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2008, DJS 235 - Subvention à la société anonyme sportive Paris Saint-Germain Football - Montant : 2.150.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2008


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DJS 235 relatif à l'attribution d'une subvention de 2.150.000 euros à la société anonyme sportive "Paris Saint-Germain Football".

M. GAREL, comme Mme BECKER, a cinq minutes.

M. Sylvain GAREL. - Je ne les utiliserai pas, Monsieur le Maire. Ce ne serait pas raisonnable, parce que vous connaissez nos arguments.

Je voudrais quand même signaler que c'est la première fois depuis que nous sommes élus que nous n'allons pas refaire notre grand numéro de duettiste avec Pascal CHERKI. Les adjoints passent, en revanche, les critiques et les problèmes demeurent.

Ce qui est bien avec le P.S.G., c'est que l'on ne s'ennuie jamais, parce que chaque année, pour ne pas dire chaque mois, ce club défraie la chronique ; de banderoles en scandales, de batailles en arrestations, etc., il se passe toujours quelque chose au P.S.G.

Je ne vais pas reprendre toutes les raisons qui font que nous nous opposons, depuis le début de notre élection en 2001, à cette subvention, la principale étant, bien sûr, que nous n'avons pas, de notre point de vue, à subventionner une société anonyme qui est une société privée ; nous ne devons pas subventionner le sport professionnel.

Autant nous sommes favorables à subventionner le sport amateur et même à augmenter l'aide que nous apportons à ce type de club ou de pratique sportive, autant nous ne pensons pas que ce soit le rôle d'une collectivité de subventionner, surtout à un tel niveau, un club sportif professionnel.

D?ailleurs, ce club s'engage depuis des années, d'après les conventions que nous signons avec lui, à faire en sorte d'aider les clubs amateurs, de parrainer des clubs amateurs via le P.S.G. On s'aperçoit en fin de compte que cela est tout à fait limité, pour ne pas dire "bidon". Ce n'est pas nous qui le disons, mais un article récent du "Parisien" qui n?est pas spécialement connu comme un journal antisportif.

Je terminerai par un autre fait nouveau. Comme cela a été dit ce matin dans la discussion sur les orientations budgétaires, nous sommes face à une crise économique qui va nous pousser à faire des choix.

Est-ce bien prioritaire de continuer à subventionner un club sportif à un tel niveau, à un moment où il va falloir décider si nous faisons davantage de logements sociaux, si nous faisons davantage pour que le Plan Climat s'applique à Paris, si nous faisons davantage pour que les Parisiens supportent mieux cette crise ?

Je pense que le P.S.G. pourra tout à fait vivre sans notre subvention.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur GAREL, d'avoir respecté votre temps de parole.

La parole est à Mme BECKER.

Mme Emmanuelle BECKER. - Merci.

Un club de football aussi prestigieux que le "Paris Saint-Germain" fait évidemment partie de l'histoire et de l'identité parisienne. Il ne paraît donc pas anormal de subventionner le "Paris Saint-Germain".

Nous apprécions tout particulièrement que la convention qui lie la Ville de Paris et le "Paris Saint-Germain" implique de nombreuses initiatives en direction des jeunes parisiens et du sport de proximité dans la Capitale. C'est la raison pour laquelle le groupe communiste votera ce projet de délibération.

Cependant, à l'avenir, il faudra certainement envisager un renforcement de l'implication du club dans la vie et le tissu sportif parisien et parce que nous voyons en ce moment les limites du sport business dans la crise que nous subissons, il nous faudra privilégier l'accès des Parisiens aux équipements sportifs.

Je fais d?ailleurs confiance à Jean VUILLERMOZ pour mener à bien cette priorité.

Merci.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je remercie Mme BECKER de son très bel exposé.

Je donne la parole à M. Jean VUILLERMOZ, pour répondre.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Cher Sylvain, je ne tombe pas de ma chaise en vous entendant. C?est clair que je m?attendais à cela, puisque cela fait plusieurs années, depuis le début d?ailleurs de la mandature, que vous dites à peu près les mêmes choses. Il n'y aura pas de numéro de duettiste entre nous comme cela avait été le cas avec Pascal CHERKI.

Soyons clairs, je vais résumer, en étant le plus bref possible. La Ville de Paris se propose en effet, par le projet de délibération qui vous est soumis, de verser, en application de la loi Buffet, une subvention de 2.150.000 à la S.A.S. "Paris Saint-Germain". Je rappelle évidemment qu?avant la loi Buffet, les sommes qui étaient allouées aux clubs professionnels étaient nettement supérieures et que cette loi a permis de faire un premier pas.

Maintenant, il y a des députés ici, des sénateurs, s'ils veulent encore modifier la loi, ils le peuvent. J?attire l'attention sur l'éventualité de baisser encore les subventions aux clubs dits professionnels ; peut-être faudra-t-il que ce soit sur l'ensemble et non pas sur un seul que les choses se passent et ensuite, ma foi, il pourra y avoir aussi des particularités pour un certain nombre d'autres clubs qui sont en S.A., qui ne sont pas des clubs de football et qui, eux, ont beaucoup de difficultés à vivre.

L'attribution de cette subvention s'inscrit dans le cadre de la convention d'objectifs et de partenariat conclue entre la Ville de Paris et le club jusqu'en 2014 et constitue la contrepartie, je le rappelle à Sylvain, mais qui le sait très bien, des missions d'intérêt général demandées au club et qui sont les suivantes : la formation, le perfectionnement et l'insertion scolaire ou professionnelle des jeunes sportifs; la participation du club à des actions d'éducation, d'intégration ou de cohésion sociale et la mise en ?uvre d'actions visant à l'amélioration de la sécurité du public et de la prévention de la violence dans les stades.

