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Mars 2000
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46 - 2000, DFAE 34 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec la société "Relais-Parking" une convention d'occupation du domaine public

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2000


M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DFAE 34 concernant la signature avec la société "Relais-Parking" d'une convention d'occupation du domaine public.
La parole est à M. LE GARREC.
M. Alain LE GARREC. - Je parle en lieu et place de Mme Mireille FLAM.
Ce projet de délibération (nous parlons de la délibération traitant des relais-parkings) propose la mise en place d'un service de voituriers qui auraient à charge de stationner à titre onéreux les véhicules que leur confieraient les automobilistes propriétaires.
Pour ce faire, 30 kiosques seraient installés par la société "Relais-Parking" aux abords des parkings publics ou privés situés dans les arrondissements centraux et dans les arrondissements de l'Ouest.
Cette opération serait expérimentale. La convention serait passée pour un an et ne coûterait rien à la Ville.
Je voudrais (c'est Mme FLAM qui parle) faire plusieurs observations.
Ce service serait proposé à l'entrée des parkings dont le taux de remplissage n'est pas satisfaisant. Même si l'objectif est de lutter contre le stationnement illicite en surface, on sait que l'augmentation de l'offre de stationnement conduit à une augmentation du volume de la circulation automobile. Si l'on remplit les places de parking inoccupées dans le centre de Paris et autour des grands magasins, cela veut dire que davantage de clients prendront leur voiture pour faire leurs courses, alors que l'objectif est au contraire de réduire la circulation automobile dans Paris, surtout dans le centre.
La mise en place de ce service est confiée en exclusivité à la société "Relais-Parking". Qui est cette société ? A-t-elle un savoir-faire en la matière ? Comment et par qui a-t-elle été sélectionnée ? Y a-t-il des entreprises concurrentes ?
Ces questions-là, je crois, ont d'ailleurs été posées en 1ère Commission.
A quoi ressembleront les 30 kiosques déposés sur la voie publique ? Dans quels arrondissements seront-ils situés ? Seront-ils placés sur le trottoir ou sur la chaussée ?
Toute une série de questions pour lesquelles nous n'avons pas obtenu de réponses, qui montrent que ce projet n'est pour le moment qu'une ébauche de projet et qu'il est nécessaire, avant de prendre une décision, de réaliser une étude d'impact pour en mesurer les conséquences.
Cette idée est peut-être une bonne idée, si elle consiste à faire descendre en sous-sol des voitures qui stationnent en surface, mais dès lors que ce principe est retenu, il apparaît prioritaire de se donner les moyens de proposer des places en sous-sol aux Parisiens, du moins à ceux qui habitent Paris, qui ont une voiture et ne disposent pas d'un parking pour la stationner.
En effet, de nombreux Parisiens n'ont pas de voiture, alors que les S.E.M. de la Ville disposent de plusieurs milliers de places en sous-sol qui, elles, sont inoccupées.
Ces parkings ne sont pas utilisés pour deux raisons principales : la sécurité n'y est pas assurée et le prix est trop élevé.
Dans le 11è arrondissement par exemple, les taux de vacance des parkings vont de 13 à 30 % et les prix de 288 à 756 F par mois. A 288 F, toutes les places sont occupées, à 756 F, 30 % des places seulement.
Le 11e arrondissement est l'arrondissement le plus dense de Paris, il est le plus marqué par une forte circulation de transit, l'espace public est le plus souvent occupé surtout par les voitures, celles qui circulent et celles qui stationnent. Donc l'idée consistant à faire descendre en sous-sol les voitures stationnant en surface nous intéresse, mais la priorité est d'abord de s'adresser aux Parisiens, à ceux qui résident à Paris et qui en ont le plus besoin.
Or, ce projet ne s'adresse pas aux Parisiens, il se limite à un service de voituriers, qui peut être utile s'il ne pose pas plus de problèmes qu'il n'en résout. Mais ce projet ne peut être accepté en l'état, il doit être revu et précisé.
En l'état actuel du dossier, nous ne prendrons pas part à ce vote.
Je vous remercie.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. LEBEL.
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - C'est avec surprise, une fois de plus, que le maire du 8e a découvert ce matin ce projet de délibération qui concerne en fait très largement son arrondissement puisque les véhicules dont il est question dans ce projet seront implantés pour leur majeure partie dans le même quartier de la Capitale, c'est-à-dire le quartier des Champs-Elysées.
Sur le fond, pourquoi ne pas (comme le disait notre collègue LE GARREC) généraliser, institutionnaliser les voituriers en les installant officiellement sur la voie publique, protégés des intempéries et signalés aux yeux du public par un édicule ? A ce propos d'ailleurs, on ne sait pas tout à fait bien si l'architecte des Bâtiments de France ou les Monuments historiques vont les accepter, mais enfin nous verrons bien.
Bref, voituriers de parcs souterrains, l'idée en soi n'est pas si mauvaise.
Malheureusement, cette belle idée nous est soumise comme d'habitude sans concertation et sans consultation préalable, semble-t-il, du Préfet de police, Préfet de police dont l'avis sur la faisabilité juridique aurait été précieux, et je ne parle pas des questions qu'on peut se poser sur les manipulations d'argent auxquelles cette affaire donnera lieu.
