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Mars 2000
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4 - 2000, DVLR 48 - Communication de M. le Maire de Paris faisant suite aux états généraux de la qualité de la vie

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2000


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la communication sur les états généraux de la qualité de la vie.
Le 4 décembre se sont tenus les Etats généraux, foisonnants, passionnants, expérience novatrice et fondatrice d'une nouvelle ère dans notre vie municipale. Près de 5.000 citoyens, de tous âges, de tous bords et de tous quartiers se sont mobilisés, prenant un temps sur leurs loisirs pour répondre à l'appel que je leur avais lancé.
Pour la première fois l'occasion était offerte aux Parisiens de se rassembler ici, de dialoguer sans intermédiaire, sans filtre ni censure d'aucune sorte, avec le Maire, les élus et les responsables des administrations. Cette journée a remporté un grand succès, nous sommes en train d'inventer à Paris une nouvelle forme de gouvernement municipal.
La Ville change. Elle ne ressemble plus au n?ud routier asphyxiant, au tourniquet des autocars qu'elle était encore il y a 25 ans, on y croise des cyclistes, des piétons, des rollers qui construisent une nouvelle pratique de la rue que les autres capitales - les maires me l'ont dit - regardent avec étonnement et intérêt.
Les générations, le mode de vie, les besoins coexistent dans les quartiers selon des codes et des pratiques récentes, s'est engagée depuis 5 ans une révolution douce. Elle ne fait, je crois, que commencer. J'ai voulu prendre la mesure du phénomène en grandeur réelle et j'ai voulu que la manière de répondre aux attentes des Parisiens n'ait plus rien à voir aujourd'hui avec ce qu'elle était il y a quelques années.
Je crois que cette audace a été payante. Depuis le début de la mandature c'est toujours ainsi, en concertation avec les Parisiens, les associations et les élus que tous les grands choix de la Municipalité en matière d'urbanisme, d'aménagement de l'espace public, des transports, ont été faits.
Certains voient dans la concertation et les associations des instruments de conflit, j'y vois des instruments de travail pour faire aboutir des projets. J'écoute les maires d'arrondissement, les associations, la parole libre des Parisiens, j'ai été le premier lecteur des questions arrivées à l'Hôtel-de-Ville, il y a eu 10.000 réponses à l'enquête préalable aux états généraux, ce chiffre seul prouve combien l'attente était grande.
La notion de qualité de la vie en ville, que j'avais mise en avant devant ce Conseil en avril 1996, a été, vous l'avez entendu, prise par tous, de tous bords politiques confondus. Elle recouvre des questions liées à l'environnement, à l'écologie, au patrimoine, au respect du cadre de vie urbain et je me félicite de l'extraordinaire fortune de cette idée forte qui constitue l'un des grands axes fondateurs de mon action, de notre action.
Nos concitoyens se sont exprimés librement, élogieux ou critiques, toujours concrets, précis et authentiques, nous signalant, notamment à l'Administration, tout ce qui à leurs yeux méritait au moins une enquête et quelquefois un changement. Les 15.000 exemplaires du volume du Bulletin municipal donnant - j'y tenais beaucoup - l'intégralité de ces textes, ont été rapidement épuisés, preuve de l'intérêt de ces pages, accessibles par grands thèmes grâce à un index qui montre - et cela vaut bien des sondages - quelles sont les vraies préoccupations des habitants de la Capitale.
Chacun en fit donc son profit mais d'abord - c'est ce que j'ai plaisir à vous dire ce matin - notre équipe municipale qui s'est sentie soutenue comme jamais elle ne l'avait été, fortement encouragée à persévérer dans cette voie, que je crois excellente, de la démocratie directe. Aucune ville au monde ne va dans ce domaine aussi loin que nous.
Je veux faire le point des premières mesures mises en oeuvre en trois mois pour répondre aux attentes qui se sont exprimées ce jour là et satisfaire la totalité, je dis bien la totalité, des demandes des parisiens. Cette rapidité d'exécution ne tient pas du miracle, elle a je crois quelques raisons qui me paraissent-elles aussi très neuves.
Vous avez constaté la nouveauté de la méthode, vous avez vu une fois de plus que les Parisiens ne se payent pas de mots, ni de l'ampleur des discours fleuris sur "la Seine, axe de vie et de lumière", ils veulent savoir pourquoi les douches sont payantes dans les piscines, pourquoi leurs rues sont moins souvent nettoyées que les rues voisines, pourquoi on ne déplace pas leur arrêt d'autobus. Certains peuvent mépriser des demandes parfois humbles, parfois très limitées. Je considère pour ma part que le devoir d'un maire et la noblesse de sa tâche est d'écouter ces attentes quotidiennes. Un maire est le garant de l'intérêt général.
Prêcher sur toutes les ondes la politique de proximité ne suffit pas, il faut la vivre et que le résultat soit tangible. La parole des Parisiens est extrêmement puissante, quand la parole de tous arrive aussi directement à l'Administration et que celle-ci la ressent comme authentique et forte, l'action qui vient en réponse est immédiate.
L'efficacité des fonctionnaires de la Ville explique le grand succès de ces opérations menées en 3 mois. Je veux les remercier ici, devant vous, mes chers collègues, ils ont énormément travaillé, tandis que les projecteurs de l'actualité se dirigeaient ailleurs. On dit volontiers que le bilan de la Municipalité est un bon bilan, c'est je crois parce qu'il est d'abord le bilan d'une action tenace, légitime, fondée sur ce parti pris de proximité et d'écoute attentive de nos concitoyens.
A la majorité des demandes ponctuelles il a été répondu immédiatement, il m'est apparu que les services offerts par la Ville aux Parisiens étaient trop mal connus, mi-avril les premiers Infobus circuleront dans les quartiers afin de faciliter les démarches administratives de chacun. Les Parisiens trouveront ainsi un bureau de la mairie au pied de leurs immeubles, y seront affectés des agents administratifs disposant de ma délégation de signature.
J'ai annoncé en outre ce 4 décembre 1999 des mesures d'ordre général dans quatre domaines: circulation et pollution, environnement et urbanisme, culture et sports, sécurité et démocratie locale. Vous en connaissez le détail. Je voudrais souligner simplement quelques idées qui me paraissent exemplaires.
Pour réduire la circulation automobile dans Paris, plusieurs projets sont en cours, nous allons créer de nouvelles lignes de quartiers équipées de bus électriques d'une trentaine de places, comme il en existe déjà sur la Butte-Montmartre dont tous les autocars ont aujourd'hui disparu.
J'ai annoncé également les travaux pour la mise en valeur des quais de la Seine, on y croisera bientôt des promeneurs tranquilles. J'ai plaisir à signaler à ceux qui font figurer cette idée dans des programmes que les travaux commencent dans une quinzaine de jours, ce chantier terminé à la fin de l'année témoignera avec une très grande force des efforts entrepris depuis 1995 pour embellir la Capitale, repenser les déplacements, faire reculer la pollution de l'air.
Pour encourager les Parisiens à utiliser moins leur voiture, j'ai lancé ce jour là le lancement d'une carte hebdomadaire permettant aux résidents de stationner une semaine pour 75 F payés à l'horodateur. Le 3 avril prochain ce sera chose possible et je parie sur l'immédiat succès de cette mesure.
Le plan "Vélo" suscite dans le même esprit une belle unanimité, nous allons le compléter en liaison avec le Comité technique des associations et les élus concernés.
Désormais les Parisiens sont informés en temps réel de la qualité de l'air de la Capitale et non plus le lendemain, comme cela s'est produit pour la 5e fois la semaine dernière la Ville est en mesure de déclarer tout de suite la gratuité du stationnement résidentiel et la limitation de la vitesse.
De nombreuses demandes concernaient la propreté de la Ville. Pour la propreté de la Ville, pour la propreté des trottoirs, la rubrique "déjections canines" vient en tête, dans l'index du volume que j'évoquais ce matin. Il faut agir mieux que nous ne l'avons fait.
J'ai demandé le doublement des effectifs du Centre d'action de la Propreté de Paris. 40 nouveaux agents figureront parmi les emplois du budget modificatif 2000, 20 agents supplémentaires seront recrutés au second semestre pour compléter le service de nettoyage des rues à la lance.
En ce domaine comme dans les autres, nous aiderons les Parisiens, mais c'est aussi à eux de respecter l'univers quotidien et de faire preuve de civisme. On leur distribuera le matériel qui leur permettra de veiller eux-mêmes à l'agrément de leur environnement.
Je ne suis pas favorable à une taxe sur les chiens qui risque d'être comprise comme un droit à polluer. En revanche, il faut être plus sévère. J'invite le Préfet de police à faire verbaliser les infractions par ses agents de manière systématique. C'est naturellement dans les quartiers défavorisés que de nouvelles mesures ont été prises en priorité pour l'amélioration de la qualité de la vie.