A ce propos, des articles parus dans "Le Parisien", que vous citiez tout à l'heure, donnaient des bons exemples de participation du club à des vacances pour les jeunes et les jeunes des clubs, notamment des clubs filleuls.

Depuis plusieurs années, le "Paris Saint-Germain" respecte parfaitement le dispositif conventionnel le liant à la Ville, ainsi que cela a été constaté à l'occasion du comité de suivi des grands clubs de juin dernier.

Je rappelle à l'ensemble des présidents de groupe qu'ils sont invités à cette réunion mais que, malheureusement, je ne les vois pas. Je souhaiterais donc qu'à l'avenir, pour l'ensemble des clubs de ce type, ils puissent y participer, de façon à avoir dès ce moment-là le débat et de poser toutes les questions qu'ils souhaitent à l'ensemble de ces clubs.

Sur le plan de la formation, le P.S.G. a formé 109 sportifs au cours de la saison dernière, soit dans le cadre de sections sportives scolaires, soit au sein de son centre de formation.

Contrairement au passé, un nombre de plus en plus grand de joueurs de l'équipe professionnelle sont maintenant issus du centre de formation du P.S.G.

Dans le domaine de l'animation du tissu sportif parisien, le club a continué à mettre en place plusieurs actions ou activités en direction des écoles parisiennes et des centres de loisirs de la Ville, à travers des manifestations telles que "Paris Saint-Germain aux enfants", "Paris tout foot", l'entretien d'un réseau de clubs filleuls ou l'organisation d?écoles municipales des sports.

A propos des clubs filleuls et du réseau des clubs filleuls, j?ai demandé à la direction du "Paris Saint-Germain" de bien vouloir essayer de faire en sorte que les joueurs puissent aller directement dans les lieux d'entraînement des clubs filleuls, au lieu que ce ne soit seulement que les clubs filleuls qui viennent au Paris Saint-Germain. Je crois que c'est quelque chose qui est très attendu par les jeunes de ces clubs.

Enfin, en termes de prévention?

Non, ils n?iront pas en Maserati, on viendra les chercher !

Enfin, en termes de prévention et de sécurité, le club, grâce à la subvention versée par la Ville, a renforcé la sécurité dans et à proximité du Parc des Princes par la mise en place de nouveaux outils et de mesures fortes, telles qu'un contrôle d'accès interdisant tout accès au stade à un supporter démuni de billet ou la création d?une carte d?abonnement avec photo.

Enfin, le P.S.G. est un club très engagé dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, dans le cadre notamment d'un partenariat avec la LICRA.

Le P.S.G. est un des clubs sportifs professionnels avec qui le travail en commun est le plus intense. C?est aussi celui qui attache une grande importance à son ancrage territorial.

Diminuer ou supprimer la subvention de la Ville à ce club aboutirait à rompre le lien fort qui l'unit à la Ville et, au-delà, aux Parisiens passionnés de football.

Enfin, Emmanuelle BECKER a évoqué le "sport business" qui, depuis de nombreuses années, touche de nombreux sports dont le football. Je rejoins tout à fait son sentiment : comment, en effet, ne pas voir que la financiarisation de pratiquement toutes les sphères de notre société a progressivement dévalorisé le jeu au profit des enjeux financiers ? Cette financiarisation du sport a été encensée par certains, considérant que le sport ne devait pas être à l?écart du mouvement de l'histoire vers le libéralisme. Là aussi, les leçons doivent être tirés et permettre au sport de retrouver les origines de son développement et de sa pratique.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur VUILLERMOZ.

Il y a une explication de vote du Président LAMOUR, qui a 2 minutes, selon le nouveau règlement.

Monsieur Jean-François LAMOUR, vous avez la parole.

M. Jean-François LAMOUR. - Je voudrais répondre d?un mot à Jean VUILLERMOZ.

Certes, la loi Buffet en 2000 a plafonné les aides apportées par les collectivités aux clubs professionnels, a fléché aussi ces aides ; vous avez rappelé une panoplie de mesures et d'actions qui sont, je crois, effectivement, tout à fait en adéquation avec ce que doit apporter un club professionnel, mais rien ne vous empêche, Monsieur le Maire, de ne pas verser de subvention. Il n'y a pas besoin de la loi pour cela. Vous vous êtes retourné vers moi en me disant : "Les députés peuvent interdire." Mais, si vous le souhaitez, vous ne versez pas de subvention et tout ira bien.

Pour autant, j'estime que cette subvention est de bon aloi.

Je reconnais bien volontiers qu'aujourd'hui le sport professionnel est en train de passer une sorte d?étape supplémentaire. Eric BESSON travaille sur la compétitivité des clubs sportifs professionnels...

Je sais que cela vous fait mal quand je dis BESSON ! Oui !

? que Philippe SEGUIN travaille également sur la modernisation des enceintes sportives professionnelles.

Dans ce cadre, je pense qu?à terme, les collectivités pourront ne plus avoir à verser de subventions, dont on sait très bien que, par osmose, elles servent aussi pour financer l'activité du club professionnel, c'est-à-dire des activités professionnelles du club.

Mais, pour l'instant, je crois que c'est une bonne mesure, équilibrée, raisonnable pour les budgets d'une collectivité et, pour tout vous dire, le groupe U.M.P.P.A. votera pour cette subvention.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur LAMOUR.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 235.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DJS 235).