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Mars 2000
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Conseil Municipal
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3 - Aide exceptionnelle en faveur des populations sinistrées du Mozambique et de Madagascar

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2000


M. LE MAIRE DE PARIS. - Messieurs, chers collègues, une tradition jamais démentie veut que la Capitale se mobilise lorsque surviennent des catastrophes humanitaires, quelle que soit leur nature. Ce fut le cas aussi bien pour le Cambodge, la Bosnie, que pour les victimes du cyclone Mitch et tout récemment encore pour le conflit au Kosovo, les séismes survenus en Turquie ou pour les départements sinistrés par la marée noire sur les côtes françaises.
La Ville de Paris se devait de manifester sa solidarité envers les populations sinistrées de la République du Mozambique et de Madagascar.
C'est dans cet esprit qu'à ma demande Roger ROMANI a réuni l'ensemble des Présidents de groupe afin d'examiner avec eux les modalités du soutien que la Ville entend apporter aux milliers de victimes qui tentent de survivre dans ces deux pays.
Je vous propose de voter une subvention exceptionnelle de 1 million de francs en faveur de cette cause.
Compte tenu des informations qui nous ont été fournies par le quai d'Orsay, je suggère que cette aide soit répartie entre les trois organisations non gouvernementales présentes sur place, soit :
- 250.000 F au profit d'Action contre la faim pour contribuer à son programme d'urgence en matière de réhabilitation de points d'eau et d'aide alimentaire ;
- 250.000 F au bénéfice d'Handicap international, au titre de son programme d'aide à la réinstallation des familles et d'appui au redémarrage économique dans un contexte où la présence de nombreuses mines pose des problèmes considérables ;
- enfin 500.000 F en faveur de Médecins du monde, seule O.N.G. française présente à Madagascar, parallèlement à son action au Mozambique, axée sur l'accès aux soins des populations déplacées.
Il était indispensable que la Ville témoigne de son engagement constant en faveur des populations en grande détresse.
Je ne doute pas que le projet de délibération qui vous est soumis recueillera une adhésion unanime.
Qui souhaite prendre la parole ?
M. MALBERG a la parole.
M. Henri MALBERG. - Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, nous avions attiré l'attention, il y a un mois, sur la situation au Mozambique et nous prenons acte, au groupe communiste, avec beaucoup de satisfaction, de votre décision d'aide humanitaire aux populations du Mozambique et de Madagascar.
Ces deux Etats, qui comptent parmi les pays les plus pauvres de la planète, viennent d'être très gravement touchés par les intempéries.
Dans la République du Mozambique, on dénombre des centaines de morts, des centaines de milliers de personnes déplacées, des routes et des ponts emportés par la violence des flots, des milliers d'hectares agricoles immergés. Et à Madagascar, c'est également par centaines que l'on compte les disparus.
Pour ces deux Etats si pauvres, ces catastrophes naturelles représentent un coût économique et humain qui peut mettre un terme à leur développement, qui était déjà si difficile. Aujourd'hui, alors que les éléments semblent calmés, il y a des risques d'épidémies de choléra, de typhoïde. Et des milliers de mines anti-personnelles refont surface.
C'est donc à l'honneur de notre Ville de répondre à l'appel au secours lancé par ces pays et c'est une marque de fidélité à sa tradition de solidarité.
Me permettrez-vous, Monsieur le Maire, de vous faire à cette occasion une proposition ?
La Ville de Paris a de nombreux liens de coopération avec des capitales de pays développés. Ne faut-il pas, au travers de cette action d'urgence humanitaire, tisser des liens d'amitié et de coopération à plus long terme et trouver des formes de relations et de jumelages avec des pays pauvres de la planète ? Je crois que ce serait conforme à la tradition parisienne et à l'espoir de beaucoup de Parisiens. Pourquoi ne pas étudier donc un jumelage entre notre Ville, Maputo et Antananarivo ?
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mme CAPELLE a la parole.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Monsieur le Maire.
A la suite de M. MALBERG, je voudrais me féliciter de voir inscrite à notre ordre du jour l'aide en faveur des populations sinistrées du Mozambique.
