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Octobre 2008
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Conseil Municipal
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2008, I - Question d'actualité posée par le groupe du Mouvement républicain et citoyen à M. le Maire de Paris relative aux théâtres parisiens.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d'actualité du groupe M.R.C.

Je donne la parole à Mme Karen TAÏEB.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, ma question est relative à un article du "Monde" du 6 octobre dernier qui a interpellé les élus du M.R.C.

Alors que nous venons d'inaugurer le majestueux et très attendu "104 Aubervilliers" et de marquer une fois de plus à Paris la trace indélébile de notre soutien à la culture, que pouvait-on lire en forme de question dans les colonnes du quotidien du soir : "Peut-on fermer un théâtre à Paris ? Peut-on renoncer à certaines salles poussiéreuses", dit encore l'article, "pour mieux défendre les lieux les plus dynamiques ou faut-il, au contraire, défendre chaque scène au risque de saupoudrer les aides publiques ? "

Cet article, qui parle ainsi des six théâtres municipaux, à savoir Paris-Villette, Mouffetard, le Théâtre 13, le Théâtre 14, le Théâtre Silvia Montfort et le 20e Théâtre, nous a interpellés.

Ces théâtres ont en commun le fait d'être subventionnés par la Ville, mais ils se distinguent par leur capacité en termes de fauteuils, par leur projet artistique, par leur situation géographique, par leur notoriété et ne peuvent être considérés de la même manière ni "notés" avec les mêmes critères, comme semble le faire Bernard FAIVRE D?ARCIER, auteur d'un rapport, qui loue la qualité du travail de Paris-Villette, mais qui constate, dit-il, la "faiblesse artistique des autres salles".

Est-ce cela qui aurait inspiré la question du "Monde" : "Peut-on fermer un théâtre à Paris ou faut-il, au contraire, défendre chaque scène ? " Si la question peut être posée dans un journal, les réponses méritent, et je suis sûre que vous en serez d'accord, d'être données ici dans notre hémicycle.

C'est pourquoi je vous remercie, Monsieur le Maire, de nous dire ce qui est envisagé à court, moyen ou long terme pour ces différents établissements culturels qui font partie intégrante du paysage culturel de Paris et dont il faut saluer le travail effectué au service de la culture et des Parisiens.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Vous êtes admirable de respect de temps de parole.

Je suis sûr que l'adjoint à la Culture, en vous répondant, va en faire de même.

Vous avez la parole, cher Christophe.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Cela commence mal?

Monsieur le Maire, cette question d?actualité rejoint le thème du v?u déposé par le groupe U.M.P.P.A., auquel j'aurai l'occasion de répondre demain matin. Je vous en remercie et me réjouis de l'attachement exprimé par l?ensemble de nos élus à nos théâtres municipaux.

Le soutien de la Ville de Paris aux théâtres s'est affirmé depuis 2001 par plusieurs dispositifs : aide aux établissements culturels municipaux (16.903.000 euros) - et dans le chiffre de 16.900.000 euros, il n?y a évidemment pas le théâtre du Châtelet -, aide aux lieux de diffusion dans leur diversité (5,5 millions d'euros en 2008), aide aux théâtres privé (3.637.000 euros), aide aux festivals (1.622.000 euros), aide aux compagnies via les aides aux projets (0,5 million d'euros).

Avec l'ouverture du "104" le 11 octobre dernier, le Maire le rappelait ce matin, la Ville s'est dotée d?un nouvel outil unique au monde au service de tous les arts. Loin d'être une menace ou une concurrence pour les lieux de diffusion, ce lieu a pour vocation d'offrir des espaces de travail et de bonnes conditions de résidence aux artistes venus du monde entier et de Paris en amont de la période d'exploitation dans des lieux de diffusion.

Lieu de production, le "104" sera un pont entre les artistes et les lieux de diffusion dynamiques que la Ville de Paris soutient déjà, comme le théâtre du Rond-Point, le théâtre de la Cité Internationale, le théâtre de la Bastille, et j'en passe, avec qui des partenariats ont d'ores et déjà été lancés.

Concernant plus spécifiquement les théâtres municipaux, il me semble important de revenir sur l'historique de ces salles. Ces théâtres sont dits "municipaux" car ils sont exclusivement financés par la Ville de Paris. Historiquement, la plupart de ces théâtres avaient été implantés dans les années 1980 et au début des années 1990, il y aura donc bientôt 20 ou 30 ans, dans les arrondissements périphériques afin de compléter la carte des implantations culturelles à Paris dans un souci de démocratisation de la culture.

