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Avril 2006
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par M. Sylvain GAREL, Melle Charlotte NENNER et les membres du groupe “Les Verts” relatif aux salaires des joueurs du P.S.G.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2006


M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 12 dans le fascicule.

La parole est à M. GAREL.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Maire.

Il y a quelques jours, un quotidien parisien, que l?on ne peut pas soupçonner d?être antisportif, puisqu?il appartient à un groupe qui contrôle ?l?Equipe?, ?France Football?, le Dakar, le Tour de France, a publié les salaires des joueurs du P.S.G. C?était tout à fait édifiant puisque nous apprenions que le joueur le mieux payé de cette équipe touche 180.000 euros par mois. Lorsqu?il a des primes de match, son salaire peut monter jusqu?à 237.000 euros ; cela fait quand même 25 ans de S.M.I.C. ! Un joueur, en un mois, gagne ce que gagne un smicard en 25 ans !

On apprend d?ailleurs que sept joueurs du P.S.G. gagnent plus de 100.000 euros par mois, là aussi sans les primes de match.

Tout cela pourrait nous laisser indifférents, puisque c?est la loi du marché. C?est un club professionnel qui achète des joueurs, qui les vend et qui les paie suivant leur valeur, mais le problème, c?est que nous subventionnons cette équipe. C?est là que cela pose un problème ! Pourquoi subventionner une équipe qui paie des gens aussi cher ? En plus, c?est une goutte d?eau, ce que l?on donne, puisque cela représente, en gros, un an de salaire du joueur le mieux payé ! Juste un joueur ! Eh bien, toute la subvention de la Ville de Paris passe là-dedans.

Je propose que l?on arrête de subventionner ce club, qui pose d?autres problèmes par ailleurs, que ce soient des problèmes de détournement d?argent ou de violence dans les stades, et que l?on consacre cet argent aux Parisiens les plus démunis qui, sans doute, en ont beaucoup plus besoin que les joueurs du P.S.G.

Je vous remercie.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci.

Monsieur CHERKI, vous avez la parole.

M. Pascal CHERKI, adjoint. - Comment dire assez brièvement ? Puisque c?est un débat récurrent, mais les arguments changent à chaque fois.

M. Sylvain GAREL. - De plus en plus !

M. Pascal CHERKI, adjoint. - De plus en plus. Je constate qu?il s?agit d?une démarche assez personnelle de son auteur.

M. Sylvain GAREL. - Non, du groupe !

M. Pascal CHERKI, adjoint. - A remarquer la présence très fournie des membres ?Verts? dans cette Assemblée pour soutenir l?auteur de ce v?u !

Bon !

(Protestations sur les bancs du groupe ?Les Verts?).

Je voudrais juste dire à mon collègue Sylvain GAREL que je trouve assez indécent d?utiliser le conflit en cours du C.P.E. pour parler de cette question-là, cela d?autant plus de la part de personnes qui ont tendance à avoir une excitation dans l?hémicycle inversement proportionnelle à la représentativité, au poids ou à l?influence qu?ils peuvent avoir dans les processus politiques et sociaux en cours. Et ce n?est pas ma faute si, aujourd?hui, lors des élections présidentielles, Mme Dominique VOYNET recueille à peine 1 % des intentions de vote.

(Protestations sur les bancs du groupe ?Les Verts?).

Là, nous sommes revenus aux fondamentaux du débat gauche-droite et ce n?est pas ma faute si, aujourd?hui, une formation politique a du mal à exister et essaye de se venger autrement !

Ce que je voudrais dire tout simplement, c?est que nous appliquons la loi ?Buffet?, qui est une excellente loi, je n?arrêterai pas de le dire, puisque c?est une loi qui à la fois plafonne les subventions et les concours financiers des collectivités locales en direction des clubs de sport professionnels et les cantonne à des types de missions particulières.

Premier élément, nous achetons des places de football, et cela n?est pas contestable, puisque c?est un des éléments qui concoure à maintenir une diversité dans l?accessibilité du public aux matchs de foot et à d?autres matchs sportifs. Si la Ville de Paris n?intervenait pas substantiellement, un certain nombre de Parisiennes et de Parisiens, notamment des jeunes des quartiers populaires, qui sont les destinataires et les bénéficiaires principaux de ces places, ne pourraient pas, pour des raisons de précarité et de manque de moyens, pour reprendre l?argument employé par M. Sylvain GAREL, assister à ces matchs et soutenir leur équipe.

Deuxième élément, les autres concours financiers ne servent pas à payer les salaires des joueurs, Monsieur Sylvain GAREL, c?est interdit par la loi. La loi ?Buffet? y a mis un terme. Elle l?a interdit. Ce n?est pas pour financer le Paris Saint-Germain, c?est pour des actions que nous organisons avec le Paris Saint-Germain. De même nous versons des subventions au Stade français, non pas pour financer le Stade français en rugby, mais pour organiser des actions avec le Stade français car nous jugeons utile d?organiser un certain nombre d?actions dites d?intérêt général avec ces associations.

C?est un débat connu et je m?arrêterai là. Bien évidemment, j?appelle à voter contre le v?u.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.