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Octobre 2008
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Conseil Municipal
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2008, CAB_MA 10 - Subvention à l'association "Réali" (3e) pour l'organisation de la 4e édition du festival de musique Gwo-Ka à Paris en 2008. - Montant : 14.000 euros. Voeu déposé par Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN, M. David ALPHAND, Mme Lynda ASMANI, MM. Pierre-Yves BOURNAZEL, Thierry COUDERT, Mme Roxane DECORTE, et les membres du groupe U.M.P.P.A., adressé au Maire de Paris concernant le bilan de l'action de la Délégation générale à l'Outre-Mer de la Ville de Paris (DGOM), de la Commission extra-municipale et du Centre municipal d'accueil et d'information des originaires des départements et territoires d'Outre-Mer (CMAI).

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2008


 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération CAB_MA 10 relatif à l'attribution d'une subvention de 14.000 euros à l'association "Réali" (3e) pour l'organisation de la 4e édition du festival de musique Gwo-Ka à Paris en 2008, sur lequel le v?u référencé n° 59 dans le fascicule a été déposé par le groupe U.M.P.P.A.

Je donne la parole à Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN, pour trois minutes.

Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN . - Merci, Monsieur le Maire.

Ce projet de délibération ne pose évidemment pas de problème particulier et nous soutenons naturellement cette manifestation culturelle. C'est au regard du financement de cet événement que nous tenons à interroger l'Exécutif sur son action en faveur des ultramarins parisiens.

Vous l'avez vu, une partie de cette subvention est prélevée sur les provisions de subvention de fonctionnement au titre des DOM-TOM et, si j?ai bien compris, l?attribution de cette subvention de 4.000 euros est subordonnée à l'accord de la Délégation générale à l'Outremer de la Ville de Paris.

La France est diverse, Paris est divers, et c'est ce qui fait la richesse de notre Ville ; plus de 600.000 ultramarins vivent en Ile-de-France. Il est très difficile d'obtenir le nombre des effectifs des ultramarins parisiens. L'organisation de carnavals, d'expositions, d?hommages est évidemment nécessaire pour favoriser l'ouverture et l'interpénétration de deux univers culturels, celui d'origine et celui du territoire accueillant, Paris.

(Mouvements divers dans l'hémicycle).

S?il vous plait, Monsieur le Président, serait-il possible de parler dans le silence ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je demande aux conseillers présents de bien vouloir faire silence ou, sinon, d?aller discuter dehors.

Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Ces manifestations permettent une meilleure visibilité de l'Outre-Mer en métropole. On parle souvent de la "France invisible" pour traduire le sentiment des ultramarins dans l?hexagone, mais quand on lit le bulletin édité par la Délégation générale à l'Outremer du mois d'août dernier, notamment l'agenda, la réalité saute aux yeux, il y a un décalage entre les attentes des ultramarins et la réponse de la Ville de Paris.

Les préoccupations les plus fortes des ultramarins parisiens sont plus terre-à-terre. Ce sont d?abord des préoccupations de vie quotidienne : l'accès au logement, l'accès à l'emploi, le principe de la continuité territoriale, la rupture de l'isolement des ultramarins à Paris. Ce sont aussi des avancées sur le terrain des valeurs et des principes : la promotion des talents issus de la diversité, la lutte contre toutes les discriminations, notamment la discrimination au logement et à l?emploi, le refus du repli communautaire, la nécessité de l'ouverture.

Sur tous ces points, quel est le bilan de la Ville de Paris sous la précédente mandature ? Quels sont ses projets pour l'avenir ? Quelle est l'action de la Délégation générale à l'Outre-Mer et les budgets dont elle dispose ? Se limite-t-elle à un soutien aux associations ? Quelle est aussi la composition d'une commission extra-municipale, dont nous n'avions pas connaissance ? Quel est le bilan du C.M.A.I. ? Les éléments fournis sur le site Paris.fr sont très décevants et, surtout, cette action ne souffre pas la comparaison avec l?action du Gouvernement en la matière. Conformément à ses engagements de campagne, Nicolas SARKOZY, lui, a créé voici un an la Délégation interministérielle pour l'égalité des chances des Français d'Outre-Mer. 300 propositions émanant des doléances des associations sont en cours de réalisation. C?est une action qui est animée dans un souci d'efficacité parce que "la France se nomme diversité", comme le disait Fernand Braudel. Il serait bon que la Délégation générale à l'Outre-Mer travaille dans le même sens.

Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Pour vous répondre, la parole est à Mme Yamina BENGUIGUI.

Mme Yamina BENGUIGUI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je souhaite, au nom de l'Exécutif, donner un avis favorable à ce v?u, pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, comme vous le savez, nous encourageons toujours la transparence dans tous les services de la Ville. Un groupe de travail a été créé au sein de la Délégation générale de l?Outre-Mer, afin d'impulser de nouvelles orientations pour cette mandature et l'ouvrir à un plus large public, et surtout parce que je suis convaincue que la culture est l'outil indispensable et nécessaire pour tordre le cou aux préjugés et décoloniser les imaginaires.

C'est pourquoi l'organisation de festivals et d'expositions est pour moi essentielle dans la représentation des modèles.

Nous devons aussi mener sans relâche un combat quotidien contre toutes les formes de discrimination que subissent les Parisiens originaires des DOM-TOM.

C'est pourquoi nous avons lancé avec Maïté ERRECART un grand plan en interne, la charte pour l'égalité dans l'emploi qui a été présentée le 30 mai dernier en comité technique paritaire.

Dans les semaines qui viennent, nous conduirons un audit du recrutement, du mode d'affectation et du déroulement des carrières au sein de la Ville et, surtout, nous allons éduquer et former les responsables chargés du recrutement, cadres supérieurs ou intermédiaires, en leur apportant les outils nécessaires pour lutter contre la discrimination insidieuse, cette discrimination raciale qui ne dit pas son nom.

Mes chers collègues, ces hommes et ces femmes ont été relégués dans des emplois de catégorie C depuis que l'Etat en 1964 a organisé massivement leur migration vers la métropole à travers le Bumidom.

Nous devons, à tous les échelons de la hiérarchie, impulser, insuffler cette confiance en eux qui a été trop longtemps bafouée, afin qu'ils puissent accéder à des postes à responsabilités.

Ce que nous voulons, c'est enfin briser ce plafond de verre qui existe à la Ville comme partout ailleurs, dans les entreprises et les administrations en France.

Je suis donc favorable à un v?u qui demande une évaluation précise de ce qui a été fait, d'autant que nous avons beaucoup ?uvré en la matière pendant la précédente mandature, et nous continuerons d'avancer dans cette direction, car c'est un enjeu humain capital. Merci.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Si je comprends bien, il y a un avis favorable de l'Exécutif.

Nous allons mettre aux voix le v?u n° 59, avec un avis favorable.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2008, V. 205).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération CAB_MA 10.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, CAB_MA 10).