Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Novembre 1997
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

13- II - Question d'actualité de M. Xavier BORDET et des membres du groupe R.P.P. à M. le Maire de Paris sur le dispositif des emplois-jeunes mis en place par l'Education nationale.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 1997



M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous examinons maintenant la question du groupe R.P.P. sur les emplois-jeunes mis en place par l'Education nationale. Question de M. BORDET.
M. Xavier-Marie BORDET. - Monsieur le Maire, le dispositif des emplois-jeunes se met en place dans les écoles parisiennes sous la direction de l'Education nationale.
Pour ce faire, il a été demandé aux écoles de présenter des projets. Certains de ces projets ont été acceptés, d'autres ont été refusés par l'Académie.
Sur quelle base ces choix, acceptation et refus, ont-ils été faits ?
J'ai pu voir les chiffres de ces refus par arrondissement. Je suis effrayé : pourquoi une telle disparité d'un arrondissement à l'autre ?
Pourriez-vous nous donner quelques chiffres et quelques explications ?
D'autre part, pourquoi l'académie de Paris est-elle si défavorisée par rapport aux académies comparables ?
Là encore, pourriez vous avoir de l'académie quelques explications et quelques chiffres ?
L'académie vous a-t-elle saisi de ces demandes et de ces projets ? Les a-t-elle discutés avec vous, avec votre adjoint, avec vos services ? N'est-il question que de personnes et pas de moyens matériels ?
Un peu de concertation comme il en existe par ailleurs pour la carte scolaire, comme M. SARRE n'avait pas l'air de le savoir ce matin, n'aurait-elle pas été nécessaire ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. GOASGUEN.
M. Claude GOASGUEN, adjoint. - Monsieur le Maire, je voudrais préciser que : les emplois-jeunes de l'Education nationale sont un peu particuliers puisque ce sont des emplois-jeunes payés à 100 % par la collectivité nationale en l'occurrence, permettez-moi de vous le dire, par le Ministère du Travail parce que le Ministère de l'Education nationale n'a pas cru bon, tout en ayant annoncé la création d'emplois-jeunes, de faire suivre les crédits correspondants.
D'ailleurs, pour être encore plus précis, après le débat à l'Assemblée nationale qui nous a permis de poser quelques questions au Ministre, je ne peux pas dire, en l'état actuel des choses, et le Ministre non plus, si ce sont 10.000 ou 20.000 emplois Education nationale qui ont été créés.
En toute hypothèse, je peux dire, parce que j'en ai été informé d'une manière prétorienne comme le Maire de Paris, qu'il y avait 500 emplois qui avaient été attribués à l'Académie de Paris dans le 1er degré, et qu'il y avait 145 emplois d'aide-éducateur qui se préparaient pour le mois de janvier.
La caractéristique commune de ces 645 emplois, c'est que leur affectation a complètement échappé aux collectivités communale et départementale que nous sommes.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ")

Et ce, malgré les questions réitérées que le Maire de Paris et moi-même n'avons cessé de poser au recteur, au Ministre de l'Education nationale aussi bien à l'Assemblée nationale qu'au Sénat. Les réponses ont toujours été les mêmes : le silence et la décision sans concertation.
Le résultat de cette non concertation, hélas, vient traduire un certain nombre de préoccupations qui ont été les nôtres et que nous avons exprimées avec une certaine force ce matin : ce sont toujours les mêmes qui bénéficient de l'attention de l'Etat au détriment des autres.
En l'occurrence, la quasi intégralité des emplois-jeunes ont été distribués, je cite : " au 20e arrondissement, au 19e arrondissement, au 18e arrondissement, au 11e arrondissement et au 10e arrondissement ".
M. Jacques DOMINATI, premier adjoint. - Et le 3e arrondissement, c'est zéro !
(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).

M. Claude GOASGUEN, adjoint. - Je me suis livré à une petite enquête.
J'ai demandé dans le cadre des relations Ville/Académie....
(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Faites effort sur vous-mêmes d'abord pour ne pas crier ! Calmez-vous un peu, que M. GOASGUEN développe sa réponse. Soyez aimables ! Nous constatons tout d'abord qu'il n'y a pas de concertation et que le Gouvernement donne à certains arrondissements dont les élus sont d'une certaine tendance. C'est tout à fait antidémocratique !
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés " et vifs mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).

M. Claude GOASGUEN, adjoint. - Au lieu de crier, si vous me laissiez répondre ? Si c'est votre sens de la démocratie, on peut aller dans le couloir, ce n'est pas la peine de discuter dans une tribune !
M. Bertrand BRET. - Je veux répondre après et au moins 2 minutes et demi !
M. LE MAIRE DE PARIS. - M. CASTAGNOU a parlé dix minutes tout à l'heure !
C'est très mauvais de vous énerver comme cela !
M. Claude GOASGUEN, adjoint. - J'ai demandé quels avaient été les critères qui avaient permis de retenir ces emplois-jeunes. La réponse a été la suivante : les Directeurs d'école ont été consultés. J'ai estimé, bien entendu, que probablement le résultat avait été obtenu parce que les demandes des Directeurs d'école des arrondissements concernés devaient être sans doute plus nombreuses que les autres. Et pas du tout ! J'ai vérifié, et je me suis aperçu par exemple que les 1er, 4e et 8e arrondissements, qui n'ont obtenu aucun emploi, avaient demandé 77 postes. En réalité la consultation n'était qu'une fiction et on a fait travailler les équipes pédagogiques pour rien car il est probable, vu les résultats, que les attributions avaient été prédéterminées sur des critères qui n'avaient rien de pédagogiques !
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ")

Je voudrais vous dire que cette tendance qui consiste à politiser à l'extrême les affaires scolaires est une tendance extrêmement nocive, et nous, à la Ville de Paris, nous ne sommes jamais tombés dans ce travers, jamais ! Pour nous, un élève de l'Est ou un écolier de l'Ouest, c'est la même chose, et je souhaiterais que M. ALLEGRE prenne l'exemple de la politique scolaire de la Ville de Paris !
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur GOASGUEN.