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2008, DVD 201 - Signature d'un avenant n° 1 au marché de mise à disposition de séparateurs modulaires de voies substituant la société Appia Grands Travaux à la société AER.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2008


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DVD 201 concernant la signature d'un avenant n°1 au marché de mise à disposition de séparateurs modulaires de voies substituant la société Appia Grands Travaux à la société AER.

Je donne la parole à Mme Laurence DOUVIN.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Permettez-moi tout d'abord de vous demander, en tant que président de séance, d'avoir l'obligeance de faire l'appel des votes pour, des votes contre et des abstentions. Vraiment, la plupart du temps les abstentions sont passées sous silence. Je trouve qu'il n'est pas normal que les groupes ne puissent pas se prononcer pour l'une ou pour l'autre, ou pour la troisième des motions.

Je vous en remercie par avance.

En ce qui concerne ce projet de délibération, c'est un marché qui a trait aux séparateurs modulaires de voies. Ces séparateurs ont été très largement utilisés sous la précédente mandature notamment pour séparer les différentes voies de la chaussée entre les utilisateurs, qu'il s'agisse de boudins pour séparer les pistes cyclables ou de murets pour séparer les couloirs élargis. Les rues ont été découpées en lanières, la plupart du temps infranchissables, parfois totalement incompréhensibles et quelquefois sources d'erreur pour les différents utilisateurs de la voirie.

La voirie parisienne, en effet, qui était d'une compréhension simple est devenue franchement laide d'abord, avec des voies bancales, non symétriques, mais surtout, et ce qui est bien plus grave, parfois illisible.

Quelles sont donc les conséquences que l'on peut craindre d'une politique de multiplication des séparateurs ? Tout d'abord, ils ne permettent pas de répondre à une situation d'urgence, telle que sortir d'un couloir de bus pour des véhicules qui y seraient bloqués, en particulier les véhicules de police, de secours et de transports sanitaires, avec les conséquences que l'on peut imaginer.

Ils sont aussi une source d'agression entre des utilisateurs qui circulent à front renversés, c'est-à-dire ceux qui circulent à vitesse réduite et ceux qui seraient désireux de circuler, bien sûr dans les limites autorisées, un peu plus rapidement. Je pense évidemment aux vélos d'une part et aux bus ou taxis d'autre part.

L'observation de la circulation dans ces couloirs amène à penser que les 4,50 mètres de large n'amènent pas de solution satisfaisante à la cohabitation des plus petits et des plus gros.

Quand je vois qu'il est question d'ouvrir de nouveaux couloirs aux vélos, j'exprime une crainte. Je pense qu'il peut y avoir danger et je pense qu'il y a sous-estimation du danger.

A l'occasion de ce marché, ma remarque est la suivante concernant le fait d'interdire à des usagers l'accès à ces couloirs : il y a un autre moyen qui est celui des caméras qui assurent une verbalisation immédiate des contrevenants.

Une solution différente de répartition de la voirie consiste par exemple à prendre en compte en priorité la sécurité des plus faibles, les cyclistes, et à leur proposer dans toute la mesure du possible des espaces dédiés, pistes ou bandes cyclables, plutôt qu'une cohabitation dans un même espace.

L'usage du vélo à Paris est en hausse et c'est une bonne chose. Malheureusement, les cyclistes sont impliqués dans 7 % des accidents alors qu'ils ne représentent qu'entre 2 et 3 % du trafic.

Il y a donc danger. Or, la sécurité n'est ni une option, ni un luxe. Elle est une nécessité.

Je voudrais savoir dans le domaine des séparations quelles sont vos intentions ? Réexaminerez-vous des positions qui ont été jusqu'ici très doctrinaires pour les regarder au cas par cas dans une optique qui soit avant tout sécuritaire et pragmatique ?

Je vous remercie de nous faire connaître vos intentions en cette matière.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Cela n'a rien à voir avec... C'est un avenant.

Madame LEPETIT, vous avez la parole.