Création par exemple en liaison avec le Conseil régional de 3 centres d'accueil de médiation et de socialisation.
Le premier de ces centres pour les jeunes, dont je suis particulièrement fier, ouvrira à Belleville en septembre 2000.
Deux autres demandes fortes, essentielles à mes yeux : la culture et les sports.
J'ai décidé de la gratuité des musées de la Ville le dimanche jusqu'à 13 heures. Le succès a été immédiat.
La première matinée gratuite, le musée Carnavalet a doublé le chiffre de sa fréquentation. J'ai par ailleurs décidé de proposer au prochain budget modificatif 1 million pour le lancement des études préalables afin, dans environ 30 mois, de disposer d'une nouvelle salle de travail dotée d'une bibliothèque visuelle pour les étudiants et chercheurs, ouverte tard le soir et le dimanche, dans le bâtiment de l'ancien collège Sainte-Barbe voisin de la bibliothèque Sainte-Geneviève, des grands lycées et des universités.
Pas plus que la gymnastique intellectuelle, celle du corps ne doit rester un privilège.
Depuis le 1er mars, pour répondre à une demande juste, les chômeurs et bénéficiaires du R.M.I. peuvent accéder gratuitement aux piscines et tennis de la Capitale avant 11 heures.
Les bains douches sont désormais gratuits répondant à une demande à caractère social et humain.
Les Parisiens ont compris que tout ne dépend pas de la Ville, mais qu'elle doit jouer dans le domaine de la qualité de la vie le rôle d'un premier moteur. Je rêve d'un Paris capitale de la solidarité, nous en prenons le chemin, beaucoup de lettres le disent et j'en ai été très touché. C'est pourquoi je souhaite renouveler cette formule souple, efficace, inventive d'états généraux à l'Hôtel-de-Ville.
Je vous confirme ce que j'annonçais aux Parisiens le 4 décembre : la tenue dans le courant de cette année des états généraux de la solidarité. C'est ainsi que nous rassemblerons tous celles et tous ceux qui sans écouter les remous politiciens veulent nous aider à inventer la Ville de notre avenir.
Je vous remercie.
La parole est à M. TUROMAN.
M. Michel TUROMAN. - Monsieur le Maire, la consultation, la tenue des Etats généraux de la Qualité de la Vie a montré avec force, s'il en était besoin, l'ampleur des préoccupations, des exigences et des attentes des Parisiennes et des Parisiens. Elles touchent à tout ce qui fait leur vie quotidienne, à leur environnement, et elles montrent surtout l'ampleur des changements à opérer dans votre politique.
Ainsi, 5 ans après votre élection, vous découvrez les vertus de la concertation. Il n'est que temps ! Et 5 ans après, vous essayez de répondre aux attentes qui s'expriment. Bel exercice en vérité qui s'apparente plus à une opération de séduction.
Ceci étant dit, 10.000 réponses sur 600.000 questionnaires envoyés vous sont parvenues. Ces réponses ont été consignées dans un volume de 460 pages. Elles portent sur la voirie, la pollution, la propreté, les parcs et jardins, la voiture, les chiens, le stationnement, le bruit... en un mot, sur des questions sensibles sur lesquelles nous n'avons cessé de vous alerter.
Vous dites les prendre en compte aujourd'hui. Mais comment vous croire car aujourd'hui comme hier, il demeure bien difficile de se faire entendre par votre majorité.
Pour ne prendre que ces exemples, les grandes opérations d'aménagement, la construction de logements chers sont décidés sans concertation. Les aspirations dans des domaines essentiels ne sont pas entendues. Les besoins sont ignorés dans un budget qui fait des économies dans toutes les dépenses utiles.
Cependant, le document issu des états généraux est un travail considérable que personne ne peut ignorer. Il comporte des idées utiles qui restent à analyser pour aller au fond des choses. Il s'agit bien là d'un véritable cahier de doléances de l'an 2000, d'une photographie de la Capitale et de la vie des Parisiens.
Et il y aurait eu beaucoup plus de réponses si, sur cette question centrale de la qualité de la vie, les habitants de la Capitale, en liaison avec ceux qui y travaillent et qui s'y déplacent, étaient associés en permanence à une réelle concertation décentralisée dans les arrondissements et les quartiers. J'y reviendrai.
J'en viens maintenant aux mesures que vous avez décidées de mettre en ?uvre. Toutes sont utiles, mais bien souvent elles restent à la surface des choses.
Ainsi, concernant la circulation et la pollution. Qui peut être contre le tramway, la création de lignes de bus de quartier, la reconquête d'espaces publics en faveur des piétons, le développement du vélo ou une meilleure information des Parisiens sur la pollution ?
Ce sont là des propositions que le groupe communiste a avancées depuis longtemps. Et la Région comme l'Etat n'y sont pas étrangers.
Mais où en est la Ville de l'objectif et des mesures à prendre pour réduire de plus de 5 % la circulation automobile qui est responsable à 80 % de la pollution comme du bruit que supportent les Parisiens ?
Qu'en est-il de la suppression des axes rouges réclamée par nombre d'associations et de riverains ? Vous n'en dites pas un mot.
Qu'en est-il de la définition d'un plan pluriannuel de mise en site propre des couloirs de bus, afin d'augmenter leur vitesse commerciale, leur fréquence pour gagner sur la place occupée par l'automobile ?
Et qu'en est-il de la circulation des autocars ?
Une communication va nous être présentée lors de la prochaine séance. On s'achemine, si j'ai bien compris, vers l'interdiction de la circulation des cars boulevard de Clichy et Rochechouard, mais en la matière on le doit aux riverains et aux associations.
Quant à la Ville ? Elle a fait la sourde oreille pendant des mois.
Quant aux transports des marchandises par rail et par voie d'eau, il n'en est nullement question. C'est pourtant crucial pour combattre la pollution.
Concernant l'environnement et l'urbanisme. Evidemment nous sommes d'accord avec la définition de nouveaux P.O.S. de quartiers et de secteurs de protection. Bien évidemment nous sommes pour la création d'espaces verts pour un meilleur traitement des déjections canines, mais cela peut-il suffire ?
Ainsi, en matière de logement, quand allez-vous programmer la construction de logements sociaux, pas seulement dans les arrondissements de l'Est, mais sur les arrondissements du Centre et à l'Ouest afin de favoriser la mixité sociale ?
Quand allez-vous construire dans les arrondissements fortement densifiés les équipements publics de proximité qui font tant défaut ?
Quand allez-vous lancer un plan pour le renouveau des quartiers bordant les boulevards des Maréchaux ?
Quand allez-vous faire l'état des lieux des écoles parisiennes pour programmer les travaux et les constructions nécessaires ?
Quant à la propreté, parlons-en ! Vous vous êtes fait, Monsieur le Maire, chahuter quand vous avez indiqué que Paris était la ville la plus propre du monde. Peut être, mais les Parisiens ne le ressentent pas comme cela ! Les avez-vous réellement entendus ?
Quand allez-vous mettre des effectifs en nombre suffisant pour nettoyer chaque jour les rues parisiennes, et cela pas simplement dans certains secteurs ?
Quand allez-vous mettre en place un grand service public de la propreté diversifié dans ses missions avec le retour en son sein des services confiés au privé.
Concernant la culture et le sport, bien sûr, il faut une plus large ouverture des musées aux Parisiens, bien sûr il faut une bibliothèque ouverte tard le soir, bien sûr il faut une meilleure ouverture des équipements sportifs, mais enfin n'est-ce pas la Ville qui a tenté, il y a quelques mois, d'augmenter considérablement les tarifs des piscines ? N'est-ce pas la Ville qui se refuse à créer dans les quartiers les petits équipements sportifs ou culturels de proximité ? N'y avait-il pas là matière à recenser tous les besoins dans les arrondissements ?
J'en viens pour terminer au développement de la démocratie locale.
Vous annoncez une série de propositions pour moderniser et adapter les services administratifs pour une meilleure information des Parisiens ; c'est le moins que l'on puisse faire ! Mais est-ce suffisant pour que les Parisiennes et les Parisiens participent concrètement à la gestion de leur ville, pour qu'ils interviennent et décident vraiment des affaires qui les concernent ?
C'est avec les Parisiens eux-mêmes qu'il faut débattre en permanence des questions, discuter des priorités, mettre en place les solutions les meilleures.
Plus on consultera les Parisiens, plus ils constateront qu'ils sont co-acteurs des décisions urbaines, plus ils agiront eux-mêmes à la mise en oeuvre de ce qui est décidé.
