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Novembre 2000
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53 - 2000, DLH 345 - Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer une demande de permis de démolir visant l'immeuble à usage d'habitation situé 13, rue Caillié (18e)

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 345 relatif à une demande de permis de démolir visant l'immeuble à l'usage d'habitation 13, rue Caillié.
Monsieur BLET, vous avez la parole.
M. Jean-François BLET. - Cet immeuble est incontestablement insalubre, les conditions de vie pour ces habitants sont difficilement tolérables, or cet immeuble insalubre est propriété de la Mairie de Paris. Elle l'a en effet acquis dans sa totalité en 1990 pour la somme de 2.134.000 F dans le cadre de l'opération de DPUR "Ilot Caillié", mis en ?uvre sur le secteur.
Qu'a fait la Mairie de Paris depuis qu'elle est propriétaire de l'immeuble ? Qu'a-t-elle tenté pour améliorer les conditions de vie de ces locataires et pour remettre sur pied l'immeuble depuis 10 ans maintenant ? Rien. Rien si ce n'est l'installation d'étais suite aux signalements de la Préfecture de police. Par arrêté du 24 août 2000, la Cour d'appel de Paris a pourtant constaté l'état de péril de l'immeuble et a ordonné son évacuation immédiate. Six ans plus tard, cet arrêté n'est toujours pas suivi d'effets. Votre perverse stratégie était claire : encourager le délabrement pour stigmatiser cet immeuble et au-delà l'ensemble de ce quartier afin de procéder à terme plus facilement à sa rénovation et à sa destruction. C'est un véritable sadisme social et urbanistique.
Mais dix ans plus tard, enfin touché par la grâce, vous choisissez d'agir au moment même où une procédure de concertation locale avec les habitants et les associations du quartier a été mise en ?uvre afin de déterminer un nouveau parti d'aménagement. Sans attendre la fin de cette concertation, vous optez sans hésiter pour la démolition et confiez l'opération à la S.A.G.I.
Au nom de quoi justifiez-vous cette démolition ? Le rapport de l'architecte JACQUEMARD daté de juin 2000 qui est censé la justifier se contredit dans ses conclusions. Il est certes affirmé que la réhabilitation du bâtiment n'est pas envisageable compte tenu de l'état de dégradation irréversible des structures, mais le coût de la réhabilitation a quand même été estimé. On apprend ainsi que le coût de cette impossible réhabilitation pourrait dépasser les 15.000 F du mètre carré habitable, non compris les différents honoraires. Or, vous avez déjà engagé et nous avons voté en Conseil de Paris des réhabilitations dont le coût au mètre carré habitable atteignait 17.000 F. Rien n'est donc impossible. De surcroît, le rapport de M. JACQUEMARD contredit une note du dossier technique rédigé cette année également dans laquelle il était estimé que les façades et les murs de refend, c'est-à-dire les murs porteurs de séparation et de soutien, ne présentent pas de désordres apparents graves.
Cet immeuble faubourien de 4 étages, dont la belle façade est ornée de modénature, peut être conservé, certes à un prix plus élevé du fait de votre négligence irresponsable, mais il peut être conservé en changeant les solives, les planchers, les menuiseries, l'escalier et certaines poutres vermoulues, en remplaçant les réseaux d'eau et électriques, ce qui est classique dans toute réhabilitation, et en procédant à un ravalement de façade.
Monsieur le Maire, les méthodes cavalières employées au mépris de la concertation et le choix effectué de la démolition n'augurent rien de bon ni pour l'avenir de ce secteur dégradé tout à fait représentatif du parc de logement social de fait.
Dans l'exposé des motifs de cette délibération, vous envisagez toujours un éventuel élargissement de la rue d'Aubervilliers à un endroit où sa largeur est très importante. A moins de vouloir élargir cette rue pour créer un site propre pour les camions de l'entreprise "Tafanel", rien ne justifie un tel projet inique et archaïque.
Vous avez su faire preuve d'ouverture dans le cadre de la concertation sur le secteur voisin du passage Goix dans le 19e arrondissement. Ne faites pas deux poids, deux mesures. Sachez faire preuve de persévérance dans vos pratiques comme dans vos parti pris urbanistiques, lorsqu'ils sont respectueux du tissu faubourien.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Monsieur BULTÉ, vous venez d'être accusé de vous acharner sadiquement sur les modénatures, qui ne vous avaient vraisemblablement rien fait. Il vous appartient donc de vous justifier !
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je n'ai aucune pratique sado-maso de l'urbanisme parisien, mais je dirai tout simplement à M. BLET qu'effectivement une procédure de concertation locale avec les habitants et associations du quartier sur ce secteur a été mise en ?uvre, à l'issue de laquelle le parti d'aménagement sera déterminé.
La demande de la démolition de cet immeuble est motivée par son état de dégradation irrémédiable qui, comme l'a rappelé M. BLET tout à l'heure, a conduit la Cour d'appel de Paris à constater l'état de péril de l'immeuble et à ordonner son évacuation immédiate par arrêté du 24 août 2000. La Ville par ailleurs s'engage, je le rassure, à présenter aux locataires et à l'ensemble des occupants de bonne foi des propositions de relogement correspondant à leur composition familiale. D'ailleurs, ce projet de délibération, là encore, a été adopté à l'unanimité du Conseil du 18e arrondissement.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 345.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DLH 345).