Mme Annick LEPETIT, adjointe, au nom de la 3e Commission. - Madame DOUVIN, je veux bien que l'on débatte des séparateurs, des couloirs de bus, etc.

Mais le projet de délibération n° 201 est en fait un avenant au marché qui concerne les séparateurs modulaires.

Je ne vous reproche pas de faire la confusion, moi-même si je n'avais pas regardé de près j'aurais pu confondre. Les séparateurs modulaires ne sont pas les séparateurs de couloir de bus que nous connaissons et que nous avons, il est vrai, particulièrement développé lors de la dernière mandature.

Tout le monde sait pourquoi nous les avons mis en place : pour éviter que les automobilistes roulent dans les couloirs de bus qui ne leur étaient d'ailleurs pas destinés. Sans séparateur, malheureusement, ils y roulaient et y rouleraient encore.

Le projet de délibération sur lequel nous sommes appelés à nous prononcer porte sur des séparateurs dit modulaires.

Ce sont en fait des dispositifs qui assurent deux fonctions. L'une concerne souvent les emprises de chantier. Comme leur nom l'indique, ce sont des petits modules qui peuvent être déplacés mais qui sont utilisés particulièrement lors de chantiers sur voies. Ils ont aussi une fonction de guidage des usagers dans des conditions inhabituelles de circulation. On le voit aussi lorsqu'il y a des réparations sur une autoroute, ces petits modules sont alors mis en place.

Il s'agit vraiment d'un marché concernant ces séparateurs modulaires qui sont la plupart du temps en béton ou en plastique, remplis d'eau afin qu'ils soient lourds.

J'imagine que ce projet de délibération fait l'unanimité. Nous avons besoin pour nos chantiers de passer ce type d'achat.

Concernant les séparateurs de couloirs de bus, je veux bien qu'à cette occasion on puisse en parler, mais on peut aussi refaire le débat.

Nous avons eu l'occasion d'en discuter avec les services de la Préfecture de police. Il y a possibilité aujourd'hui d'avoir un fonctionnement, même s'il reste encore à mieux l'appréhender, de caméras qui ne photographieraient, je le dis pour rassurer tout le monde, que les plaques d'immatriculation dans les couloirs de bus.

Cela peut être une façon effectivement d'éviter de rajouter trop de murs séparant les couloirs de bus - qui sont souvent ouverts aux cyclistes - du reste de la circulation générale.

Dans un certain cas, cela peut être intéressant, je pense notamment à des voies en pente pour lesquelles se posent des questions quant au dépassement par les bus des vélos par exemple.

Dès lors que nous travaillons avec la R.A.T.P. et la Préfecture de police pour ouvrir davantage de voies de bus, je suis tout à fait preneuse d'un matériel moins rigide que les séparateurs s'il permet une meilleure cohabitation sur l'espace public.

Cependant, aujourd'hui, nous le savons, si nous enlevions ces séparateurs dans un certain nombre d'endroits, nous aurions à nouveau des automobilistes qui emprunteraient les couloirs de bus.

Regardez ce qui se passe avec les deux-roues motorisés. Nombre d'entre eux, bien que beaucoup sanctionnés au regard de l'augmentation du nombre des procès-verbaux, utilisent les voies de bus.

Malheureusement, je dis malheureusement parce que vous avez raison, Madame DOUVIN, cela à un coût pour la collectivité, nous devons matérialiser et empêcher les voitures d'emprunter les couloirs de bus.

C'est la seule solution. De la même manière, j'aurais l'occasion d'y revenir j'en suis certaine lors d'un prochain Conseil de Paris, nous nous passerions bien, notamment sur le plan économique, des milliers et des milliers de potelets que nous mettons sur les trottoirs.

Si nous ne mettions pas de potelets, les voitures se gareraient avec deux roues sur les trottoirs.

Comme vous, je rêve à une meilleure discipline des uns et des autres. Pour le moment, ce n'est pas le cas, mais je suis ouverte à toutes les expérimentations.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 201.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DVD 201).