- la répression du trafic de drogue.
- S'agissant du premier point, la présence policière se manifeste par l'implantation d'effectifs, en tenue et en civil, dans ces quartiers.
Le 18e arrondissement bénéficie ainsi de points de visibilité, de rencontre et de dissuasion (P.V.R.D.), tenus par des îlotiers.
En permettant aux riverains de se rapprocher des policiers, à des heures régulières et en des lieux précis et fortement fréquentés, ce type de dispositif fait naître un sentiment de sécurité de proximité dans l'esprit des intéressés.
Cette action complète le travail déjà effectué par les îlotiers et les surveillances menées par les effectifs de la Brigade anti-criminalité.
S'agissant des commerces à l'origine de nuisances occasionnées aux riverains, j'ai été amené à prononcer trois mesures de fermeture administrative à l'encontre d'établissements implantés dans le secteur Château-Rouge, depuis le début de l'année. Deux ont été prises au titre de l'ordre et de la tranquillité publics, l'une pour 3 mois, l'autre pour 6 mois, durée qui a été portée à 10 mois par M. le Ministre de l'Intérieur. La dernière mesure a été prise au titre de l'hygiène. Son abrogation est subordonnée à la réalisation de travaux prescrits.
- Ce maillage policier est renforcé par des opérations de sécurisation pour lesquelles d'importants effectifs sont engagés.
L'action menée par les services de la Préfecture de police, mais aussi de l'Etat, dans ce secteur est de ce point de vue exemplaire. Des opérations conjointes et coordonnées de grande ampleur sont, en effet, ponctuellement réalisées dans cette partie de l'arrondissement.
Pour le seul site de Château-Rouge, un bilan portant sur les mois de janvier et février 2000 fait état du contrôle de 2.299 personnes, dont 72 ont été conduites au poste de police et 146 ont fait l'objet d'une procédure judiciaire. 1.488 procès-verbaux de contravention ont, par ailleurs, été dressés pour divers motifs.
Outre ces opérations ponctuelles, ce quartier bénéficie d'une implantation régulière d'une section de compagnie d'intervention de la Direction de l'Ordre public et de la Circulation, appuyée d'éléments issus des effectifs locaux.
- L'action policière en direction de ces deux secteurs intègre également un travail de contacts avec la population.
Tous les signalements de riverains, relatifs à des problèmes de sécurité dans leur quartier, qui parviennent à mon cabinet, sont suivis d'une prise de contact avec les intéressés. Ces rencontres permettent de rassurer les administrés sur la prise en compte de leurs doléances et d'adapter la réponse aux difficultés rencontrées.
J'ajoute qu'un effort tout particulier est fait en direction des syndics d'immeubles du quartier Château-Rouge, avec lesquels d'étroits contacts sont établis à l'initiative du commissariat central du 18e arrondissement.
- La lutte contre le trafic et l'usage de stupéfiants est une priorité des services de police.
Dans le cadre de la réforme de ses directions actives, la Préfecture de police a déconcentré une partie de ses moyens d'intervention, en confiant à la Direction de la Police urbaine de proximité des compétences en ce domaine.
Les résultats obtenus par cette direction en matière de deal de rue illustrent les effets bénéfiques de cette réforme.
Pour les deux premiers mois de l'année, l'activité policière dans le quartier Chapelle se traduit par les résultats suivants :
- 9 interpellations en flagrant délit de cession et de détention de drogue ;
- 65 personnes placées en garde à vue, dont 22 ont été déférées au parquet de Paris.
Au sein de la Direction de la Police judiciaire, outre la Brigade des stupéfiants, les services territoriaux sont davantage mobilisés sur cette mission. Une section spécialisée dans la lutte d'initiative contre les stupéfiants a été mise en place, dans chacune des trois divisions de police judiciaire.
Les résultats obtenus par cette direction, qui axe essentiellement son action en direction des réseaux de trafiquants de drogue, sont encourageants.
Plusieurs enquêtes, initiées à partir du 18e arrondissement, ont été menées à leur terme, depuis janvier 2000.
La première, réalisée le 4 janvier, a permis l'arrestation de deux revendeurs qui s'apprêtaient à vendre un peu plus de 3 kilogrammes d'herbe de cannabis.
Treize jours plus tard, un réseau structuré de trafiquants d'héroïne, approvisionnant les quartiers nord de la Capitale, était démantelé. L'enquête permettait d'établir que ces personnes se rendaient aux Pays-Bas et en Espagne, depuis au moins 2 ans, afin de s'approvisionner en produits stupéfiants, la marchandise étant ensuite écoulée par des revendeurs parisiens.
Enfin, le 14 février dernier, deux individus étaient interpellés en flagrant délit de revente de 2 grammes d'héroïne.
Bien entendu, ces multiples formes d'action seront activement poursuivies afin d'assurer la sécurité des habitants du 18e arrondissement."