Ces théâtres dits d'arrondissement devaient servir de centre culturel de quartier ; certains ont d'ailleurs été intégrés à des centres d'animation comme les théâtres 13, 14 et 20e.

Aujourd'hui, si ces théâtres continuent de participer à la richesse culturelle de la Capitale, il convient de reconnaître qu'ils font face à des difficultés et qu'ils ont besoin d'un nouveau souffle.

Une mission d'expertise sur les théâtres municipaux avait été confiée il y a trois ans à Bernard FAIVRE D?ARCIER, ancien directeur du Festival d'Avignon. Le rapport qu?il a remis à la Ville en octobre 2005 montrait que ces théâtres sont très différents les uns des autres en termes de programmation ou de fonctionnement, mais qu'ils ont plusieurs handicaps communs. En particulier, ils souffrent d'un manque d'identification dans le paysage culturel parisien à l'exception peut-être, en effet, du théâtre Paris-Villette dans le 19e et du Théâtre 13.

Ainsi, Bernard FAIVRE D?ARCIER préconisait de replacer chaque théâtre d'arrondissement, au cas par cas, dans le paysage de la Capitale, en clarifiant et renforçant leur identité artistique.

Compte tenu de l'ampleur des questions soulevées et de la nécessité de mener une réforme efficace, il a été décidé de mener des analyses complémentaires et de faire de cette réforme un des premiers chantiers culturels de cette mandature.

Plus récemment, un audit sur la politique d?invitation et les taux de fréquentation des théâtres municipaux a été mené par l'Inspection générale. Le rapport nous a été remis le 30 juillet 2008, il y a donc un délai nécessaire avant de pouvoir le publier ; il fait apparaître pour l'ensemble des théâtres municipaux des taux de fréquentation globalement faibles si l'on considère les spectateurs payants.

Il nous semble donc urgent aujourd'hui de donner une nouvelle dynamique à ces théâtres municipaux, afin qu'ils puissent jouer leur rôle de centre culturel populaire des quartiers, tout en ayant un rayonnement artistique au-delà de leur arrondissement.

La réforme que nous souhaitons mettre en ?uvre fait partie des engagements pris par Bertrand DELANOË pendant la campagne électorale. Elle vise bien à renforcer et non à affaiblir ces théâtres.

Contrairement à ce qui a pu être écrit, dans la presse en particulier, ces dernières semaines, il n'est pas question de déterminer les subventions des théâtres en fonction de leur taux de fréquentation, ni de fermer un théâtre, ni de transformer purement et simplement un lieu de diffusion en lieu de répétition. Il n?est pas non plus question d'uniformiser les programmations.

Au contraire, chaque théâtre doit donner l'exemple et avoir sa propre personnalité. Je prends un exemple, le Théâtre 14 programme à la fois des ?uvres du répertoire classique et contemporain et accueille l'été, au mois d'août, des compagnies pendant que les autres théâtres sont fermés.

Le théâtre Paris-Villette innove cette année avec le projet "X-réseau" dispositif inédit qui considère le réseau Internet comme une véritable scène.

Le théâtre Mouffetard accueille des ateliers de théâtre.

La D.A.C. étudie de nouveaux cahiers des charges avec les théâtres municipaux afin de fixer de nouvelles orientations.

Mes chers collègues, soyez patients et ne croyez pas tout ce que vous lisez dans la presse.

Monsieur le Maire, permettez-moi juste d'apporter un petit point de précision. Mme LAGARDE, ce matin, en critiquant notre projet d'orientations budgétaires et en vantant le budget de l'Etat, nous a fait un grand honneur en taclant "Nuit Blanche", manifestation populaire d'art contemporain inventée par Paris, qui est reprise dans pas moins de 12 villes en France, 18 villes dans le monde. "Nuit Blanche", Madame LAGARDE, fait du bien à Paris en étant également un formidable stimulant économique pour le tourisme, les cafés, les brasseries, les librairies, les hôtels et, le temps d'un week-end, elle a même séduit la Préfecture de police !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Et c'est même une manifestation très appréciée par mon ami Richard DALEY, le Maire de Chicago, que, je crois, Mme LAGARDE, connaît bien. Vous lui direz.