Il y a une immense aspiration à être associé et à intervenir.
Certes, les CICA existent et il faut améliorer leur fonctionnement.
Quant aux Conseils de quartier, ils sont un instrument positif pour aller dans ce sens. Il faut les multiplier dans tous les arrondissements et leur donner les moyens réels d'une fonctionnement.
Pour finir, vous nous confirmez la constitution d'un conseil municipal des associations et vous vantez les mérites de celles-ci. C'est nouveau, mais quels moyens leur seront accordés pour être véritablement entendus ?
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur KUBICZ, vous avez la parole.
M. Richard KUBICZ. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, dans l'introduction qui précède le vaste catalogue que vous nous avez fait parvenir, vous soulignez que tous les grands choix de la Municipalité, en particulier en matière de déplacements, d'urbanisme, d'aménagement de l'espace public, ont été définis en concertation avec les associations, les habitants et leurs élus.
C'est en effet l'une des ruptures fondamentales avec les m?urs anciennes que d'associer ainsi ceux qui donnent à notre ville sa personnalité, ses couleurs, son âme.
Quelle rupture avec cette administration préfectorale, sûre d'elle, avec ses règles d'hygiène qui jadis détruisit une partie du 13e, toute la Place des Fêtes, une grande partie du Belleville historique et dont nous voyons encore aujourd'hui la misérable signature dans le trottoir ouest de l'avenue de Flandres.
Cette démonstration, vous l'avez initiée et nous vous en félicitons, avec d'autant plus de chaleur que nous avons l'impertinence de penser que nous sommes pour beaucoup dans cette rupture avec le passé. Le groupe Paris Libertés ou vos adjoints qui en sont issus, ont en effet toujours milité pour que les Parisiens soient enfin les acteurs de leur propre destin.
Que dire des mesures et projets qui figurent dans votre communication ? Que votre politique, celle de vos adjoints, MM. TRÉMÈGE et PLASAIT, est volontariste, ingénieuse, que ce soit en matière de circulation, de stationnement, de développement de nouveaux moyens de transport ou encore dans le domaine le plus sensible aux Parisiens : la propreté.
Je remarque simplement qu'encore une fois, la Ville est seule.
Prenons l'exemple des autocars. Vous nous annoncez la signature prochaine d'une charte avec la profession. C'est une excellente initiative, mais croyez-vous que la Préfecture de police sera d'un grand secours lorsque les cars hongrois ou slovaques mépriseront en toute souveraineté cette charte et continueront à se garer à deux pas de Notre Dame ?
Qui vous aidera à convaincre les propriétaires de chien d'acquérir, comme vous le dites joliment, le geste du ramassage ?
Nous avions pu constater lors de l'examen du budget que la Préfecture de police n'avait en un an relevé que six infractions canines et, fidèle à la philosophie de Jack LANG, n'avait vu dans les tags qu'une forme hautement sophistiquée du désespoir urbain !
Il manque à votre politique un maillon, un bras armé, une police de proximité qui permette de faire respecter vos projets.
Une proposition de loi a été déposée en ce sens par nos élus, autour de Jacques DOMINATI. Nous attendons que tous ceux qui se sont récemment prononcés en faveur d'une police de proximité sur tous les bancs la soutiennent pour qu'enfin Paris sorte de son exception qui aujourd'hui est son plus lourd handicap. Merci.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Paris-Libertés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci. La parole est à M. DELANOË.
M. Bertrand DELANOË. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, la qualité de la vie constitue la priorité absolue pour une majorité de Parisiens; elle désigne même une question posée à toutes les grandes métropole européennes, une sorte de défi lancé au monde urbain, au-delà des frontières car c'est un fait, la ville est souvent assimilée à un environnement oppressant, anarchique.
A Paris, cette réalité trouve des traductions malheureusement connues : hyperdensité d'un espace public largement dédié à la voirie, hégémonie automobile. Quant aux pollutions atmosphériques et phoniques, elles constituent désormais un grave problème de santé publique qui touche en particulier les enfants, les personnes âgée et toutes celles qui souffrent de problèmes respiratoires.
Le 4 décembre, vous avez organisé vos Etats généraux de la qualité de la vie, Monsieur le Maire. J'ai là un interview du 1er avril 1998 dans "Le Monde" où vous annonciez un grand débat sur le sujet avant la fin de l'année.
Donc ces Etats généraux répondaient à cet engagement, mais avec juste un an de retard !
C'est toujours intéressant de recueillir des témoignages directs de nos concitoyens.
Cependant, chacun a compris que votre initiative s'inscrivait avant tout dans une opération de communication et j'en veux pour preuve le formidable décalage qu'il y a entre les attentes exprimées à cette occasion et les conséquences que vous en tirez car ce que nous disent les Parisiens, c'est leur désir profond d'une autre ville, d'un autre modèle citadin qui reflète les nouveaux modes de vie, la diminution du temps de travail, l'aménagement des rythmes scolaires, le développement des activités à domicile et la révolution d'Internet qui change la donne en termes de relations humaines, sociales et même commerciales.
Cela implique une révolution dans l'organisation des déplacements. C'est aussi la volonté de créer un ensemble plus ouvert, plus convivial, plus écologique et moins centralisé.
L'aspiration des citoyens, je devrais dire l'aspiration civique, me semble évidente à la lecture des témoignages recueillis.
Or dans vos réponses, vous démontrez surtout votre incapacité à prendre la réelle mesure de ces attentes.
Là où les Parisiens dessinent une vraie rupture, vous vous contentez de rafistoler un modèle obsolète ; j'en prendrai plusieurs exemples.
D'abord, la politique du stationnement. Vous nous annoncez la mise en place d'une carte désormais hebdomadaire dont le coût sera de 75 F, mais est-ce vraiment révolutionnaire ? L'objectif devrait être de dissuader les Parisiens de prendre leur voiture pour les trajets domicile/lieu de travail. Ceux-ci ne le font pas forcément par plaisir, mais parce que le prix du stationnement résidentiel à Paris leur paraît prohibitif.
Or, en quoi votre mesure change-t-elle les choses ? Payer 15 F par jour pendant cinq jours ou bien 75 F pour une semaine, où est la différence ? La seule décision qui pourrait motiver les personnes concernées seraient une tarification plus attractive. Sur ce point précis, vous ne proposez toujours rien.
Même remarque concernant la voirie à proprement parler. Paris dispose de 127 kilomètres de pistes cyclables, soit, je rappelle tout de même que cela correspond exactement au nombre de kilomètres de pistes cyclables de Rennes qui compte 200.000 habitants pour 2 millions à Paris !
Ce chiffre relatif donne la portée de votre action. Fondamentalement, vous ne remettez pas en cause l'hégémonie automobile dans la Capitale. Une redistribution de l'espace public.
Exigez des mesures beaucoup plus volontaristes, par exemple, en limitant le nombre de files réservées à la circulation sur les grands axes, la place ainsi récupérée des espaces verts que je me permets de qualifier de "civilisés" pourrait être créée.
- d'autres voies élargies pour les piétons en pensant en particulier aux landaus et aux véhicules des personnes handicapées ;
- nouveaux dispositifs pour le transport de surfaces ;
- voies réservées aux vélos et aux rollers ;
Cet ensemble serait, selon nous, séparé physiquement du reste de la chaussée par une ceinture végétale. En effet la voirie parisienne a malheureusement chassé cet élément de ces réalisations.
Autre suggestion : ce qu'on appelle les plates-formes inter-modales. Une ville comme La Rochelle les a mises en places avec succès afin de rationaliser les livraisons : acheminements, tri, puis répartition des marchandises, etc.
L'ensemble est géré à un niveau unique et le transport est ensuite assuré par des navettes non polluantes.
Pourquoi ne pas s'en inspirer pour Paris en s'appuyant notamment sur ces pôles stratégiques que constituent les gares ? Et en matière de frêt toujours, pourquoi ignorer le rôle économique que peut jouer la Seine, que vous réduisez malheureusement à des fonctions essentiellement touristiques ?
Troisième piste : la circulation des autocars. Vous nous annoncez une Charte. Pourquoi pas ?
Mais là encore, vous êtes dans une logique d'adaptation; pas de réforme. Plusieurs milliers de places de parking sont pourtant sous-utilisées à la périphérie de Paris. Par un système de convention, elles peuvent servir au stationnement de ces engins volumineux et polluants, puisqu'ils fonctionnent pour l'essentiel au gasoil.
Des mini-bus propres peuvent assurer le transfert des personnes vers leurs lieux de visite, ce qui limiterait la présence des véhicules inadaptés à une ville aussi dense que Paris.
Voilà les quelques axes de réflexion qui pourraient dessiner les contours d'une ville plus fluide.
