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2008, Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A relatif aux travaux polluants de rénovation de la gare Saint-Lazare.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2008


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 88 dans le fascicule, déposé par le groupe U.M.P.P.A., relatif aux travaux polluants de rénovation de la gare Saint-Lazare.

Je donne la parole à M. LEBEL, pour une minute.

M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Merci.

Nous savons tous que les gares de Paris ont subi récemment des remises à niveau avec d'importants travaux. C'est aujourd'hui le tour de la Gare Saint-Lazare pour laquelle sont prévus des réaménagements très importants.

Ces travaux vont générer 70.000 mètres cubes de gravats et un certain nombre de milliers de mètre cubes également de ciment et de matériaux pour alimenter le chantier.

La S.N.C.F. n'a rien trouvé de mieux que d'évacuer ces dizaines de milliers de mètres cubes par des camions diesel qui vont polluer le 8e arrondissement, le 17e arrondissement et tous les abords de l'itinéraire qu'ils prendront pour décharger ces gravats.

Il est quand même un peu étonnant qu'à l'heure du Grenelle de l'environnement, du Plan climat voté à l'unanimité par le Conseil de Paris, que la S.N.C.F. ose, comme le dit d'ailleurs M. BONNEPART, directeur des lignes normandes de la S.N.C.F. qui m'écrit que "Entreprise responsable, la S.N.C.F. est particulièrement vigilante sur l'environnement".

Je dois dire que si la Ville de Paris n'est pas capable d'imposer à la S.N.C.F. sur son territoire un minimum pour respecter le Plan climat et le Grenelle de l'environnement, eh bien il n'y a plus qu'à tirer l'échelle !

Je compte sur vous, Mesdames et Messieurs de la majorité et de l'Exécutif, pour imposer à la S.N.C.F. un minimum d'attitude responsable et non polluante.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - La parole est à Mme Annick LEPETIT.

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Merci, Monsieur le président.

Je partage naturellement l'ambition de ce voeu, mais je veux, Monsieur LEBEL, vous faire deux précisions de taille. La première, c'est que la Ville de Paris n'a pas les moyens réglementaires d'astreindre - je reprends les propos du v?u - la S.N.C.F. et ses entreprises prestataires à utiliser le rail ou tout autre moyen de transport non polluant.

Ensuite, je doute que la Gare Saint-Lazare que vous connaissez bien, Monsieur le Maire, puisse se prêter à un trafic de fret, compte tenu de la saturation des voies, de la difficulté à acheminer les matériaux de chantier à travers les espaces ouverts aux voyageurs.

Il ne faudrait pas que cela se fasse au préjudice de la circulation des transports en commun, ni bien évidemment au détriment de la sécurité des usagers. Quant à l'usage de la voie ferrée la nuit, je crains là aussi qu'une telle solution ne soit source de nuisances pour les riverains de la gare et pour ceux qui, bien sûr, habitent le long du faisceau ferroviaire.

En tout état de cause, je m'engage à écrire au président de la S.N.C.F. pour lui demander d'examiner de près ce problème que vous soulevez, et d'y apporter les solutions. Je suis sûre que le maire du 8e a aussi saisi le président de la S.N.C.F.

Je vous demanderai, par conséquent, de bien vouloir retirer votre voeu.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Monsieur LEBEL, acceptez-vous de retirer votre v?u ?

M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. Madame LEPETIT, non, je suis tout à fait désolé parce que les arguments que vous m'avez donnés, je les connais déjà, ils m'ont déjà été donnés par la S.N.C.F. par une lettre datée du 14 août. Je ne vois pas ce qu'il y a de nouveau. Quant à demander au président de la S.N.C.F., je ne vois pas ce qu'il va vous répondre d'autre.

En retirant mon v?u, et en me rangeant à vos arguments, cela voudrait dire que j'entérine le fait que la Mairie de Paris, malgré ses belles déclarations, accepte la pollution par 70.000 mètres cubes divisés par trente mètres cubes de camion, c'està-dire des milliers de camions fonctionnant au diesel.

Quant à l'argument des nuisances aux riverains, c'est la première fois que j'apprends que les transports non polluants par fer sont polluants et gênent les riverains. Je ne savais pas que cela gênait plus les riverains que les camions qui fonctionnent au diesel.

Maintenant, en ne retirant pas ce v?u, j'aurais la réponse à la question que j'ai posée. Nous saurons ce que veut la Ville de Paris.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Madame la Maire, vous souhaitez répondre ?

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Oui, juste une seconde.

Simplement, je ne comprends pas la réponse de M. LEBEL que je trouve contradictoire. A la fois je vous dis que la Ville de Paris n'a pas les moyens réglementaires d'astreindre. Or c'est la teneur même de votre v?u. En revanche, je vous dis que je vais saisir le Président directeur général de la S.N.C.F. et vous me dites que cela ne sert à rien !

Je souhaite aller dans votre sens sur le fond, mais je ne peux pas faire voter votre voeu puisqu'il n'est pas réglementaire dans sa rédaction. Voilà ce que je voulais vous dire.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Monsieur le sénateur ?

M. Yves POZZO di BORGO. - Juste une explication de vote, Madame LEPETIT.

Nous allons voter le v?u avec le maire du 8e arrondissement mais, en effet, il y a le poids politique de la Mairie de Paris. Si la Mairie de Paris veut s'impliquer dans un dossier comme cela, elle peut le faire. Mais je suis désolé, vos mesures sont des mesures dilatoires. C'est fou parce qu'à partir du moment où ça vient d'une mairie de l'opposition...

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Vous n'écoutez pas ce que je dis !

M. Yves POZZO di BORGO. - Non, Madame LEPETIT, je suis désolé.

Il y a le poids politique du Maire de Paris et je ne comprends pas pourquoi il ne met pas ce poids. Quand on passe Gare Saint-Lazare, je vous assure que c'est vraiment un gros problème.

Evidemment, vous vous réfugiez derrière les textes réglementaires mais ce n'est pas crédible. Nous voterons le v?u du maire du 8e arrondissement.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.