C'est pourquoi j'avais envoyé au mois de février une lettre au Directeur de la Voirie avec une copie au Préfet de police. Ni l'un ni l'autre ne m'ont honoré d'une réponse, c'est pourquoi je vais être amené à vous lire les termes de cette lettre dans laquelle je disais :
"Vous m'avez fait part d'un projet privé de voituriers abrités sur la voie publique par des kiosques-abris posés sur les trottoirs. Cette idée qui peut sembler au premier abord susceptible d'apporter un service à certains automobilistes me paraît se heurter à quelques obstacles qu'il conviendrait d'aplanir :
1/ le document tel que vous me l'avez soumis se garde bien de préciser que l'implantation de ces kiosques s'accompagne de réservation de places de stationnement à des emplacements où le stationnement est interdit et matérialisé par arrêté préfectoral et même parfois considéré comme gênant. Cette facilité ne me paraît pas compatible avec l'état actuel de la réglementation.
2/ si la présence de voituriers sur la voie publique est appréciée devant certains établissements privés comme les restaurants, les cabarets, les magasins de luxe, le statut de ces personnels est loin d'être clair et (là je m'adresse particulièrement au Préfet de police) leur propension à régenter le stationnement sur la voie publique a provoqué dans le passé et continue à provoquer tous les jours, en particulier dans le 8e arrondissement, des débordements parfois peu compatibles avec les principes généraux du droit et l'égalité des citoyens devant la loi et le règlement.
3/ enfin, les relais-parkings tels que vous les envisagez ne peuvent se concevoir sans une rémunération de l'exploitant. Dans ces conditions, il n'est pas certain que la rétribution de l'usage de la voie publique, en particulier celle des kiosques, puisse être envisagée sans une procédure particulière de type appel d'offres, et je ne parle pas à nouveau de l'absence de toute précision donnée dans la délibération sur les sommes qui seront perçues et qui échappent à tout contrôle de la Ville."
Voilà, Monsieur le Préfet de police et Monsieur le Maire de Paris, ce que je souhaitais dire. Malheureusement, je crains que précipitation et bricolage caractérisent ce projet pour l'instant. Je souhaiterais qu'il soit plus concerté dans un avenir proche.
Je vous remercie.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci.
Pour répondre aux deux intervenants, la parole est à Jean-Pierre PIERRE-BLOCH.
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je suis étonné... M. LEBEL et M. LE GARREC, même combat !
Je suis étonné car une fois de plus, quand il y a un projet intelligent, on essaye de démolir ce projet en disant : la mafia... l'argent... qu'est-ce qui va se passer ?
Ce projet, qui est labellisé "Mission 2000", est vraiment le projet le plus clair que je connaisse. Il y a une société qui est venue voir la Ville de Paris, et moi en particulier, chargé du commerce et de l'industrie, au sujet de la demande des commerçants de Paris en général concernant les difficultés que leurs clients rencontrent pour se garer.
Sur ce, cette société a fait une proposition. Cela aurait pu être X ou Y, c'est cette société qui a fait une proposition à la Ville.
Je l'ai présentée au Maire et au Secrétaire général et on a labellisé "Mission 2000", ce projet qui va être expérimenté pendant un an.
Il y aura grosso modo 30 points sur Paris où vous aurez des kiosques d'accueil. Les exploitants salarient des jeunes gens qui gareront les voitures. Les clients payeront au kiosque leur redevance de parking plus la somme - je ne l'ai plus en tête - de X... francs, pour aller garer la voiture. Donc il n'y aura pas de manipulation d'argent, puisqu'ils payeront au kiosque. Ce ne sont pas les chauffeurs qui iront garer les voitures qui percevront l'argent, c'est le kiosque. Il n'y aura donc pas une mafia, comme vous l'avez dit dans la lettre que vous avez envoyée à M. LAMBOLEY, il n'y aura pas de manipulation d'argent parce que le client viendra, payera avec sa carte bleue ou payera comme il voudra, la seule chose c'est que, s'il est généreux, il donnera un pourboire à la personne qui ira garer sa voiture. Ces voitures iront dans des parkings de Paris. Il n'y aura pas de mafia organisée sur les parkings puisque ces relais-parkings ont réservé dans des parkings parisiens un certain nombre de places. Comme l'a dit Mme FLAM dans le 11e, dans un certain nombre de quartiers, il y a 45 % de places vides, ils iront donc dans des parkings officiels, ils n'iront pas dans des parkings clandestins.
Je sais que votre position fait sourire. L'ensemble des commerçants du 8e applaudissent à cette initiative par rapport à un certain nombre de rues où les gens ne viennent plus faire leurs courses du fait que les contraventions sont beaucoup plus chères que les courses qu'ils ont à y faire.
Et pour répondre à Mme FLAM à travers notre collègue du 1er arrondissement, le problème de fond est que les gens viennent dans Paris, se garent n'importe comment, d'une façon anarchique et risquent la contravention à 250 F, quand ils la payent. Au contraire, et Monsieur LEBEL, je vous réponds, la Préfecture de police, ainsi que le Directeur de la Voirie et de la Circulation ont trouvé le projet intelligent.
Vous me parlez des bâtiments de France par rapport aux kiosques, attendez... ne faisons pas un cirque, regardons ce qui se passe avec les vendeurs dans Paris et les parasols, là personne ne parle des monuments de France, comme par hasard. Pour ne pas donner l'exemple de la Tour Eiffel ou autre. Soyons sérieux.
Tout cela est pour moi un combat d'arrière-garde, cela m'étonne de votre part, cela ne m'étonne pas de la gauche.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci, cher collègue.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFAE 34.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DFAE 34).