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Novembre 1997
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Conseil Municipal
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29- 1997, SG 2 - Autorisation à M. le Maire de Paris de lancer une consultation en vue de désigner un organisme chargé de réaliser une étude sur l'amélioration du fonctionnement des Services de la Ville de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 1997



M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération SG 2 concernant la consultation en vue de désigner un organisme.
Je donne la parole au premier orateur inscrit : M. SARRE.
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, l'amélioration du service rendu aux parisiens par l'administration de la Ville de Paris est un objectif louable.
Je m'étonne quand même que des élus du Peuple soient amenés à faire faire une étude pour connaître les besoins de la population et améliorer le service public.
Je dois vous dire que là nous sommes en train de nous diriger vers des sommets. Je voudrais, comme élu de l'opposition, soucieux des deniers publics vous évitez de vous lancer inutilement dans une étude dont la finalité me paraît imprécise, et inutile au regarde de ce qu'il convient de faire pour améliorer le fonctionnement de l'administration parisienne, qui est connue de tous aujourd'hui.
Ce qui fait défaut à l'Administration de la Ville de Paris ce n'est pas sa qualité, et son dévouement au service public. C'est l'absence de volonté politique qui permet le rapprochement des parisiens de leur administration. En refusant par exemple de donner aux mairies d'arrondissement les moyens d'assumer leur mission de proximité de service public auprès des administrés, Monsieur le Maire, vous empêchez naturellement la bonne marche de l'administration parisienne puisque vous êtes une grosse tête mais vous avez des membres affaiblis. Vous avez des membres paralysés.
Il y a entre nous, Monsieur le Maire, un profond malentendu. Vous croyez que le lancement d'une étude est de nature à rendre perfectible l'administration de Paris.
Sans esprit de polémique, je puis vous assurer que vous faites fausse route car cette étude aussi intéressante soit-elle ne changera rien s'il n'existe pas une véritable synergie entre la mairie centrale et les mairies d'arrondissement.
Dès lors, quelles que soient les propositions, quelles que soient éventuellement les inflexions que vous pourriez apporter à votre politique, la réforme sera vouée à l'échec. Je prendrai un exemple parmi d'autres. Je commencerai par la propreté.
Monsieur le Maire, quand vous voyez les inégalités qu'il y a dans la répartition des fonctionnaires de la Direction de la Propreté, dans les différents arrondissements de la Capitale, eh bien vous comprendrez que le service rendu à la population ne peut pas être le même dans chaque arrondissement.
Si je compare des arrondissements comme le 11e, le 20e, le 16e, le 15e, j'ai les chiffres ici, les inégalités sont criantes, Monsieur le Maire. Commencez donc par redéployer vos effectifs, commencez donc par assurer le service public. Le service du nettoyage, avec les fonctionnaires de la Direction de la Propreté, les week-ends, et les lundi ? Il n'y a pas besoin d'une étude pour cela. N'importe quel observateur, à peine attentif, verrait qu'il est possible d'agir.
Je prends le dossier dont nous avons déjà parlé aujourd'hui, celui des emplois-jeunes. Quand je demande au Maire de Paris et à son adjoint, chargé des questions scolaires, de recruter des emplois-jeunes pour ouvrir les écoles le matin afin d'accueillir les enfants quand les parents travaillent en dehors de Paris - et ils sont nombreux en banlieue ou en lointaine banlieue, voilà des besoins qui ne sont pas satisfaits et qui pourraient l'être par les emplois AUBRY. Qu'attendez-vous ?
Avez-vous besoin d'une étude pour satisfaire ce point ?
Demandez donc aux enseignants et aux parents d'élèves !
M. Alain DESTREM, adjoint président. - Le règlement auquel vous avez fait allusion ce matin indique qu'une intervention ne doit pas dépasser 5 minutes.
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. -... absolument. Concernant la réforme de l'Administration, Monsieur le Maire, vous avez procédé à une réforme et vous avez réussi ce tour de force peu banal d'avoir un maire, un volant et deux tableaux de bord, avec un Cabinet, un Secrétaire général et des Directions. Aucune synergie ! Comment voulez-vous que cela marche ! Avez-vous besoin d'une étude pour remédier à cette situation ?
Je prends à nouveau la question des écoles, Monsieur le Maire. J'ai écouté tout à l'heure un débat fort éclairant sur les subventions.
Monsieur BRAVO a dit que 7 % des crédits sont consommés par 95 % des associations à quelque chose près, eh bien ce que je note c'est que tout à l'heure vous allez proposer la diminution des subventions aux caisses des écoles. Qui pourra être surpris parmi les parents d'élèves que le service public rendu aux familles n'est pas le meilleur ?
Naturellement, tout le monde pourra le dire.
Vous êtes Monsieur le Maire à l'image d'un chef d'orchestre qui se passerait volontairement de la moitié de ses musiciens, dont la symphonie sonne faux, et qui pense trouver la bonne solution en changeant seulement de partition. Ce n'est pas dans cette fuite en avant que vous trouverez des solutions pour rapprocher les parisiens de leur administration, c'est en prenant appui sur les mairies d'arrondissements et en mobilisant votre administration.
Voilà, mes chers collègues, économisons des crédits, rejetons cette proposition !
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des Citoyens, socialiste et communiste).