Mieux organiser avec des citadins plus libres dans leurs déplacements, en un mot, une ville plus contemporaine, Paris peut en effet jouer un rôle pionnier dans l'invention du nouveau modèle urbain.
Encore faudrait-il ne pas tirer de conclusions trop marginales des attentes citoyennes ?
Pour cela il ne suffit pas de faire un coup en accréditant l'idée d'une démarche démocratique exemplaire. Il faut durablement déconcentrer la vie de cette cité, et s'ouvrir aux influences de tous les corps intermédiaires.
Leurs idées, leurs visions, sont aussi les ingrédients d'une quête collective qui ne parvient pas à s'exprimer à Paris.
Malheureusement, vous avez toujours refusé la notion de coproduction.
Pour notre part, nous défendons une logique inverse : adopter des mesures qui pourraient soutenir, valoriser le travail, et la créativité de ces acteurs démocratiques.
Par exemple, en créant une maison des associations dans chaque arrondissement ou en ouvrant les supports municipaux à l'expression du monde associatif.
En tout état de cause, l'élaboration d'un nouveau projet urbain devrait permettre à tous les parisiens d'apporter une contribution, d'affirmer une conscience citoyenne que, selon nous, vous sous-estimez.
Car, comme Rezo Piano, je pense que le mot "urbain" est un très beau mot. Il désigne à la fois ce qui appartient à la ville mais également ce qui est civilisé. C'est en effet un enjeu de civilisation auquel nous faisons face et je crains, Monsieur le Maire, que votre démarche ne réponde plutôt, elle, qu'à des objectifs de fin de mandature.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole à M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE.
M. Jean-Marc BOULENGER de HAUTECLOCQUE. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, la réussite des Etats généraux de la qualité de la vie est indéniable. Quiconque a consulté le recueil des réponses des Parisiens à la consultation préalable, quiconque a assisté à la journée de rencontre avec les Parisiens à l'Hôtel-de-Ville en conviendra.
Pourquoi cette initiative a-t-elle reçu un accueil aussi favorable des Parisiens ? Parce qu'elle correspond à leur attente. Les Parisiens veulent être écoutés et entendus. Ils veulent que l'on prenne en considération leurs vrais problèmes, ceux qui touchent à leur vie quotidienne.
On se complaît à gloser sur le peu d'intérêt que porteraient les citoyens à la politique. Il faudrait plutôt parler du désintérêt suscité par une certaine manière de faire de la politique, jugée archaïque car coupée de la réalité. Le défi que nous avons à relever, toutes sensibilités confondues, c'est d'inventer une nouvelle pratique de la politique, une pratique qui lui rende ses lettres de noblesse et qui resserre le lien distendu entre le citoyen et l'élu.
La lecture du recueil des réponses des parisiens est, à ce titre, éloquente. Quel formidable outil pour les élus locaux que nous sommes ! Les parisiens ont des idées, il suffit de les consulter. Que de suggestions pertinentes, dont l'étude et le traitement attentif sont autant de moyens d'améliorer la qualité de la vie, de la vraie vie faite d'une multitude de petits détails, qui ont chacun leur importance, à l'image de ces plaisirs minuscules décrits dans un ouvrage à succès.
Le souvenir laissé par la journée de rencontre avec les Parisiens à l'Hôtel-de-Ville est de même nature : il sonne vrai. Il suffit de se remémorer cette assistance attentive, réactive, nullement complaisante, cette curiosité manifestée pour se dire qu'il y a là des pistes sérieuses à explorer pour l'élaboration d'une véritable démocratie directe à Paris.
Parmi ces pistes, il y a la notion de proximité, je dirai même de main tendue. Les élus, l'administration doivent aller au contact de la population sans attendre qu'elle se manifeste. Nous devons anticiper les critiques et y répondre avant qu'elles ne soient formulées. Votre décision, Monsieur le Maire, de mettre en place une ouverture en nocturne des mairies d'arrondissement et des infobus dans les quartiers va dans ce sens. Vous savez combien ces deux projets étaient chers à mon coeur, et je tiens à manifester ma satisfaction de les voir concrétisés.
Il faudra certainement aller plus loin encore, être imaginatifs, en étant présents là où sont les Parisiens, pour qu'ils puissent trouver un interlocuteur sans avoir à faire une démarche particulière, en mettant en place des points-rencontres sur les marchés, dans le métro, dans les centres commerciaux. Il ne faut pas non plus négliger les vieilles recettes et hésiter à aller dans les cages d'escalier ou à multiplier les réunions dans les cafés.
Je puis vous dire, pour pratiquer assidûment ce type d'actions, qu'on y trouve la confirmation que les véritables sujets d'intérêt des parisiens sont concrets, quotidiens et fort éloignés de la politique politicienne.
Ces Etats généraux ont aussi été une étonnante radiographie de la perception par les Parisiens des actions de la Municipalité. On y trouve par exemple confirmation de la pertinence des choix faits en faveur d'un meilleur partage des rues et des trottoirs, de tout ce qui favorise un autre usage de l'espace public, mais on y discerne aussi les insatisfactions, au premier rang desquelles la malpropreté canine. A nous d'être à l'écoute et de répondre rapidement aux attentes. Ainsi, sur ce dernier point, vous avez aussitôt décidé, Monsieur le Maire, de renforcer les moyens des services de la propreté et de demander à Monsieur le Préfet de police une verbalisation plus importante des contrevenants.
Je tiens, à ce propos, Monsieur le Préfet de police, à vous remercier au nom de notre groupe d'avoir accédé à cette demande.
Je voudrais dire, puisque nous parlons de problèmes de police, que la qualité de la vie, c'est aussi de se sentir en sécurité dans son quartier. Quand on sait la montée de la petite délinquance dans Paris, quand on entend les interpellations de nos concitoyens qui voient leur vie quotidienne gâchée par des bandes qui multiplient les déprédations gratuites et autres actes délictueux, on ne peut que s'étonner du peu de considération que la police semble porter à ce problème que tous les élus connaissent bien.
La qualité de la vie, c'est un objectif qui doit concerner tous les parisiens et je crois qu'il important de faire porter l'effort en direction des personnes handicapés, afin d'organiser, dans les délais les plus brefs possibles, l'accessibilité à tous les lieux publics (je dis bien l'accessibilité à tous les lieux publics), et d'aménager des cheminements exempts d'obstacles dans la Ville, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.
Enfin, de façon générale, un des enseignements majeurs de ces Etats généraux, c'est que les services publics municipaux doivent être plus réactifs. Leur action répond, certes, à une planification indispensable mais ils doivent aussi être capables de répondre à l'imprévu et à l'urgent. Les Parisiens, nous l'avons vu ici, sont, à juste titre, de plus en plus exigeants sur ce qui fait leur cadre de vie quotidien. A nous d'inventer les réponses correspondant à leur attente.
Ainsi les Parisiens ne connaissent pas toujours la très grande qualité de nos services dont l'organisation, à la fois hiérarchisée et verticale, doit être complétée par une organisation localisée et plus forte qui permette de traiter les problèmes sur le terrain en temps réel.
La conséquence de cette nécessité, c'est qu'il faut donner à la circonscription de base un vrai pouvoir déconcentré. Il faut, bien sûr, que ce soit le maire d'arrondissement qui soit compétent en la matière, d'où l'obligation, pour que nos réponses à ces Etats généraux ne soient pas remises en cause, d'une réflexion sur l'évolution des relations entre mairie centrale et mairies d'arrondissement et sur la dévolution de pouvoirs à ces dernières.
Ce n'est pas une question politique qui doit diviser mais une exigence de la vie quotidienne. Une structure existe, les élus d'arrondissement ont fait leurs preuves, il est donc temps de répondre aux aspirations des Parisiens en décentralisant.
Notre groupe, lui aussi, a des propositions novatrices fondées sur l'expérience et, à ce titre, je voudrais dire, à titre personnel, que je suis convaincu qu'il est indispensable de créer des conseils de quartier. Mais attention ! Pas des faire-valoir sans véritable représentativité, comme ceux qu'on a vus parfois jusqu'ici, mais des institutions définies par la loi, disposant d'une véritable légitimité c'est-à-dire celle du suffrage universel.
Enfin, les Etats généraux ont été un moment spectaculaire et positif mais c'est de manière régulière, partout, tout le temps, qu'on doit agir pour bâtir la démocratie directe dans la ville. Cela passe par une véritable participation citoyenne des élus avec les habitants, dans les cafés, par des permanences mobiles, sous la forme de collectifs de concertation de quartier. Il faut aussi s'efforcer de favoriser les projets collectifs des habitants des quartiers difficiles.
