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Mai 2000
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8 - 2000, ASES 45 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec l'association "Safe" à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) une convention pour la reprise de la gestion du dispositif d'échange de seringues

Débat/ Conseil général/ Mai 2000


M. CHÉRIOUX, président. - Nous passons au projet de délibération ASES 45 G portant autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec l'association "Safre" à Issy-les-Moulineaux une convention pour la reprise de la gestion du dispositif d'échange de seringues.
M. REVEAU a la parole.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Monsieur le Président, les pouvoirs publics doivent d'abord lutter contre le trafic de stupéfiants, en mettant hors d'état de nuire sans faiblesse les criminels qui s'y livrent, tout en prenant en charge les toxicomanes de manière adaptée à leur état. Cependant, l'échange des seringues est le type même de la fausse bonne idée. Vous dites que la distribution d'un matériel stérile permet de réduire les risques de contamination : on peut en douter quand on constate la progression très forte de la contamination à l'hépatite B, relevée par le Bulletin épidémiologique du Ministère de la Santé.
En réalité, cet échange ne fait que conforter les toxicomanes dans leur état : en mettant à leur disposition distribox ou change-box, on les installe dans leur dépendance. On sait qu'à proximité des appareils, les dealers se regroupent pour vendre leur marchandise de mort aux drogués, en quelque sorte alors équipés sur fonds publics. C'est la raison pour laquelle la plupart des pharmaciens se refusent à installer ces appareils à proximité de leurs officines. On donne bonne conscience aux toxicomanes - comme aux auteurs du projet -, en diminuant un peu plus l'aspect transgressif de la toxicomanie. Il en va de même pour la substitution par la méthadone. Car ces actions ne résolvent en rien les questions au fond. J'observe d'ailleurs que les dispositifs quittent un organisme dirigé par des médecins pour être donnés à une association sans qualification particulière en la matière. C'est donc une promesse supplémentaire d'échec.
La démarche d'intérêt général authentique qui doit être celle de la collectivité publique - en l'occurrence d'ailleurs l'Etat et non le Conseil général -, est d'aider en priorité les drogués à sortir de leur état : pour leur permettre de rompre avec l'usage de stupéfiants, ils doivent être isolés des lieux où ils s'y adonnent et des moyens qu'ils connaissent pour s'en procurer. La véritable solution, conforme à l'esprit de l'injonction thérapeutique, est de permettre aux drogués de se libérer de leur dépendance en les éloignant géographiquement et définitivement des trafiquants. C'est la politique que préconise l'association "Olive 18", qui connaît bien la question dans cet arrondissement.
L'échange de seringues ou la distribution de méthadone sont des palliatifs, non des solutions. On se contente "d'accompagner" les drogués sur le plan social, sans les traiter sur le plan médical et les sauver, parfois contre eux-mêmes, tant leur état leur ôte les moyens d'avoir une décision autonome. C'est une politique de Gribouille criminelle. Le devoir des pouvoirs publics vis-à-vis des toxicomanes consiste à leur donner les moyens de rompre avec leur état actuel, non de les y enfermer. Il n'y a donc pas lieu d'engager la collectivité parisienne dans cette impasse.
M. CHÉRIOUX, président. - La parole est à M. HUBIN.
M. Jean-Philippe HUBIN, vice-président. - Le sujet qui nous préoccupe à l'instant est quand même très grave et c'est vrai qu'on peut se poser la question de savoir quelle est la bonne méthode pour essayer de diminuer la dépendance des toxicomanes.
Là, on se propose d'aider l'usage de seringues stériles. Evidemment, c'est très positif, mais une chose inquiète dans ce mémoire : pourquoi est-ce que l'association "Médecins du monde" renonce à s'occuper de cette affaire ?
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'y a pas beaucoup d'explications dans le mémoire sur le sujet. On avait l'habitude d'avoir "Médecins du monde". En fait, à travers "Médecins du monde", on avait l'espoir que derrière l'action qui était menée pour distribuer les seringues, il y avait une autre action qui était moins décrite, moins évidente peut-être, qui était faite de façon détournée, mais j'espère de façon déterminée, qui visait à ce qu'a dit le précédent orateur, c'est-à-dire à supprimer la toxicomanie ou à réduire la dépendance des gens par rapport à la toxicomanie.
C'est bien ce qu'il faut faire. On ne peut pas se satisfaire de la seule distribution de seringues stériles, ce n'est pas suffisant.
Nous souhaitons qu'ils abandonnent les actes autodestructeurs auxquels ils s'adonnent lorsqu'ils se livrent à la drogue. Est-ce qu'on peut nous rassurer sur le sujet ? Est-ce que l'association "Safe" pourra continuer à mener ce combat contre la toxicomanie ?
M. CHÉRIOUX, président. - M. LAFAY a la parole.
M. Philippe LAFAY, vice-président, au nom de la 5e Commission. - Je vais répéter ce que j'ai dit en Commission. Je me suis étonné également que l'association "Médecins du monde" cesse d'assumer la gestion du dispositif parisien d'appareils de changement de seringues. Je suis persuadé que l'association "Safe", rue de l'Abbé-Grégoire, va prendre en charge de façon efficace le bébé laissé en place.
Je regrette beaucoup cette décision de l'association "Médecins du monde" et je pense que peut-être dans le calme et la recherche d'efficacité, en dehors de toute pression médiatique, l'association "Safe" va faire un bon travail.
Je vous remercie.
M. CHÉRIOUX, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 45 G.
Ceux qui sont favorables à son adoption sont priés de le manifester en levant la main ?
Avis contraires ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, ASES 45 G).