M. Alain DESTREM, adjoint, président. - La parole est à M. MORELL.
M. Alain MORELL. - Monsieur le Maire, vous nous demandez d'approuver le lancement d'une étude sur l'amélioration du fonctionnement de l'administration parisienne. Fort bien ma foi ! Puisque vous constatez, vous-même, que vous ne savez pas le faire vous-même seul ! On pourrait en principe en approuver l'initiative mais enfin cela appelle quelques constatations.
Premièrement, nos remarques de longue date, celles des maires d'arrondissements de gauche, celles de la Chambre régionale des Comptes sur la gestion de Paris, vous sont enfin parvenus à la conscience. Parfait !
Après tout, mieux vaut tard que jamais, et l'essentiel, pourrait-on considérer, est d'améliorer l'administration de Paris. Mais enfin nous sommes un peu étonnés que vous considériez vous-même ce Conseil, mais également les hauts responsables de la Ville comme inaptes à concevoir eux-mêmes une amélioration des services. C'est tout de même assez surprenant ce peu d'estime dans lequel vous tenez les hauts fonctionnaires de cette ville.
Pour notre part, nous pensons qu'ils auraient mérité davantage de considérations.
Enfin, le mode de consultation choisi est-il réellement le meilleur, si vous faites cette étude, pour assurer la neutralité et l'objectivité de l'organisme qui sera choisi ?
A la limite, cela pourrait être la seule justification d'une telle étude, mais quelle sera - et votre proposition n'en dit rien - la concertation qui sera faite avec les mairies d'arrondissements ? Vous prétendez ouvrir une véritable étude et vous restreignez autant qu'il était concevable votre comité de pilotage. J'ai l'impression que décidément pour beaucoup de choses vous ne savez plus vraiment où vous habitez.
Enfin, si jamais une telle étude devait avoir lieu, nous demandons qu'une communication soit faite au Conseil des conclusions de cette étude. Depuis quelques jours et en parole vous n'avez plus que le mot concertation à la bouche. Passez aux actes !
Nous, nous ne considérons pas cette étude comme indispensable. Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).

M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Mes chers collègues, ce projet est très simple : il concerne l'étude des conditions de l'amélioration du fonctionnement de l'administration parisienne.
Peut-on reprocher à une entreprise comme notre Ville, avec ses 18 directions, avec sa complexité, avec ses 40.000 employés, de faire cette étude ?
Peut-on nous reprocher de mener une telle étude en nous inspirant de celles sur le secteur privé ! Je ne le crois pas !
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").

Mes chers collègues, nous pensons que nous avons bien organisé notre Ville, en conformité avec les orientations du Maire de Paris. Mais, nous pensons aussi qu'il y a des améliorations à imaginer. C'est pourquoi nous souhaitons bénéficier d'un éclairage extérieur venant de professionnels, dont c'est le métier, la profession d'organiser. Cela nous paraît utile, indispensable même.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").

Nous souhaitons faire porter notre réflexion sur l'ensemble de la Ville, y compris les mairies d'arrondissement. Aussi, je vous propose d'approuver ce projet qui nous sera utile pour envisager éventuellement une nouvelle organisation de la Ville.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 2.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe communiste, Mmes BILLARD, SCHERER et M. BLET s'étant abstenus, le groupe du Mouvement des citoyens et M. REVEAU ayant voté contre. (1997, SG 2).
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").