Les sentiments d'insécurité et de malaise proviennent de phénomènes objectifs comme ceux que j'évoquais tout à l'heure, mais aussi d'absence de solidarité de voisinage.
Cette solidarité ne peut pas être trouvée seulement dans l'action sociale et humanitaire. Elle passe également par la mise en place d'une véritable participation pour que les gens se retrouvent dans des projets collectifs.
Je voudrais citer l'exemple des espaces de quartier mis en place dans le 13e, structures innovantes visant à retrouver un véritable esprit de quartier qui permettra aux gens de mieux vivre ensemble leurs difficultés et leurs espoirs.
En conclusion, je poserai deux questions : vit-on mieux à Paris aujourd'hui qu'il y a vingt ans ? Evidemment oui. Vit-on mieux à Paris qu'il y a cinq ans ? Bien sûr que oui.
Aurait-on pu faire mieux ? On peut toujours faire mieux mais je voudrais inviter à la mesure ceux qui prétendent laver plus blanc que blanc et dont le bilan local est pourtant pour le moins modeste.
Merci, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à M. FERRAND.
M. Eric FERRAND. - Merci, Monsieur le Maire.
Le samedi 4 décembre dernier, vous avez convié les Parisiens à débattre de la qualité de vie dans leur ville. La notion de démocratie locale, de participation des citoyens à la vie de la cité, si peu familière à la Municipalité, semblait prendre place timidement, de manière d'ailleurs assez opportune puisque c'était près d'un an avant la prochaine échéance municipale.
Il faut dire que l'héritage est lourd en matière de politique urbaine ou encore en raison du choix opéré en faveur du tout automobile. Mais si le discours paraît évoluer, si les méthodes tentent de changer, les actes restent cependant, il faut bien le dire, extrêmement limités.
Quels enseignements tirez-vous de cette journée et quelles sont les réponses que vous apportez aux attentes des Parisiens ?
Avec Georges SARRE, j'étais présent à ces Etats généraux une partie de la journée et je dois vous dire que j'ai entendu, de la part des participants présents, des interventions pleines de bon sens, ancrées dans la réalité : pourquoi les rues des quartiers populaires ne sont-elles jamais nettoyées le week-end ? Que fait la Ville de Paris pour réprimander les propriétaires de chiens indélicats ? Comment est-il possible d'améliorer l'accueil des services municipaux et de réduire l'attente dans les mairies d'arrondissement ? Pourquoi n'y a-t-il pas assez de places en crèche à Paris. On notera aussi que l'idée d'une police municipale n'a pas remporté un franc succès auprès du public.
Je note d'ailleurs que dans le document transmis aux élus, vous proposez de retenir certaines idées et de mettre en ?uvre, par exemple, la création d'une carte hebdomadaire pour le stationnement résidentiel. C'est bien mais c'est franchement très peu.
Que reste-t-il, aujourd'hui, de ces propositions ?
Quelques jours après cette consultation, lors de la discussion budgétaire, vous avez cédé à la pression pour le moins inamicale des élus libéraux et centristes.
Au souhait exprimé par les Parisiens d'une amélioration de la qualité du service rendu au public, vous répondez par la suppression des emplois prévus. A l'encontre du souci d'une amélioration de la qualité de la vie, vous réduisez les subventions d'équipement à l'O.P.A.C. destinées à la rénovation des logements. A la volonté d'une plus grande décentralisation, vous opposez la diminution du montant des subventions aux associations parisiennes.
Bref, le grand élan de démocratie n'aura duré que le temps d'une journée et les bonnes intentions ont rapidement disparu de la vitrine. Il y a là un effet de leurre qui n'aura pas, je le crois, échappé aux Parisiens.
Il est vrai que l'on ne peut pas souhaiter tout et son contraire. Une politique cohérente implique des choix politiques clairs. Des choix axés sur la relance des investissements de proximité et l'accroissement des moyens de certains services. Des choix qui servent, sur le long terme et durablement, l'amélioration de la qualité de la vie des Parisiennes et des Parisiens.
Faute de cette volonté, Monsieur le Maire, ces Etats généraux ne resteront qu'une simple et coûteuse opération médiatique pour servir la campagne électorale du Maire de Paris.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à M. OGÉ.
M. Yves OGÉ. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous nous félicitons au groupe "U.D.F. et Modérés" de votre initiative de mettre ce sujet à l'ordre du jour de notre Conseil. Les résultats de cette enquête présentent l'intérêt de confirmer ce que, dans de nombreux cas, nous savions, notre première mission d'élus d'arrondissement étant, bien sûr, d'être à l'écoute des Parisiennes et des Parisiens et de leurs souhaits.
Si nous approuvons globalement la démarche, nous ne pouvons que déplorer le nombre relativement faible des réponses et de la participation générale. Ce résultat médiocre correspond à une divergence fondamentale entre vos conceptions centralisatrices et notre démarche pour une promotion de la vie locale à Paris, au plus près de ses habitants.
Pour que cette consultation obtienne le succès qu'elle méritait, il aurait été nécessaire que les arrondissements, voire les quartiers soient des relais, que les maires d'arrondissement et les élus soient très fortement associés, que vos délégués dans les écoles, les personnalités désignées par vous dans les lycées, les administrateurs du Centre d'action sociale, les responsables d'associations soient tous motivés pour apporter à cette enquête le point de vue de citoyens actifs, bénévoles, ayant une parfaite connaissance des problèmes de la vie locale et du quartier dans lequel ils s'investissent.
Monsieur le Maire, vous le savez, les Conseillers de votre Cabinet, les Directions de la Ville ont, la plupart du temps, à traiter des problèmes généraux. Ils ne sont pas toujours au courant des détails qui font le "bien et le mal" parisien.
Est-il normal qu'il soit nécessaire de faire une grande réunion, des Etats généraux de la qualité de la vie pour qu'une Direction entreprenne rapidement des travaux ressentis comme urgents par les Parisiens ?
Il y a là, nous le constatons avec regret, un dysfonctionnement patent, qui montre combien la centralisation a ses limites. Pourquoi ne pas avoir délocalisé cette enquête au plus proche de nos quatre vingt villages qui font la spécificité, le charme et la vie de Paris ?
Nous aurions eu, à travers des milliers de bénévoles dévoués à leur Paris, à travers les commerçants, les artisans et tous les habitants amoureux de Paris, une approche plus complète des problèmes de décisions à prendre par notre Municipalité pour améliorer la qualité de la vie à Paris.
Pour en revenir aux mesures concrètes décidées par vous à la suite de ces Etats généraux, elles correspondent en partie aux demandes de nos concitoyens consignées dans le rapport. Elles pourront d'ailleurs être le sujet de débats constructifs au sein de notre Conseil.
Je ne souhaite aborder que quelques sujets principaux comme celui de la pollution.
Diminuer la pollution à Paris devient maintenant plus qu'un désir, c'est une obligation. Pour cela, vous souhaitez diminuer les véhicules en circulation de 5 %. C'est bien. Mais ne croyez-vous pas que les efforts de la R.A.T.P. dans le sens des véhicules propres est bien mince ? Ne croyez-vous pas que nous pouvons faire pression pour accélérer ce processus ?
Ne pouvons-nous pas intervenir auprès des services nationaux tels qu'E.D.F. qui, c'est un comble, possède si peu de véhicules électriques ? Il en est de même pour de nombreuses administrations implantées à Paris.
En matière de pollution et de circulation, nous souhaitons, Monsieur le Maire, que toutes les solutions sérieuses sans exception fassent l'objet d'études approfondies. Notre groupe, par la voix de son Président, Yves GALLAND, a proposé la création d'un réseau autoroutier souterrain. Ce projet comporte certes des difficultés comme d'autres, mais l'idée fait son chemin puisque le Conseil régional d'Ile de France a voté, dans le cadre du contrat de plan Etat-Région, les crédits nécessaires à cette étude.
Pour diminuer la circulation des véhicules particuliers, il faut améliorer les transports en commun ; c'est une évidence.
Créer de nouvelles lignes d'autobus, c'est bien. Encore ne faut-il pas en supprimer d'autres. Mais pour inciter les Parisiens à utiliser les transports en commun, il faut améliorer de façon significative le confort, la sécurité et la propreté du métro, mais là nous savons que notre pouvoir est malheureusement très limité.
Autre nuisance pour les Parisiens dont nous ne parlons pas assez : le bruit.
En dehors de l'école du civisme, la répression est du pouvoir de M. le Préfet de police, la Ville n'ayant pas encore à notre grand regret de police municipale. Mais sachez, mes chers collègues, que la Préfecture de police constate en moyenne 4 infractions par jour en rapport avec le bruit des véhicules. Cela prouve à l'évidence que ce problème n'est pas sérieusement pris en compte, je pense particulièrement aux milliers de Parisiens réveillés toutes les nuits pour ces mêmes raisons !
