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Novembre 2000
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158 - QOC 2000-641 Question de M. Jean-Pierre REVEAU, élu du Front national, à M. le Préfet de police au sujet des conséquences sur la qualité de l'air suite à l'embouteillage du 18 octobre 2000

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2000


Libellé de la question :
"Le 18 octobre dernier, un conflit professionnel a provoqué impunément plusieurs heures d'embouteillage monstre dans la Capitale.
Une fois de plus, la violence et la "prise d'otages" des "lampistes" a payé ; mais le "poisson pourrissant par la tête", certaines personnes ne font que copier l'anarchie intellectuelle et la corruption morale de nombre de dirigeants.
M. Jean-Pierre REVEAU demande à M. le Préfet de police quelles sont les mesures prises par la Préfecture de police pour faire face à cette situation et si ces mesures, loin de rétablir un écoulement normal de la circulation, n'ont pas aggravé les embouteillages.
Il lui demande, par ailleurs, de lui faire connaître si des relevés de la pollution atmosphérique ont été faits à cette occasion et quels en sont les résultats."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"La France a une tradition forte de manifestations et de démonstrations de rue. Plus ou moins organisée, le plus souvent paisible, parfois agitée, et plus rarement violente, la manifestation demeure le plus sûr moyen de faire entendre ses revendications et protestations dans l'esprit d'une large partie de nos concitoyens. Au demeurant, le droit de manifester est fortement défendu - très légitimement - par les juridictions administratives et judiciaires.
L'organisation de notre pays conduit régulièrement ces manifestants à Paris, que ce soit dès le début de leur mouvement, ou parce qu'une action initiée localement n'aboutit pas.
Ces manifestants se trouvent alors au coeur :
- du siège de l'Etat, des représentations parlementaires et administratives les plus importantes ;
- de la quasi-totalité des représentations diplomatiques ;
- des représentations du pouvoir économique.
La forte localisation des organes de presse dans la Capitale donne à ces initiatives une résonance médiatique exceptionnelle.
L'année 1999 a vu se dérouler à Paris 1.768 manifestations revendicatives de toutes tailles. A ces manifestations se sont ajoutés 680 services d'ordre, c'est-à-dire des dispositifs importants de gestion de foule participant à un événement non revendicatif et 230 déplacements de chefs d'Etat ou de gouvernement étrangers ou de hautes personnalités françaises.
La préparation et l'anticipation des événements et des dispositifs à mettre en oeuvre sont essentielles ; l'obligation de déclarer toute intention de manifester est la règle de droit qui répond à cette exigence. Il y va d'une bonne organisation des cortéges, de la garantie de la Liberté d'aller et venir, et plus généralement de la prise en considération équilibrée de toutes les activités économiques, sociales, culturelles, touristiques des habitants et des visiteurs de la Capitale.
Le mercredi 18 octobre, le Nord et le Nord-ouest de Paris, et plus particulièrement le boulevard périphérique et les 17e et 18e arrondissements, ont connu pendant l'Après-midi et en début de soirée des embouteillages d'une ampleur exceptionnelle. Ces embouteillages ont été provoqués par une manifestation des personnels de l'entreprise de travaux publics "Union travaux", domiciliée à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), qui, inquiets de la situation de cessation de paiement de leur société, ont rejoint Paris en trois cortéges comportant au total une centaine d'engins, avec l'intention de bloquer le quartier du Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie.
Au mépris de la loi, cette manifestation n'avait fait l'objet d'aucune déclaration, ce qui n'a pas permis à la Préfecture de police de mettre en oeuvre de manière préventive un dispositif de régulation du trafic.
Les contacts qui ont été immédiatement pris sur le terrain avec les organisateurs afin de mettre un terme à cette manifestation, se sont révélés infructueux, à cause de l'intransigeance de ceux-ci.
Aussi la Direction de l'Ordre public et de la Circulation a-t-elle eu à gérer de manière inopinée la présence en différents points du boulevard périphérique d'une centaine de camions et camionnettes.
La totalité des moyens disponibles a alors été engagée. C'est ainsi que plus de 180 fonctionnaires de la Sous-direction de la Circulation, 5 sections des Compagnies d'intervention, une Compagnie républicaine de sécurité et un escadron de gendarmerie mobile sont intervenus dans des conditions très difficiles pour rétablir la situation.
Quelle que soit la réalité des difficultés économiques et sociales de l'entreprise, de tels actes, qui reviennent à prendre en otages des dizaines de milliers d'usagers de la voirie parisienne, au mépris absolu des impératifs de secours, d'ordre public et de tout esprit civique, ne sont pas acceptables. Ils le sont d'autant moins qu'une délégation avait déjà été reçue au Ministère de l'Economie la semaine précédente, pour examiner la situation de cette société.
Malgré les efforts des services de police, fortement mobilisés dès l'arrivée sur le périphérique des cortéges de manifestants, les perturbations engendrées ont été particulièrement pénibles pour les automobilistes. Les radios ont relayé avec diligence les informations disponibles sur la situation du trafic, contribuant à limiter, autant qu'il était possible, les graves désagréments constatés.
Dès le lendemain, le responsable de l'entreprise, ainsi qu'un responsable syndical, ont été entendus par les services de la Police judiciaire. La procédure a été transmise au Parquet.
Le caractère spontané de cette manifestation n'a, par ailleurs, pas permis d'effectuer des relevés de la pollution atmosphérique.
La Préfecture de police a géré dans des conditions difficiles cet événement totalement imprévu. Elle a eu le souci constant de limiter au mieux les inconvénients gênérés par cette situation à laquelle les automobilistes ont répondu en témoignant d'un esprit de calme et de responsabilité qu'il m'est agréable de saluer."