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Juillet 2001
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Conseil Municipal
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15 - Evocation des incidents survenus à l'Hôtel-de-Ville lors de la visite du Président Bachar EL ASSAD

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2001


M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, avant de commencer nos travaux je voudrais vous dire un petit mot sur un sujet à propos duquel deux élus du Conseil m'ont demandé de m'exprimer, ce que je fais volontiers. Les deux élus en question sont Christophe NAJDOVSKI et Karen TAÏEB. Il s'agit des incidents qui se sont déroulés à l'Hôtel-de-Ville lorsque le Président Bachar EL ASSAD est venu en visite. À notre dernière séance du Conseil de Paris j'avais indiqué à l'Assemblée que j'accomplirais mon devoir en conformité avec mes convictions, ce que j'ai fait.
Deuxièmement, un élu du Conseil de Paris à un moment donné a créé une perturbation. Chacun en pense ce qu'il veut, moi je pense que c'était inopportun, qu'un discours, surtout quand il est respectueux du peuple syrien, en l'occurrence, et avec des convictions bien affirmées, est plus efficace qu'une agitation à un moment donné, mais chacun fait ce qu'il veut et je n'entends pas interdire les portes à un conseiller de Paris invité normalement dans une réception. Donc cela s'est déroulé. Cela a été maîtrisé dans de bonnes conditions. Les uns et les autres nous avons été amenés à dire ce que nous en pensions.
En revanche, un élu d'arrondissement, M. TAÏEB, qui était présent comme élu d'arrondissement, voulait remettre une lettre au Président EL ASSAD et il a été plus que bousculé, maltraité, je peux dire, par des personnes qui étaient là pour protéger le Président EL ASSAD.
D'abord je voudrais vous dire que j'ai reçu une longue lettre, extrêmement amicale, de ce conseiller du 20e arrondissement et que je veux l'en remercier publiquement. Ensuite qu'un de mes collaborateurs, assistant un peu trop tard, malheureusement, à cet incident a récupéré cette lettre pour que nous la remettions au Président EL ASSAD.
Pour ma part, je voulais que cette réception se fasse dans la courtoisie, dans le respect des règles républicaines et le respect aussi du peuple syrien. J'insiste. D'ailleurs ceux qui ont lu mon intervention savent que je l'ai faite dans cet esprit là, et cette visite a été organisée comme toutes les précédentes, je vous le signale. Le Président de Syrie, le prédécesseur de Bachar EL ASSAD, a été reçu ici, dans exactement les mêmes conditions techniques de sécurité.
Donc cette visite m'a révélé effectivement que dans certains cas - et ce n'est pas sans précédent - des personnalités, pour des raisons que certains comprennent, sont protégées à la fois par des personnels de sécurité français et d'autres personnels de sécurité de leur pays. C'est d'ailleurs souvent le cas avec le Président des États-Unis, je ne sais pas si vous avez déjà vu des réceptions du Président des États-Unis quelque part, c'est impressionnant. Mais je voudrais vous préciser que quand le Président Afez EL ASSAD a été reçu à l'Hôtel-de-Ville de Paris, c'était le même dispositif, simplement il n'y avait pas eu d'incident, il n'y avait pas de gens qui protestaient.
Pour ma part, découvrant cela, d'abord je veux protester contre la manière dont cet élu, qui était pacifique, qui n'était pas agressif, a été traité par des personnels étrangers à la France et je veux que ce soit l'occasion, en concertation avec les services de l'Etat, en assurant le maximum de sécurité évidemment à tout hôte de la France et de la Ville de Paris, que ce type d'incident ne puisse pas se reproduire, car j'entends que dans l'Hôtel de Ville de Paris, en assurant la totalité de la sécurité de nos invités - ce qui me paraît la moindre des choses - les services du pays puissent garantir l'ensemble du dispositif autour des chefs d'état que nous accueillons.
Voilà ce que je voulais vous dire, sans élever le ton et avec beaucoup de sérénité. Simplement je regrette ces incidents, j'exprime ma solidarité, mon amitié à M. TAÏEB et je lui confirme ce qu'il sait déjà, que j'ai transmis sa lettre.
Voilà ! Ces incidents n'auraient pas du se produire ni le premier ni le second. Je pense qu'il faut savoir dialoguer, exprimer des convictions et le faire dans un cadre apaisé et digne. Donc ce que m'ont révélé ces incidents il en sera tenu compte. Mais, je vous le répète, il n'y avait pas d'innovation en la matière.
Voilà mes chers collègues.
(Mme Anne HIDALGO, première adjointe, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).