Monsieur le Maire, dans votre communication, au chapitre "démocratie locale", vous évoquez les heures d'ouverture des mairies et leur modernisation. Je pense qu'il faut voir là une erreur de chapitre. C'est une amélioration certes, très demandée depuis plus de 15 ans, mais qui reste du domaine administratif.
Il en est de même, par exemple pour l'Infobus, sorte de bureau temporaire et mobile qui est demandé depuis plusieurs mois, sans succès, par mon collègue et ami Adrien BEDOSSA et moi-même, par rapport à la création de la Z.A.C. "Alésia-Montsouris" dans le 14e.
Enfin, pour en terminer évoquer véritablement la démocratie locale, vous envisagez, Monsieur le Maire, la constitution d'un Conseil municipal des associations à l'Hôtel-de-Ville. Là aussi, Monsieur le Maire, notre point de vue diverge sérieusement.
Ecoutons et aidons les associations, celles qui font un travail remarquable dans nos quartiers mais développons cette démarche essentielle à l'échelon de nos arrondissements. Qui connaît mieux, en effet, les associations que les maires et les élus locaux qui sont à même de se rendre compte du travail effectué par celles-ci et qui sont en mesure de proposer des subventions en rapport avec les résultats ou l'effort à effectuer ?
Monsieur le Maire, ne constituez pas un comité "Théodule" là où le dialogue peut et doit être permanent entre le monde associatif et les élus. Donnez à ces derniers la possibilité de développer un dialogue permanent avec les associations et nous obtiendrons plus que des grands colloques, à condition bien sûr que les élus puissent être écoutés et que leurs propositions soient prises en compte pour aboutir à des réalisations.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "U.D.F. et Modérés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Madame SCHNEITER, vous avez la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, reconnaissons que la journée organisée sur la qualité de la vie à Paris, le 4 décembre dernier, a été un succès. Les Parisiens ont répondu, nombreux, à votre appel et vous ont fait part de leurs préoccupations sur des sujets touchant à leur environnement immédiat et à leur vie quotidienne.
Je tiens à noter, mais ce n'est pas nouveau, que les sujets qu'ils estiment prioritaires - transports, pollution, urbanisme, espaces verts, démocratie locale, etc. - sont ceux que les écologistes et le Mouvement écologiste indépendant défendent inlassablement depuis 20 ans, ce qui n'a pas été le cas des autres partis politiques pendant longtemps. Que de temps perdu bêtement !
Je ne peux que vous féliciter quand les mesures que vous annoncez vont dans le bon sens, mais en règle générale, vous ne vous donnez pas les moyens d'aller jusqu'au bout des solutions à mettre en place pour régler tel ou tel problème.
Ainsi, les embouteillages, le stationnement anarchique, la pollution de l'air, le bruit sont toujours là. La vitesse des autobus stagne toujours à 9 kilomètres à l'heure. Avec 7,7 kilomètres de couloirs en site propre, par an, l'ensemble de notre réseau de bus ne sera aménagé qu'en 2049 ! A défaut d'une politique ambitieuse pour les autobus, depuis le 24 mars 1997, plus de trois ans, je vous demande d'aménager en priorité certains points noirs d'encombrement, concernant 47 lignes de bus. Notre Conseil a voté cet amendement pour la première fois, il y a 3 mois. Quand allez-vous passer aux actes ?
Vous avez perdu 5 ans pour ce qui aurait pu être le "tramway de l'an 2000" sur la Petite ceinture ferroviaire ou le boulevard des Maréchaux, au besoin, sans l'aide de l'Etat ou de la Région, mais avec le soutien de tous les Parisiens.
Vous dites que c'est grâce à "l'insistance unanime de la Municipalité parisienne qu'une première tranche de réalisation" d'une ligne de tramway a été inscrite au nouveau contrat de plan. Lors des budgets de 1997 et 1998, j'ai déposé des amendements sur le principe de la création d'une ligne de tramway circulaire, autour de Paris sur les Maréchaux ou la Petite ceinture, pour mettre tout le monde d'accord. Vous avez, deux fois, tous, voté contre cette proposition avec le parti socialiste et le parti communiste. Les "Verts", curieusement, se sont abstenus en 1997 et n'ont pas pris part au vote en 1998 ! Nous sommes loin de l'unanimité !
Si vous avez freiné, modifié ou amélioré, il est vrai, certaines opérations d'urbanisme, c'est l'ensemble du P.O.S. de Paris qu'il faut revoir à la baisse.
Malgré ces tentatives de meilleurs aménagements ponctuels, vous voyez bien, Monsieur le Maire, que le tissu urbain continue à se densifier dans un Paris cerné par la banlieue, donc sans possibilité d'extension ; Paris, l'une des villes les plus denses du monde, Paris, où les Z.A.C., en cours ou à venir, vont encore surdensifier des quartiers déjà trop denses, pollués, où il y a peu de diversité sociale.
Tant mieux si les Jardins d'Eole voient enfin le jour, ainsi qu'un jardin sur les terrains S.N.C.F. des Batignolles. Mais n'annoncez pas un grand parc urbain lorsqu'il s'agit, aux Batignolles, de planter sur une dalle qui recouvrirait les lignes S.N.C.F. !
Neuf arrondissements comptent moins d'un mètre carré d'espaces verts par habitant (Paris intra-muros) et les enfants n'ont toujours pas le droit de jouer au ballon dans les jardins !
En 20 ans, j'ai calculé année après année au bas mot que 188 hectares d'espaces verts ont été détruits, amputés, abandonnés, contre 156 hectares d'espaces verts créés à Paris ! C'est d'autant plus grave que la densification, notamment des arrondissements périphériques, fait disparaître l'ancien tissu aéré des faubourgs. En contrepartie, il aurait fallu réaliser des jardins, en proportion, pour aérer le tissu urbain.
Quand déciderez-vous de créer un vrai grand parc d'une quinzaine d'hectares sur les 130 hectares à aménager dans la Z.A.C. "Paris-Rive gauche" et de vrais jardins dans les arrondissements les moins biens dotés ?
Le tri sélectif des déchets stagne depuis 10 ans. Vous en avez pris conscience, c'est bien, mais nous n'en sommes qu'à quelques expériences "pilotes" supplémentaires.
Depuis 5 ans, je suis la seule élue dans ce Conseil à me battre pour que les propriétaires de chiens soient pénalisés, s'ils ne ramassent pas les déjections de leurs animaux. Souvenez-vous, Monsieur le Maire, le 4 décembre dernier, aux seuls mots "crottes de chien" l'assistance s'est embrasée, tant c'est un sujet qui lui tenait à coeur ! Ce n'est pas avec 80 agents que vous ferez appliquer la réglementation mise en place en 1992, prévoyant des amendes envers les propriétaires indélicats.
Les pistes cyclables, même imparfaites, restent votre meilleure réalisation, Monsieur le Maire, ainsi que le projet de piétonnisation de la place de la Concorde, le réaménagement partiel des berges de la Seine et des quais hauts, les batobus...
Quelques tronçons de lignes d'autobus en site propre, des réhabilitations d'immeubles, au compte-gouttes, sont bien insuffisants, comparés à la nouvelle politique qu'il faut oser et dont Paris a besoin.
Je reconnais que vous avez instauré plus de concertation et de transparence à l'Hôtel-de-Ville, mais certaines commissions, dont la Commission Extra-Municipale de l'Environnement, ne fonctionnent pas de façon satisfaisante. Quant au Conseil de Paris, je vous rappelle qu'il n'est pas possible de débattre sérieusement des projets à étudier en une journée et d'examiner l'énorme budget de Paris en deux jours (à titre de comparaison, le Conseil régional met une semaine à examiner son budget).
M. LE MAIRE DE PARIS. - M. LAMBERT va prendre la parole, ensuite M. TRÉMÈGE et M. PLASAIT peuvent dire un mot, s'ils le souhaitent.
M. Claude LAMBERT, au nom de la 3e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voulais simplement répondre au niveau de la vie locale - la délégation que j'assume - pour vous dire que ces Etats généraux que nous avons organisés ont été une réussite, il fallait le préciser.
M. TUROMAN nous a dit que c'était une opération-séduction. M. DELANOË nous a dit que c'était une opération de communication. M. OGÉ nous a dit qu'il déplorait les médiocres résultats et les retombées de ces Etats généraux. Moi, je ne suis pas de cet avis, parce que je pense qu'il était d'abord utile que vous fassiez, Monsieur le Maire, ce que vous aviez promis en 1996. Vous avez tenu parole.