Dès le 2 mars dernier, le Président du groupe du Mouvement des citoyens, M. Georges SARRE, vous appelait en effet, Monsieur le Maire, par courrier, à prendre en la matière des initiatives concrètes afin d'assurer que notre Capitale prenne, comme elle en a l'habitude, pleinement sa part, à sa mesure, des efforts nationaux et internationaux d'aide d'urgence, d'ordre matériel et financier, consentis au Mozambique comme aux autres pays sinistrés d'Afrique australe.
La situation était alors critique. Du fait des pluies diluviennes qui s'abattaient sans trêve sur ce pays depuis le début février, près d'un million de personnes se trouvaient sans abri, 350.000 nécessitant par ailleurs des soins d'urgence. Dans le même temps, l'évacuation d'environ 100.000 personnes encore coincées (on ne peut pas dire autrement) au milieu des terres inondées restait très partielle, faute de moyens de sauvetage suffisants, l'aide internationale tardant à se mobiliser.
Aujourd'hui, un certain nombre de pays, dont la France, se sont mobilisés, mais la situation sur place reste préoccupante. Le 22 mars dernier, le Ministre mozambicain des Affaires étrangères lançait ainsi un nouvel appel à l'aide financière internationale rendu nécessaire par - je le cite - "la dramatique détérioration de la situation provoquée par les conséquences des cyclones" de la fin février, dans un pays déjà fortement affecté par les inondations. Dans le même temps, le programme alimentaire mondial de l'O.N.U. lançait un appel international pour recevoir de nouveaux moyens aériens afin de transporter des vivres au Mozambique.
Dans ce contexte, les élus du groupe du Mouvement des citoyens soutiennent pleinement l'attribution d'une subvention de 1 million de francs aux populations sinistrées du Mozambique, par laquelle notre Capitale manifeste clairement, comme lors du cyclone Mitch en Amérique centrale, sa détermination à participer à l'indispensable mobilisation internationale. J'ajoute qu'il conviendrait certainement de réfléchir dès maintenant à l'envoi ultérieur sur place d'une mission d'identification des besoins d'urgence des populations, sur le modèle de celle qui s'était rendue au Honduras et au Nicaragua en décembre 1998 et qui avait conduit à la formulation, par l'Ingénieur en chef de la Ville, de "propositions d'appui possibles de la Mairie de Paris" à l'aide internationale.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur DELANOË, vous avez la parole.
M. Bertrand DELANOË. - Monsieur le Maire, très brièvement, je n'ai pas beaucoup de commentaires à ajouter à ce que vous avez dit tous les trois.
Il est très bien que Paris manifeste sa solidarité pour les raisons que vous avez évoquées tous les trois, que nous le fassions ensemble et que le Conseil de Paris sache, dans ce genre de circonstance, comme il l'a fait souvent dans le passé et comme je souhaite qu'il le fasse souvent dans l'avenir, manifester les valeurs de Paris.
Les valeurs de Paris, c'est la solidarité internationale, c'est notre capacité ensemble, quand des pays dont nous sommes proches souffrent, à traduire notre aide dans des actes et je me réjouis qu'aujourd'hui, une fois de plus, dans ces circonstances difficiles, nous sachions le faire intelligemment et efficacement.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, communiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur GALLAND, vous avez la parole.
M. Yves GALLAND. - Monsieur le Maire, encore plus brièvement, il s'agit à l'évidence d'un drame épouvantable, dans un pays pauvre, pour lequel la solidarité s'impose et nous sommes évidemment totalement solidaires.
Une seule observation, Monsieur le Maire : faut-il de l'argent ? Faut-il des moyens ?
En la circonstance, nous partageons le choix que vous avez fait, mais nous vous rappelons que nous avions demandé - car c'est probablement en un an la dixième fois que nous sommes amenés à vouloir aider des populations ou des pays en difficulté - nous avions demandé la création de ce que l'on pourrait appeler la F.A.M.I.R.S. (Force d'action municipale d'intervention rapide) qui peut être utile, dans un certain nombre de cas, pour mettre à disposition des moyens opérationnels de la Ville, dans une situation particulière.
Monsieur le Maire, en tous cas l'accord du groupe U.D.F., avec une suggestion sur cette situation dramatique au Mozambique.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération C 1 relatif à cette subvention exceptionnelle.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, C 1).