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Novembre 2000
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56 - 2000, DLH 368 - Autorisation à M. le Maire de Paris de consentir le dépôt par la S.A. d'H.L.M. "Habitat social français" des demandes de permis de construire et éventuellement de permis de démolir en vue de la réalisation d'une dizaine de logements sociaux de type PLUS sur la parcelle sise 82, rue Julien-Lacroix (20e)

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 368 concernant des demandes de permis de construire et éventuellement de permis de démolir en vue de la réalisation d'une dizaine de logements sociaux de type PLUS sur la parcelle sise 82, rue Julien-Lacroix dans le 20e.
Je donne la parole à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - La société d'H.L.M. "Habitat social français" a été désignée pour assurer la maîtrise d'ouvrage d'une opération de logements sociaux de type PLUS au 82, rue Julien-Lacroix, mais il règne un curieux flou sur ce projet.
En effet, l'exposé des motifs précise qu'une réhabilitation est envisagée sous réserve des résultats d'une étude de faisabilité technique et financière. En fait, la société "Habitat social français" a d'ores et déjà décidé de détruire l'immeuble, estimant sa réhabilitation "trop coûteuse, compte tenu de l'état général médiocre du bâtiment, dont l'intérêt architectural paraît limité". Vous admirerez la précision des termes.
Le diagnostic, déjà réalisé, aurait mis en évidence des désordres de structure. Alors pourquoi nous cacher ce diagnostic ? Cette délibération n'est ainsi qu'une opération de camouflage, nous faisant miroiter une réhabilitation pour mieux imposer sournoisement la destruction d'un immeuble parfaitement réhabilitable.
De plus, le nombre d'occupants exact - il y en aurait une dizaine - n'est pas connu. Le gérant de fait de l'hôtel n'a toujours pas accepté les indemnités d'éviction proposées.
En fait, plus de 50 % des locataires des nombreux hôtels meublés que compte le secteur "Belleville - Fontaine-au-Roi" occupent leur logement depuis plus de 20 ans, et ce dans des conditions souvent déplorables à l'instar du 82, rue Julien-Lacroix. Nombre de ces occupants sont des travailleurs immigrés seuls, parfois en retraite ou en congé maladie longue durée. Il est rare qu'un retour au pays soit envisageable ou désiré. Pour tous ces gens, l'hôtel meublé ne joue plus depuis longtemps son rôle, par ailleurs nécessaire, de logement temporaire, transitoire.
Une telle situation n'a que trop duré. De plus une forte demande de petits logements sociaux se fait sentir dans le secteur. Rue de la Mare, ce sont ainsi 24 personnes locataires d'un autre hôtel meublé en déshérence qui attendent un relogement.
Enfin, pour le 82, rue Julien-Lacroix, la programmation est un peu mystérieuse. L'exposé des motifs évoque une dizaine de logements. Le dossier technique présenté par les services parle lui de 6 à 9 logements. Pour sa part, la société "Habitat social français", affirme qu'il n'est question que de 5 logements de trois pièces et d'une superficie d'environ 65 mètres carrés chacun. Pour une fois il n'y a pas inflation et surdensification ! Mais cela pose toutefois un réel problème.
En effet, il est indispensable de reloger les locataires actuels, ainsi que ceux d'autres hôtels dans le quartier. Or, en fonction de la programmation proposée, le projet soumis permettra ou ne permettra pas de tels relogements. Avec 10 logements, on peut imaginer une offre adéquate, c'est-à-dire des studios qui manquent cruellement dans le parc social. Avec 6 il en va différemment. Avec 5 logements il est évident qu'aucun résident actuel, ni de cet hôtel ni d'un autre ne pourra être relogé sur place.
Certes, il y a d'importants besoins de logements sociaux de taille moyenne à Paris, mais une fois de plus c'est dans l'Est qu'on les impose. Une fois de plus c'est une population fragilisée qui en pâtit et qui sera brutalement évincée. L'exclusion sociale par le logement se poursuit ainsi inexorablement.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Monsieur BULTÉ, vous n'allez pas rester sans défense ?
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Non, Merci, Monsieur le Maire, je vais rassurer M. BLET.
Dans ce projet de délibération, qui là encore, je le rappelle, a été voté à l'unanimité du Conseil du 20e, nous avons souhaité que la société "Habitat social français" puisse bien entendu procéder à une concertation avec la Ville de Paris, et les élus du 20e. Aujourd'hui rien n'est définitif en ce qui concerne la démolition-reconstruction ou la réhabilitation de l'immeuble puisque la Ville a demandé à cette société des études comparatives et une décision sera bien entendu prise.
Elle sera prise en fonction de la concertation et du besoin local, en ce qui concerne la typologie des logements souhaités, c'est-à-dire soit des grands logements soit effectivement des logements beaucoup plus modestes, éventuellement des studios.
Voilà ce que je voulais dire, Monsieur le Maire.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 368.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DLH 368).