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Avril 2006
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe communiste relatif à la Villa des Arts de Montmartre.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2006


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant au v?u référencé n° 47 dans le fascicule concernant la Villa des Arts qui n?est pas exactement à Montmartre.

Monsieur DAGUENET, vous avez la parole.

M. Jacques DAGUENET. - Merci.

Pendant les vacances 2005, la Villa des Arts à Montmartre a été rachetée par un promoteur, la société ?TransImmeubles?.

La Villa des Arts est un lieu exceptionnel, une cité d?artistes construite en 1890 où ont vécu et travaillé parmi d?autres les peintres Cézanne, Renoir, Toulouse-Lautrec, Théodore Rousseau, Dufy, Marcoussi, Eugène Carrière. Et plus près de nous, les peintres André SEGOVIA, Lucien MATHELIN et Pierre JEROME. Sa remarquable qualité architecturale a permis son inscription à l?Inventaire supplémentaire des Monuments historiques par un arrêté du Préfet de l?Ile-de-France du 20 mai 1994. Outre la verrière, les bâtiments comportent un grand escalier en fer forgé, décor choisi par Fellini et Téchiné pour tourner différents films.

Aujourd?hui, ce sont un peu plus de 50 ateliers d?artistes qui accueillent graphistes, peintres, photographes, cinéastes, musiciens, architectes, au c?ur de Paris.

Ce lieu exceptionnel semble être livré au marché et à la spéculation. L?objectif du promoteur est de transformer ce bâtiment prestigieux en loft, détournant ainsi le site de sa vocation artistique. C?est la disparition programmée des ateliers ; les artistes et créateurs, aujourd?hui, sont poussés vers la porte de sortie pour laisser la place à la réalisation d?une juteuse opération immobilière.

Certains sont tenus de quitter les lieux le plus rapidement possible.

Les artistes ont constitué une association pour se maintenir dans les lieux et faire prévaloir leurs droits face à la forte pression qu?exerce sur eux le promoteur pour obtenir leur départ rapide.

Pour les artistes, il s?agit aussi de sauvegarder ce bâtiment historique.

Au regard de l?intérêt architectural et de la vocation culturelle de ce site, il est regrettable que la Ville et l?Etat n?aient pas usé de leurs prérogatives pour contrecarrer cette vente.

Interpellée par différentes associations d?artistes, la Ville a rencontré le promoteur en vue de trouver une solution. Où en sommes-nous ?

Pour les artistes comme pour nous il s?agit de travailler à une solution pérenne. C?est pourquoi il nous semble qu?il faudrait associer au montage financier, si le promoteur était d?accord, les Pouvoirs publics, l?Etat, la Région.

C?est le sens évidemment du v?u que nous vous proposons, c?est-à-dire que la Ville fasse connaître au promoteur son opposition, mais je crois que c?est déjà fait, à toute opération immobilière sur ce site et que soit envisagé un montage financier pour garantir la pérennité de ce bâtiment historique, en associant les différents Pouvoirs publics, l?Etat, la Région et, pourquoi pas, l?Agence foncière régionale.

Merci.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur Jean-Yves MANO, vous avez la parole.

M. Jean-Yves MANO, adjoint. - C?est effectivement un dossier sensible. La Villa des Arts, cité historique qui a vu passer en son sein de grands artistes, se retrouve sur le marché immobilier et, vous l?avez lu dans la presse, la Ville de Paris a réagi conjointement avec l?ensemble des occupants pour prendre un certain nombre d?initiatives.

L?acquéreur, la société ?Transimmeuble?, lors du rendez-vous qui a eu lieu il y a une dizaine de jours, a fait preuve d?un certain réalisme en tenant compte de la mobilisation générale sur cette adresse. Elle s?est aperçue que ce lieu présentait une telle force symbolique qu?il était impossible que la Ville ne réagisse pas. La société ?Transimmeuble? en a pris conscience.

C?est pourquoi, lors de cet entretien, nous avons abordé différentes solutions et notamment celle de trouver des partenaires et des mécènes car le site se prête parfaitement à une initiative privée dédiée à l?art et servant à la fois de lieu de création et de représentation intéressant pour toutes les structures qui voudraient investir dans des opérations de prestige.

Cette démarche qui semblait dans un premier temps aléatoire paraît recevoir un certain succès et de nombreux contacts sont aujourd?hui pris avec des intervenants potentiels qui envisagent, après étude et échanges avec la société ?Transimmeuble? et nous-mêmes, d?élaborer un projet lié à l?art bien évidemment.

Donc, voilà où nous en sommes aujourd?hui. Sachez que nous sommes extrêmement vigilants et que, très honnêtement, il ne me semble pas utile de mobiliser l?Agence foncière car nous ne correspondons pas à ses objectifs. Il y a aujourd?hui des contacts suffisamment précis pour espérer sauver ce site de la vente spéculative et le maintenir dans le patrimoine artistique de Paris.

C?est pourquoi je propose à M. DAGUENET de retirer le v?u et nous l?associerons à toute l?évolution des négociations qui me semblent évoluer tout à fait dans le sens souhaité par M. DAGUENET.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Etes-vous d?accord ?

M. Jacques DAGUENET. - Je crois que les choses évoluent et j?ai bien écouté. Pour avoir aussi rencontré l?association samedi dernier, il y a une volonté, effectivement, de trouver une solution et les choses avancent.

Il ne faut toutefois pas repousser l?idée de travailler à un montage financier, y compris avec l?Etat, la Région et pourquoi pas l?Agence régionale foncière. Il ne faut pas exclure toutes les possibilités.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - On ne va pas y passer la nuit, Monsieur DAGUENET.

M. Jacques DAGUENET. - Donc, dans ce sens, je maintiens le v?u.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Il n?a pas de sens, votre v?u. L?Agence régionale foncière ne va pas s?impliquer dans la Villa des Arts. Excusez-moi? Bref.

Monsieur GIRARD, vous avez la parole.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Dans l?ordre, j?aurais dû répondre avant M. DAGUENET, mais cela n?a pas d?importance.

Comme ce v?u, pour Jean-Yves MANO comme pour Christophe CARESCHE et au titre de député de la 18e circonscription, nous semble aller dans le sens des décisions que nous avons prises, c?est la raison pour laquelle il n?est pas nécessaire que ce v?u soit adopté par l?Exécutif.

En effet, la vocation artistique de la Villa des Arts peut être préservée d?après les contacts que nous avons noués. Cette cité d?artistes fait en effet partie du patrimoine parisien de l?histoire des artistes, comme cela a été dit par les intervenants.

La rencontre avec le promoteur, comme l?a dit Jean-Yves MANO, à laquelle nous avons participé, a permis de faire connaître l?opposition de la Ville à toute opération immobilière et d?ouvrir une perspective, comme vous le souhaitez.

Le directeur de la société propriétaire s?est déclaré ouvert à une éventuelle revente qui permettrait de préserver l?ensemble des ateliers d?artistes. Comme Jean-Yves MANO vient de le dire, nous avons noué des contacts afin de convaincre un mécène - je vais moi-même écrire à deux grandes entreprises ou une fondation de s?engager aux côtés de la Ville pour sauvegarder ce site artistique exceptionnel.

Pour toutes ces raisons, il nous semble raisonnable de retirer le v?u puisque nous y répondons comme vous le souhaitiez.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Bien. Il est maintenu ?

Je mets aux voix, à main levée, le v?u assorti d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est repoussé.

(Mouvements divers dans l?hémicycle).

Bien, on va compter.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

C?est clair.

Résultat : 12 voix pour et 17 voix contre.

Merci.