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Juillet 2001
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Conseil Municipal
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24 - 2001, DAUC 76 - Opération d'aménagement du secteur "Château-Rouge" (18e). - Autorisation à M. le Maire de Paris d'acquérir les biens appartenant à l'O.P.A.C. de Paris dans le périmètre de cette opération

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2001


Mme Clémentine AUTAIN, adjointe, présidente. - Nous passons au projet de délibération DAUC 76 relatif à une opération d'aménagement du secteur "Château-Rouge" (18e). - Autorisation à M. le Maire de Paris d'acquérir les biens appartenant à l'O.P.A.C. de Paris dans le périmètre de cette opération.
Je donne la parole à M. LEBEL.
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Madame le Maire, le projet DAUC 76 concerne une opération publique d'aménagement d'un secteur du 18e arrondissement. Ainsi, avec cette délibération, comme d'ailleurs avec la suivante qui modifie le Plan d'occupation des sols dans le 14e, il s'agit d'imposer la volonté générale, l'intérêt public, à ceux qui pourraient être tentés de faire prévaloir leurs intérêts privés, contraires aux objectifs supérieurs des Parisiens représentés par leurs élus.
J'approuve, Madame le Maire, les objectifs poursuivis par ces deux délibérations, dans ce cas précis, mais aussi en général, dans tous les autres cas similaires.
Mais alors pourquoi cette politique constante, qui fait semble-t-il l'unanimité à droite et à gauche, subit-elle aujourd'hui une notable, une énorme exception ? Comment pouvez-vous admettre qu'à Paris, sur près de deux hectares situés sur un emplacement exceptionnel, le plus recherché peut-être de tout le territoire national, placé entre le Faubourg Saint-Honoré et de la rue de Courcelles, comment admettre qu'un promoteur privé, avec votre bienveillante neutralité, puisse construire un bâtiment massif, un bunker, avec une surdensification de 50 % par rapport au coefficient d'occupation des sols de l'ensemble de la zone et de l'arrondissement ? Comment admettre que sur le terrain le plus cher de tout Paris, dans une zone centrale dépourvue d'espaces verts, d'équipements publics, d'écoles et sur laquelle les élus ont des projets en particulier en direction de la petite enfance avec un centre international de l'enfance, comment donc admettre que vous acceptiez sans ciller, sans réagir, une opération immobilière aussi énorme, que ce "jackpot" immobilier file comme une lettre à la Poste sans même l'ombre d'une réaction de votre part, ni sur le plan juridique, ni sur le plan municipal ?
Le Plan d'occupation des sols, les secteurs de plan masse existent. Aussi, votre devoir, Madame le Maire, est de faire appel de la décision étonnante, pour ne pas dire hallucinante, du Tribunal administratif qui autorise l'opération que je vais me permettre de résumer en trois mot : un particulier achète un terrain, que chacun sait grevé d'un secteur de plan masse, au plus bas prix car le terrain est précisément grevé d'un secteur de plan masse et bénéficie d'une surdensité exorbitante qui ne se justifiait au départ que parce que l'usage dudit terrain était un usage public.
Je voudrais qu'on m'explique comment cette affaire, qui est considérable et grave, a pu passer sans attirer votre attention.
Je crois pouvoir vous dire, et j'en terminerai par là, qu'on parlera encore dans un siècle de cette fantastique démission du Maire de Paris, du blockhaus que vous allez autoriser au détriment des intérêts des Parisiens et de l'urbanisme parisien en général. Il sera montré du doigt comme un crime urbanistique, pire peut-être, comme une faute.
Mme Clémentine AUTAIN, adjointe, présidente. - La parole est à M. CAFFET pour répondre à l'intervenant.
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci, Madame la Maire.
Je me doutais que M. LEBEL veuille intervenir non pas sur la présente délibération relative à "Château-Rouge" avec laquelle il est pleinement en accord mais sur un tout autre dossier, à savoir la délivrance d'un permis de construire dans le 8e arrondissement, intervenue, il y a quelques jours.
Je regrette que M. LEBEL n'ait pas déposé un v?u à ce sujet.
Je répondrai sur le fond aux deux v?ux déposés par le groupe "Les Verts", mais j'ai envie de répondre à la question de M. LEBEL par une autre question : Monsieur LEBEL, avez-vous toujours été farouchement opposé à la construction de cet hôtel ?
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Tout à fait.
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, rapporteur. - Pourquoi écriviez vous alors, le 2 janvier 2001, au Président de la société immobilière qui promeut ce projet, la chose suivante : "Comme vous le savez, je ne suis pas opposé sur le principe à la création d'un hôtel de luxe à l'intérieur du secteur de plan masse Beaujon..."
Je poursuis : "Comme vous le savez également, la réalisation d'un tel équipement nécessite une modification du Plan d'occupation des sols de l'ensemble du secteur...".
Et je poursuis, sous votre signature, Monsieur LEBEL : "ma priorité reste donc cette modification réglementaire qui doit permettre à la fois la construction de l'hôtel mais aussi et prioritairement un certain nombre d'équipements collectifs dont le 8e arrondissement attend en vain la concrétisation depuis de nombreuses années".
Monsieur LEBEL, si vraiment nous avons commis un crime architectural, avouez que vous en êtes complice !
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, "Les Verts" et du Mouvement des citoyens).
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Je m'étonne, Monsieur CAFFET, que vous donniez lecture d'un courrier privé !
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - J'ai simplement trouvé ce document dans les archives concernant ce dossier.
Mme Clémentine AUTAIN, adjointe, présidente. - S'il vous plaît le débat est terminé ; vous discuterez après.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 76.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, DAUC 76).