Nous avons fait des Etats généraux où nous avons eu à peu près 10.000 lettres (ce qui nous a quand même surpris parce que nous en attendions moins). Sur ces 10.000 lettres, 8.000 ont été répertoriées et parce que la date limite était passée, 2.000 n'ont pas été traitées.
Il est évident que sur ces 10.000 lettres reçues et ces 8.000 lettres prises en compte, les thèmes qui ressortent sont la qualité de la vie : c'est la propreté, c'est le bruit, c'est la sécurité également et c'est la vie au quotidien des Parisiens et des Parisiens face aux administrations de la Municipalité.
M. KUBICZ a dit qu'il nous félicitait pour cette démocratie locale de dialogue, que les mesures et projets étaient volontaristes et ingénieux. Je l'en remercie, parce que nous avons passé beaucoup de temps pour tenter de relancer ces Etats généraux après le mois de décembre et après les vacances de fin d'année, afin que les souhaits des habitants soient rapidement satisfaits.
Vous nous avez dit aussi, Monsieur KUBICZ, que la Ville était souvent seule dans son combat pour la proximité. Nous nous en rendons compte parfois, mais je crois qu'il ne faut pas désespérer, il faut être toujours précurseur et, au niveau de la qualité de la vie, nous n'avons pas de leçons à recevoir de M. DELANOË, qui nous a dit que c'était son principal objectif, que c'était sa priorité. C'est aussi une priorité du Maire de Paris et Jean TIBERI l'a démontré en organisant ces Etats généraux de la qualité de la vie.
M. DELANOË nous a donc reproché d'avoir monté une opération de communication. Je suis un peu gêné de répondre à M. DELANOË puisqu'il est déjà reparti - probablement en campagne - et que je n'aurai pas l'occasion de lui répondre clairement, mais je crois que M. DELANOË, au niveau de la communication, est un expert et qu'il sait manier la communication à son avantage.
On vous reproche, Monsieur le Maire, d'avoir fait des Etats généraux de la qualité de la vie. Nous avons eu 1.500 à 1.600 personnes le matin, nous avons eu plus de 3.000 personnes l'après-midi, nous avons eu plus de 8.000 lettres répertoriées, nous avons vu des citoyens qui ont pris contact avec les administrations, qui ont pris contact avec les différentes directions. Nous avons eu vraiment un dialogue très fructueux et les résultats, à mon avis, sont de bons résultats.
Nous avons envisagé des premières mesures, au niveau de la Direction de la Vie locale. Ces mesures ne peuvent pas être prises dans les jours qui viennent, mais elles le seront dans les semaines ou les mois à venir concernant certaines réformes à effectuer.
Il y a déjà des mesures qui sont maintenant décidées. Par exemple, dans les piscines, le matin, comme vous l'avez dit, Monsieur le Maire, nous accueillons les R.M.istes gratuitement et nous accueillons aussi les chômeurs jusqu'à 11 heures.
Concernant les horaires des piscines, nous sommes en train de les revoir. Il faut en discuter avec le personnel. Il faut aussi savoir que grâce à la gratuité des bains-douches, nous pouvons récupérer les caissières de ces bains-douches, ce qui nous permettra de mieux gérer les nocturnes dans les piscines mais il nous faut trouver des maîtres-nageurs supplémentaires. Et je pense que nous pourrons faire des nocturnes assez spectaculaires dans certaines piscines, comme le réclament beaucoup de Parisiennes et de Parisiens.
M. de HAUTECLOCQUE a parlé aussi avec beaucoup d'éloquence et beaucoup de passion de l'Infobus et des heures d'ouverture des mairies d'arrondissement.
Je sais que son combat ne date pas d'hier puisque, depuis presque deux ans, concernant les mairies de quartier et concernant aussi l'Infobus, M. de HAUTECLOCQUE nous avait fait part de ses souhaits, les maires d'arrondissement aussi.
Je peux vous annoncer que les Infobus seront opérationnels dans les semaines à venir. Nous aurons une première étape avec un grand et un petit Infobus, qui ira, comme cela se fait dans le 17e arrondissement sous la conduite de M. RÉMOND, depuis pas mal de temps déjà, à la rencontre des Parisiennes et des Parisiens, des riverains. C'est ce que l'on appelle de la politique de proximité et je vous remercie, Monsieur RÉMOND, de nous avoir donné le bon exemple. Je pense que ce sera une opération qui marchera, parce que les Parisiennes et Parisiens sont avides d'informations et de documents pratiques.
Je voulais vous dire aussi qu'au niveau des mairies nous sommes en discussion et, à la demande des maires, il est probable que, dans les mois à venir, nous déciderons de fermer les mairies peut-être plus tôt. Mais elles ouvriront à la même heure et nous aurons une nocturne qui pourrait se terminer vers 19 heures 30, peut-être le jeudi.
Je crois que c'est une bonne opération parce que cela permet aux Parisiennes et Parisiens qui travaillent et qui rentrent tard, de pouvoir consacrer une soirée à leurs papiers administratifs.
Je voulais également dire que le samedi les états-civils et les bureaux des mariages resteront ouverts dans les mairies. Nous développerons sûrement un système d'hôtesses d'accueil dans les mairies d'arrondissement ce jour-là. C'est un projet qui sera opérationnel aussi dans les mois prochains.
Donc, vous voyez que ces Etats généraux de la qualité de la vie n'ont pas été une pure opération de communication du Maire. Il est tout à fait normal que le Maire de Paris s'adresse aux Parisiennes et aux Parisiens, n'en déplaise à certaines et à certains dans cet hémicycle.
Merci, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie, Monsieur LAMBERT.
Monsieur TRÉMÈGE, vous avez la parole.
M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Monsieur le Maire, différents intervenants ont parlé tout à l'heure des problèmes de pollution. J'imagine que mon collègue Bernard PLASAIT va y revenir, singulièrement sur les problèmes de circulation.
Il est quand même assez frappant d'entendre les différents intervenants, notamment ceux de l'opposition, mettre en cause régulièrement la Ville de Paris, alors même que dans une très large mesure ces problèmes de circulation intéressent la Préfecture de police et que notre poids sur celle-ci est pour le moins minime.
Il n'en reste pas moins que la Ville, dans ce domaine comme dans d'autres, invente un certain nombre de moyens et il est dommage, dès lors que l'on parle de déconcentration, que ces mêmes interlocuteurs n'envisagent pas que vous puissiez avoir, Monsieur le Maire, un certain nombre de pouvoirs en matière de circulation.
M. TUROMAN parle d'un grand service public pour la propreté. Il sait mon point de vue, je le rejoins. Il n'en reste pas moins, quand il évoque les problèmes de déjections canines, qu'il sait bien que là aussi l'ensemble des moyens que nous déployons - et ils ne sont pas minimes - sont très largement conditionnés par l'adossement qu'il devrait y avoir à une politique claire et nette de sanction.
M. TUROMAN, nous nous rencontrons régulièrement en 3e Commission, vous voyez passer devant vous l'ensemble des dossiers, vous savez que sur ce point nous sommes tout à fait exemplaires mais quelles que soient, encore une fois, la multiplicité des moyens, l'imagination avec laquelle nous essayons d'appréhender ce problème, si in fine il n'y a pas une politique claire de sanction, alors il est clair que la politique que nous mettons en oeuvre risque malheureusement de ne pas porter ses fruits.
Monsieur DELANOË, vous parlez d'un certain nombre de domaines, alors même qu'ils ne sont pas de notre compétence, des bus par exemple, et des dessertes de quartiers, là encore adressez-vous à vos collègues du Gouvernement qui pourraient utilement sur ce point nous aider, particulièrement dans les différents projets que nous avons en terme de protection de l'environnement, là encore nous sommes singulièrement dénués de moyens.
Merci, Monsieur BOULENGER de HAUTECLOCQUE, qui a bien saisi toute la difficulté de l'opération et singulièrement il a su mettre en exergue la préoccupation de la Municipalité pour tout ce qui est de l'environnement de proximité.
Monsieur FERRAND, pourquoi les rues des arrondissements populaires ne sont-elles pas nettoyées le week-end ? Il ne s'agit pas simplement des rues des arrondissements populaires, mais des rues des arrondissements de tout Paris. C'est une négociation sur laquelle nous sommes en train de travailler avec les différents syndicats, malheureusement le cadre des initiatives liées aux 35 heures fait que le dossier doit être examiné dans sa globalité. Mais j'aurai peut-être dans quelque temps l'occasion de vous en parler.
Quid des sanctions des propriétaires de chiens ? Monsieur FERRAND, merci singulièrement à un représentant du Mouvement des citoyens de soulever cette question. Il est clair - encore une fois je ne fais pas de polémique - que pour une part la sanction des propriétaires de chiens inciviques ne relève pas de notre compétence, c'est une compétence essentiellement de la Préfecture de police.
