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Octobre 2008
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2008, Voeu déposé par MM. Jean-François LAMOUR, Jean TIBERI, Jean-Pierre LECOQ, Patrick TRÉMÈGE, Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE, MM. Philippe GOUJON, Thierry COUDERT, Jean-Jacques GIANNESINI, Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY et les élus du groupe U.M.P.P.A., relatif à l'avenir des théâtres dits municipaux de la Ville de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2008


 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous allons maintenant examiner, toujours en 9e Commission, le v?u référencé n° 60 dans le fascicule, déposé par le groupe U.M.P.P.A., relatif à l'avenir des théâtres dits municipaux de la Ville de Paris.

La parole est à Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, pour une minute.

Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY. - Notre v?u est, je pense, très clair et très modéré.

Il a pour but de demander à la Municipalité de préciser sa position concernant l'avenir des théâtres d'arrondissement.

Votre réponse intéresse tous les bancs de cette Assemblée puisque les élus des arrondissements concernés, en particulier ceux du 5e arrondissement pour le Théâtre Mouffetard, ceux du 14e arrondissement pour le Théâtre 14, ceux du 15e arrondissement pour le "Silvia Monfort" s'inquiètent des rumeurs qui circulent depuis longtemps et qui, depuis quelques jours, paraissent dans la presse.

Votre réponse intéresse surtout les responsables et les personnels des associations qui font leur travail avec sérieux et offrent aux Parisiens des spectacles de qualité, qui s'associent aux initiatives de la Ville et participent à la vie culturelle et sociale de leur arrondissement, et ceci sans budget de production et avec des moyens de communication modestes.

Christophe GIRARD, je ne vous demande pas de nous faire un historique comme vous me l'avez annoncé en 9e Commission, nous sommes là pour parler de l'avenir et les différentes idées qui circulent nous paraissent bien légères.

Il existe déjà du théâtre pour jeune public de qualité, faut-il spécialiser un nouveau lieu ? Multiplier des lieux de répétition ? Quelle idée généreuse mais il faut aussi pouvoir présenter les spectacles. Donner un lieu aux arts de la rue ? Quelle idée de les enfermer.

Les théâtres d'arrondissement sont de beaux lieux, restaurés et équipés, ils ont un public. Pourquoi s'y attaquer ? Quelle drôle d'illustration du doublement du budget de la culture.

Il ne faudrait pas que le 104, ce lieu unique et magique, comme l'a qualifié le Maire hier matin lors de la présentation des orientations budgétaires, devienne trop unique et par magie fasse disparaître les théâtres qui irriguent en profondeur le tissu culturel parisien.

Merci, Monsieur le Maire.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à M. GIRARD pour vous répondre.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Nous tremblons !

Je vais vous citer deux citations, l'une de l'un de vos amis et l'autre de Sophocle.

"Même pour un grand clerc, il n'y a pas de honte à s'instruire sans cesse et à réformer ses jugements." Cette phrase est de Sophocle.

"Les conservatismes existent sans doute, leur puissance n'est pas à négliger, leur capacité de nuisance est certaine, mais leur force est moins grande que l'aspiration naturelle de toute société au changement, à la réforme et à la modernisation." Son auteur est Nicolas SARKOZY.

Je vous remercie, chère Hélène MACÉ de LÉPINAY, d'avoir présenté ce v?u car il me permet de vous faire un petit historique et aussi de tenter de le faire voter par notre Assemblée.

Ces théâtres sont dits municipaux car ils sont exclusivement financés par la Ville. Historiquement, la plupart de ces théâtres avaient été implantés dans les années 1980, il y a bientôt 30 ans et 1990, il y a bientôt 20 ans, dans les arrondissements périphériques afin de compléter la carte des implantations culturelles à Paris dans un souci de démocratisation de la culture.

Ces théâtres d'arrondissement devaient servir de centre culturel de quartier. Certains ont d'ailleurs été intégrés à des centres d'animation, c'est le cas des théâtres des 13e, 14e et 20e arrondissements.

Le Théâtre 14, le plus ancien des théâtres municipaux, est né en 1978, à l'initiative d'Albert KADOUCHE. Il a ensuite été dirigé par Jean-Claude HAMUIL et depuis 1991, depuis 17 ans, il est dirigé par le comédien et metteur en scène Emmanuel DECHARTRE.

Le Théâtre 13, créé en 1981, a été dirigé en même temps que le centre d'animation par Flavienne MARTIN jusqu'en 1998. La programmation a ensuite été assurée successivement par Patrick GUFFLET qui est maintenant au théâtre Paris-Villette, Jacques BAILLON puis Saskia COHEN-TANUGI. Il est dirigé depuis 1999 par l'excellente Colette NUCCI.

Le Théâtre Mouffetard, créé en 1984 dans le 5e arrondissement de Paris est d'abord géré au sein de l'ensemble des activités du centre culturel du Panthéon, cher à Mme COHENSOLAL, la gestion de la salle seule a été confiée en 2003 à l'association "Paris Mouff'Théâtre" et à Pierre SANTINI comme directeur, homme qu'on ne présente plus.

