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Avril 2006
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par M. José ESPINOSA et les membres du groupe communiste relatif à l’attribution du nom de Maria Doriath à une rue ou une place de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2006


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons au v?u référencé n° 33 dans le fascicule présenté par le groupe communiste qui souhaite attribuer le nom de Maria Doriath à une rue ou une place de Paris.

C?est M. ESPINOSA, élu du 12e arrondissement, qui va intervenir et M. CAFFET répondra.

Monsieur ESPINOSA, vous avez la parole.

M. José ESPINOSA. - Maria Doriath représente une de ces femmes parisiennes dont le courage, la fermeté et la détermination dans l?engagement politique forcent le respect et l?ad-miration.

Aînée d?une famille de cinq enfants, fille d?ouvriers immigrés, elle connaît une enfance difficile dans un milieu défavorisé qui provoque chez elle une soif de justice.

A l?âge de 14 ans, elle participe à sa première manifestation pour sauver Sacco et Vanzetti.

Plus tard, elle suit les cours de l?université nouvelle dirigée par Georges Pullitzer. C?est l?époque où elle adhère au syndicat CGTU, puis au parti communiste français dans les luttes pour l?avènement du Front populaire.

Les événements se précipitent, Accords de Munich, pacte germano-soviétique, interdiction du parti communiste, déclaration de guerre, invasion de la France et Armistice.

Période d?intense activité pour Maria qui récupère du matériel de dactylographie, du papier, de l?encre, avec quoi elle reproduit des tracts pour dénoncer l?occupation et appeler à la lutte contre l?ennemi.

Arrêtée en 1940, elle est libérée quelques temps après par manque de preuve. Paul, son mari, emprisonné, s?évade et les rejoint dans le 11e arrondissement.

En juillet 1942, informée de l?arrestation imminente des Juifs, avec des amis, elle grimpe les étages pour prévenir et pour essayer d?en cacher certains. C?est ainsi qu?elle accueille Berthe et Hélène Rafner.

Employée à l?hôtel Claridge, elle récupère des armes sur l?ennemi et poursuit son travail de propagande clandestine.

La Libération arrive et Maria participe au combat dans le 11e arrondissement et devient dirigeante du PCF parisien et porte-parole des femmes.

Elle participe à la création de l?Union des femmes françaises et sera élue conseillère municipale et conseillère générale communiste de 1947 à 1965.

En 1950, elle participe au Mouvement national pour l?Enfance, avec le professeur Monod, Gérard Philipe et Madeleine Reberiou, entre autres.

Mère de quatre enfants, elle démontre ses qualités de dirigeante, tout en assumant les tâches familiales, un vrai défi pour l?époque.

Sa dernière période, elle l?accomplit avec ses camarades de l?ANACR, en contribuant à la rédaction du mémorial sur la Résistance dans le 12e arrondissement et en faisant vivre la mémoire combattante pour la liberté de notre pays.

Travailleuse inlassable, elle était respectée par ses adversaires. Ses prises de position affirmées, son esprit critique, sa fidélité, son idéal communiste et humaniste caractérisaient cette dame.

Maria n?a pas été exempte d?erreurs. Elle s?est quelquefois trompée. Elle a vécu douloureusement les échecs et les drames des pays de l?Est, mais sa sincérité, son honnêteté, son dévouement, ne peuvent être niés. Elle les puisait dans ses pratiques sociales, dans ses rapports étroits aux habitants du quartier, dans sa fonction d?élue.

Elle a consacré sa vie militante à l?union et au rassemblement de la gauche pour que justice, liberté, progrès social et paix se conjuguent au présent.

Voilà pourquoi le Conseil de Paris devrait honorer la mémoire de Maria Doriath, résistante, femme d?action héroïque, militante progressiste et élue de Paris.

Merci.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur ESPINOSA.

Mme CAPELLE demande brièvement la parole et M. CAFFET répondra.

Mme Liliane CAPELLE. - Je voudrais m?associer à tout ce qui vient d?être dit. Je voudrais que nous ayons également en mémoire son fils, Gérard Doriath, qui était adjoint au Maire dans le 11e arrondissement et qui a précédé de quelques mois le décès de sa maman.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci, Madame CAPELLE.

Je donne la parole à Jean-Pierre CAFFET.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

L?avis est évidemment favorable.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u assorti d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2006, V. 103).