J'ai eu avec les représentants du Préfet un certain nombre de réunions, il n'en reste pas moins que dans la problématique de sécurité que le Préfet a le devoir d'aborder le problème des déjections canines n'apparaît pas comme prioritaire. Je ne peux pas lui en vouloir. C'est pour moi, en revanche, responsable municipal, un point prioritaire. Vous avez souligné que dans le cadre de ces journées beaucoup de Parisiens se sont plaints et il est dommage que sur un problème qui en réalité est un petit peu moins sérieux que les autres il ne puisse pas y avoir de réponse de la Municipalité.
Alors pour pallier ces insuffisances nous avons fait un effort substantiel puisque 80 agents vont à terme pouvoir procéder à la surveillance, il n'en reste pas moins que leurs moyens seront limités et qu'en réalité le signe fort doit venir de la Préfecture. J'espère qu'elle saura dégager des moyens lui permettant sur ce point de faire avancer les choses.
Monsieur OGÉ, vous avez parfaitement raison, nos concitoyens ont une vue assez précise de leurs problèmes de proximité, singulièrement ceux de la pollution et de la circulation. Pour ma part en tous cas je n'exclue aucune espèce d'expérience, vous en soulignez quelques-unes, pourquoi ne pas les étudier ?
Vous parlez du bruit et vous indiquez qu'il n'est pas sérieusement étudié par la Préfecture, je vous laisse ce jugement que je partage pour une part. L'Observatoire du bruit y travaille de façon - et vous le savez - assez sérieuse et pertinente. J'aurai l'occasion dans l'après-midi de défendre, mes chers collègues, devant vous un projet tout à fait ambitieux dans le cadre d'une collaboration avec l'A.N.A. pour le remplacement d'un certain nombre de fenêtres des Parisiens situées sur un certain nombre d'artères particulièrement bruyantes.
Je note à ce sujet, et je le regrette, que ça n'est pas une compétence de la Ville de Paris, la carte du bruit, elle s'y est mise assez rapidement, nous avons remis ce projet il y a maintenant un an au Préfet de Paris, nous n'en avons malheureusement pas aujourd'hui reçu la validation, je le regrette, cela nous ferait avancer.
Madame SCHNEITER, vous parlez de collecte sélective, d'expérience partielle, vous ne manquez pas de souffle, alors même que dans 2 ans les 2 millions de Parisiens seront soumis à la collecte sélective et que dans un mois et demi près de 500.000 personnes en un an seront soumises à la collecte sélective. Je crois que vous manquez même de punch dans votre déclaration tant vous ne croyez pas à cette condamnation.
Vous indiquez le problème des chiens, je crois que j'ai assez entièrement répondu. Vous savez mieux que quiconque, parce que j'ai eu l'occasion de vous répondre assez sérieusement sur ces différents sujets, que nous sommes concernant cette préoccupation là tout à fait exemplaires, il nous reste encore une fois, comme je l'indiquais tout à l'heure, à finaliser le problème de la sanction sans laquelle il est clair que nous n'arriverons pas à grand chose.
Sur les problèmes de pollution enfin, je voudrais dire que le Maire de Paris, dès lors qu'il s'agit d'un niveau d'alerte, prend maintenant systématiquement des décisions sur le stationnement résidentiel gratuit, pour éviter que les Parisiens n'aient à utiliser leur véhicule pour aller sur leur lieu de travail.
Je voudrais simplement dire qu'il serait souhaitable que les pouvoirs publics mettent en place des systèmes aussi contraignants d'une part et que par ailleurs ces mesures, aussi intelligentes soient-elles, ne porteront des fruits que si elles sont prises dans la totalité des communes d'Ile-de-France où se déclarent ces seuils d'alerte.
J'engagerai par conséquent les différents représentants des pouvoirs publics et également mes collègues qui sur ce point prennent assez régulièrement la parole pour leur demander de joindre leurs voix à la nôtre pour faire en sorte que ce dossier de ce point de vue là avance. Chacun comprendra bien que le problème de la pollution dans Paris - mais j'imagine que Bernard PLASAIT va le dire tout à fait judicieusement - n'intéresse que pour une part minime les Parisiens et qu'en réalité le problème de la pollution intéresse pour les trois quarts les circulations se situant en dehors même de la Capitale.
Si par conséquent les mesures n'intéressent pas la totalité des populations d'Ile-de-France, alors les décisions prises par le Maire de Paris ne sont que des coups d'épée dans l'eau. Je voudrais que sur ce point les choses soient assez claires et que quand M. DELANOË distribue des masques pour se préserver de la pollution il prenne le soin notamment d'aller les distribuer dans les communes limitrophes de Paris, cela aurait du sens parce qu'en réalité c'est là qu'il faut désigner le manque de mesures.
Voilà, Monsieur le Maire, les différents points sur lesquels je voulais intervenir.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés" et "Rassemblement pour Paris").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie, Monsieur TRÉMÈGE.
Monsieur PLASAIT, vous avez la parole.
M. Bernard PLASAIT, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Je viens d'écouter avec attention M. TRÉMÈGE qui a donné l'essentiel des réponses. Ce sont de bonnes réponses. J'avais, avant de l'écouter attentivement écouté non moins attentivement les différents orateurs. Je me suis aperçu sans surprise que ce sont les mêmes propos qui sont tenus depuis des mois, des années, qui reviennent, auxquels on est bien obligé d'opposer les mêmes réponses de bon sens. Donc je ferai une fois de plus les mêmes réponses.
Par exemple, la découverte que vous auriez faite de la concertation. Je crois que c'est M. TUROMAN qui disait que vous découvriez à l'instant les vertus de la concertation. Je crois que nous sommes, au contraire, en matière de concertation exemplaires depuis le début de cette mandature, et singulièrement dans le domaine de ma délégation, puisque depuis 1996, le mois de novembre, où nous avons présenté ce plan de déplacement, systématiquement la concertation est organisée, je dirais presque quotidiennement.
Aussi, je ne ferai pas la litanie des réponses à la fois techniques et politiques que j'ai l'occasion de faire pratiquement à chaque débat. Je voudrais me borner à relever ce que disait M. DELANOË : il disait : "logique d'adaptation, pas de réforme". Eh bien oui, c'est vrai que c'est une logique d'adaptation. Mais je crois que c'est judicieux. C'est en effet un effort d'adaptation, d'évolution, pour aller d'équilibres nouveaux en équilibres nouveaux, et ce sont là les conditions d'amélioration et de progrès sans fracture. C'est cela la bonne méthode pour des réformes réussies.
A défaut, c'est la fracture avec toutes les difficultés quotidiennes que l'on rencontrerait inévitablement dans la vie économique, dans la vie sociale, dans la vie de la Ville d'une manière générale.
J'espère que vous me pardonnerez, Monsieur le Maire, de ne pas répondre dans le détail à tous les orateurs. Mais je crois que c'est dans les propos de M. DELANOË en particulier que se trouvent les éléments auxquels il faut répondre.
Il y a, dans les propos de M. DELANOË, tout ce que l'on trouve à l'intérieur de son programme pour les prochaines élections municipales. Il y a confusion des genres. Il est déjà en campagne. Il y a bien tous les éléments de son programme, que j'ai lu là avec beaucoup d'attention. C'est dommage que M. DELANOË ne soit pas là parce que je lui aurais dit que j'ai trouvé son document à la fois bon et original :
- malheureusement, comme le dit la formule : la partie qui est originale n'est pas bonne parce que ce sont des éléments qui, le plus souvent, sont techniquement parfaitement impossibles ;
- et malheureusement, la partie qui est bonne n'est pas originale parce que c'est ce que nous faisons, mais sans excès.
M. DELANOË est dans l'opposition. Il croit pouvoir user de démagogie et, comme il est sans aucun doute pour longtemps encore dans l'opposition, il se permet d'en rajouter. Il n'est pas avare de surenchères :
- 150 kilomètres de pistes cyclables ? Ce n'est pas suffisant, il en faudrait 500 !
- Les kilomètres de site protégé, c'est bien timide, il en faudrait... il ne dit même pas le chiffre !
Non, son document et les propos de M. DELANOË ne sont pas sérieux. D'ailleurs je le mets au défi de dire d'une façon claire et précise ce qu'il ferait, si d'aventure il avait la possibilité de mener une politique en matière de circulation à Paris : que ferait-il de façon précise et claire pour la voiture ? Quelle place donnerait-il à la voiture ?...
J'attends cette réponse, car elle sera utile pour prendre les Parisiens à témoins de ce que, les uns et les autres veulent faire.
Merci, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés" et "Rassemblement pour Paris").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.