Le Théâtre Paris-Villette a été mis à la disposition de la Ville en 1986. La Ville a autorisé la S.A.R.L. S.P.G.T. à le gérer. Il a été codirigé par Patrick GUFFLET et Henri DE MENTHON puis par Patrick GUFFLET seul avec beaucoup de talent.

Le Théâtre "Silvia Monfort" a été inauguré en 1992, il y a 16 ans, rue Brancion dans le 15e arrondissement, commande de la Ville de Paris à l'architecte Claude PARENT, dirigé depuis son ouverture par le comédien et metteur en scène Régis SANTON depuis bientôt 17 ans.

Le 20e théâtre, Messieurs BROSSAT et GAREL, est le plus récent des théâtres municipaux. Créé en 1995, imbriqué dans le centre d'animation des Amandiers, il a été dirigé par Francis SOURBIER qui a laissé sa place en 2002 à Pascal MARTINET.

Aujourd'hui, si ces théâtres continuent de participer à la richesse culturelle de la Capitale, il convient de reconnaître...

M. Sylvain GAREL. - Ce n'est pas une réponse !

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Minute, cela arrive !

Il convient de reconnaître qu'ils font face à des difficultés et qu'ils ont besoin d'un nouveau souffle.

Une mission d'expertise sur les théâtres municipaux avait été confiée il y a trois ans à Bernard FAIVRE D'ARCIER, ancien directeur du Festival d'Avignon.

Le rapport qu'il a remis à la Ville en octobre 2005 montrait que ces théâtres sont différents les uns des autres en termes de programmation et de fonctionnement, mais qu'ils ont plusieurs handicaps communs.

En particulier ils souffrent d'un manque d'identification dans le paysage culturel parisien. Bernard FAIVRE D'ARCIER préconisait de replacer chaque théâtre d'arrondissement, au cas par cas, dans le paysage de la Capitale en clarifiant et en renforçant leur identité artistique.

Plus récemment un audit sur la politique d'invitation et les taux de fréquentation des théâtres municipaux a été mené par l'Inspection générale.

Le rapport a été remis le 30 juillet 2008, il y a un délai nécessaire de confidentialité, nous ne pourrons en connaître les tenants et les aboutissants que dans quelques mois.

Il fait apparaître pour l'ensemble des théâtres municipaux des taux de fréquentation globalement faibles si l'on considère les spectateurs payants.

Il nous semble urgent aujourd'hui de donner une nouvelle dynamique à ces théâtres municipaux, afin qu'ils puissent jouer leur rôle de centre culturel de quartier tout en ayant un rayonnement artistique au-delà de leur arrondissement.

Cette réforme vise bien à renforcer et non à affaiblir les théâtres municipaux, contrairement à ce qui a pu être écrit, il n'est pas question de déterminer les subventions des théâtres en fonction de leur taux de fréquentation, ni de fermer un quelconque théâtre, ni de transformer purement et simplement un lieu de diffusion en lieu de répétition. Il n'est pas non plus question d'uniformiser les programmations. Au contraire, chaque théâtre doit développer une programmation diversifiée pour tous les publics, et les nouveaux publics en particulier, et affirmer une personnalité.

Prenons l'exemple du Théâtre 14, qui programme à la fois des ?uvres du répertoire classique et contemporain, qui accueille des compagnies l'été alors que les autres théâtres sont fermés. Le Théâtre 13 qui donne leurs places aux jeunes compagnies au côté des compagnies confirmées, ou le Théâtre Paris Villette, qui est dirigé par Patrick GUFFLET, qui innove cette année avec un dispositif inédit qui considère le réseau Internet comme une véritable scène.

La direction des Affaires culturelles étudie la mise en oeuvre de nouveaux cahiers des charges avec les théâtres, afin de fixer de nouvelles orientations. Plusieurs objectifs nous semblent à ce stade important à affirmer ou à réaffirmer. Donner plus de place aux jeunes compagnies, aux spectacles à destination du jeune public, à des domaines de la création en plein essor comme le cirque, les arts de la rue ouvertes sur le monde ou la marionnette, développer une nouvelle politique des publics, renforcer les actions de proximité, permettre à des compagnies d'être accueillies en résidence pour travailler et répéter, mais aussi améliorer la visibilité des théâtres pour qu'ils soient mieux repérés dans le paysage artistique parisien.

La réflexion qui nous permettra d'aboutir à ces nouveaux cahiers des charges sera bien sûr menée en concertation avec les directeurs des théâtres municipaux et avec les élus des arrondissements concernés.

Pour toutes ces raisons, comme le disait Jules Renard, "ne comptez pas trop sur la société pour faire des réformes, réformez-vous vous-mêmes". Je propose que nous votions ce v?u.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Avec cette explication exhaustive, je pense que tout le monde aura un avis éclairé sur la question. Nous pouvons passer au vote.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2008, V. 206).